‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 115 sur 266 · FOSS · texte numérisé non relu

FOSS

FOSh

viVAS IN NOMiNE LAVRETi (Sîc) (Buonarruoti. tav. XIX. 2).

V. — La plupart des verres historiés dont nous nous occupons remontent à la plus haute antiquité, et Buonarruoti, juge si compétent en pareille matière, ne craint pas de les attribuer au deuxième, au troisième siècle, et aux premières années du quatrième. Selon lui (Prefaz. p. xii-xv), le plus grand nombre dateraient du temps des Gordiens et des Philippes, et le docteur Labus adopte ce sentiment {Fasti délia chiesa. t. i. p. 477). Boldetti (P. 212), Blanchini {In Anastas. p. 247), Marangoni (Act. S. Victorin. p. 65), établissent qu'ils remontent indubitablement au temps des persécutions, et ces savants attestent avoir trouvé sur plusieurs d'entre eux des taches de sang tellement multipliées, qu'on avait peine à découvrir les figures. Trombelli (De cultusanctorum. t. ii. p. 152), et le cardinal Orsi {Storia eccl. 1. ii. n. 24) tiennent pour démontré qu'ils sont antérieurs à la paix constantinienne et même à la persécution de Dioclétien. Nous devons dire cependant que plusieurs verres du recueil du P. Garrucci ne nous paraissent pas remonter au delà de quatrième siècle. Néanmoins, aucune autre classe de monuments ne présente autant d'importance pour l'archéologie chrétienne.

FOSSORES. — Ce mot vient de fodere, € creuser. » Il désignait dans l'antiquité chrétienne ceux qui étaient chargés du soin de la sépulture dans les catacombes. Au temps de Trajan, le pape Évariste ayant divisé la ville de Rome en un certain nombre d'églises ou paroisses, ordonna qu'à chacune d'elles serait attaché un collège de huit ou dix fossores^ de môme que chacune d'elles avait son cimetière particulier (Marchi. p. 26). Mais l'institution des fossores est aussi ancienne que l'Église, et, d'après le livre pontifical (Ap. Labbe. t. i. col. 74), il parait qu'elle avait été déjà régularisée avant Evariste par S. Clément, son prédécesseur immédiat.

Sur la foi d'un passage faussement attribué à S. Jérôme, ojfi a cru longtemps que les fossores formaient dans l'Église un ordre à part, comme les portiers, les acolytes, etc. (Hieron. 0pp. 1. 11. Épist, ad Rustic). Cette opinion un moment abandonnée, a pris de nos jours un nouveau crédit par la découverte de nouveaux témoignages qui militent en sa faveur. Il est certain d'abord que S. Jérôme lui-môme leur donne le titre de clercs dans un de ses ouvrages authentiques {Epist. ad Innocent,), où il décrit ainsi la sépulture d'une femme chrétienne de Verceil : Clerici quibus id officn erat, cruentum linteis cadaver obvolvunt, et fossam lapidibus exstruentes^ ex more tumulum parant.

enveloppent de linges le cadavre sanglant, et, construisant une fosse avec des pierres, lui préparent son tombeau, selon l'usage, t On lit dans la chronique Palatine éditée par le cardinal Mai (CoUect. Vatican, t. ix. p. 133' ces paroles qui viennent appuyer la cléricature des fossores : Christus in se consecrando Eccksim gradus ejus singulos cominendamt.... qxUîuiA ostiarixtë, fossarius, lector, subdiaconus, dioconus , presbijter^ episcopus. On doit obsener que dans cette énumération, le fossarius ne tient pas la dernière place et que le portier est encore après lui. Les fossores sont appelés clercs dans plusieurs lois du code théodosien (L. VII. tit. 20. leg. 12 et alibi).

