‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 100 sur 266 · GON · texte numérisé non relu

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ÉCOLES DANà l'antiquité chrétienne. — Dès les premiers siècles, rétablissement d'écoles pour l'enseignement des lettres sacrées et profanes, fut l'un des objets les plus chers de la sollicitude de l'Église. 11 y en eut non-seulement dans les grandes villes, mais aussi dans les églises rurales. On pense qu'elles étaient établies dans les baptistères, il est certain du moins qu'elles oc^îupaient l'une des nombreuses dépendances des basiliques [Concil, Conftaniinop. can. v). Les plus modestes n'étendaient sans doute pas leur programme au delà des éléments des lettres et de la doctrine chrétienne. Mais dans les écoles des principales églises, on enseignait toutes les branches des connaissances humaines alors en honneur, la gram- Daaire, la rhétorique, la philosophie, etc. Et ce iont celles-ci qui, fréquentées avec non moins l'assiduité que de succès par les fidèles, attirent l'attention de Julien l'Apostat, qui, espérant •teindre le christianisme dans l'ignorance, lui nterdit l'enseignement et la culture des lettres krofane^ (Socrat. Hist. eccl. lib. m. c. 1).

M. Perret donne (T. v. pi. xlvui) Tépiaphe d'un enfant, vrai phénomène d'intelli- ;ence, t que son malheureux père n'avait pu ooserver jusqu'à sa septième année accomplie » tqui, cependant, grâce à des dispositions exraordinaires, totivs ingenio-sitatis ac ^apien- TiE, tout en étudiant les lettres grecques, iTiit appris les latines, sans qu'elles lui fussent enseignées : qvi stvdens littekas non wkstratas sibi latinas adripvit.

Il y eut des écoles chrétiennes proprement iitesdès la fin du premier siècle. On lit dans Easèbe, au sujet de Pantenus (Hist, eccl. l. v. 5.10}: f Dans le' même temps, c'est-à-dire soos l'empire de Conmiode, présidait Técole des fidèles à Alexandrie un homme très-célèbre pirsa doctrine, du nom de Pantenus; car, dès 1« temps les plus reculés , une école des saintes lettres avait été établie dans cette ville, ^oelle subsiste encore de nos jours. * Gomïoode occupa le trône impérial de 180 à 193. Or, Euscbe représentant comme déjà ancienne * cette époque l'école d'Alexandrie , on peut conjecturer avec le P. Le Nourry {De prim. <*^. Mfc. script, dissert. x. in Apparat, ad ^^otk. maxim. PP. p. 1), qu'elle avait été *W)lie par S. Marc, fondateur de cette il- ^e Église. S. Jérôme, qui affirme ce der- ^ fait d'une manière positive {De script. *^. c. xxxvi), ajoute que depuis sa nais- ^*oce, elle ne cessa pas d'avoir des docteurs •*^5liçu65, pour y enseigner la philosophie Etienne, et qu'elle produisit une foule de Jjrands hooMnes. Bingham (Origin. eccl. 1. m. ^^ 10. 5) établit comme il suit la succession *»««« aiustres catéchistes : Pantenus, S. Clé-

^^'^ d'Alexandrie, Origène, Héraclas, Denys,

auxquels on ajoute, mais avec moins de certitude, du moins quant à l'ordre chronologique, Athénodore, Malchion, Athanase et Didyme. On croit qu'Arius avait aussi enseigné dans cette école, avant qu'il eût commencé à répandre ses erreurs {Synodic. 1. 1 Cofictl. ap. Bingham. t6.). L'enseignement, toujours d'après l'évêque de Gésarée , y était distribué , « partie de vive voix, partie par écrit. > . 11 y eut d'autres écoles qui ne furent pas non plus sans gloire à Rome, à Gonstantinople, à Antioche, à Gésarée; et outre ces écoles qu'on peut appeler publiques, on sait que beaucoup de saints et savants évoques en avaient dans leurs maisons; et plus tard Gharlemagne, prince si zélé pour l'avancement des études cléricales, convertit cette coutume en loi universelle (Du Gange. Glossar. lat. ad v. Sckola).

L'éghse étabht des écoles spéciales pour les lecteurs^ dont les fonctions étaient regardées comme très-importantes, et qui étaient organisés en une espèce de corporation , schola^ sous la présidence d'un chef appelé pnmicerfu.'? schola' lectorum. Nous avons dans la Revue du Lyonnais (T. xiii. p. 185) une savante dissertation de M. l'abbé Greppo sur cette matière, à propos de Pépitaphe d'un stephanvs qui remphssait ces fonctions dans l'Église de Lyon au sixième siècle ; et Du Gange donne l'indication d'une semblable école, d'après S. Rémi de Reims.

11 y avait aussi des écoles de chantres, coU legia cantoTum. On fait ordinairement honneur de leur institution à S. Grégoire le Grand; mais il n'en fut que le réformateur, et l'initiative en cette importante matière appartient au pape S. Hilaire. (V. Macri. Utero-Lexic. ad v. Schola caniorum.) On croit cependant que cette école était pour les sept sous-diacres apostoliques; celle des enfants s'appelait parvisium (Macri. ad h. V.). Ges écoles de chantres existaient aussi dans les Églises des Gaules, l'évoque Leidrade le constate pour Lyon au temps de Gharlemagne. (V. les art. Chantres. Chants ecclésiastiques, livres liturgiques.) (Pour les écoles monastiques. V. l'art. Moines, n. V.)

