‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 105 sur 266 · ELCH · texte numérisé non relu

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figure ou un symbole proprement dit cite le fait comme terme de compar faire saisir et admettre aux fidèles de la transubstantiation eucharistiq ne dit rien de plus. Ce que nous poi de plus positif k cet égard, c'est un S. Augustin {Tract, viii In ioan. 1 ( Père dit que l'époux de Cana était l Sauveur, en ce sens peut-être quf étaient la figure de l'eucharistie,

JéS03-4

Voici c sant !

Celait

demment le pouvoir donné aux ] changer le vin au sang de Jésus-Cbr Jésus-Christ changea l'eau en vin, 2-LamullipUraiiondeipait\s. C'« trine reçue parmi les antiquaires cbi sous l'inspiration et la direction des l'Église, les artistes, en retraçant i eu l'intention de figurer le mystère!

l'eucharistie où Notre -Seigneur se fi de l'homme pour lui donner la fon nir, avec une vertu constante, sa c; bas, de même que ce même Sauvf d'un pain miraculeux la foule affai suivait depuis trois jours dans le quand ce miracle est représenté si beau, il signiSe que le défunt s'était pain céleste avant d'entreprendrf voyage de l'éternité, de telle sorte q Élie, ■ marchant dans la force que i nourriture.,., in firrliludine dbi H arriver jusqu'à la montagne de Diet [3 Beg. XIX. 8.) En effet, pour nous ici une judicieuse remarque de M (De manum. ixant. exhib, p. 90), montré par des exemples presqi

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brables que l'esprit essentiel de la symbolographie chrétienne est de présenter certains symboles et certaines allégories sous Penveloppe de sujets historiques tirés des livres saints, et qu'on ne saurait supposer avec quelque vraisemblance que les artistes aient voulu simplement rappeler le sens direct de ces faits en en retraçant l'image.

Il est bien plus essentiel encore, dans le sujet spécial qui nous occupe, d'observer que la multiplication, constamment représentée dans les monuments, est la seconde, car on n'y voit jamais que sept corbeilles(V.Buonarr.tav. viii), tandis que dans le premier miracle il en était resté douze : ce qui prouve une fois de plus, selon la réflexion d'Origène(Homil. xii InÔenes.)^ réflexion basée sur le texte de S. Jean (vi. 1 3) , que ce miracle et, par conséquent aussi, les représentations qui en ont été faites renferment une allusion évidente à l'eucharistie. En effet, la seconde multiplication fut opérée sur des pains de froment, qui sont l'élément du sacrement, tandis que le premier eut pour objet des pains d'orge. Dans cette dernière circonstance, la foule se montait à cinq mille personnes (Marc. vi. kk); dans l'autre, à quatre mille seulement (Id. viii. 9), nombre restreint aux seuls fidèles qui, à l'exemple de la multitude qui, pendant trois jours, avait suivi le Rédempteur sans prendre de nourriture, se disposent, par de longues mortifications et de rigoureuses abstinences, à recevoir dignement le pain céleste.

3» Rqtrésentations de repas, II s'en trouve de deux sortes dans les monuments primitifs, et particulièrement dans les catacombes de Rome. ^ unes, qui ne sont autre chose que des images du festin céleste (V. l'art. Représentations de ^<îpa«), admettent également des hommes et des ^<?Qaiiies, et, comme le plus souvent elles sery^nt de décoration à des tombeaux, le nombre "^^ convives varie d'après celui des personnes ?** reposent dans le sarcophage ou dans la ^'^^mbre sépulcrale. Les autres, au contraire, Pf^^entent invariablement sept hommes, ni plus •^ ïTioins (Et pas de femmes), assis à une table ^^^Cgurent pour tout aliment des pains et des P'^^ssons frits. Et nous disons que ces dernières ^nt des représentations symboliques du fes- ^^ eucharistique.

Cette scène est retracée en abrégé, sans doute à ^vise de l'exiguïté de l'espace, c'est-à-dire avec ^atre convives seulement (Notre- Seigneur et trois disciples), sur le curieux diptyque de la cathédrale de Milan, monument du cinquième siècle(Bugati.Af<fm.(itS. Ce/so.infine). Latableest ensignuif et on y voit un poisson dans un plat au milieu de six pains decusso/i; et le Sauveur saisit de la main droite un pain pour le donner à ses convives. En effet, à la vue d'un tel tableau l'esprit se reporte naturellement à ce repas