La question serait pleinement élucidée s'il est vrai, comme l'affirme Bottari (i. p. U), malheureusement sans citer ses autorités, que des fossores figurent dans le rôle des clercs de plusieurs Églises. Lupi {Dissert. pars. i. p. 54) pense que l'office de ces clercs consistait seulement à ouvrir les locuH dans les parois des cimetières, mais que le soin de creuser les corridors et les cryptes était laissé à d'aufres. Il parait certain en effet que les différents travaux des catacombes étaient dévolus à diverses classes de fonctionnaires qui, sous les noms divers de lecticarii, libitinariij copiatx^ decani, étaient chargés, les uns de creuser les roches, de les pulvériser et de les emporter au dehors, les autres de préparer les cadavres et de les transporter de leurs habitations dans les cimetières suburbains, d'autres de les placer dans les loculi ou niches, de les y enfermer d'y graver, écrire ou peindre les épitaphes. (V. l'art. Funérailles.)

L'empereur Constantin assigna aux fossofts des habitations spéciales, officinas, dans les différents quartiers de Rome ; et nous avons des épitaphes de quelques-uns de ces fonctionnaires de l'Église qui indiquent la région à laquelle ils étaient attachés, par exemple, celle-ci : ivnivs . possor . avbntinvs. Fecit sibi (Boldetti. p. 65). Les fonctions si multiples auxquelles les fossores étaient employés supposent évidemment qu'ils ne devaient pas avoir une existence isolée, mais qu'ils étaient organisés en corporations, sous les ordres des évoques et des prêtres. On a trouvé dans les cimetières de Rome un certain nombre de marbres qui nous font connaître les noms de quelques fossores : sergius . et . ivnivs (Boldetti. p. 65); MONTANVS (Aringhi. ii. 139); CALEVivs (Id. ib. 658); athanasivs et antio- CHVS (Fabretti. p. 739. n. 492}; CELERDiVS,

MAXIMINVS, PATERNVS, FRIGIANVS, HERtVl^

(Lami De erudit apost. p. 278). Dans les taphes découvertes par le P. Marchi au cime tière de Sainte-Agnès, sont nommés les foss^'

« Les clercs auxquels appartenait cet office, \res maivs, proclvs^ caligonys (P. 91).

FRAT

ïis ces noms de fosgores sont kccom instruments de leur profession un grand nombre d'eiemplus da.ns 05), Boldelti i,P. 62\ Perret (T.

m], 11 existe même, dans le cin liste une image en pied d'un de < irétiens nommé siogenes, ten; une pioche et de l'autre une lampe tec divers instruments de la mSmc épars à ses pieds sur le sol (Bol- '. C'est un jeune homme à la figuri ttu d'une tunique sans ceinture ir les épaiiles et vers l'extrémité 'un signe ou monogramme imitant ç^urc de la croix (Forme dbsimulëe.

oix).

enceraent, et' surtout au temps des s, l'Église pourvoyait elle-même i la sépulture de ses enfants; mais Tième siècle, les personnes ai de leur vivant, aux /ossofM, un, pour leur tombeau et celui des t ce qui est attesté par un grand marbres (V. l'art. Sépulture), e par une inscription du cloitre de hors des mure (Muratori. Tkes.

63, n. 9). Marini [Arvaii. ii. 695) nirieuse épilaphe où se trouve con- Sritable contrat de vente entre l( us et l'acheteur Arlemisius, avec es témoins Sewrus qui, lui aussi, et Laurentius, et en outre le prix 1 bisome : emptvm locvm ab ar |j

iOMVM II HOC EST ET PRETIVM || DATVM A II HO ID EST FOL NOO b PBAE H

:ni Posa. ET LAVREKTi. En voici. un )le emprunté au savant ouvrage du

;P. 165; ; COMPAHAVI SATVRNINVS )CVM VISOMVM AVHl BOLID [I OS DVO î MAIORE QVE PO || hITA EST IBIQVE .RHO AS XL.

narbre déjà connu, mais donné exurla première toisparM. De'Rossi 0) porte ce contrat singulier qu'un ns doute fossor, a vendu à avivivs la ace d'un trisome où reposaient déjà personnes : calvilivs et lvcivs, sion de fossor est rarement meniles inscTiptions ailleurs qu'à Home.

ivoos cependant dans une êpitaplie Gazzera. hcriz. Criit. de\ Piemonte.

îSTiANrs FOssoRmif, Il AD befrige- <>ERPET. Le signe ou chiffre qui suit ferium euprime une somme ou une srpétuelte pour le repos, re/Wjefervents chrétiens qui s'étaient con- Épulture des fidèles et des martyrs.

