‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 101 sur 266 · ÉLIE · texte numérisé non relu

ÉLIE

lent l'histoire d'Élie enlevé au ciel sur un char lialné par quatre chevam rapides. (V. Aringhi. \. 1. p. 305. 309. 429.) D'une main il tient les rines, de l'autre, il laisse tomber son manteau sur Ies mains d'Elisée, recouvertes par respect d'un i»n de son propre vêtement. (V. aussi Al- Ifgrania. Monum. di AHl. tav. v.) Il est à remarquer que, dans ces sarcophages, l'artiste, wuljnl sans doute indiquer l'éternelle jeunesse dool le prophète allait jouir dans le véritable Éd(n. le représente jeune et imberbe, tandis qu'Elisée, son disciple, est vieux et barbu. Celai-ci est cependant figuré comme un jeune bommedans un autre sarcophage (Botlari. lu). Au-dessous du char, on voit le lleuve du Jouràin personuitié à la manière antique, portant uu roseau k la main, et sur ia tête une couruDDe de roseaux, et le coude appuyé sur une ttrne d'où s'échappe la source. Une fresque des catacombes (Bott. lxxu), ainsi que la dernière une sépulcrale que nous avons citée, font voir Ih llotâ du fleuve , et non sa personnifica-

Nous avons dit que, habituellement, l'enlètemenl d'Élie est pris comme figure de la résufrection (Iren. I. v. c. 5), et il est d'autant plus probable que telle est la véritable signi- Sutionde cette histoire, que, selon la croyance ammune aux chrétiens et aux Juifs, le prophète doit, à la fÎD des temps, précéder le Messie sur la terre. Cependant, S. Grégoire le Grand la regarde aussi comme la figure de l'as- «Qsion de Jésus-Christ. (L. 11 InEvang. hom. uiï-Se.) Le sarcophage de S. Ambroise (Al- Itgr. loc. laud.) offre cela de particulier que, sur le second plan , se voient deux figures qui obseri-entde loin le prodige et représentent sans doute BD abrégé les cinquante fils des prophètes qui, kIod le texte sacré (fi Reg. n. 7), des riwsdu Jourdain où il arriva, ï(e/erun( e contra 1»^. Ceci est encore plus sensible sur un frigment inédit de bas-relief du musée du Latran dont nous plaçons ici un dessin exécuté wa DOS yeux à Rome. On y voit deux enfants

Jl" manifestent leur surprise, à la vue du char lunaMia enlevant le prophète. S. Ambroise "îit fait peindre l'enlèvement d'Élie dans sa

L'enlèvement d'Élie est représenté sur un camée publié par M. Perret (iv. pi. xvi. 21); ici le prophète est emporté par un bige seulement. L'artiste semble s'être inspiré de la doctrine de S. Maxime de Turin qui pense qu'Élie fut enlevé par des anges (Hom. 11. De Itarbar. >ion limend. ap. Mabill. lier Ital. t. i). Car c'est un ange qui tient les rênes, et le prophète est dans !e char.

Comme, selon les idées de l'antiquité, la traition du manteau fut le symbole de la translission de la doctrine et do la dignité de prophète d'Élie à Elisée, ce sujet est regardé ne la figure de Jésus-Christ transmettant à S. Pierre, avant de monter au ciel, le dépôt de sa parole et de ses pouvoirs. C'est l'interprétation commune, sur laquelle nous n'avons pas besoin d'insister. S. Chrysostome l'entend de tous les disciples de Jésus-Christ et même de leurs successeurs {Homil. 11 In ascem. Dom.) : • Ëlie montant au ciel laissa tomber son manteau sur Elisée; Jésus, en y montant à son tour, laissa le don de ses grâces à ses disciples ; grâces qui ne faisaient pas un seul prophète, mais des Élisées en nombre infini, et bien plus grands, et plus illustres que lui : /nfinitos EHseos, alque adeo itlo mullo majore* et llluslTiores. Ailleurs (Homil. 11 Adpop. Ântioch.) compare le manteau du prophète au don que le Fils de Dieu nous a laissé de sa chair sacrée ; Elias meloten discipuh relîquit; Fi'ft'us autem Dei ascendtfïs suam nobis carnem reliquit.

EIVCEÎVB. — L'usage de l'encens dans les cérémonies sacrées des chrétiens remonte au berceau même de l'Église. (V. Paciaudi. De eitttu S. Joan. Bapt. p. 392.) On pourrait apporter pour preuves le témoignage des Canons apostoliques, celui de la liturgie dite de S. Jacques, de celle de S. Chrysostome, des textes de S. Denys l'Aréopagite , écrits qui, quoi qu'on puisse penser de leur authenticité, remontent assurément à des époques fort reculées, (V, Hildebrand, Sacra publ. vet. eccles. p. 27. — Hermstad. 1721. — Menard. Not. ad sacram. Greg. p. 19B.) Contentons-nous de citer des auteurs dont personne ne peut contester la valeur. S. Hippolyte, évéque de Porto, qui vivait au commencement du troisième siècle, dit dans son livre De ctmnmtmaiione mundi (Cap. xxxiv. Inter 0pp. ipsius curante Fabric. Hamburgi.

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