ACTE
écrire la relation des supplices infligés à leur frères (Àct. S. Vincent, et S. Anaitas. FuUon ap. Ruin. Ps. 321 et iv) , les actes des martyrs durent être fort nombreux pendant le; trois premiers siècles. Si le nomhre de ceui qui nous restent est relativement restreint, c'est que beaucoup ont péri, soit par le feu, soit par les diverses vicissitudes et révolutions que l'Église a traversées. Ainsi nous savons que, sons Domitien, la plupart des actes des martyrs de la persécution de Néron furent dévorés pai les flammes (Baron. Ad an. 98. Domitiani 15), et que, près de trois siècles plus tard, les livres de l'Église furent brûlés par les ordres de Dioclétien.
il. — Les collections qui existent aujourd'hui ne sont donc à proprement parler que des lambeaux du riche trésor de la primitive Église ; elles se composent des quelques monuments qui ont providentiellement échappé aux ravages du temps, à la fureur des persécutions, et aussi à l'incurie des homme^ Notons rapidement le; noms des hommes studieux et zélés pour la gloire de l'Église auxquels nous en sommes redevables.
Eusèbe Pamphile passe pour être le premiei qui ait entrepris de réunir une collection des actes des martyrs. Cependant il fut précéda dans cette noble carrière par Denys, évéquf d'Alexandrie au troisième siècle, lequel, au rapport d'Eusèbe lui-même (Htst, ecci. vi. SIé) avait recueilli les actes des martyrs qui avaien souffert en Egypte sous la persécution de Dèce ce n'était qu'une collection locale et partielle Eusèbe au contraire en fit deux, une universelle et une spéciale. La première embrassaii les actes de tous les martyrs couronnés sou) différents princes et en différents lieux ; c'effl ce qu'indique le titre de cette collection l 'Apji^û[?cttV|iapTiJpiov3Vï«-fwïil, Veleruttimartyrum convenlw. Une telle œuvre n'était pas difficil( pour Eusèbe , qui avait eu à sa disposition les bibliothèques de toutes les principales villes, et avait pu compulser les archives de presqut toutes les Églises. Son second ouvrage était un Choix des actei des martyrs de la PaUstine h( premier était déjà perdu au sixième siècle, cai à cette époque, Eulogius, patriarche de Constantinople, écrivait à S, Grégoire, qu'il ne ss trouvait pas plus dans les bibliothèques de l'Orient que dans celles de Rome.
Depuis lors, les invasions des Barbares dont l'empire romain ayant amené la dévastatior des plus anciennes bibliothèques, toutes lef primitives collections d'actes de martyrs disparurent ; de telle sorte que ce fut un travail î recommencer au début du moyen âge : il s( trouva alors de savants hommes qui ne faillirent point à cette utile tâche.
C'est à un évéque de Paris du commen-