îi fostom à l'œuvre dans plusieurs s catacombes (Bosio. pp. 305. 335.

- cf. Aringhi. i[. pp. 23. 63. 67.

101). Ils ont ordinairement la tSte rasée, sont vêtus d'une tunique courte et ceinte, chaussés d'espèces de bottes montantes. L'un d'eux (.Bosio. p. 335. — Aringhi. ii. 67) se distingue par un manteau jeté sur l'épaule droite et flottant par derrière , et aussi par cette circonstance particulière que les manches de la tunique sont serrées près des poignets, tandis que les autres les ont retroussées jusqu'à t'épaule, à la manière des travailleurs. Il en est qui ouvrent la terre avec une bêche, d'autres avec un instrument à peu près de la forme de Vascia entament avec effort le roc qui s'arrondit en voûte sur leur tête : une larape est ordinairement suspendue près d'eus. On n'en trouve pas qui soient occupés à creuser les ioculi, ce qui serait bien plus intéressant encore.

Une peinture du cimetière des Saints-Marcel!in-et-Pierre (Bosio. p. 373, — Aringhi. ii. 101) présente un fossor sans pioche, et portant seulement une lampe avec laquelle il semble éclairer quelqu'un. Il est âgé, porte la barbe, de larges manches noQ relevées; si l'on ajoute à cela qu'il indique quelque chose avec l'index étendu et semble donner des ordres, on pourra supposer sans trop d'invraisemblance que ce personnage était investi de quelque dément parmi les travaillelirs s première section de la gravure représente c personnage, la seconde un fossor à l'œuvre. 0\

au cimetière de Calliste (Bottari. t. lxxi) lampe de fossor allumée, suspendue à un clou fixé à la paroi. Nous disons une latnpt de fossor, parce que celles qu'on allumait pour les cérémonies sacrées dans les mibiculi étaient suspendues aux voûtes, et avaient une forme différente. Celle-ci ressemble exactement à celles que nous avons mentionnées ci-dessus. OrâceàrobligeancedeM, le chevalier De'Rossi 1 nous a été donné de voir au cimetière de Saint-Calliste une pioche de fossor en fer trèsoxydée, mab parfaitement reconnaissable.

VRATEHNITË CHRÉTIENNE.— A l'aiti-

FRAT

FRAT

de Aumône^ nous avons tracé le tableau de la fraternité chrétienne par les œuvres qui la manifestent ; nous n'avons à la considérer ici que dans le langage des premiers disciples de Jésus-Christ.

I. — La fraternité fut connue chez les Juifs ; mais ils en restreignaient les liens dons le cercle de la tribu (V. Clément. Alexandr. Strom. 1. II. c. 18). Les chrétiens n'en exceptaient personne. « Nous sommes aussi vos frères par le droit de la nature, notre commune mère, dit TertuUien aux idolâtres (Apolog, xxxix), quoique vous soyez peu hommes, et de mauvais frères. » Lactance est plus explicite sur ce point {Instit. 1. v. c. 6) : t La vraie religion, dit-il, est la seule qui sache rendre cher un homme à un autre homme, parce qu'elle enseigne que tous les hommes sont unis par les liens de la fraternité, car Dieu est le père commun de tous. » Le martyr S. Justin {Dialoy. cum Tryph. p. 323. edit. Paris. 1615) avait déjà dit au sujet des Juifs et des païens : c Nous leur disons à tous : Vous êtes nos frères. » Dans le dialogue de Minucius Félix, le chrétien Octavius donne constamment le nom de frère à son interlocuteur, le païen Cecilius.

