BAUME DE TOLU
dissout et laisse les huiles fixes qui ont pu servir à le frauder ; du moins l’alcool ne dissout qu’une très-petite quantité d’huile. Cette dernière sophistication des baumes est d’ailleurs contestée par plusieurs auteurs.
Ce procédé ne saurait servir à reconnaître V huile de ricin, puisqu’elle est soluble dans l’alcool. M. Wagner y substitue le moyen suivant : on introduit dans une petite cornue une dizaine de grammes du baume suspect, et on distille celui-ci jusqu’à réduction de moitié. Les deux couches du produit distillé sont agitées avec un léger excès d’eau de baryte; après repos, on sépare la couche huileuse surnageante à l’aide d’une pipette, et on l’agite avec une solution saturée de bisulfite de soude : si la couche huileuse se prend alors en masse cristalline, c’est qu’elle contient de l’œnanthol provenant alors de la décomposition de l’huile de ricin par la chaleur (t).
La présence du storax est décelée par la benzine : celle-ci dissout le produit en formant une solution limpide si le baume est pur; elle reste trouble s’il contient du storax.
D’après Hager, le baume du Pérou pur, agité vivement avec deux fois son volume d’essence de pétrole, donne deux couches bien distinctes dont l’inférieure est noire et la supérieure limpide, presque incolore et facile à décanter; celle-ci est au contraire colorée et visqueuse si le baume est falsifié. On devra remarquer que la densité du baume du Pérou étant comprise entre 1,15 et 1,16, tout échantillon qui ne s’enfoncerait pas dans une solution de sel marin au 6®, ne saurait être considéré comme pur.
BAUME DE TOLU. — Le baume de ïolu est obtenu, par incision, du Myroxylon toluiferum ou Toluifera balsamum de (Légumineuses), arbre in-
digène des environs de la ville de Tolu, dans la province de Garthagène (Amérique méridionale), de file de Saint-Thomé ou Saint-Thomas ; de là les noms de baume d'Amérique, de Carthagène, de Saint-Thomé, sous lesquels on désigne quelquefois le baume de Tolu. Il est assez ordinairement confondu dans le commerce avec le baume du Pérou en masse.
Le baume de Tolu est en masses jaunâtres, molles, qui s’étendent comme de la poix; sa saveur est chaude, piquante; son odeur est agréable ; il perd rapidement son état mou, se résinifie et devient cassant : de là, la distinction qu’on fait, dans le commerce, du baume de Tolu mou et du baume de Tolu sec. Le baume mou renferme une forte proportion d’acide benzoïque ; l’acide cinnamique prédomine dans le baume sec. Le baume de Tolu est soluble dans l’alcool et l’éther ; il cède à l’eau chaude une grande partie de son acide et très-peu de son huile volatile. Dissous dans une lessive alcaline, il répand, lorsqu’il est pur, une odeur de girofle. Projeté sur des charbons rouges, il brûle et développe une odeur agréable.
Le baume de Tolu nous arrive en caisses de divers poids, dans des espèces de bouteilles en terre cuite nommées potiches, quelquefois dans des calebasses.
Composition. — Il est formé, suivant M. Deville, de : résine, huile volatile ou
(I) Suivant M. IJlex, de Hambourg, on reconnaîtrait la présence àeV huile de ricin dans le baume du Pérou, en mélangeant dans un verre de montre 10 gouttes de ce baume avec 20 gouttes d’acide sulfurique concentré, puis étendant avec de l’eau ; quand le baume est pur, on obtient ainsi une résine cassante; dans le cas où il renferme de l’iiuile de i-icin, cette résine est d'autant plus molle et plus poisseuse que la q\iantité d’huile est plus considérable.