que Notre-Seigneur, après sa résurrection, prépara sur les bords de la mer de Tibériade à sept de ses disciples, et oi!i il leur servit (Joan. XXI. 9) du pain et du poisson rôti sur la braise. La peinture est la reproduction exacte en tout point du récit évangélique. Or, d'après le témoignage de tous les Pères et autres écrivains ecclésiastiques qui ont commenté ce passage de l'Évangile, le fait qui y est rapporté est une figure directe de l'eucharistie, exclusive de tout autre sens ; c'est de ce fait, et de ce fait seul, que le poisson ^ îx,^» ^^^^ ^^ signification eucharistique. Toutes les fois que les auteurs anciens désignent l'eucharistie sous le nom arcane de poisson, et c'est celui qu'ils lui donnent presque toujours, c'est au festin improvisé sur le rivage de la mer de Galilée qu'ils empruntent cette allégorie.

Deux citations suffiront pour édifier le lecteur à cet égard. La première est tirée d'un anonyme africain du cinquième siècle, dont l'ouvrage (De promissionihus et prxdictionihus De») est imprimé à la suite de ceux de S. Prosper d'Aquitaine. Cet auteur appelle le Christ « le grand poisson qui, sur le rivage, nourrit de lui-môme ses disciples, et s'offrit poisson, ?y6uv, au monde entier. » Voici un texte de S. Augustin plus explicite encore (Tract, xii In Joan.) : cLe Seigneur fit à ces sept disciples un repas composé du poisson qu'ils avaient vu posé sur les charbons ardents, et de pain. Le poisson frit, c'est le Christ ; il est aussi le pain qui est descendu du ciel. » Piscis assus, Chri' stus est possus ^Beda. In Joan. xxi). Voilà la doctrine écrite.

Si l'on veut maintenant voir cette môme doctrine peinte, qu'on jette un coup d'œil sur les admirables fresques récemment découvertes au cimetière de Calliste. A défaut des originaux qu'il n'est pas donné à chacun d'aller contempler dans ces cryptes sacrées, on en trouvera une excellente copie en tôte de la savante dissertation de M. De' Rossi, déjà plusieurs fois citée, et dont nous ne faisons guère qu'exprimer ici la substance ; et, à cet aspect, on ne pourra manquer de se convaincre que, écrivains et artistes ont eu en vue les mômes allégories; que les uns et les autres ont voulu, par le double emblème des pains et des poissons, représenter à l'esprit et aux yeux, non pas une union quelconque du fidèle avec Jésus- Christ, mais bien cette union sublime et intime qui s'opère par le moyen de l'aliment eucharistique. Sous la conduite de notre illustre guide, nous allons donc passer rapidement ces peintures en revue. Et pour nous rendre compte de leur immense valeur dogmatique, quant à l'auguste mystère qui fait l'objet de ces recherches, nous devons noter tout d'abord que, par leur style plein de goût comme par

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ta perfactioD relative de leur exécution, elles se placent bien près du beau siècle de l'art main, c'est-à-dire b une époque où il est pour nous d'une si haute importùce de retrouver l'empreinte ou mieux peut-Stre l'expression typique de nos croyances, il la première i tiâ du troisième siècle.

C'est dans deux chambres funéraires, siues de la crypte de S. Corneille devenue si célèbre par les précieuses découvertes de M. De' Rossi, que se présentent les peintures en question. D'autres chambres ouvrant sur le roAme corridor ont oITert aussi des fresques, dont nous n'avons pas à nous occuper, d'abord parce qu'elles sont fort altérées, et ensuite parce qu'elles reproduisent les mêmes sujets que les premières. Sur les parois de l'une de celles-ci se voit, deux fois retracée, l'image d'un poisson nageant dans les flots,

et portant sur son dos une corbeille avec des paios au-dessus, et en dedans un objet rouge et allongé, se distinguant très-nettement à travers le treillis de la ciste, et qui ne peut être qu'un petit vase de verre plein de vin. Cette fiole est marquée dans notre gravure par une teinte plus prononcée. L'ensemhte de cet inappréciable monument n'est-il pas la traduction parlante de ce passage de S. Jérûme {Ep. ad Ruslic. a. lï) retraçant l'usage où étaient les premiers chrétiens d'emporter chez eux le corps du Seigneurdans une corbeille et son précieux sang dans un vase de verre î Nibil illo ditiut qui corpus Domini in comstro vimineo, et sanguinem porltU itiwrtro. Ici, il y aun double symbole du Christ: le pain etle poisson. Nousavons,pourleprouver, ces paroles de S. Paulin au sujet de notre Sauveur : Ponts ipae vtru» et aqu^e vivn pûcû (Epist. Xill. Ad Pammach. § 11). Le poisson, personnification du Rédempteur, porte et présente aux honmies le pain et le vin, les deux éléments sous lesquels il a voulu leur donner son corps et son sang.