Cependant il existait entre les chrétiens une fraternité plus étroite : « Mais combien plus dignement, ajoute TertuUien, on nomme frères, et on regarde comme tels, ceux qui reconnaissent en Dieu le môme père, qui s'enivrent du môme esprit de sainteté, qui, sortis du sein de la môme ignorance, ont été frappés de l'éclat de la môme vérité ! Mais peut-ôtre on nous regarde comme des frères peu légitimes, parce que notre fraternité ne fait jeter aucun cri à la tragédie (Allusion aux frères Thébains d'Euripide) ; ou bien parce que les biens que nous possédons nous unissent comme des frères, ce qui, parmi vous, dissout presque toujours la fraternité ! » L'apologie de Minucius Félix a un passage presque identique (xxxi) : « Si nous sommes animés d'un mutuel amour, cessez de vous en plaindre, nous ne savons pas haïr; si nous nous appelons frères, n'en soyez point jaloux, n'avons-nous pas le môme Dieu pour père? N'avons-nous pas tous la môme foi, et ne sommes-nous pas tous héritiers de la môme espérance? Pour vous, vous ne pouvez vous reconnaître à aucun signe; vous êtes constamment dévorés de haines mutuelles, et ce n'est que dans le parricide que se manifeste votre fraternité ! »

Tel est le caractère principal de la révolution apportée au monde par le christianisme. Depuis le jour où le Sauveur adressa à ses disciples ces paroles : c Vous ôtes tous frères (Matth. XXIII. 8), > la fraternité s'établit parmi eux, et elle n'a plus cessé d'exister, dans le langage comme dans les actes. Les apôtres donnent à leurs disciples le nom de frères, les

mots viri fratres sont le début de tous leurs discours; dans leurs épltres, ils appellent collectivement fratres les membres des Églises auxquels ces lettres sont adressées; S. Luc ne désigne jamais autrement les fidèles dans le livre des Actes ; tous les Pères adoptèrent ce langage ; S. Cyprien, par exemple, ne commence pas autrement ses lettres : ?ax ecce^ dilectissimi fratres^ Ecclesix reddita est. Ainsi s'ouvre son traité De lapsis^ composé après la persécution de Dèce (0pp. edit. Oxon. p. 87) lu en plein concile de Carthage ; et qui ne sait que ces touchantes formules se sont conservées jusqu'à nos jours dans les pratiques de la liturgie, comme dans les habitudes de la chaire chrétienne?

La fraternité chrétienne était contractée par le baptôme ; c'est ce sacrement qui conférait le nom de frère. Ce passage de S. Justin le dit clairement {ApoL i. c. 65) : Nos autem postquam eum^ qui fidem suam et assensm doctrine nostras testatus est^ sic Muimus^ ad eus QUI DicuNTUR FRATRES odducimus , h:\ TOÎÇ ^• YO|xévoi$ (îôeX<po{$. o Lorsque nous avons lavé i^Par le baptôme) celui qui auparavant a prononcé son adhésion à notre foi et à notre doctrine, nous le menons à ceux qui sont appelés frèrb.i

Et cette fraternité était consommée par l'eucharistie, qui (1 Cor, x. 17) ne fait qu'un pain et ^un corps de tous ceux qui participent an môme pain et au môme calice : Unus pam et unum corpus multi sumus^ omnes qui démo pane et de uno calice participamus,

IL — Mais ce titre de frères adressé parles pasteurs aux membres de la société chrétienne, ceux-ci se le donnaient aussi réciproquement, àÔ£Xîpo(, fratres: et l'ensemble des frères s'appelait « la fraternité , » (JBeXsôttjç (Baron. M an, 43. n. xiv) : Fraternitatem dtii^»(«, écrit le prince des apôtres (1 Epist. ii. 17). t Aimexla société des frères. » Dans une inscription de Cherchell (L. Reinier. Inscript, de V Algérie, n. 4025), les chrétiens composant une Église particulière sont désignés sous le nom collectif de ECCLEsiA FRATRUM. Les actes des martyrs sont pleins de ces douces appellations, et ici la fraternité était encore scellée par la communauté des souffrances et de la gloire. Ainsi le martyr Alexandre appelle frère son compagnon Epipodius {Act. SS, Epipod, et Alex. ap. Ruin- 66. edit. Veron.), bien qu'ils ne fussent nullement unis par les liens du sang. C'est dans le môme sens que Ste Blandine est appelée «oror dans la lettre aux Églises d'Asie. Cette fraternité connue des païens, chez lesquels le mo^ ne réveillait que des idées licencieuses, parce qu'ils y avaient attaché un sens erotique (Just. Lips. Var, lect, 1. ii. c. 1), devint le préteï^ d'une de leurs plus infâmes calomnies cont^ les fidèles. (V. l'art. Calomnies, 2° B.)

