PLEU
Saînte-AgnÈs(Botlari.tav.cxxiiï)de petits Génies ailés portant chacun sur son épaule une petite corbeille de fleurs qu'ils vont répandre sur les tombeaux de ces héros de la foi.
Plus tard, on décora aussi de fleurs et de guirlandes de verdure les basiliques qui, dans leur primitive institution, ne sont autre chose que les mêmoireg, ou les vastes tombeaux des martyrs. Telle fut la pratique de S. Paulin dans sa basilique de Nota ; ainsi le prêtre Népotien (Hieron. In epitaph. Nepot. epist. m), ainsi encore S. Séverin ornait de lis tes murailles de ta sienne {Greg. Turon. De 9/or. confess. c. l). Et comme les fleurs étaient aussi, aux yeux des premiers chrétiens, l'emblème des dons de î'Esprit-Sainl, on en faisait pleuvoir dans l'église au jour de la Pentecflte. Les mosaïques des absides des églises de Rome et de Ravenne ont ordinairement pour objet de représenter les délices du paradis, où figurent Notre-Seigneur, la Ste Vierge et d'autres Saints ; aussi le champ en est- il toujours enrichi de gazons et de fleurs. (V. Ciampini. Vet. montm. 1. tab. xlvi et passim.) Il en est de même dans les fonds de verre historiés représentant des sujets analogues. Nous devons ajouter j:]u'une fleur au milieu d'une couronne, placée entre S. Pierre et S. Paul, là où se voit ordinairement le monogramme, a été prise pour un symbole de Jésus- Christ. On en peut voir un exemple dans un vase doré (Biionarr. xvi. 1).
FLEUVES (les quatre). — Notre -Seigneur est fréquemment représenté surles monuments anciens, soit en personne (V. Bottari. tav. xvi et passim. — Millin. Jlfi'di de la France, atlas, pi. Lix.passini),soit sous l'emblème de l'agneau ( Buonarruoti.
Vetri. tav. vi et passim), debout sur un monticule, duquel s'échappent quatre ruisseaux. Ce sont, d'après plusieurs interprètes, les quatre fleuves de ^ l'Ëden, qui, sortant du . paradis terrestre , al-
— — laientarroserlesquatre
parties du monde {Genea. 11. 10 seqq.); d'autres Pères (Cyprian. ep. lxxhi. Ad Julian. — Beda. Expos, in Gene^. i[.— Tbeodoret. /npwhn.xLV. •— Ambros. De paradit. c. [i[)y voient les quatre Évangiles qui, émanant de la source de la vie éternelle, portent dans l'univers entier l'abondance et la fertilité de la doctrine du Christ. Les quatre premiers conciles œcuméniques que l'antiquité mit si souvent en parallèle avec les Évangiles eux-mêmes, sont quelquefois aussi
comparés aux quatre fleuves du parad restre. Dans ses instructions àson clergé, évéque d'Amiens au huitième siècle, se i cette comparaison pour faire comprendrt nération qui était due a ces augustes ; blées (Longueval. Hist. de l'Egl. gai t. V. p. 144).
Quelques sarcophages de la Gaule {1 op. laiid. pi. Lvtii. 4. LiK. 3. xxxvtii. 8) rent, sousl'emblème de deux cerfs qui vii se désaltérer à ces sources, les hommi participent aux eaux vives de l'Évanf aussi à celles de l'eucharistie, jaillissar qu'ik la vie éternelle. On voit aussi le^ cerfs dans quelques mosaïques, celle d cienne Vaticane, par exemple (Ciampi socr. adif. tab. Xdi). S. Ambroise regar core les quatre fleuves comme l'emblèn quatre vertus cardinales (Loc. laud.). Qu en soit, ce sujet était extrêmement poj dans la primitive Église ; il se retrouv cesse soit dans les fresques des catacomb dans les sculptures des sarcophages et le de coupe quiy ont été recueillis, soit enfi les mosaïques de basiliques; il flgurai celle que décrit S, Paulin (Kpist. xxxii. i;er.), et dans celle dont fait mention I diacre de Lyon (Mabill. Analtct. edit. Pa p. 416). — V. aussi Ciamp. Vet. mm. 1 xxxvLi. XLVI. XLix. LU. etc.). Pour explii illustrer ce passage de S. Paulin :
Rosweide (]Vo(. in Paulin. 158) cite lamo de Saint-Jeau de Lalran et le sarcophs Probus, et Proba, d'après les dessins de Spon rapporte (flecfterches curieine». p. 3 les quatre fleuves du paradis terresh* ■ représentés en mosaïque sous forme bu:
et avec leurs noms au-dessous, dans le p la cathédrale de Reims.
