ALOÈS
ALCOOLATURES. —V. Teintures.
ALIMENTS. — On entend par alimeals toutes les matières ingérées qui servent à la nutrition. Ils sont d’origine animale ou végétale; mais certains principes minéraux ne sauraient être exclus de notre alimentation. Les aliments sont complets lorsqu’ils contiennent tous les éléments qui font partie de nos tissus. Ils sont plastiques ou respiratoires selon qu’ils fournissent les éléments de réparation de nos tissus ou les matériaux de la chaleur animale. Les premiers sont toujours azotés, comme l’albumine, la fibrine, la caséine, etc.; tandis que les derniers ne contiennent pas d’azote ; tels sont : l’amidon, le sucre, les corps gras, etc.
Les produits si variés du monde organique peuvent toujours être rapportés à ces deux genres d’aliments. Quelle que soit leur origine, ils sont éminemment altérables et deviennent alors nuisibles à l’économie et même complètement to.xiques. Ils sont sujets en outre aux sophistications les plus audacieuses et les plus inattendues ; ils doivent donc toujours être examinés avec la plus scrupuleuse attention. Aucune généralisation n’étant possible à cet égard, on devra consulter chacune des substances alimentaires dont il est traité dans ce Dictionnaire. (Voir Amidon, Axonge, Beurre, Bière, Blé, Bonbons, Café, Charcuterie, CuocoLAT, Cidre, Farine, Fécule, Fromage, Fruits, Huiles grasses. Lait, Miel, Moules, Pain, Pâtisserie, Poivre, Sagou, Sucre, Tapioka, Tué, Truffes, Viandes, Vin, Vinaigre, etc.)
ALOÈS. — L’aloès est un suc épaissi, extracto-résineux, retiré par incision des feuilles de plusieurs espèces du genre Aloë (famille des Liliacées).
Dans le commerce, on distingue plusieurs sortes d’aloès : l'aloès succotrin et Valoès hépatique fournis par V Aloë soccoh'inn ; Yaloès du cap de Bonne-Espérance et Valoès de iVato/, retirés des Aloë spicata, ferox^ perfoliata et linquæformis ; Valoès des Barbades ou de la Jamaïque^ et Valoès de Curaçao, qui proviennent Aes Aloë vulgaris et sinuata ; Valoès de l'Inde ou Mozambrun, Valoès fétide, etl’rt/oés caballin qui n’est que le pied, rempli d’impuretés, des pains des autres aloès.
De toutes ces sortes d’aloès, le vrai succotrin est la plus estimée, la plus chère; aussi vend-on souvent, sous ce dernier nom, de l’aloès hépatique, de l’aloès du Cap (1), quelquefois même de l’aloès caballin.
Vialoès succotrin ou soccotrin (ainsi nommé de l’île de Socotora, d’où il nous venait anciennement), nous arrive maintenant de Bombay par la voie des Indes orientales. 11 est contenu dans des peaux de gazelle, entassées elles-mêmes dans des caisses ou dans de grands tonneaux. Cet aloès se présente en petites masses dont les contours brillants et comme polis sont d’une belle couleur hyacinthe foncé et qui, placés entre l’œil et la lumière, possèdent une transparence parfaite dans toute leur épaisseur. Sa saveur est amère ; il répand une odeur qui tient à la fois de celle de la myrrhe et de l’ipécacuanha, odeur qu’on peut exalter par le frottement. Sa cassure est unie, glacée, conchoïdale. Sa poudre est d’un beau jaune doré. Il se ramollit à -|- 70% et fond complètement à -f- 75“. {Edm. Robiquet.) Il se dissout facilement dans l’alcool et très-imparfaitement dans l’éther; l’eau froide en dissout la 36° partie de son poids.
Composition. — Suivant l'analyse A' Edmond Robiquet, le suc d’aloès succo-
(I) Comme l’aloès succotrin est très-rare, on lui substitue généralement l’aloès du Cap; cette substitution est tolérée et même consacrée par l’usage.