C'est asseï d'évidence, pensons-nous, et ce n'est vraiment que ad a&undantïom juns, que nous ferons remarquer, avec le savant antiquaire romain ('Ix^. p. il), que les pains qui figurent ici ne sont pas les pains ordinaires appelés decussati, mais comme des espèces de galettes cuites sous la cendre, désignées chez les Romains par le nom barbare de mamphula ou pains syriaques, sorte de pains sacrés que les Orientaux, et en particulier lesJuifs, avaient

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coutume d'oflïir à leurs prêtres, cou

mices du pain.

Hais les autres peintures du mé tière, de la même époque et pnd>abl iamême main, viennent jeter un je fait décisif sur le fait même que nou établir. C'est d'abord, sur une voAte, en forme d'élégant trépied, converti pains et d'un poisson, et placée au i sept corbeilles pleines de pains. (V. î/ n. 1.) On sait que, dans l'antiquité ci l'eucharistie fut toujours appelée pa mase la iMe du Seigneur. Or, la pré celle-ci des pains et des poissons si desquels nous sommes fixés suffisamn sons-nous, complète tellement sa sig eucharistique qu'on ne saurait lui ei

Cependant les sujets .représentés chambre voisine viennent encore c les inductions que nous avons tirée:

cëdentes peintures. On y voit , en lieu, un de ces festins dont le meni pose de pain et de poissons frits {'I

I. u. 1}, au sujet desquels nous ave plus haut des détails suffisants. Ce (Tab. I. n. 2) une table toute pareil table solitaire que nous avons observa chambre précédente, mais avec des ci ces d'un intérêt tout nouveau. Sur la un painet un plat contenant un poisson les mêmes emblèmes; maisd'uncAté tel, un personnage debout, vêtu du sei qui laisse à nu tout le bras et le lia impose les deux mains sur ces offrant l'autre câté, une femme également di les bras vers le ciel.

Celui qui ne verrait pas Ib, dit M. I la consécration eucharistique, serait' ment aveugle ; car cette table n'est ] taire comme l'autre, que les indices certains uous autorisent néanmoinsà ter de l'eucharistie; mais nous avo ascète, ou, pour mieux dire, un prétr p<ûlium à la manière des philosophes, saut les mains, geste auquel il est in eu égard surtout à la nature des obj ses sur la table, d'assigner un autrs celui de la consécration. Il y a, devan une femme qui prie, et qui est l'imag

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la personne dont les restes reposent dans le eubicdwn^ soit, et plus vraisemblablement peutêtre, celle de TÉglise offrant le sacrifice, conjointement avec le ministre de Jésus-Christ, qui est aussi le sien. (V. Part. Église.)

Mais ce n'est pas à Rome seulement que se révèlent ces symboles eucharistiques ; le langage des autres Églises concorde merveilleusement avec les monuments figurés de la ville éternelle. La doctrine de Tillustre Église de Lyon à ee sujet se trouve exprimée avec une netteté sans égale dans la fameuse inscription grecque d'Autun. Après avoir fait mention du baptême, voici ce qu'elle dit de Peucharistie : et il faut observer que, divisés sur plusieurs autres parties de ce marbre malheureusement fort mutilé, tous les savants sont unanimes sur l'interprétation de ces deux vers, qu'on nous permettra de citer en latin : Salvatoris sanctonm dulcem sume c»6um, ede et bibe.... piscem mmanibus tenens. c Prends la douce nourriture du Sauveur des saints, mange et bois, tenant le poisson dans tes mains. »

Voilà donc une des plus anciennes Églises de la chrétienté qui exprime par les paroles les plus claires ce que celle de Rome a fixé par le pinceau de ses artistes sur les parois de chambres sépulcrales de la fin du deuxième siècle, à savoir que la douce nourriture du Sawoewr, cette oblation sacrée dont les chrétiens moti^en^ et boivent^ n'est autre chose que ^^K, h poisson céleste , oipiviov lyijèm. Dans l*épitaphe qu'il destinait à être gravée sur la stèle de son tombeau, Abercius, évoque d'Hiéwpie en Phrygie, au temps de Maro-Aurèle, parle aussi de ce poisson divin, qu'a pris une Vitrge immaculée, et qu'elle a livré aux amis pour être mangé. Nous citons ces étonnantes paroles d'après la version latine de dom Pitra {SfkUeg, S<de$m. t. m. p. 534) : || et apposuit ctium, ex uno fonte piscem, \\ Fides namque •Mjftt/is produarit : pfxgrandem , impolluium, ' fim apprehêndit immacuUUa Virgo, et tradi- Ht amicis ex integro comedendum.