FUNÉ

FUNÉ

Un certain nombre d'inscriptions des preers siècles font Jire aussi les mots frater et Uns dans des conditions qui ne permettent 1ère d'y voir l'expression d'un lien de panté. € J'ai vu à Pesaro, dit Marini {Arval. refaz. p. xx), au musée Olivieri, une épitaphe recque provenant des catacombes romaines, il le défunt evnicvs, « ayant mérité d'obtenir grâce de Dieu, * c'est-à-dire le baptême, iiûc B£KU2>iF.?«oc THN xAPiN TOT «EOT , adressc à us les fidèles cette salutation : eiphnhn exete ïA^oi, c'est-à-dire, inpace^fratres. Nouspen- BS, ajoute le savant épigraphiste, qu'on doit nner à ce mot le même sens dans l'inscripn latine de bachylvs publiée par Buonarati {Vetri, p. 170) : bene. qve | sqventi ||

ATRl. BAC II CHYLO. IN PAGE || FRATRES.

Sous en trouvons deux autres dans les notes feu M. l'abbé Greppo; l'une tirée de Mura- 1 (TlfBsaur. t. iv. p. MDCccxxrv. 9), offre une inde analogie avec la précédente mais en y ►utant des circonstances du plus haut intérêt :

EXANDRO FRATRI. BENEBdERENTI. VOTVTVI || ME- NTI. FRATRES. REDDIDERVNT. VIXIT. IN. CHRISTO A-NMS. XXXIII. DECESSIT. IDVS. IVNIAS. La SC-

ûde (Brunati. p. 108) fort incorrecte, est ssi d'un chrétien nommé Alexandre, qui ie, PAR LE DIEU UN, SCS chers frères dans le ristianisme, fratres boni, de veiller à l'inolabilité de sa tombe. (V. l'art. Anathème. II.) c'est du moins ce qu'il est aisé de com- •endre, bien que la phrase ne soit pas ache- !e: peto. a. bobis|| fratres. boni, per || îVM. DEVM. NE. Qvis.... Ajoutous à ces moiiuents épigraphiques une intéressante épitaphe ouvée au cimetière de Priscille au commencent de 1864 (De' Rossi. BuUett. 1864. p. 13) :

KWTI P II AX A FRA II TRIBVS || VALE. t LCOR-

us, les frères te souhaitent la paix, adieu. > Quelques noms propres paraissent avoir été spires par ces idées de fraternité chrétienne, Mmne d'autres l'ont été par les vertus théoigales. (V. l'art. Noms des premiers chrétiens. . U. 2« classe. 5".) Tel est sans doute celui ADELFivs qui se lit sur un marbre du musée 8 Lyon (D. Boissieu. p. 597. lxi) : hic renïs||ciT BONE (Sic) memo||riae adelfivs.

el encore celui de l'un des premiers évêques i Metz, S. Adelphe, Adelphus ou Adelphius^ ai, d'après And ré DuSaussay (ilfarfi/roi. Gallic. ieaprU. ixviii), aurait vécu aune époque voiae de celle des apôtres, et que d'autres ne licent qu'au quatrième siècle. La même iHse de Metz honore au 29 septembre un tttre S. Adelphe abbé.

nnflÊRAIIXES. — Pendant les trois premiers siècles, il ne fut pas possible aux chrélieï» d'entourer de la pompe convenable les fifflérailles de leurs frères ; on transportait fur-

tivement les cadavres dans les cimetières, on les y inhumait avec crainte et précipitation ; seulement, dans les rares intermittences des persécutions, on donnait à la sépulture des chrétiens, et surtout à celle des martyrs, toute la solennité que comportait la position de l'Église en ces temps malheureux, témoin les honneurs rendus aux restes de S. Cyprien. (V. l'art. Ensevelissetnent.) Ce n'est que depuis Constantin qu'on put songer à établir des rites particuliers pour les funérailles, et l'Église en prescrivit dès lors et par l'ordre même de ce prince. Il y avait chez les Romains des sandapilarii ou vespillones (Suet. In D^mit. xvii) qui étaient chargés de transporter les cadavres ; mais les chrétiens ne se servirent jamais de ces mercenaires; à l'exemple de Tobie, ils se faisaient un devoir et un honneur de porter les restes des leurs, et cet office appartenait aux parents les plus proches.