ALOÉS.
Irin renferme, pour lOO parties : aioétine ou socaloïne (1), 85; ulmote de potasse, 3; sulfate de chaux, 2; acide galUque, 0,23; cdbumine, 8 ; plus, des traces de carbonate de potasse, de carbonate et de phosphate de chaux.
La variété la plus belle et très-rare de l’aloès succotrin, appelée alo'es lucide, se présente en petites larmes granulées, transparentes, d’une couleur rougebrun obscur.
Valoès hépatique, ou aloès jaune, est une autre variété d’al. succotrin qui est opaque, très-dure et difficile à rompre. Il a la couleur du foie : de là son nom. Soumis à l’action de la chaleur, il coule en s’arrondissant comme de la poix et devient transparent. Son opacité paraît être due à ce qu’il renferme des cristaux d’aloïne et à ce qu’il n’a pas été soumis à l’action de la chaleur.
lialoès du Cap est opaque en masse, à cause de sa couleur foncée, et d’un rouge terne dans ses lames minces. Sa cassure est brillante et vitreuse. Il a une odeur forte et peu agréable. Sa poudre est jaune verdâtre. Il donne, comme le précédent, une variété opaque dite hépatique.
Idaloès des Barbades, de la Jamaïque et de Curaçao présente dans sa masse un peu moins d’opacité ; il est moins fragile que l’aloès du Cap et donne une poudre d’un jaune rougeâtre sale qui brunit beaucoup à la lumière. Sa cassure est terne; son odeur ressemble à celle d’un mélange de myrrhe, d’iode et de safran. 11 est ordinairement renfermé dans des calebasses. L’eau le dissout plus facilement que l’aloès du Cap. L’aloès des Barbades est d’un prix très-élevé.
D’après les expériences de M. Marais, il est facile de distinguer les aloès des Barbades, de la Jamaïque et de Curaçao {Antilles), des autres sortes de cette substance : les aloès des Antilles en solution au I/lOOOOO dans l’eau distillée, se colorent encore en rose violacé par le chlorure d’or ou par la teinture d’iode, propriété que ne possèdent pas les autres sortes d’aloès; du moins, leur coloration est très-faible et très-lente à se produire. Les aloès des Antilles sont également les seuls qn’on puisse émulsionner à l’aide d’un peu d’eau.
Ces aloès, suivant leur provenance et leur mode de préparation, cèdent à l’eau depuis 43 jusqu’à 80 pour lOü de leur poids.
U aloès de l’Inde ne présente nullement l’apparence du succotrin, et se trouve souvent mêlé d’impuretés; il est, du reste, très-rare dans le commerce.
Valoès fétide, dont le nom rappelle l’odeur forte et puante, ressemble beaucoup à l’aloès hépatique.
Valoès caballin, ainsi nommé parce qu’on l’avait recommandé pour les chevaux, est la sorte la plus impure. Son odeur est très-forte. 11 se présente le plus souvent sous forme de masses noires, complètement opaques et remplies d’impuretés (débris de plantes, cailloux, etc.).
Depuis 1869, on connaît dans le commerce une sorte d’aloès venant de Natal et provenant d’un aloe encore peu connu. Cet aloès est d’un jaune foncé : il est opaque et d’odeur faible. Son principe cristallisable diffère de celui de l’aloès succotrin : on l’a nommé Nataloïne par opposition avec la socaloïne ou zanaloïne, que contient ce dernier. Ils diffèrent tous deux de la barbaloine qui caractérise l’aloès des Barbades. L’acide azotique sert à les distinguer: il colore à peine la zanaloïne, rougit un instant la barbaloine, tandis qu’il colore d’une manière permanente la nataloïne en rouge de sang. Si, de plus,
(1) Principe actif de l'aloès {aloïne àe MM. T. et H. STiiith).