‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 102 sur 266 · ENCE · texte numérisé non relu

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1716) : Lugebunt sane Ecclesiœ luctu rnagno, quoniam nec ohlatio, nec thymiama offertur. € Les Églises pleureront, et à juste titre, beaucoup de larmes, parce qu'il n*est ofTert ni oblation, ni parfum. » Beveridge bien qu'entaché de rhérésie calvinienne , ne peut s'empêcher de conclure de ces paroles que l'usage de l'encens existait déjà avant cette époque (Adnot, in can, apost. Pandect. t. ii. p. 16. ap. Paciaud.). Au quatrième siècle, nous avons le testament de S. Éphrem, édité par Assemani dans sa Bibliothèque orientale (T. i. p. 143) : Thura in sanctuario adolete, meum autein funus oratione curate; Deo odorainenta offerte ^ me vero pscUmis prosequimini. t Brûlez de l'encens dans le sanctuaire, mais faites mes funérailles avec des prières; offrez des parfums à Dieu, et à moi donnez des psaumes. » Voici des paroles de S. Ambroise qui sont encore plus précises et surtout plus dignes d'attention, car elles sont relatives aux divins mystères (Exposit, in Luc, II. 28) : « Quand nous offrons le sacrifice, nous encensons l'autel : et plût à Dieu que l'ange du Seigneur se montrât à nos yeux, comme il se fit voir à Zacharie ; car bien certainemeht l'ange de Dieu est présent. • Cette foi à la présence de l'ange près de l'autel au moment où se célèbre le saint sacrifice, se retrouve dans toute notre vénérable antiquité. Quelques missels nomment l'archange S. Michel : Per intercessionem Beati Michaelis stan- Tis A DEXTRis ALTARis iNCENSi *, mais d'autfes plus anciens, ainsi que le sacramentaire de S. Grégoire lui substituent S. Gabriel, ce qui est plus conforme au texte de S. Luc (i. 19) : Ego sum Gabriel, qui asto ante Deum. Au concile de Chalcédoine , on se plaint de ce que Dioscore d'Alexandrie avait mal employé les biens qu'une dame avait légués aux pauvres , et de ce qu'il n'y avait pas môme eu de l'encens dans le sacrifice qui eut lieu aux funérailles de cette pieuse chrétienne.

Mais l'encens n'était pas réservé aux seules cérémonies de la liturgie, S. Cyrille d'Alexandrie atteste qu'il était encore employé à d'autres pieux usages (Ap. Baron. Ad an. 431. n. 61 ), par exemple dans les processions. Ainsi, après la condamnation de Nestorius, le peuple d'Éphèse accompagna les pères jusqu'à leurs demeures à la lueur des flambeaux, et les femmes faisaient fumer l'encens sur leur passage. A la procession qui eut lieu pour la translation des restes de S. Lupicin, il y eut aussi, au témoignage de notre S. Grégoire de Tours, des croix, des flambeaux et de l'encens : Dispositis in itinere psallentium turmis cum crucibus^ cems, atque odore fragrantis thymiamatis {In Vit. PP. c. xiii). Corippus, poète du temps de Justin le jeune (Lib. i De laud. Justin, min.), dé-

crit ainsi des offrandes faites à l'ég prince :

Ilicet angelici pergens ad limina tei Imposait pia thura focis, cerasque Obtulit....

« Se dirigeant vers le temple angéliqi l'encens sur le feu, et offrit des cierges

Chosroès, roi des Perses, entre ai offre à l'église de Saint-Sergius ur d'or en actions de grâces de ce qu'i tenu un enfant par l'intercession d (Ap. Menard. loc. laud.). La fonction appartenait aux diacres: c'est pou:

que, dans les monuments anciens, est représenté un encensoir à la mai xième siècle , quelques diaconesse?

d'usurper ces fonctions. (V. l'art. I

EXCEIVSOIR. — A l'exemple .

judaïque (Feltre. De usu thuris. c.

l'Église chrétienne adopta dès son oi non. apost. can. v) l'usage des ence découle naturellement de celui de L'encensoir est désigné dans les a ciens sous les noms suivants : thy^ — thuricremium , — incensorium , ( Hum, — fumigatorium. Le nom de li est quelquefois donné à la navette contenir l'encens ; son véritable nor acerra. Les encensoirs étaient souvi d'argent , principalement dans les é{ gnes. Constantin fit don à l'église de de Latran de deux encensoirs d'or pi de trente livres , et d'un autre pes livres, et où l'or était rehaussé par ( précieuses (Anastas. Bibliot. In Syli pourrait citer un nombre infini d' précieux offerts aux églises do tous 1< d'illustres personnages.