ÉCONOME IXCLÊSIASTIQUË. — Le

nom de ce ministre de l'Église ne se rencontre qu'à partir du quatrième siècle dans les écrivains ecclésiastiques : o2y,ov6jxoç chez les Grecs, œconQinus chez les Latins. S. Augustin, ou plutôt Possidius, son biographe i^Vit. Aug. xxxiv) l'appelle prœpositus domus ecclesix. Ses fonctions consistaient à administrer, sous la surveillance de l'évêque, les biens de l'Église ; il devait aussi pourvoir à la subsistance des clercs, des pauvres et des veuves (Isid. Hisp. Epist. ad Lcandr.). Mais' si le nom est relati* vement nouveau, nous croyons que la fonc-

ÉCON

ÉCON

tion est ancienne : elle remonte, à notre avis, aux sept diacres, sur lesquels les apôtres se déchargèrent de la distribution des biens, se réservant eux-mêmes pour la prière et le ministère de la parole {Act. vi. 2 seqq.;. Et si Ton nous fait observer qu'il ne s'agissait alors que de la dispensation des aumônes, du soin des veuves, etc.. nous répondrons que Tadministration temporelle de l'Église apostolique ne pouvait guère avoir d'autre objet ; et, du reste, l'exemple de S. Laurent fait voir (luelle extension les attributions des diacres avaient prise dès îp troisième siècle, et sur quelle masse de I ichesses leur sollicitude avait à s'exercer.

Quoi qu'il en soit, c'est au quatrième et au cinquième siècle que la charge d'économe prit, ainsi que beaucoup d'autres, avec le nom qu'elle a conservé, la forme d'une institution régulière. Car ce n'est qu'après la pacification de l'Église par Constantin, qu'une administration proprement dite put s'asseoir et développer graduellement ses rouages, soit pour le service intérieur des basiliques, comme on le verra par un certain nombre d'articles de ce Dictionnaire, soit pour la gestion devenue déjà fort compliquée des biens provenant des aumônes des peuples et des libéralités des princes. Les évéques se voyant alors beaucoup plus absorbés par les soins essentiels de l'apostolat, furent amenés à créer une classe de fonctionnaires à part pour faire ce que jusque-là ils avaient fait par leurs archidiacres, lesquels étaient de véritables économes, et dont l'activité allait trouver dans le nouvel état de l'Église un emploi plus conforme à leur caractère.

Cette institution eut encore pour but de mettre les évoques à Tabri des soupçons que ne manque jamais de soulever une administration de deniers publics, quand elle est sans contrôle. Et bientôt, en elTet, une accusa tiou de ce genre portée contre Dioscore au concile de Chalcédoino détermina cette sainte assemblée k décréter ifidu, xxvi) que toute Église ayant son évoque devrait désormais avoir un économe pris dans son clergé, afin que l'administration de ses biens ne pût avoir lieu sans témoins, et qu'ainsi l'honneur du sacerdoce se trouvâtmishorsd'atteinte. Il faut observer néanmoins que cette loi n'atteignait que les évoques qui auraient administré sans témoins^ c'est-àdire sans le concours de leur archidiacre, ce qui ne pouvait être qu'un cas exceptionnel.

Quoi qu'il en soit, on voit que l'économe doit être pris dans le clergé, et tel fut toujours la pratique de l'Église. Les actes du concile d'Éphèse (Act. i; qui furent insérés dans ceux de Chalcédoine, font mention d'un Charisius auquel est attribuée la double qualité de prêtre et d'économe de l'Église de Philadelphie. Libérât [Brevtar, c. xvi. — cf. Bingham.

II. 69; parle d'un certain Jean qui était éc< nome d'Alexandrie et prêtre d'une localit voisine. Maron et Martinieh étaient aussi pr très et économes de Péluse du temps de S. h dore ,'Isid. Pelus. Eptsi. cclxix.— cf. Tillemoi 1. p. 539). On pourrait eu citer beaucoup d'à très exemples. (V. Possid. Vit. Aug, xxiv. Socrat. VI. 7.)

Tillemont (Loc. laud.) fait observer que l économes étaient toujours prêtres en Oriei et les exemples que nous avons cités ne I donnent pas un démenti ; et qu'ils étaient, Occident, pris dans la classe des diacres, outre de S. Laurent que nous pouvons rapp 1er ici, bien qu'il ait précédé l'institution pi prement dite des économes, on en voit encc d'autres exemples. S. Jérôme attribue f( mellement aux diacres la garde et l'admin tration des richesses (/« Ezecli, et Epist. var et S. Ambroise atteste le même fait pour & lan (Offic. 1. I. c. 50).

Nous terminons par deux observations ii portantes. La première, c'est que, le sié vacant, c'était à l'économe de gérer les n\ nus de l'Église, et de veiller à ce qu'ils fus* transmis intacts à l'évêque à élire : Vid\a 1 clesisp, dit le coucile de Chalcédoine (Can.u reditus apud Ecclesix œconomum salvus eu» dilor, La seconde observation, c'est que, économes ayant en mains les intérêts de U le clergé, devaient être élus par le suffira des clercs. Voici ce que dit de l'électi de l'économe, Théophile évêque d'Alexandr dans ses lettres canoniques. (Cf. Bingfaa loc. laud. ) : Ut totius tacerdotitiis onft senteîUia alius renuncietur œcoftomus^ in(^ ApoUo epihcopus consentiat^ ut bom Ect six in ea, qux oporiet, tmperèdantur. c Q par la sentence de tout l'ordre sacerdotal, autre économe soit désigné, ou que l'évéc Apollo donne son adhésion, pour que les bi( de l'Église soient employés à ce que de droi Bien que l'économe fût subordonné à révôc dans l'exercice de sa charge, cependant 1': torité qu'il tenait, soit de son élection par clergé, soit des règles canoniques, était as indépendante, pour qu'il pût résister à Té que lui-même dans le cas où celui-ci eûtl tendu aliéner les biens de l'Église {Capit. C M, L II. c. 101).