Mais, même avant le temps de Constantin, l'Église avait établi des fossores, qu'on croit avoir appartenu à la cléricature (V. l'art, fossoREs), et dont l'office était de transporter et d'inhumer les corps. En donnant à l'Eglise des droits politiques, Constantin rendit de sages lois pour régler les funérailles. Il établit cinq cent cinquante compagnies de fonctionnaires qui, sous les noms divers de lecticarii, libitinariï, copiât^ et decaniy étaient chargés de tout ce qui concerne les derniers devoirs à rendre aux morts ; il les affranchit de tout impôt, et leur accorda beaucoup d'autres privilèges et immunités. Les lecticarii étaient chargés ou de confectionner des litières pour placer les cadavres, ou de porter eux-mêmes les corps placés sur les lecticx. Les lihitinarii préparaient tout ce qui était nécessaire pour la pompe funèbre. Aux copiatas incombait la charge de porter les corps et d'exécuter les travaux les plus pénibles relatifs à la sépulture. Les decani avaient la haute main et la surveillance sur toutes les parties de ce triste ministère, et ils étaient divisés en plusieurs classes. L'existence, ainsi que les fonctions et les privilèges de ces diverses corporations furent confirmés par Arcadius et Théodose (L. Non plares. c. De sacr, trin.). Anastase augmenta le nombre des lecticarii et des decani. Nous n'avons pas à suivre leurs diverses vicissitudes dans le Bas-Empire.

Si, dans les premiers temps, aucune règle ne pouvait être ni prescrite ni observée quant aux convois, il est certain que dès le quatrième siècle ils étaient suivis par une grande multitude de peuple et par un nombreux clergé. Dans les Constitutions apostoliques (L. vi. 1 9), il est prescrit aux prêtres « d'accompagner le mort en chantant des psaumes. > Nous savons par S. Grégoire de Nysse {Epist, ad Olymp.) que le peuple assistait en foule aux funérailles.

PUNÉ

PUNÉ

II décrit la pompe funèbre de sa sœur Macrine, où assistaient, outre les prêtres et les clercs, les moines, les religieuses, et le peuple tout entier. Ce qui est certain, c'est que jamais les funérailles ne se faisaient sans la présence des prêtres, qui, comme cela eut lieu en particulier aux funérailles de Ste Paule (Hieron. Epist. de epitaph. PauUe), chantaient des psaumes et portaient des flambeaux. Les chants usités dans les funérailles étaient des chants joyeux ; par exemple VAlleluia (S. Hieron. ibid.) (V. Tart. ALLELUIA.) Les moincs et le peuple se joignaient au chant des psaumes (Novel. Justin, lix). Les témoignages des Pères sur l'usage des cierges et le chant des psaumes aux funérailles sont innombrables; S. Chrysostome va jusqu'à prescrire nommément ceux des psaumes que les prêtres doivent chanter (Hom. iv In c. ii ad Hebr,) : Cogita quid psallas in illo tempore : « Bevertere^ anima mea in requie^n tuam^ quia Dominus benefedt tibi ; » et iterum : c Non timebo mala quoniam tu mecum es; » et iterum : € Tu es refugium meum a tribulattone, » etc. En parlant des funérailles de sa mère, S. Augustin rappelle ce psaume : Misericordiain et judicium caniabo tibi^ Domine^ par lequel s'ouvrait la psalmodie funèbre.