FOND» DE COUPE. — I. — Outrf
espèce de vases connus à Rome sous I à'ampolh di son/jtw (V. l'art. Sang du tyrs), on en trouve dans les catacombe; très encore , qui affectent ordinairem forme de patère ou de soucoupe, et di fonds qui, le plus souvent, ont seuls rési; injures du temps, offrent des images :
tracées grossièrement, à quelques exe près, sur une feuille d'or, voici d'aprè procédé : l'artiite étendait la feuille d' une rondelle de verre enduile d'une t visqueuse, et y dessinait son sujet à la ainsi que l'inscription qui comrounémei compagnait; après quoi il fixait cette sous le pied de la coupe, et soumettait h. l'action du feu, jusqu'à ce que l'adh
rtniplète lies ilcui parties fût obtenue. Dans celles de ces tasses qu'il nous a Été donné tffiaminer de près, particulièrement au musée Rjfther, et grâce à l'obligeance ilu P. Marilii, nous avons distingué le point de jonction parfilietnent trancbé par les nuances diffé-
II s'en trouve quelques-unes, où le galbe de! figures n'est pas seulement profilé par un simple trait, mais plus fortement accusé par des hicbures marquant les principaux efl'ets d'ombre. {V, Garrucci. VûtTi omati di figwe in m.Uv. VI, 1.) Cette perfection relative dénota probablement la main d'un artiste grec, car les verres où elle se fait remarquer ont ordinairement une légende grecque ; elle résulte aussi, croyons-nous, de l'emploi d'un procédé plus savant. Quelquefois on se risquait à rehausser dj couleurs cette peinture d'une simplicité primitive. Ainsi, des bandes de pourpre Mf des tuniques (Perret, iv. pi. xxxiii. llii), ainsi les Ilots de la mer où flotte le vaisseau de Joms, figurés en vert (Id. xxix. 76); il existe mine un fragment où le visage de Notre-Sei' gteur guérissant le paralytique est peint avec lacouleur de la chair (Id. xxxm. 102). Quelques .draperies blanches sont figurées en argent, coDlme par exemple les penuLe de cer- Uins personnages (Id. xxvii. 53. xxxx. 72), et Mssi les voiles et bandelettes dont la momie deLmre est enveloppée (Id, xxxii. 27). Enfin, iiUeurs les figures d'or ou d'argent se détachent sur un fond d'azur (Id. xxvii et alib.). U,— Les sujets le plus souvent représentés surces petits monuments sont : 1" des personnages et des scènes de l'ancien testament, la cduie de nos premiers parents, le sacrifice d'Abraham, Moise, Jonas, Daniel, les jeunes HÉbreuï dans la fournaise, Tobie, etc. ; 2" No- Ir^Seigneur, d'abord sous la figure du Bon- ^ur, ensuite dans l'action de multiplier les Pwis, de guérir le paralytique, de ressusciter i^att, etc. ; 3" la Ste Vierge, ordinairement ««nm/eentredeux arbres, S.Pierre et S. Paul, réunis, plus rarement isolés , et quelques autres Saints de la primitive Église, notamment Ste Agnès, etc. ; 11" quelques représentations de fiançailles et de ma ri âge chrétien , des scè- "•> dlnlérieur de famille, relatives surtout à l'idntalion des enfants, etc. Nous donnons ici ii'iprÈsle P. Garucci (Tav. u. n. 8), pour spe- ^<« un de ces monuments représentant le
sacrifice d'Abraham avec des circonstaoces d'un intérêt exceptionnel, dont l'explication se trouve à l'article Abraham (Sacrifice (f).
III. — Ces fonds de coupe ont été trouvés cimentés avec de la chaux à l'extérieur et quelquefois déposés à l'intérieur des sépultures, soit comme moyen de reconnaissance, soit comme simple ornement. Telle est l'origine de ceux que Ton montre aujourd'hui encore dans divers musées, particulièrement dans celui du Vatican, et de ceux qui nous sont connus par les ouvrages des antiquaires chrétiens, tels que Bosio, Boldetti, mais surtout Buonarruoti dont le livre spécial sur cette matière, est devenu classique, et n'a pas de rival pour l'étendue de l'érudition, non plus que pour la sûreté de la critique : O.Mervaii'oni sopra aleuni frammerUi di vasi aniichi di vttro omalidi fgare (Firenze. 17ii0. in-4). En 1858, le R. P. Garrucci a publié sous ce titre : Veiri omali di figure in oro, Roma , un volume in-f" destiné à compléter celui de l'illustre sénateur Florentin , par deux cent fixante -quatre verres recueillis dans toutes les parties de l'Europe 1 c'est un grand service rendu à la science des antiquités chrétiennes.
IV, — Quel était l'usage de ces verres chez les premiers chrétiens? D'après les savants les plus autorisés (V, Secchi. S. Sabimano. p. 39 seqq,), quelques-uns d'entre eux ont dû être employés, comme calices ministériels ou autres, dans la célébration des saints mystères : on se croit du moins autorisé à le supposer d'après certaines légendes caractéristiques dont ils sont enrichis, celle-ci par exemple : nti ZHC.UC EN Ar*eoic, ■ Bois, puisses-tu trouver la vie dans ces biens, « ces derniers mots désignant communément l'eucharistie dans le langage des plus anciens Pères. Le P, Garrucci rejette cette opinion , pour des raisons qui ne nous paraissent pas assez solides.
Mais leur emploi le plus habituel avait lieu pense-t-on, dans les agapes; en effet, les légendes qui y sont tracées portent une singulière empreinte d'amour, de tristesse et de mélancolie : pie zezes, 6oi*s, vis, spes hilaris ZEZEs cVM Tvis,— DVLcis ANIMA viVAS, etc. D'après ce système, on croit reconnaître dans ces verres quatre classes distinctes qui se rapporteraient à quatre espèces d'Agapes (V. l'art, Âgapei) : 1' aux agapes funèbres, quand les sujets représentés sont relatifs à la mort ou à la résurrection ; 2° aux agapes nuptiales, quand ils reproduisent des scènes de mariages; 3° aux agapes de naissance , quand on y voit figurés des enfants ; k" enfin ceux qui présentent des portraits de Saints, auraient seivi dans les agapes qui se célébraient à l'anniversaire de leur natale : nous en avons une preuve pour S, Laurent dans celte acclamation : victob