ACTE
c«ment du septième siècle, S. Géran, qu'appartient rhonnear de ravoir tentée le premier. Et ce qu'il y a de fort singulier, c'est que cet Évoque ne nous est connu que par ce seul fait. Il s'était adressé à un clerc de Langres nommé Wamhaire pour avoir les actes des martyrs de la contrée habitée par celui-ci ; Warnhaire lui envoya les actes des trois jumeaux de Langres, Speusippe, Éleusippe, et Méleusippe, et MiudeS. Didier, évoque de cette ville. Nous avons la lettre d'envoi dans la collection des Bollandistes (xvii janvier) ; Warnhaire y donne à son vénérable correspondant les plus grands éloges pour son habileté dans les saintes lettres, etlecoaipare c à Eusèbe de Gésarée pour le soin qu'il prenait de recueillir les actes des martyrs dans la ville de Paris. » Ainsi cette lettre d'un clercobscurest leseul document qui ait sauvé de l'oubli un prélat, qui sans doute méritait mieui. Le martyrologe gallican d'André du Saossay inscrit le nom de S. Géran au v des calendes d'octobre , c'est-à-dire au 27 septembre (T. 1. p. 663); l'Église de Paris l'honore le 28 septembre.
U faut maintenant traverser deux siècles, et aller jusqu'à Anastase le Bibliothécaire qui traduisit quelques actes du grec en latin ; au même siècle ( Neuvième ) , Jean , diacre de rÉglise Romaine en recueillit quelques-uns, comme nous l'apprenons par la lettre de Gaudence, évèque de Velletri au pape Jean VIII (Mabill. lier itaL ii. 1), Nous ne devons pas omettre Flodoard qui , également dans le neuvième siècle, écrivit en vers les gestes des martyrs; ce poème, divisé en quinze livres, avait pour titre : De triumphis italicis martyrum et tt»/(!«8onim ; il ne nous en reste qu'un fragment, publié par Mabillon (Annal, ord, S. Bewd. saec. m. pars 2) : c'est la dernière partie du douzième livre.
Au dixième siècle, brille surtout Métaphraste qni, sous l'empereur Gonstantin Porphyrogénète, à la cour duquel il occupait un poste élevé, réunit une collection à peu près complète des actes alors connus des martyrs. C'était un homme d'une profonde érudition, et auquel le privilège de sa position ouvrait d'immenses ressources. Grâce à lui , nous possédions aujourd'hui 'beaucoup d'actes dont les originaux sont depuis longtemps perdus. La critique outrée du siècle dernier a fort mainte Métaphraste. Bellannin l'a attaqué, Bol- W l'a défendu. Mais, bien que beaucoup d'inexactitudes et d'ornements ressemblant à des interpolations puissent lui être reprochés, il est certain qu'il a rendu les plus grands services à la science hagiologique. Et Honoré de Sainte-Marthe (il^/I. sur la crit, i. 205) convient que de grands vides se feraient dans la collection des Viet dks Saints d'Arnaud d'Audilly ,
dans les Actes sincères de Ruinart, dans les Mémoires de Tillemont, et môme dans les Vies des Saints de Baillet, si sévère à l'égard de cet écrivain , si on en retranchait tout ce qui leur vient de lui.
Au seizième siècle, Lépoman recueillit aussi les actes des martyrs et des confesseurs ; mais la meilleure et la plus complète collection que ce siècle vit paraître est celle du chartreux Laurent Surius : il disposa par mois les actes des martyrs et des Saints ; il y fît quelques additions et modifications qui ne sont pas toujours puisées à des sources bien pures. Mais son éditeur Junius Mombrice coUationna les actes d'après les meilleurs manuscrits , et expurgea ainsi cette œuvre importante.
Après la mort de Surius, son ouvrage fut augmenté par Jacques Murando, de trois tomes et en outre du Martyrologe d'Adon ; et en troisième lieu augmenté de nouveau , distribué en douze tomes, et édité avec ces nouvelles modifications par Jean Krepsius et Herman Milius, en 1618. Aujourd'hui l'œuvre de Surius a presque complètement disparu sous les nombreuses refontes qu'elle a subies.
Enfin, sur le déclin du dix-septième siècle, vint la collection la plus parfaite de toutes, celle de dom Thierry Ruinart, moine de la congrégation de Saint-Maur : elle est en tout point digne de son titre : Acta martyrum sin^ cera. Gar Ruinart n'y a rien ajouté de son propre fonds , et n'a publié ces actes que d'après les manuscrits du meilleur aloi, et après les avoir soumis à la plus sévère critique. Mais nous reviendrons tout à l'heure à cette importante collection.
En dehors des actes des martyrs, beaucoup de vies de Saints confesseurs ont été écrites par les Pères et les plus illustres auteurs ecclésiastiques, tels que S. Jérôme, S. Gyrille, Eugipius, S. Grégoire de Nazianze, S. Grégoire de Tours, S. Athanase , Théodore t , Fortunat, S. Hilaire d'Arles, etc.... et enfin, au treizième siècle, l'auteur de la Légende dorée ^ Jacques de Voragine, dominicain, archevêque de Gènes, dont l'ouvrage est conçu à un point de vue sans doute fort respectable, mais que des écrivains, tels que Bellarmin et Baronius , n'ont pas cru pouvoir être jugé d'après les règles ordinaires de la critique. Au reste cet auteur docte et pieux trouve dans l'assentiment, bien qu'entouré de réserves, du grave P. Rolland, un ample dédommagement aux dédains de quelques aristarques d'une sévérité extrême.
La colossale compilation préparée au commencement du dix-septième siècle par Rosweide, commencée par Rolland, continuée par Henschenius, Papebroch , etc. , et reprise de nos jours par les laborieux successeurs de ces grands hommes, est le plus magnifique monu-