‹ Dictionnaire des altérations et falsifications des substances alimentaires médicamenteuses et commerciales avec líndication des moyens de les reconnaitreChapitre 67 sur 470 · BENJOIN · texte numérisé non relu

BENJOIN

Altérations. — Les feuilles de belladone mal desséchées et conservées dans des flacons mal bouchés s’altèrent et donnent lieu à une production d’ammoniaque, aux dépens des principes actifs (comme l’atropine) qu’elles renferment [Norbert Gille).

Dans le commerce, on substitue quelquefois aux feuilles de belladone celles de la morelle noire [Solanum nigrum)^ les feuilles de la morelle commune, moins grandes, ovales, dentées et non lancéolées; on y môle aussi les feuilles de VHijoscyanius scopolium, lancéolées, quelquefois un peu échancrées sur les bords, et jamais velues.

Dans ces derniers temps, on a signalé la présence des racines de Malva sylcestris au milieu de celles de la belladone. La racine delà mauve est franchemoit fibreuse, longue, et n’est pas lisse comme celle de la belladone.

BENJOIN. — Le benjoin est un baume qui découle par incision du Styrax benzoin. Dans le commerce, on connaît plusieurs sortes de benjoin dont deux principales : la première sorte, la plus pure, a reçu le nom de benjoin en larmes ou b. amygdalin, ou encore b. amygdaloïde , parce qu’elle se compose de masses formées de larmes ovoïdes, blanchâtres, ayant l’aspect d'amandes cassées, réunies par une pâte brunâtre. Ces larmes jaunissent par leur exposition à l’air ; dans les plus belles sortes, elles se détachent facilement. Il nous vient de Siam et prend souvent le nom de benjoin à odeur de vanille. Son odeur est suave ; sa saveur, d’abord douce etaromatique, a un arrière-goût amer, irritant la gorge. Il se brise facilement en laissant une cassure nette et brillante ; il crie sous la dent pendant la mastication, et offre à l’intérieur des taches blanches. Il fond par la chaleur, et brûle ensuite avec dégagement d’une fumée blanche très-odorante qui se condense en cristaux d’acide benzoïque. Il est entièrement soluble dans l’alcool et dans l’éther.

La seconde espèce, plus fréquente dans le commerce que la précédente, est le, benjoin de Sumatra, lequel est de plusieurs sortes. Tantôt il est en masses parsemées de quelques larmes, mais contenant déjà des impuretés ; d’autres fois, il est formé de masses assez grosses, d’un brun noirâtre, contenant plus ou moins de terre, de sable, de bois, de résine commune, et quelques larmes : c’est le benjoin en sot'tes. Enfin le benjoin commun ne contient pas de larmes ; il n’est composé que de résines communes, de terre, de sable et de fragments d’étoffe.

Composition. — Bucholz a trouvé le benjoin composé de : huile volatile ; principe résineux multiple; acide benzoïque; matière soluble dans l'eau et dans l'alcool ; débi'is ligneux .

D’après M. E. Kopp, il contiendrait : acide benzoique , 14; rèsfne a = 52 ; résine ^ = 25; résine y = 3 ; résine jaune rougeâtre — 0,8 ; impuretés et perte = 5,2.

Usages. — Le benjoin est stimulant et tonique ; il fait partie d’un nombre assez considérable de médicaments composés. On s’en sert en fumigations aromatiques et fortifiantes. Il entre dans quelques préparations de parfumerie : ainsi le lait virginal est une solution alcoolique de benjoin qui est précipitée en blanc par l’addition de l’eau.

Falsifications. — Quelquefois on vend du benjoin privé d'une partie de son acide benzoïque, soit par le lavage à l’eau bouillante, soit par l’ébullition avec un lait de chaux. Cette sophistication se reconnaît en brisant des morceaux du ben-

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