L'encensoir n'était d'abord qu'u; métal, dont on ignore la forme prim il est probable qu'il ressemblait à de sorte que le prêtre pût aisémer par la base pour le porter autour altaria adolere, comme parlent les a res (Ap. Pelliccia. Polit, eccl. 1. 1. p. ajouta bientôt un couvercle percé <3 nombre de trous destinés à laisser fumée de l'encens, et enfin on eut ï suspendre à des chaînes pour le bala ceci n'eut guère lieu qu'au douzième

EXCOLPIA (reliquaires). — ( co nom dans l'antiquité chrétienne à custodes destinées à recevoir, soit de soit le livre de l'Évangile , et à ôti dues au cou des fidèles. L'usage d( qu aires portatifs remonte à la p

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:é ; S. Chrysostome le mentionne en didroits de ses OEuvres, et en particulier dix-neuvième homélie De statuis, S. Ni- , patriarche de Gonstantinople, réfutant loclastes , assure que de son temps la ité était pleine d^eiicolpia sur lesquels figurés la passion de Jésus-Christ, ses s, sa glorieuse résurrection, et il en 3mme d'objets fabriqués depuis long- On trouva deux de ces reliquaires, en 1571, dans des tombeaux du cimetière du Vatican : ils sont de forme carrée, l'une boucle dénotant leur usage , et ur l'une de leurs faces du monogramme rist, accosté de TA et de Vw. Bosio

), Aringhi, Ciampini, Bottari (i. p. 155) 3né le dessin de ce monument qui est itrième siècle, et qui est ici reproduit, roix pectoes évoques si appelée un , parce

contenait iques : car se que ce tnt du grec [w, qui simtenir dans . Le plus anmument de e qui existe liui, si nous s abusons ,

croix pec- [ui a été trouvée naguère sur la poiun cadavre dans les déblais qui se praà l'intérieur de la basilique constantide Saint-Laurent hors des murs. Nous Dduisons ici d'après M. De' Rossi. [Bulaprile 1863).

e de ses faces porte l'inscription : emlA (Emmanuel; , et en latin : nobiscvm sur l'autre , on lit : crvx est vita mihi 5 miMiCE TiBi. t La croix est ma vie; à Benû , elle est la mort. » Ceci s'adresse non, ennemi du genre humain, tecroix estmunie d'une vis fermant une ca-

vité où étaient des reliques et probablement une parcelle de la vraie croix, comme il s'en répandit dans l'univers entier aussitôt après l'invention de ce bois sacré par Ste Hélène. Les reliquaires où l'on renfermait ces précieux fragments étaient de petites boites d'or; S. Paulin en possédait un (Epist. xxxi. Ad Sever.) qui était renfermé dans un petit tube du môme métal. C'est S. Grégoire le Grand qui le premier fait mention de la forme de croix donnée à ces reliquaires. Il en avait envoyé une à la reine Théodelinde avec un fragment assez considérable du bois sacré ; et cette croix existe encore à Monza. Le prévôt de l'antique éghse de cette ville s'en sert quand il officie pontificalement. On en peut voir le fac-similé dans les Memorie délia chiesa Monzese du chanoine Frisi (P. 52).

Le célèbre trésor de Monza possède aussi deux philactères donnés à cette princesse, pour ses enfants, par le même pontife, et qui contenaient, l'un une parcelle de la vraie croix, l'autre un fragment do l'Évangile (Greg. Magn. Epistolar. 1. xiv. ep. 12.) Le P. Mozzoni a publié ces petits monuments dans le septième volume (P. 79) de ses Tavole chron. délia stor, eccl. On trouvera aussi dans le môme volume du môme ouvrage (P. 77 et 84) d'autres reliquaires du plus haut intérêt, je veux parler de quelques-uns des vases dans lesquels S. Grégoire avait envoyé à Théodelinde de l'huile des

lampes des tombeaux des martyrs.

(V. notre art. Huiles saintes,) La plupart des notions qui nous sont parvenues sur cetintéressantsujet sont dues à ce grand pape. C'est lui encore qui nous apprend (Epist. i.

36. VII. 26) qu'on distribuait de la li- /jg^rmi • maille des chaînes

y^S^C de S. Pierre dans

de petites clefs d'or.