le témoignage de l'Église d'Afrique, parlant parl'organe de S. Augustin, n'est pas moins forniel. Ce Père désigne l'eucharistie sous ces mystérieuses paroles (Confess t.xiii. 23) : (Solem- Mlot) inqua ilie pisds exhibetur, quem levafum ^frofwido terra pia comedit, t Le sacrement P» lequel ce poisson divin qui a été péché au ijûieu de la mer, sert de nourriture à Pâme pieuse. » Ces paroles n'eussent été comprises <te personne , s'il n'eût été en usage dans I%lise d'Afrique de désigner l'aliment eucharistique sous l'arcane du poisson. Bien que les iDonuments figurés soient rares ailleurs qu'à Aome, M. De' Rossi signale néanmoins dans un marbre de Ravenne (Marbre d'un christianisme douteux cependant) un pain entre deux poissons;

et dans une mosaïque chrétienne de Pisaure des corbeilles de pains entremêlées de poissons solitaires ('Ix^uç. p. 20). On ne saurait donc douter que P?x^uç, soit qu'il porte sur son dos le pain et le vin, soit qu'il repose avec des pains sur une table solitaire, soit qu'il figure sous la main du prêtre consacrant, ou sur une table où sont assis sept convives, ne doive être regardé comme l'image arcane ou symbolique de Jésus- Christ dans Peucharistie.

III. — Nous ne devons pas négliger quelques monuments plus anciennement connus, et dans lesquels il serait difficile de ne pas saisir des allusions plus ou moins directes à l'auguste mystère qui nous occupe.

1» Bosio avait découvert au cimetière des Saints-Marcellin-et-Pierre une représentation de festin sortant tout à fait des conditions ordinaires et présentant des circonstances mystérieuses dignes de fixer l'attention de Pantiquaire. On y voit une femme seule, en simple tunique, coiffée selon le type consacré (V. l'art. Rtpié^ent. de repas), assise à une table en forme de carré long, recouverte d'une nappe, et sur laquelle sont placés trois pains et trois tasses avec une seule amphore (V. Bosio. tav. cxxix). De la main droite, cette femme fait un gracieux geste d'invitation, et de la gauche elle touche le bord de Pamphore, comme pour indiquer le breuvage qui y est contenu et qu'elle désire distribuer. A chacune des extrémités de la table, un serviteur se tient debout. Le premier présente une coupe à un homme qui s'approche de lui, les épaules couvertes d'une courte penula et ayant un bâton à la main, deux choses qui dénotent un voyageur. (V. Part, penula.) Le second serviteur appelle de la main un autre personnage tout semblable par le vêtement et l'attitude. Obéissant à leur préoccupation habituelle, les anciens archéologues (V. Bottari. t. ii. p. 176) ne voient ici qu'une agape.

Mais si l'on examine attentivement cette peinture, on ne peut s'empêcher d'y découvrir une pensée plus sublime. La composition, d'après l'abbé Polidori ( Conviti. — Amie. catt. vin. p. 294 seqq.), serait calquée sur le neuvième chapitre du livre des Proverbes, et évidemment relative à la sainte eucharistie. En effet, on lit en cet endroit que la Sagesse, s'étant bâti un palais somptueux soutenu par sept colonnes, voulut, pour offrir aux hommes un salutaire rafraîchissement (V. Part, refrigerium), y dresser une table abondamment fournie de pain et de vin ; elle envoya des serviteurs pour inviter les petits et les ignorants à prendre leur part de la nourriture qu'elle leur avait préparée, et qui devait leur faire abandonner Penfance, vivre de la vie. véritable, et marcher dans les voies de la prudence : Relinquite infantiam^ et

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vivUe^ et amhulate per vias prudent ix (Proo, ix. 6), Or, d'après renseignement des Pères et en particulier de S. Gyprien (Epist. lxiii. Ad Cxcî7.), la Sagesse c'est le Verbe incarné; le palais qu'elle construit, c'est TÉglise; les colonnes sont, par rapport à l'ancien testament, les prophètes, et les apôtres pour le nouveau (Le nombre sept est un nombre indéfini dans le style des livres saints et eniployé pour désigner une chose parfaite); les serviteurs envoyés pour porter les invitations sont les ministres de la divine parole; le pain et le vin, c'est la divine eucharistie sous les deux espèces; enfin les invités qui, dans la peinture en question, sont représentés en voyageurs, sont l'image des hommes qui voyagent dans les sentiers de la vie présente.

