‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 113 sur 266 · FLEU · texte numérisé non relu

FLEU

Pour ce qui concerne la personne du souvelin pontife , on conçoit que , dans des vues rofondes, TÉglise ait voulu que, comme le ieu qu'il représente sur la terre, il appalisse aux yeux des populations respectueuses, itouré de ces plumes de paon qui sont la vive lage des séraphins d'Isaïe. Dans la célébraon de la messe papale , les flabella ont pour jt de fixer ses regards en avant, et de les npêcher de se détourner à droite ou à gaule, afin que toute son attention soit concenée sur les mystères divins. Il n'y a pas jusl'aux serviteurs qui portent les flabella qui aient un sens figuré. Ils rappellent au serviur des ser\*iteurs de Dieu , sur le siège suime où sa dignité l'élève et où l'orgueil pourlit séduire son cœur, les destinées suprêmes li l'attendent comme le dernier des mortels, ir ils représentent ces esclaves de l'antiquité li précédaient, la tête couverte, le convoi fuîbre de leurs maîtres, ou qui môme debout 'es des lits où ceux-ci étaient exposés , agiient jusqu'au bûcher qui devait les consuer, des éventails sur leurs restes mortels. Les chérubins vus et décrits par S. Jean Ipoc. IV. 6-8) avaient des ailes toutes parseées d'yeux devant et derrière. C'est sans )ute le motif qui a fait choisir les plumes de ion qui, elles aussi , sont pleines d'yeux, tmme pour avertir le pontife qu'il doit être ins toutes ses œuvres prudent et circonspect, irce que les innombrables yeux des popula- )ns chrétiennes sont sans cesse fixés sur lui, encore qu'il doit lui-même être tout yeux, in que rien ne lui échappe dans l'immense irgerie du Christ dont la garde est confiée à vigilance. (V. notre opuscule De Vusage du \bdlum dans les liturgies antiques.)

FLAMMEUM VIRGINALE. — Tel était, après S. Jérôme (Epist. xviii Ad Demetriad.)^ nom qu'on donnait au voile des vierges chréînnes. L'évêque le bénissait à l'église aux urs fixés pour la consécration des vierges. .Tart. Vierges chrét,) Il était simple, sans ■Dément, composé de bandelettes de laine inte en pourpre ; il n'était pas flottant comme lui de nos religieuses , mais enroulé autour ! la tête, d'où lui vient le nom de mitra ou iWia (Optât. Milev. De schisrn, Donat. 1. ii. 7). D parait cependant, d'après S. Jérôme, W£ttsfoc/i.), que quelques vierges portaient n voile flottant sur les épaules, et ce voile tait violet : Et super humeros Hyacinthina ^mafortevolitans. Il est appelé maforte par autres auteurs encore, Papi as, S.Isidore, etc. ^- Du Gange, t. iv. p. 311.) On croit reconnaître cette espèce de voile dans quelques "^«tfes des catacombes. (V. Bottari. t. m. P' IW.) Le contexte de S. Jérôme semble sup-

poser que les vierges qui portaient ces voiles flottants étaient moins régulières et un peu adonnées à la vanité.

Le voile était un insigne tellement essen tiel des vierges chrétiennes, qu'il est quelquefois signalé sur leurs épitaphes : témoin un marbre de Milan du cinquième siècle (V. Amico catt. III. 136J où la vierge devteria est caractérisée par ces mots cvm capete (Sic) velato. Une inscription du recueil de Reinesius (Class. XX. 122) exprime la consécration de plusieurs vierges par l'imposition du voile :

IN HOC RFQVIESCVNT TVMVLO VENB RANDA CORPVSCVLA SACRAR. VIR. ET CONSEGRAT. VELAMINE....

Flectwod donne aussi une épitapho (P. 51) où le voile est mentionné.

Le cimetière de Priscille a fourni une précieuse fresque (Bosio. p. 549) qui reproduit la cérémonie de l'imposition du voile. Un pontife que l'on croit être le pape Pie I*' est assis sur sa chaire, et assisté par un personnage debout qui serait le prêtre S. Pastor. La vierge qui, selon la même conjecture, serait Ste Praxède ou Ste Pudentienne', est debout, et tient déployé dans ses mains le voile que le pontife va saisir pour le lui mettre sur la tête. (V. la fig. de l'art. Viergts chrétiennes.) Cette intéressante scène daterait donc de la première moitié du deuxième siècle. La vierge avfenia dont Marangoni {Act. S. V, p. 88) donne l'épitaphe, est représentée sur la pierre avec le voile virginal sur la tête , et dans l'attitude de la prière.

FLEURS. — Les premiers chrétiens avaient adopté l'usage antique d'orner les tombeaux de fleurs et de feuillage. Nous le savons par le témoignage des auteurs anciens, et notamment par celui de Prudence {Catheinerin, hymn. x. vers. 169-170 :

Nos tecta fovebimu^ ossa Viohs et fronde frequenti.

Comme l'Église s'est toujours servie, pour désigner le lieu où régnent les justes, du mot paradis, qui veut dire jardin^ les artistes furent naturellement amenés à décorer comme un jardin délicieux les cimetières ou les cryptes où reposaient les restes vénérés des martyrs et même des simples fidèles, afin d'exprimer la gloire céleste dont ils jouissaient. Aussi les fleurs y sont-elles partout prodiguées, en guirlandes, en faisceaux, en couronnes, dans des vases, dans des corbeilles. D'après une réminiscence antique, on a eu même l'ingénieuse idée de faire entrer dans la décoration de l'entrée de la première chambre du cimetière de

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