La dignité d'économe se trouve quelque mentionnée sur les marbres. Voici une ép phe que nous trouvons dans Gruter (Ma 1 1) ; c'est celle d'un économe nommé Oreî nioMNHMA. opECTOT. oiKONOMOT. Mtmoria 0\ leconomi. Nous empruntons au recueil M. De'Rossi (i. p. 456) cette inscriptior l'an 526, où nous pensons que le mot prtB\ tus est pris dans le sens que lui donne S. gustin et qui est quelquefois aussi adopté

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S. Cjprien (Efusl. ixvii) : hic beqviescit in i tav. lxwik) où un pasteur est assis dans ui PACE nVBEitTu-s PRAEPosiTVs BASIL1CAE BKATi I gracieux bocage , entoure de brebis et d'à HTu APosTOLi. Une calcédoÎDe du musée jgneaui paissant. Quelquefois, les brebis =«-■ Sloscb. publiée dans les Annalea de Catadémie tent d'un ■ " ■ * Corimie (T. VII. tav. ii. n. li;, et qui était . raccourcie protablement le sceau d'un économe, faitjire, le pa.steur (odeui lignes, l'inscription suivante

fidicule,

Eglise (l'). — Les premiers chrétiens ttiienl coutume de représenter l'Église, dans leurs monuments, par des figures tirées de l'an- [ien leslament, et par des images symboliques. \.~Figures tirée» de Pancien teslainenl.— l'L'arehe de Noé. «Demême, ditS. Cyprien [ftwiiV. ecci. 0pp. p. 109. edit. Brem. 1690) que, hors del'arche de Noé nul ne peut se garan tirdu déluge, ainsi, hors de l'Église, il n'y a pas de salut pour les hommes. « S. Augustin ex prime la même idée en termes différents, mais ij ijotile que l'arche est représentée sous une fimne carrée pour ntarquer la stabilité promise jur Jésus-Christ à son Église : Quadratui «im, quacumque veTleris, firmittr slat (CorUr Fmt. XII. k). 1! n'y a pas de sujet qui soit ussisouventreproduit.(V. l'art, Anhe de Noé.

NolMs seulement un bas-relief où la pensée I prindpïle se trouve modifiée par la bizarrerie dMMcessoires (Bott. tav. xui) : à la place de Koé, qui communément se voit, ies bras éten dus, dans l'arche entr'ouverte, on a eu la sin (ulière idée de figurer un arbre, un olivier a sens dos interprètes. On pense que, pai Mtte Mmposition tout eicf-ptionnelle, qui en Mtre se trouve rapprochée du navire de Jouas îptépar ia tcmpÊte, l'artiste a vou mr la paix rendue à l'Église après quelque peiséculion qui s'éteignait peut-être au mo- MBtoii le monument fut exécuté.

î" Susanne, déIi\Tée par la sagesse de Daniel des calomnies de deux vieillards impudiques, est la figure de l'Église sortie intacte de ta persécution des pharisiens, selon les uns, et de «Je des Juifs et des païens, d'après une autre oiwpréUtion. (V. l'art. Susanne.) Ce sujet ■ Rtpas très-fréquent sur les monuments de niilie, ceux de la Gaule !e retracent plus sou- •tm. Nous avons dans l'ouvrage de M. Perret f»!.]. pi. Lixviii) une belle allégorie de celte làtoireiSusaone y est représentée par une brel« et ses calomniateurs par deux bôtosféroces. 11. ~ Image» »yrr^oliqiies, — 1" Notro-Sci- PKur se désigne sans cesse lui-même sous le l*eiiePa«<wr, et son Église sous le nom de ber- <*1: c'est ce qui explique pourquoi les scènes «avie pastorale reviennent à chaque pas iOi les monuments chrétiens des premiers igtt-lV. les art, Jgneau et Bun-Pasleur.) On P«ul ywr, entre mille autres exemples une «Tie du cimetière de Saint-Cal liste (Bott,

iNTIQ, CBRET.

la représentation jne ville, a la porte de laquelle tient debout appuyé sur sa hou- II lette(Id.tav. xvii).

I La distinction des deux Églises, issues, l'une du judaïsme, l'autre du paganisme, est souvent exprimée par deux cités (Ciampini. Vel.

mon. t. H. tab. XVl),illEHVSALEM, BETHLEEM,d'OÙ

sortent des agneaux se dirig'eant vers un autre agneau figure do Jésus-Christ dont les pieds reposent sur UD monticule. (V. Buonarruoti. vi.

1 — Perret v pi ) ia mos I] e de Sa nte Sabine de Home représente les deux Églises sous l'allégorie de deux femmes debout, tenant un livre ouvert il la main. L'une, désignée par cette inscription : ecclesia ex circvncisiONE,aau-dessus d'elle S. PieiTe; l'autre, dont l'origine est exprimée par les ;nots ecclesia ex GENTiBVs, est dominée par le personnage de S. Paul;etainsiles deux apdtres,ngurês l'un et l'autre dans l'attitude de la prédication, se trouvent placés chacun dans la position queluiassigne sa vocation spéciale, ainsi formulée par S. Paul lui-même {Galat. u. 7) : Creditum est mihi Evangelium jirxpulii, sîcul Pttro Evangelium circumcisiunij. t A moi a été confiée'la prédication aux incirconcis, comme à Pierre la prédication aux circoncis. » Dans un des compartiments de l'antique porte de l'église de "";rone, le même sujet se trouve sculpté, mais ec des circonstances tout particulièrement intéressantes ; on y voit, entre deux arbres couverts de feuilles, deux femmes, dont l'une allaite deux poissons, l'autre deux enfanta. Ou doit reconnaître dans ces deux femmes la figure des deux É(;lises, et dans les poissons et infants les chrétiens issus des deux origines. (V. l'art. Powson.) Les deux Églises sont aussi figurées sur une pierre gravée, donnée par le P. Garrucci ( Ilagiugbjpla. p. 222;

par deui agneaux qui se dirigenl vers une coloDDe, symbole de l'illgliBe , surmontée de l'Agneau deDieu, Voici cet intéressant monument:

Plus e rs Pères entre autres S Ambro se et Théoph e d Ant oc e rega dent hén or roTsse comme 1 mage de 1 f'g] e ex gen bus et c est probablement pour cette raison qu elle est si souvent reproduite dans les cimetières romains. (V. l'art. Hémorriiisse.)