Lui-môme avait envoyé une de ces clefs ainsi sanctifiées à Childebert, roi de France, « pour lui servir de préservatif contre tous les maux » : Claves sancti Pétri ^ in quitus de vifwulis calenarum ejus inclusum est , excellent iœ vestrx di~ reximus , quw collo vestro suspens.^ a inalis vos omnibus tueantur (L. vi, ep. 6). Un illustre personnage de la Gaule, nommé Dinamius, avait reçu, lui aussi, du môme pontife une petite croix d'or contenant une pareille relique (L. m. ep. 33) : Transmisimusautem B. Pétri aposloli benediciionem crucem parvulam, cui de catenis ejus 6eneficiasuntinserla. Le moyen âge offre sur cette

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question des richesses immenses et des monu- nouvellement trouvée aui catacon

mentsènnombreinfini;maisnotlsnedevonspa3 semé le sujet qui nous occupe d'u

anticiper sur son domaine {V. l'art. ^moJeHes.) un peu différente (Perret, i, lJ. A

Notre-Seigneur deui vieillards debc

ENFANT (L') JESUS AU M[Li£u des doc- des marques extraordinaires d'admii

TEURs, — Ce sujet est représenté dans une ma- gauche S. Joseph et la Ste Viei^e

gnifiquê fresque du cimetière de Sairt-Calliste une joie mêlée de lassitude. La têti

(Bottari. tav. liv). Notre-Seigneur est assis sur de l'enfant Jésus ont une expressioi

une chaire élégante, élevée d'un degré au des tion tout divine Nous deions dire

sus du sol, et étend les trois premiers do gis que dans les j latre personnages qii

de la main 'droite en signe d'allocution Les Notre Seigneur on a cru voir les qi

docteurs sont rangés à droite et à gauche deui gtlistei Voici lo monument le

des plus âgés seulement sont assis sur des géra pliants, et leurs visages expriment la surprise et l'admiration. Aux pieds du Sauveur est un scn'nium ouvert dans lequel on voit les volumes de la toi. Le même sujet est reproduit a\ec quelques légères différences dans une autre peinture du même cimetière (Id. ta^ l\"ch) Les antiquaires ont interprété dans le même sens un certain nombre de bas-reliefs de sar cophages. Mais l'interprétation ne nous parait indubitable que pour le sarcophage de la basi lique de Saint-Ambroîse à. Milan (Allegranza Sacri momim, ant. di Milam. tav. IV).

Ici le tableau est complet. Les personnages

qui entourent le Rédempteur sont tous assis L«s docteurs du temple ne sera

maisNotre-SeigneuroccupeunsiégeplusÉlevé présentés que par deux personnage

entormed'édiculed'ordrecomposite,a\ecdeux abréviatiois de ce genre ne sont

palmiers à ses côtés, lesquels sont peut-être le ^ans nos monuments et pour un %

symbole de la victoire que le divin Docteur rem "^e de si jets

porta dès l'âge de douze ans sur les maîtres de Mais nous ne connaissons pas de

la synagogue (Augustin, tract, n In Joan ) ou il soit figuré aussi clairement i

Il porteà la main gauche un livre ouvert comme ^-eau diptyque du Linquiéme siècle s

marque de son autorité (Car lui seul deviit à 'a cathédrale de Milan (V Buj

promulguerlaloi véritable), Undisquelesdoc à, S Ceho ) Notre Seigneur est as;

teurs ont des volumes, et des volumes fermés, chaire à deux gradins, et disput

pour indiquer l'hommage forcé qu'ils rendent des docteurs debout devant lui, et q

à cette parole qui les subjugue. Nous disons chaleur de la discussion , a rejeti

que c'est un livre, codex, qu'il porte à la main, par terre. Ce sujet est encore repi

et non pas un «o/umen, et il en est de même le diptyque de Murano. (Gori. The».

dans la mosaïque de Saint-Aquilio de Milan ^^- 8- ) S. Ambroise pense que ,

(Allegr. op. laud. tav. i); et on pense que l'ar- plupart de celles qui décorent les

liste a voulu ainsi établir entre Notre-Seigneur "îas premiers chrétiens, cette rep

et les docteurs de la loi une différence qu'ex- est relative à la résurrection du Sf

prime en plusieurs endroits le texte de VÂpo- <l«^'=''t rester trois jours dans le ton

calypse (y et alibi). ressortir glorieux, de même qu'il

LachaireousiégedudivinDocteurestplacée trois jours dans le temple pour étr

sur un rocher qui indique l'infaillibilité de sa terme, rendu ù ses parents, couvert ■

doctrine; et au-dessous est couché l'agneau, que la sagesse de ses discours lui av

son symbole , qui seul pouvait ouvrir le livre (Ambros. lit Luc. 1. ii).