Nous savons que la croix précédait les convois funèbres par les Vies des Pères, dues à un auteur anonyme , insérées dans le recueil de Surius, et que Bellori a de nouveau publiées et expurgées ; il y est dit, à propos du convoi de S. Lupicin : Dispositis in itinere psallentium turmis cum crucibus^ cereis, « Des troupes de chantres étaient disposées en procession, avec des croix et des cierges. » Il ressort d'un passage de S. Chrysostome (Loc. laud.) que, du temps de ce Père, les Grecs portaient des lampes aux funérailles, tandis que les Latins se sont toujours servis de flambeaux de cire. Il est intéressant d'observer que dès le temps de S. Augustin, il y a eu une distinction entre les funérailles vulgaires et les funérailles plus pompeuses. Ce prince, en efl'et, fit des lois pour empêcher que le peuple ne pût être surchargé par des frais de funérailles excessifs. Il prescrivit que chacun pût avoir un cercueil gratis, et qu'il fût toujours accompagné au moins par un asceterium, c'est-à-dire par huit religieux et trois acolytes. Il était ainsi pourvu aux funérailles des pauvres.

Quant à celles des riches, elles étaient aussi réglées par des lois et des tarifs fixes.

Après ces préliminaires, le corps était conduit par le clergé au cimetière, où l'évoque résidait (Ceci s'entend des quatre premiers siècles), afin que celui-ci accomplit les derniers rites funèbres, qui consistaient principalement dans la prière que les Constitutions apostoliques appellent sacratissimam precem, et

qui n'était autre que la liturgie eucharistiqu Car nous savons par les mêmes Constitutioi apostoliques et par une foule d'autres doci ments anciens que, dès la plus haute antiquité la messe se célébrait en présence du corp avant qu'il fût confié à la terre (Origen. Comm in m Job. — Tertull. De coron, milit.). S. Au gustin dit, à propos des funérailles de sa mère « Que des prières étaient adressées à Dieu alors qu'on ofl'rit le sacrifice de notre ré PEMPTiON, le cadavre étant déposé près di tombeau, avant qu'il y fût renfermé. » [Cmfess, IX. 12.) Nam neque in iis predbus^ qw tibi fudimus^ cum offerretur sacrificil'm prot NOSTRi, jam juxta sepulcrum posito cadavm^ priusquam deponeretur. Posidonius constate h même fait pour les funérailles du fils de Monique {In ejus Vit. init. 0pp.), et Eusèbe pom celles de Constantin (De Vit, Constant, iv. 71); on pourrait citer d'innombrables exemples de cette discipline jusqu'au moyen âge, et la plus anciens livres liturgiques ont tous u« messe particulière pour les morts. Cette mesK n'avait lieu que le troisième jour après la mort, et les trois jours qui précédaient le5 funérailles étaient consacrés à des prières continuelles qu'ofl*raient près du corps, dans le d* metière, le clergé, les parents et la masse di peuple chrétien.

Ces délais étaient prescrits par un décret spécial des Constitutions apostoliques (lUL 48], et S. Augustin nous parle des obsèques d'un enfant nommé Evodius, où ce décret fut observé (Epist. ccLvii. Ad Evod.), Bien plus, les mômes Constitutions ordonnent que le môme service soit renouvelé le neuvième et le quarantième jour. Dès la naissance de l'Église, nous savons ausâ que le jour anniversaire de la mort était sanctifié, chez les Grecs comme chez les Latins, par des prières, et par l'offrande du saint sacrifice (Tertull. De coron, milit. c. m), et Origène nous apprend {Comm, in Job.) que cet anniversaire était célébré avec un grand appareil et un grand concours de peuple. Les services se faisaient dans le lieu môme de la sépulture. S. Grégoire de Nazianze parle aussi de la solennité donnée à l'anniversaire de la mort de son frère Césaire.

Après la liturgie, célébrée en présence du corps, l'évoque et les prêtres donnaient au défunt le baiser d'adieu, et enfin le cadavre était confié à la terre. Quant aux prières, qui, dans l'antiquité , suivaient l'inhumation, nousles ignorons complètement, car il est douteux qu'elles fussent les mômes qui figurent dans les livre rituels du moyen âge. La cérémonie funèbn était close par Tagape, repas de chanté que laÊi mille du défunt servait surtout aux pauvres, c qui fut plus tard supprimé par l'Église, à caus des abusqui s'y étaient glissés. (V. l'art. Agapet

Page 1