BAUME TRANQUILLE
toluène, cinnaméine, acides cinnamique et benzoïque. La présence de ce dernier acide peut servir à distinguer le baume de Tolu du baume du Pérou, qui ne contient que de l’acide cinnamique (l).
Usagées. — Le baume de Tolu est employé en médecine comme stimulant, comme diurétique, comme excitant des organes de la respiration, à la fin des rhumes ou dans les catarrhes chroniques. 11 entre dans la composition de plusieurs baumes pharmaceutiques ou huiles composées {baume Nerval, baume du commandeur, etc.). 11 fait la base du sirop de Tolu.
Falsifications. — Depuis quelque temps, le baume de Tolu pur est devenu très-rare dans le commerce ; il est maintenant presque toujours falsifié par la térébenthine, la colophane et Nautres résines. Cette fraude peut se reconnaître à l’odeur résineuse que le baume répand en brûlant.
M. Ulex emploie l’acide sulfurique pour reconnaître la colophane dans le baume de Tolu. Cet acide concentré donne avec le baume pur une liqueur rouge-cerise, sans dégagement d’acide sulfureux; et, avec le baume additionné de colophane, une liqueur brun noirâtre et un abondant dégagement d’acide sulfureux.
M. Mattison a examiné récemment un baume de Tolu auquel l’alcool n’enlevait que 26 p. 100 de matière soluble. Le résidu insoluble cédait à l’étber 63 parties d’un baume ressemblant à celui du Liquidamhar orientale et contenant, comme lui, de la styracine. Après ces traitements successifs par l’alcool et l’éther, il est resté 11 p. 100 de ligneux et de matière carbonisée.
BAUME TRANQUILLE. — Le baume tranquille, ou huile de narcotiques, est une dissolution dans l’huile d’olive des principes narcotiques alcaloïdiques des Solanées {belladone, jusquiame noire, morelle, nicotiane, etc.) et de l’huile essentielle de plantes aromatiques de la famille des Labiées {romarin, sauge, hysope, lavande, menthe, etc.). Cette huile composée est verte par réflexion et rouge par transmission. On doit la conserver à l’abri de la lumière ; autrement, comme l’a observé M. Save, elle prend une couleur jaunâtre.
Usasres. — On l’emploie en frictions contre les douleurs rhumatismales.
Falsifications. — On vend quelquefois dans le commerce comme baume tranquille une huile d'olive ou à.' œillette, colorée en vert, soit \>?iTV acétate de cuivre, soit par le curcuma et V indigo ou le bleu de Pi'usse.
Ces fraudes se reconnaissent à l’aide de l’ammoniaque, qui forme un savon d’une teinte bleue due à la présence du cuivre, ou d’une teinte rouge brunâtre due à l’action de l’alcali sur le curcuma. On décèle aussi la falsification par le cuivre en imbibant un papier de baume tranquille et en le faisant brûler avec flamme : celle-ci est d’un vert bien prononcé lorsque l’huile contient du cuivre. Par l’incinération et l’examen des cendres, on s’assure facilement de la présence de l’oxyde de fer et, par suite, de celle du bleu de Prusse.
Essais. — Le baume tranquille étant surtout actif en raison des alcaloïdes qu’il contient, on doit s’assurer de leur présence par l’essai suivant indiqué par
(l) D'après MM. Erdmann et Marchand, on peut facilement distinguer l’acide cinnamique de l’acide benzoïque en ips distillant avec une solution d’acide chrômique ou môme avec un mélange de bichromate de potasse et d’acide sulfurique : l’acide cinnamique donne de l’essence d’amandes amères qui passe avec l’eau, tandis que l’acide benzoïque n’en fournit aucune trace.
Chevalueh et B.audri.mont, édit.