{Apoc. V) et expliquer les mystérieux oracles Nous devons faire obsen-er encori

des prophètes. Mais un caractère qui fixe net- la représenlationde cefait del'enfei

tement l'attribution de ce monument, c'est veur, Jésus a ordinairement [V.Bottî

que, aux pieds du Sauveur, on voit à droite ""« 'aille bien supérieure h son -

la Ste Vierge, et à gauche Joseph prosternés, que, jeune d'années, il élaitmûrpar

qui semblent oublier leurs angoisses des trois C'est ce qu'expriment très-bien ces

jours précédents pour s'associer à la respec- ^u'ius (Ap. Pasch. 1. ii. v. Uk. sqq

tueuse admiration des chefs de la synagogue. asI ubi bissenos îewtis coniigit annos

Une peinture d'une perfection remarquable Hoc apaiium de carne trahens, «viq»

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pro parte tulit, sonioribus esse iebatur senior, legisque magistros emeritus residebat jure magisler.

^'TS TROUVES DANS l'antiquité E. — Bien que dès le commencement ;ns de PÉglise grecque et de l'Église nt eu des hospices (V. le mot Hôpiletudinaria ou nosocomia^ construits villes les plus importantes, afin de leurs pauvres aux xenodochia d'Esaux rites idolàtriques qu'ils eussent ; il ne pandt pas que, jusqu'au sixième s Latins aient possédé des maisons pour les enfants trouvés, orphano- /Église y pourvoyait, en appelant sur ntes créatures la charité individuelle:

t un devoir à chaque fidèle de les re- , de les nourrir dans leurs maisons. On it aluinm{Ab alendo), et le nombre en id parmi les fidèles, parce que Pacte llir ces enfants abandonnés était une 5 miséricorde inspirée par la charité e. Aussi le nom d'aluinnus se renconeaucoup plus souvent dans les épi' rétiennes que dans les païennes. Quelî sont les parents adoptifs qui ont élevé ?au à leur alumnus (Perret, v. xlvi.

cimetière de Pontien, le nom d'une funte était inscrit comme il suit sur tte d'ivoire de forme circulaire, à ce ait (Fabretti. 351. viii) : emerinysH kB II ALVMNAE svAE, D'autrcs fois le /l'un témoignage de reconnaissance de envers ses bienfaiteurs auxquels il I nom de père et de mère (Perret, il est particulièrejment remarquable . qui est nommé dans l'inscription sui- :prime le bonheur dont il a joui sous de ses parents adoptifs par l'épithète

ISSIMVS ALVMNVS :

«VS DISCOLIVS FILIVS ET BIBIVS.

ISSIMVS AL\TINVS VALERIE CRESTENI.

I BIDVE ANNORVM XIUI. INTERIANTOS

ivons (De' Rossi. i. 46) l'épitaphe d'un , datant de Tan 340. M. Le Blant puinscription de Trêves (i. 409) menune âlumna qui n'avait vécu qu'un quelques jours.

posait ordinairement ces enfants à la t l'église cathédrale désignée dans les ar le nom générique de ecclesia (Contât. I. saec. 4. can. 32) : Si expositus lest'am. Les conciles avaient réglé les os dans lesquelles il était permis aux le les recueillir. Celui qui voulait nour- ; lui un enfant exposé devait déposer îs mains des pasteurs de l'Église un »pelé epistola contestationiSy où étaient « le sexe de l'enfant, le jour et le lieu

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où il avait été trouvé (Concil. Arelat. i. ibid,), afin qu'il pût 4tre rendu à ses parents, s'ils le réclamaient; que s'il n'était pas reconnu dans l'espace de dix jours après son exposition, il appartenait de droit à ceux qui lui avaient donné asile (Ibid.),

Mais comme avec le temps il s'était glissé des abus dans une œuvre si louable en ellemême, et que des chrétiens se voyaient en butte à la calomnie, à raison môme de cet acte charitable, peu à peu la piété primitive se refroidit, si bien qu'au sixième siècle les pères d'un concile de Vaison se plaignent qu'on exposait ces enfants aux chiens, par crainte de la calomnie ; et, conformément aux lois portées par les empereurs Théodose et Valentinien, ils décrètent que quand t un chrétien avait recueilli un enfant.... le ministre annonçait de l'autel, le jour de dimanche, afin que les Églises le sussent, qu'un enfant exposé avait été recueilli.! Ce môme concile, renouvelant une loi déjà portée au quatrième siècle par le concile d'Arles, décréta en outre que le calomniateur de ces chrétiens charitables serait tenu pour homicide {Concil. Vaxens, can. x).