2° Dans une curieuse peinture, récemment découverte au cimetière de Saint-Cal liste (V. De' Rossi. ixerc, tab. i.n.2} l'Église est symbolisée par une Temme debout, dans l'attitude de la prière, et oflrant à Dieu le sacrifice eucharistique par les mains d'un prCtre qui consacre. 11 est probable que beaucoup d'oranles des catacombes ont la même signification. Le P. Garrucci ( Velri con fig. in ùto. tav. xxxix. n. 3) regarde aussi comme la personnification de l'Église une femme représentée sur un fond de verre dont le cbamp est tout parsemé d'étoiles, et au milieu de quatre gerbes, dont les épis, selon le savant jésuite, figureraient les fidèles (Ibid. p. 82).

3° L'Église de Dieu est souvent comparée dans les saintes Écritures à la vigne (Psaim. LXxix. — Isai. v) , et les fidèles à ses rejetons. Ces idées se propagèrent facilement parmi les premiers chrétiens, ainsi qu'il parait par leurs monuments (V. Bottarî, tav. xxviii et alibi), aussi bien que dans les auteurs ecclésiastiques

du même temps. Nous dous en tiendrons ici i la citation des CoaiUlvtiont apoitoUqiu», renvoyant pour les détails le lecteur à l'articls Vigne.... : < L'Église catholique, y est-il dil, est la plantation de Dieu, et sa vigne depridion» (CoB«(t(.afiOS(.inProœro.).DelàÀeiil que les pampres, les scènes de vendange smi partout prodiguées dans nos monuments, stnl pour exemple une voûte du cimetière de Saiot- Calliste tout ornée de pampres et de raisin) {Boltari. lav, LXXtv); et, dans la tribune de Saint-Clément de Rome (Bottari. i. p. 1 lo;, une arabesque en mosaïque environnant une croit, sous laquelle sont inscrits ces vers qui ne laissent pas place au doute , quant à l'interpriti-

k- Le navire, soit voguant à pleines ïoilfi, soit tranquille dans le port, exprime souvent 1 Église en tant qu'elle est l'unique port du salut : Naviculam isiam Ecclesiam eogitale. Iiirbukntwn mare hoc sxci^wii . Ce texte de S. Augustin est cité par Aléandre à l'appui de soi explication d'une pierre annulaire où l'Église est représentée sous le symbole d'un MTire porté sur le dos d'un poisson, lequel (VM'afl- Cuisson), n'est autre que Jésus-Christ, sur qui, comme sur une base inébranlable, l'Église s'appuie pour résister à toutes les tempêtes. i^Navis ecctes. réfèrent. gymb. Romœ 16!6.' C'eS pour ce motif que dès le principe il fut prescrit que les temples chrétiens, appelés aussi églises dans un sens plus restreint, alTectassenl la forme d'un navire (V. l'art, navis. mf}- SU adesvblonga....navi similis (fionslit.afin. 27). On connaît la fameuse lampe du cibinet du grand-duc de Toscane (Bellori. Lactr*ant. parte m. tav. xxxi), laquelle a laform d'une barque dont S. Pierre dirige raviroB, tandis que S. Paul prêche debout à la proue. I.V. l'art. Lampes chrétiennes.) Une belle Skique représentant le vaisseau de l'Église a Et* trouvée récemment dans le cimetière de Sain'' Catliste.Nousen donnons ici un dessin prissar

l'original. Le navire est violemment agité pari présentée par une figure radiée, vue à mi-cor]^ les flots ; un personnage se lient debout près dans un nuage et soutenant ce chrétien de J^ de la proue, dans l'attitude delà prière; c'est main. Au milieu des flots se voit un seco"*^ le chrétien fidèle , raffermi par la grâce , re- 1 personnage se déballant contre la tempête ■

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est le chrétien naufragé dans la foi, (V. aussi , m. Navire.) M. Edm. Le Blaot a donné dans . Balltlin archéologique de l'Athénée français ' Mée 1856. pi. I. n. 13) un petit verre orbilalre où est représentée une barque dans la- ! lelle sont sii personnages, représentation iri^e du collège apostolique gouvernant iglise de Dieu, figurée par la barque.

5* ÏACoIonnc. L'Eglise est appelée par S. Paul Wno «I jirmamenlum veritatis. C'est de !à 'est venue aui premiers chrétiens l'idée de représenter sous l'enibléme d'une colonne , diDiirement surmontée du monogramme du uist (Buonarr. iiv. 2. — Aringhi. i. 16), ou un agneau {Ilagiogiypla. p. 222. — V. la fig. us haut ', ou enfin d'une colombe (Le Blant. KT.drrit. de laGatde. p. 167), symboles dira de Notre -Seigneur prêtant à son Église le perpétuelle assistance, ij. l'art. Colonne.)