2« Passeri {Gem, astrif. t. m. p. 289) propose une explication peut-être plus ingénieuse encore d'un fond de verre que Marangoni avait trouvé, teint de sang en dedans et en dehors, fixé au tombeau d'un martyr du cimetière de Saint- Saturnin (Cose gent. p. 373). Près de l'un des bords de ce verre est un enfant vêtu d'une simple tunique, assis à une table basse où se voient quelques pains dans un plat; il étend la main droite vers une femme jeune encore, debout au milieu du disque, et qui d'une main tient une coupe et de l'autre un vase au col allongé. Cette femme couverte d'une ample tunique ornée de quatre étoiles et marqdée de la lettre S, incline légèrement la tête vers l'enfant, comme pour prêter l'oreille à sa demande et y satisfaire. Sur le bord opposé à l'enfant, sur un mur arqué, est déposé un grand cratère derrière lequel cinq tasses sont rangées sur une étagère. On estime que cette intéressante composition se rapporte, comme la précédente, au môme passage des Proverbes, On y lit en effet: t Si quelqu'un est petit, qu'il vienne à moi, » (Vers, k) et, en effet, un enfant parait ici à table. Il y est dit : « Mangez mon pain, et buvez le vin que je vous ai versé (Vers. 5); » et on voit sur la table des pains, et sur les rayons de l'étagère des verres au-dessus d'une grande coupe. Or, tout ceci est l'œuvre de la sagesse divine , qui est ici personnifiée par la jeune femme dont la robe est stellée. Car, selon la remarque de Passeri (Ibid, 28), toutes les fois que des étoiles sont représentées dans des conditions analogues , elles n'ont d'autre signification que la sagesse et la majesté du Créateur. Pour suivre notre guide jusqu'au bout , nous ferons observer que le vêtement de cette femme porte la sigle S qu'il traduit par saptVn/îa. (V. l'art. Monogrammes sur les vêtements,) De simples vases renfermant des pains passent aussi à bon droit pour un symbole eucharistique; et il n'est point rare de trouver des objets de ce genre

sculptés sur les tombeaux. En voici un exemple :

Z° Le lait et même le vase pastoral nommé mulctra ou mulctrale (Du Gange, ad h. v.) sont aussi regardés par les antiquaires comme des symboles eucharistiques; il est certain que plusieurs documents fort respectables de l'antiquité chrétienne autorisent cette interprétation. On cite notamment les actes de Ste Perpétue et de Ste Félicité. Notre- Seigneur, apparaissant à la première de ces deux illustres martyres ' dans sa prison, afin de soutenir son courage, se montre à elle sous l'extérieur d'un pasteur qui lui offre du lait coagulé, caseum^ qu'elle reçoit sur ses mains croisées (Ap. Ruinart. edit. Veron. p. 32), et avec les cérémonies observées par les premiers chrétiens pour la réception de la sainte communion. (V. l'art. Communion.)

On trouvera cette opinion plus plausible encore, si l'on se rappelle que S. Ambroise applique , lui aussi , à l'eucharistie {De $acr. 1. V. c. 3) ces paroles du Cantique (v. 1) : • Tii bu mon vin avec mon lait. » S. Zenon de Vérone désigne à son tour l'eucharistie sous le même symbole, dans une exhortation aux néophytes (il. 45): c L'Agneau.... a infusé avec amour son doux lait dans vos lèvres entrouvertes et vagissantes, i Le lait étant la nourriture des enfants, cette manière de désigner l'aliment eucharistique doit être relative au nom d'enfants ou de jeunes gens que TÉcriture donne aux chrétiens, infantes^ adolescentuii^ ou encore vituli lactentes (V. Glem. Alex. Pxdag' 1. 1. c. 5 et passim). Partant de cette donnée, Buonarruoti (Vetri. p. 32.33), ayant observé dans les catacombes, .et en particulier dans la neuvième chambre du cimetière des Saints- Marcellin-et-Pierre, des vases de la forme des mulctra: pastorales, placés sur le dos d'un agneau et entourés d'un nimbe, s'est cru autorisé à regarder ces vases comme des espèces de ciboires usités dans la primitive Église pour renfermer la sainte eucharistie. C'est là une conjecture qui n'est pas sans valeur, mais qw* ne s'appuie, que nous sachions, sur aucun té* nioignage positif de l'antiquité chrétienne.

4" L'idée, si naturelle du reste, d'employé ^ le blé et la vigne ou les raisins comme synabol^*^ eucharistiques, ne parait pas s'être réalis-^*

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