EIVSEVELISSÈMEJVT. — Dès la naissance du christianisme, les fidèles professèrent le plus grand respect pour les restes mortels de leurs frères. Après la mort de S. Etienne, des hommes craignant Dieu eurent soin d^ ensevelir son corps et célébrèrent ses funérailles avec un grand deuil (Act, VIII. 2). Les actes proconsulaires de S. Cyprien (Ap. Ruinart...) portent que, pour exciter chez les gentils une salutaire curiosité, on exposa le corps du martyr au milieu de cierges allumés et d'un grand appareil : ejus corpus propter gentilium curiositatem in proximum positum est cum cerets... cum voto, ettriumpho magno. Ces honneurs avaient pour motif, non pas une importance exagérée que les fidèles auraient attachée à ces organes périssables, mais la pensée que ces corps appartiennent à Dieu , et qu'un jour ils doivent être rendus à la vie (Augustin. De civit. Dei. 1. xii. c. 13). Aussi les chrétiens remplissaient-ils ces devoirs pieux non-seulement envers les restes de leurs proches et des personnes distinguées, mais à l'égard de ceux des étrangers et des pauvres (Lactant. Instit. divin, 1. vi).

Quant aux rites funèbres, il est certain que ceux des premiers chrétiens différaient peu des cérémonies alors en usage chez les Juifs et les autres nations, sauf cependant les cérémonies qui avaient un caractère païen.

1" Lotion et onction du cadavre. Dès qu'un chrétien avait rendu le dernier soupir, ses plus proches parents lui fermaient les yeux et la bouche de leurs propres mains ; et nous savons par S. Denis d'Alexandrie que cela se prati-

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quait pour les corps des martyrs qu'on enlevait après leur supplice (Ap. Euseb. Hist, eccl, 1. vu. c. 17) : Ht sanctorum corpora suftinis manibus gremioque excipienteSy oculos illis et ora clau- (lentes. Ensuite on lavait le corps {Act. ix), et cet usage fut en vigueur depuis les temps apostoliques jusqu'au dixième siècle ; les sacramentaires de cette époque sont les derniers documents qui en parlent. Après la lotion du corps venait Ponction. Tertullien en fait, dans son Apologétique (xlii), une mention que nous avons citée ailleurs; il y dit formellement que les parfums que les païens emploient à enfumer leurs dieux, les chrétiens les consacrent à la sépulture de leurs frères.

Sous le nomgénérique de thus^ « encens, » sont compris tous les genres d'aromates ; mais après la chute de l'empire romain , les chrétiens n'employèrent plus que la myrrhe pour l'onction des cadavres (Rufin Aquil. ap. J. Louzon. De poUinct. et balsamaf, ap, vet. c^ x). On voit par le témoignage de cet auteur que les chrétiens avaient pour oindre les cadavres un autre but que les païens : ceux-ci employaient l'onction pour rendre les cadavres plus faciles à s'enflammer.: les chrétiens, au contraire, pour les préserver de la corruption : Myrrha est species valde amara, de qna ungitwr corpus mortuij ut nonputrescat.et pellit vertnes. Les chrétiens ajoutèrent plus tard à la myrrhe d'autres aromates (Greg. Turon. Hist, eccl. 1. IV. 5).

L'onction faite, on enveloppait le corps d'un linceul et on l'attachait avec des bandelettes, soit pour que les aromates adhérassent plus exactement aux chairs, soit pour préserver le corps du contact de l'air extérieur. (V. à l'art. Chaux ^une observation importante à cet égard.) Bosio et Aringhi attestent que la plupart des corps de martyrs ou de simples chrétiens trouvés par eux dans les cimetières romains étaient ainsi enveloppés de bandelettes de lin. C'est ainsi que parait invariablement la momie de Lazare, dans les monuments chrétiens. Ces draperies étaient toujours blanches : ainsi, dans un fond de verre publié par Buonarruoti (Tav. VII. 1), Lazare seul que Notre-Seigneur ressuscite est revêtu de draperies d'argent, tandis que tout le reste est d'or, selon l'usage invariable de ces petits monuments. C'est ainsi encore que les corps de S. Philarète et de S. Adauctus sont vêtus dans le ménologe de Basile (ii rfec. iv oct.). Parmi les nombreux auteurs anciens qui attestent ce fait, on peut citer Sulpice-Sévère ( Vtt. S. Martin)^ et Prudence {Cathemerin, hymn, x. vers. ^9. t. 1. p. 72. edit. Parm.), qui dans son hymne In obsequiis defuncti, dit :

Candore nitentia claro Praetendere liutea mos est.

Cette couleur a été choisie pour mar( splendeur dont sont entourés dans le âmes qui habitèrent ces corps (Herm.

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