EGLISES (coHSF.CRATiON DES^. — Nous n'alu, quant à la consécration des églises, auaie donnée positive p^r les trois premiers teles. II est à présumer néanmoins que les ■emiers chrétiens ne célébraient pas le culte TÎadans un édifice quelconque, avant de l'ajir purifié et dédié à Dieu par des prières et esriiesreligieui. lis durent sans doute en «imiter les Juifs qui, sans parler de leur Œpladont la dédicace solennelle est décrite ne tant de détail au troisième livre des Rois •.vm), avaient aussi coutume de dédier leurs BisODS, ainsi que l'indique pour celle de Daid le titre du trentième psaume : Psalmus hcri, canticam dedicatiotiis domus illiun, el ^'aui murailles do leurs villes, selon le *lîbreeiiempledeNéhémie (2Esdras. xn. 27.

^, si nous n'avons de preuves certaines à cet 'pli qu'à partir du quatrième siècle, époque lÙTit probablement s'établir les céi'émoDies iles pompes dont la consécration des églises Udepuis entourée, nous savons par le témui- Wgo de S. Ambroise (Epiât. xi[. Ad Marcel- ""■) que cette pratique liturgique n'était pas Kurdle, et ne faisait que continuer une coulOKpréeiistente, immémoriale, universelle : ^anlifuûiiina et ubiquerecepta consuetiuUne. ]■ — Quoi qu'il en soit, ce n'est qu'après la ^1 tonstahtinienne ()ue l'histoire commence 'enregistrer les consécrations d'églises, qui, pin k la faveur du premier prince chrétien, K'tirdèrent pas à se multiplier tant en Orient qu'en Occident. < C'était un beau et consolant <itead(t, dit Eusèbe (ri(. Constant, xiii) de "lif les solennelles dédicaces d'églises et d'o- ''■'WM chrétiens qui de toute part sortaient « terre comme par enchantement. Et ce spec- '^ toit d'autant plus imposant et plus auï"*i qu'il était partout rehaussé par la pré- *°M ie Ions les évèques d'une province. ■ Et

7 — ÉGLI

en effet, nous savons par ie même historien que les conciles de Jérusalem et d'Antioche furent tenus à l'occasion de la consécration des églises construites dans ces villes par Constantin (Sozom. n. 26. — Socrat. ii. 7). S. Paulin ;Epist. IV Ad Amand. et XU! Ad Sever.), et S. Ambroise (Loc. laud. et Epist. lxiiv) en offrent d'autres exemples. Il en est un plus ancien que tous ceux-là ; c'est celui de la basilique de Tyr, relevée de ses ruines et inaugurée en 315; et Eusèbe de Césarée fut chargé de prononcer l'homélie de la dédicace, qui eut lieu au milieu d'un concours innombrable de fidèles (Euseb. Hist. eccl. x. i). La construction de la basilique de Latran aurait néanmoins précédé de deux ans cette époque (De' Rossi. Bullet. 1863. p. 52) ; mais la dédicace est postérieure, croyons-nous.

Au témoignage des écrivains , vient se joindre celui des monuments eux-mêmes. Dans sa préface aux Vies des papes par Anastase, Blanchiui (N. 35. p. 74. t. i edit. Migne) donne un marbre où se lit une double inscription constatant la consécration d'une église à Home, par ie pape S. Damase ;

ri(u/us in Christi nomine. Ego Damasius (Sic) tirbis Ramm episcopus banc domuin conse-

Ce savant ose à peine risquer l'interprétation des sigles qui suivent, par Sanctus Paulus, Stinctus Petriis. Même en prenant pour ce qu'elle vaut cette eipliciition, le fait essentiel nous est acquis, la consécration d'une église à Rome au quatrième siècle. La seconde inscription, tracée au revers de la pierre atteste un autre fait non moins intéressant, savoir l'emploi des reliques dans la consécration des tilns ou églises :

Hic reoviËSCiT capvt

L'usage de faire précéder par le qualificatif SANCTVS les noms des apâtres, des martyrs et des confesseurs n'existait pas encore, que nous sachions, du temps de S. Damase (V. l'art. Sainf [Qualification]). C'est ce qui nous rend suspecte la leçon de Blanchioi. Cependant la présence de cette qualification dans la seconde inscription n'est pas douteuse ; sci crescentisi. Nous inclinerions donc à penser, ou que cette inscription est moins ancienne que l'autre, ou que ni l'une ni l'autre n'est contemporaine de l'événement qu'elles font connaître.

U. — On ne «ait rien de bien précis sur les rites primitife de la consécration des églises.

K(il.l

KGLl

Commun^nipni, la cérémonie commençait par un discours conUmant dos prières et des actions do grAcos, et quelquefois les louanges du fondateur de la nouvelhî église. Plusieurs Pères, entre autres Kusèbe (//>. 1. x. c. d), S. Ambroise (Serm, i.xxxix), S. (iaudence (Srrm. xvii. — cf. lUngh. m. 3J8), nous ont laissé des discours de ce genre. Il n'est pas hors de propos d'observer que les pontifes païens i)rononçaient aussi des discours h Toccasion de la dédicace do leurs temples, et Varron dit que c'est pour cela que ces temples s'appelai(»nt fami^ quwi pontifices in sacnvido fati sunt, 11 arrivait quelquefois que plusieurs discours étaient successivement prononcés, et nous apprenons d'Eusèbe (/6. x. 3) qu*on vit souvent, dans les consécrations faite^s sous Gïnslantin , tous les évéques présents prendre la parole, et improviser, selon l'inspiration du moment, les uns sur les louanges de Tempereur, les autres sur la grandeur du martyre ; d'autres adoi>taient quelque sujet dogmatique accommodé h la circonstance ou expliquaient les sens mystiques de certains passages de riîcriture. 1/évéque de Césarée lui-même ne manquait jamais de prêcher «piand il assistait à des solennités de ce genre ,f)c Vit, Const. IV, 4.V. On faisait ensuite loblation, on celébrait le s;icrilîoe non sanglant, on adressait à nieu des prièn\s. pour la paix publique, pour Th^^ise de Dieu, pour Tempereur et ses enfants, et prt^lvïblement d'une manière spéciale IHMir l'église qu'on venait de consacrer. S. Ambn^ise yHortai, tui virghi. vers, fin.^ nous a iH^nservé une formule de prièn^ que l'on croit ax-^nr trait à ce dernier objet.

V)uant ^ l'ensemblo des prières et des cérémonies aujouiM'hui en us,ace. et qui se trouve dans le ivntitîoal r\^main. il jvirait jv>ur la première» fois dans un onire n^main t|ui ne jurait |vas ,tntoneur au neuxième siècle. On convient néanmoins que v^ertaines parties de ces ritt^ aocuïi<Mit une ancieni^eté plus reculée. Tels s<xnt l'onction de Thuile sainte dont p-^rîe Rilsamon, les croix s^.sr les murailles, et >s fi.imbo4n\ suspendus devant o]]es, toutes circoïïst4inces mcr.tioifnies ]\^rCx>i;rîns Cf. Peiîivvia. 1, 16S\ la messe opiskvra'.e qui j^e di; à i.i cons<Vratio:^ des tclis.:^s i>t rt"*caràie cv.y.n:e rcnî^'^nurjt au quatrièn:c SsiècJt, S. Pâu'.in j'aî-

\U. — 1": r.\'Ui; T«î^rTr.is k xuv*.;r. prt^rt cf ct-

sauf le C.SS d>x:::\'.ï::c Do-.'^f^ss.'ii . S, Aîhîir.ajïf ,.*/»tJ. i\ ayar.: uru ur»f 5>Ti&xt- U ;.-.i.r if PivTwe* *îan< la crfcTiif ^cjijif- c*A-<x&Dirit , tvkzi'

*a â^icji «» , chitfif r u f '. f* aneris . .:. : aT'trir» i* l : f t.:

toujours exclusivement aux évoques dans le diocèse desquels elles étaient placées ; et aucune église ne pouvait être construite sans leur permission, et sans qu'ils eussent rempli les rites préliminaires, qui consistaient dans de certaines prières et dans l'érection d'une croix sur le terrain. (V. Concil. Bracurense. i. c. 37. — Concil. Britan. c. xxiii. — Chaicedon. iwetc. Cf. Bingh. f6.) Dans la vacance du siège, un évêque voisin pouvait être appelé pour la consécration d'une église, comme S. Sidoine-Apollinaire nous l'apprend de lui-même (Lib. it. epist. 15).

IV. — Les églises ne furent jamais consacrées (ju'à Dieu seul et à son ser>ic« ; c'est ce qui leur fit quelquefois donner le nom de donmcum : la basilique bâtie à Antioche par Constantin s'appelait dominicum aureum (Hieron. Olym. ccLxxvi. an. 3 ; ou encore dotninkê, xuptaxdt (Euseb. De lauiL Const, xrii). Dans si dispute contre lévêque arien Maximin, S. Augustin démontre la divinité de PEsprit-SaiBl par cet argument, qu'on élève des églises ei son honneur, ce qu'on ne saurait faire saoss^ crilége pour aucune créature. Il écrit dansk même sens contre Fauste : € Nous ne sacrifi» à aucun martyr, mais seulement au Dieu ds martyrs, bien que nous établissions des aateb sur les mémoires des martyrs. (T. l'irï. cosnssio.' Quel évêque assistant à l'autel dans ki lieux des saints corps a jamais dit: Nc*ast"fl^ frons. 6 Pierre. Paul ou Crprien? Ce qui rtl offert, est offert à Dieu, qui a ooorDiîaéls martyrs. Si quelques ég^lisess prirent ks dob des martyrs dont elle* étaient la moMirr. f'est uniquement pour rappeler qu'elles êtaiemcof struites sur le tombeau de ces marrrrs^ on* le lieu où ils avaient subi la mcrL »

Ouelquefûis, des églises remipMiî J« bw de leurs fondateurs: il v en arah îrais àùrthige, et plusieurs à Rome el à AiitiDdif. Ailleurs, elles reçurent une dénrwninatiaLîirtf As circonstances de temps ou de Len, ol fxat de quelque incident qui avaii ac^coccgaaielcv ci>nstrucîiL">n- Ainsi, i'éirlisf- de Jérusùatt apf*eiée Cntx ou AmatiasU : Crmx.. pu» ^ Constantin Tavai: éltvre sur ie liée neii|V> sion eu Sauveur : — Anof^tam^ parx m»ctU là que la fc*: ciîboliçne sur la Sie liWBàU liêf^nitivenieLt établie, jimjrsjtiîfaiien: jffl* sxns ri jt»s lumières de S. Gre.coirp àtJ Ine t-clise de Carthare tu: nammèr rffi/i/uJû, j.ar^e çu'elJe steî: eié rr.kLT-.s ût-s ar-f-ns eu: j'avaHînî 'D!qii^ie&.

V. — An comnencieiDeni. il ht x«si ■:'.:'^ sT»é: iajemrT.; aiTerres à î& .•iî:-^ fvrhsts. Pan 7» Barmi. cnû. ab. S&.K Zaî\ ftbsfnf r j^e .""ex* iisf- de JermalaK » i* ;«&s rnrrsarrf* ût. dananriie., mais^ ve anfli- Ll cD.r« uTUf errjésiasiiniif de ne fam sêùit aè-

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•émonie que le dimanche ne remonte donc pas i une haute antiquité.

Mais, dès les premiers siècles, il fut d'usage le célébrer solennellement le jour anniversaire le la dédicace. Sozomène (ii. 26) l'affirme fornellement de Téglise de Jérusalem. Cette disipline fut introduite en Angleterre par S. Gréroire le Grand au témoignage de Bède {Htst. ingi I. 30).

ÉGL1SE8 (respect ït immunités). — I. — Iespect aux églises. Les temples, comme siège le la Divinité, furent toujours Tobjet d'une prande vénération ; et en lisant les auteurs lalens, on est surpris de voir ce qu'inspire sous e rapport le sentiment religieux, môme lors- [ue, misérablement dévoyé, il s'adresse à de aines idoles. Voici un passage de Sénèque Satur. quxst. vu. 30) qui ne serait point déilacé sous la plume d'un chrétien ; il est bon le nous souvenir néanmoins qu'il reflète un tat de société où un vain formalisme était out ce qui restait de la religion des vieux lomains. « Si nous entrons dans les temples, lit le philosophe, c'est avec un extérieur comlosé; si nous avons à nous approcher du sarifice, nous humilions notre visage, nous ibaissons notre toge, nous imprimons à notre «rsonne toutes les façons de la modestie. »

Nos pères n'avaient pas besoin de tels exemples pour entourer de respect et de piété les emples du vrai Dieu : ici, la foi faisait, et aille fois mieux encore, ce que la puissance les traditions et les prescriptions rigides d'un ulte officiel maintenaient chez les idolâtres, Jéme après le départ des dieux.

Avant d'entrer dans le lieu saint, les premiers irétiens lavaient leurs mains et leur visage \ les art. Ahlutiom. atrium, cantharus), ce u était le signe de la pureté et de Tinnonce qui doivent accompagner le chrétien au ed des autels. Cassien rapporte {Instit. 1. i.

0 un touchant usage des moines d'Egypte, est qu'ils quittaient leurs sandales, pour cébrer ou recevoir les mystères sacro-saints. fttte respectueuse pratique fut adoptée par «Éthiopiens qui l'observent encore aujourhui. Les empereurs et les rois déposaient à L porte leurs armes et môme leur diadème, t laissaient leurs gardes au dehors (Theodos. ^. m ad, I conc. Ephes.). On se prosteraHdans le vestibule de Téglise, on en baisait «portes, les colonnes (Greg. Nazian. Orat, nx). « Nous baisons les portes du temple , it S. Chrysostome. » (Homil. xxix In 2 Cor.) est au môme usage que fait allusion S. Pau-

1 (In Natal, vi S. Felicts) :

•jnitur ante fores et postibus oscula figit, tierymis rigatomne solum pro limine sancto RIS humi....

Une fois entrés dans l'intérieur de l'église, les chrétiens gardaient, dit Cassien (Instit. mon. II. 2), un si religieux silence, qu'on eût dit que chacun d'eux était isolé au milieu d'une solitude absolue. S. Grégoire de Nazianze (Orat. xix) aimait à louer sa mère Nonna de ce qu'elle était animée d'un si vif sentiment de piété et de dévotion, que jamais sa voix ne fut entendue dans l'assemblée des fidèles; que jamais elle ne tourna le dos à la table vénérable (L'autel) ; que jamais on ne la vit cracher sur le pavé de l'église, et S. Ambroise, dans son traité Des vierges (m. 9) semble supposer que c'était dans son église de Milan une règle de n'y jamais moucher, cracher, tousser ou rire : A gemitu, screatu, tussi, risu abstinentes.

Ce qui montre encore tout le respect que les premiers chrétiens avaient pour leurs églises, c'est qu'elles étaient, dans les grandes calamités, regardées comme un refuge inévitable pour les personnes comme pour les objets précieux. Les historiens Ruffin(ii. 30), Socrate (i. 18) et Sozomène (i. 8) nous en ont conservé un singulier et intéressant exemple : c'est que la mesure du Nil, servant, comme on sait, à marquer les crues de ce fleuve, et qui se conservait dans le temple do Sérapis comme un objet sacré, fut, par l'ordre de Constantin, transportée dans une église, et qu'elle y resta jusqu'à ce que Julien l'Apostat l'eût fait replacer dans le temple de Sérapis.

Mais ce sont surtout les hommes qui trouvaient à l'abri de la sainteté des temples chrétiens refuge et sécurité, dans toutes les circonstances critiques, et spécialement lorsque les invasions des Barbares portaient partout la désolation : l'église était le seul asile respecté par eux. Bien plus, nous apprenons de S. Augustin (Decivit.Dei. 1. 1) qu'alors ces asiless'ouvraient, non-seulement pour les fidèles, mais aussi pour les païens, qui s'estimaient heureux de saisir ainsi l'unique moyen qui leur restât d'échapper à l'insolence de l'ennemi. Ainsi, lorsque Alaric eut pris la ville de Jlome , il ne permit à ses soldats d'y entrer « qu'après leur avoir donné l'ordre formel de respecter et de tenir pour inviolables tous ceux qui auraient cherché un refuge dans les lieux saints, et notamment dans les basiliques des apôtres Saint-Pierre et Saint-Paul. » (Gros. vu. 39.) On vit même ces Barbares conduire dans les églises ceux qu'ils avaient épargnés, afin de les mettre à l'abri des insultes de ceux de leurs compagnons qui ne seraient pas animés des mêmes sentiments d'humanité (Sozom. ix. 10). Donc toutes les haines, toutes les convoitises, toutes les barbaries s'arrêtaient sur le seuil du temple de Dieu comme devant une barrière infranchissable.

IL — ÏMMUNiTtîs. La seule dont nous ayons à

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parler ici, c'est le droit d'asile. Nous ne considérerons cette intéressante question qu'au point de vue historique, le reste regarde les canonistes.

On ne peut guère douter que le droit d'asile n'ait appartenu aux temples chrétiens depuis la fondation même de l'Église : car ce droit est affirmé comme ancien au quatrième siècle par les conciles {Concil. ^raustc. can.v). Nous croyons donc que c'est à tort que quelques-uns ne datent l'origine de cette immunité que de l'époque où fut fondée la basilique de Latran, qui aurait été la première à en jouir. Nous devons néanmoins rapporter ici une circonstance touchante, qui semble supposer que l'on eut l'intention de ftdre de cette vénérsile église, « tôte et mère de toutes les églises de la ville et du monde, » le lieu de la miséricorde par excellence, puisque pour la rendre accessible aux malheureux à toutes les heures du jour et de la nuit, elle ne fut dans le principe fermée que par des voiles ou portières en toile.

Quoi qu'il en soit, à cette époque, les coupables se réfugiaient dans les églises non-seulement pour jouir du droit d'asile, mais plus encore pour se concilier l'intercession des évoques auprès du prince ; et les évoques ne pouvaient pas leur refuser cet office charitable ; mais ils devaient, selon le concile de Sardique (C. v. ap. Dionys. Exig.) demander la grâce de ces malheureux sans hésitation et sans retacd, sine cunciatione et dubitatione. Car le devoir du sacerdoce était d'intervenir pour les coupables, et d'implorer les empereurs pour les misérables, selon l'admirable doctrine développée par S. Ambroise parlant à Théodose {Epist. XLi) ; non point pour pardonner ou autoriser leurs péchés, mais pour appeler la miséricorde sur ceux qui promettaient amendement et correction (Augustin. Epist, ad Macedon, n. 153). Aussi, à la recommandation des évoques, les princes avaient-ils coutume de les délivrer des châtiments et quelquefois môme de la mort qu'ils avaient méritée, comme nous sommes en droit de le conclure d'une foule de documents (V. Pelliccia. i. 210).

Mais il faut dire que déjà au quatrième siècle, le droit d'asile avait dégénéré en abus : car alors les débiteurs du trésor public euxmêmes cherchaient un refuge dans l'église, et trouvaient des évêques et des clercs pour les cacher dans les réduits les plus secrets. Théodose l'ancien mit fin à cet abus, en privant de l'asile les débiteurs publics, et obligea môme les évêques à payer pour ceux qu'ils avaient soustraits à la loi. Arcadius et Honorius confirmèrent cette loi , contre les Juifs qui, sous couleur de religion, se réfugiaient dans l'église quand ils étaient chargés de dettes ou de quelque autre délit. Du reste le droit d'a-

sile avait été maintenu pour tout le resti lorsque, à l'instigation d'Eutrope, chef des ei nuques, Arcadius l'abolit complètement.

L'Église supporta mai une loi qui metta

des entraves à sa mission de miséricorde,

nous voyons que S. Chrysostome s'en plaigi

vivement dans un discours contre Eutrope. ]

leur côté, les évêques d'Afrique envoyèren

l'empereur une députation, pour demand

qu'il leur fût permis de se prévaloir en fave

des réfugiés de la loi ancienne des très-g

rieux princes, et que personne n'osât leur î

racher les malheureux qu'ils avaient accueil

sous l'égide du sanctuaire. Il fut fait droit

cette réclamation, le droit d'asile continu*

subsister : c'est ce que nous voyons par u

loi de Théodose le jeune, qui étendit même

droit non-seulement à l'intérieur de l'église

à l'autel, mais à toutes les dépendances des te

pies, templi septum^ à leur enceinte extérieui

(V. sur cette question d'intéressants détails ds

l'ouvrage de Voigt, qui la traite sous tou

ses faces [Thysiasteriologia. cap. xvii. Ded

rium aitaia] .) Le prince excluait néanmoins

ce privilège ceux qui se seraient obstinéî

porter des armes dans le lieu saint, et auraii

refusé de les quitter à l'injonction de Tévôq

ou des clercs. Le même empereur promulg

une autre loi en faveur des esclaves réju^

au pied des autels, pourvu que ce fût sans i

mes : ils devaient être gardés dans Tégli

mais un jour seulement, après lequel lescle

devaient les dénoncer à leurs maîtres, de

maison desquels ils avaient fui par crain

afin que ceux-ci leur accordassent indulgei

(Cod. Theod. 1. 4). Mais la loi d'Honorius

d' Arcadius sur les débiteurs publics restait

vigueur; Léon dit le Sage l'abrogea avec toi

ses dispositions relatives à la solidarité

l'évêque et des clercs {Cod. Justin, 1. 6). Ei

le droit d'asile ayant pris une extension ex

sive, Justinien le restreignit, et en enlev

bénéfice aux homicides, aux adultères, aux

visseurs de vierges et aux débiteurs pub

Telles sont les lois des princes au sujei

l'immunité des églises , auxquelles les p

et les conciles donnèrent leur sanction en f

pant les contrevenants de peines canoniq

Mais comme par la suite des temps ce c

sembla favoriser les crimes, et augme

l'audace des factions par l'espoir de l'impu]

l'immunité des églises fut, du consentei

commun des rois et des papes, restreinte <

des limites qui l'empêchassent de nuire au

public. (V. l'art. Clergé, n. IL Immunités,)

ELIE (enlèvement d'). — Parmi les i breuses figures relatives à la résurrection les premiers chrétiens aimaient à représe sur leurs tombeaux, on rencontre assez :

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