‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 119 sur 266 · Laurent, sommé par le préfet de Rome de · texte numérisé non relu

Laurent, sommé par le préfet de Rome de

W découvrir les trésors dont il passait pour

^ le dépositaire, lui montra, rassemblés de-

^ant l'église , une foule de vieillards décrépits,

d'aveugles, de muets, d'estropiés, de lépreux,

d'orphelins et de veuves pris dans toutes les

fiions de la ville (Prudent. Peristeph. hymn.

tt-Ters. UO seqq. ).

Tribas per urbem cursitat Diebus, infirma agmina Omninque qui poscunt stipem, Cogens in unum et congiegans.

•U circule parla ville durant trois jours, recher-

ANT1Q. CHRÉT

chant et rassemblant en un seul lieu les troupes infirmes et tous ceux qui demandent leur vie. »

On sait que, gênée dans ses mouvements, l'Église des trois premiers siècles soignait, par le moyen des diacres régionnaires, ses pauvres à domicile. Sous Constantin, grâce à la paix qu'elle dut à ce grand prince, elle commença à avoir des hospices, nosocomia; c'était aux évoques qu'appartenait le soin de les construire et de les administrer, et ils étaient ordinairement placés près de leur demeure, usage qui a persévéré jusque dans le moyen âge. Ces nosocomia n'étaient pas, comme les hôpitaux de nos jours, de vastes maisons présentant un caractère d'unité, mais un assemblage de petites cases indépendantes, domuncuUd^ de telle sorte que chaque malade avait sa cellule séparée. Nous le savons par Procope {De œdif. Justinian. 1. i. c. 2. Hist. Bysant. t. m), qui, en parlant d'un ancien valetudinarium rétabli et augmenté par Justinien,dit que cette augmentation consista à y ajouter un certain nombre de « petites maisons, » numéro domuncularum^ et de nouveaux revenus annuels, annuo censu.

Ce mode d'agglomération donnait à ces hospices l'aspect d'une ville ; tel était celui que, au témoignage de S. Grégoire de Nazianze (Orat: m), S. Basile avait construit, par exception et sans doute par nécessité, en dehors de sa ville de Césarée : paullum extra civitatem pedem effer, ac novam conspire civitatem. « Porte tes pas un peu au delà de la ville, etcontemple une nouvelle cité. » Cet établissement avait été doté au moyen des libéralités obtenues par ce grand évêque des personnes riches appartenant à son Église (Greg. presb. fn Vit. init. 0pp. S. Greg. Naz. t. i).

S. Jean Chrysostome en avait bâti plusieurs à Constantinople, et, dès qu'il lui restait de l'argent, il le consacrait à la fondation de quelque nouvel asile (Pallad. In ejus Vita. c. v). Palladius, évoque d'Héliopolis (Hist. SS. Pair, ad Laus. c. vi. — Cf. Pellic. ii. p. 273), nous apprend que sur la montagne de Nitrie, près de la principale église, était un xenodocMum^ fourni de médecins et de faiseurs de placenta, placentarii. — Ce nom de xenodochium désignait un hospice destiné à recevoir les pèlerins aussi bien que les malades.

Il y eut aussi des nosocomia en Occident; mais quand, à raison du peu d'importance de la ville, il était impossible, faute de ressources, d'en avoir de publics, les évoques faisaient de leurs maisons môme des hôpitaux ; S. Augustin s'asseyait à la môme table que ses malades et ses pauvres (Posidius. In ejus Vita. c. xxiii).

Nous voyons, au sixième siècle, le roi Childebert I^ fonder un xenodochium à Lyon, sous le pontificat de S. Sacerdos, à l'instigation de ce prélat et de la reine Ultrogothe. (V. Breviar. Lugd. ad diem,sept. xii.)

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Ces établissements s'appelaient encore pauperum gymnasia^ parce que des hommes d'une haute distinction et d'une grande sainteté, comme S. Grégoire de Nazianze, ne craignaient pas de s'y renfermer pour prodiguer aux indigents les soins de la charité et plus encore les leçons de la piété.

Au commencement, comme nous l'avons vu, les évoques présidaient par eux-mêmes les nosoœmia^ et les entretenaient à leurs frais. Mais quand le cercle de leur autorité et de leur juridiction se fut élargi, ils furent obligés de se décharger de ce soin, quant au spirituel principalement, sur des prêtres, des diacres ou môme des clercs inférieurs; et leur économe fournissait aux malades ce qui leur était nécessaire. Quand les hospices eurent pris une plus grande importance et que des rentes annuelles leur furent assurées par de riches chrétiens, leur administration, tant spirituelle que temporelle, fut confiée à des préfets appelés nosocomi , ou prœfecti valet udinariorum , et qui rendaient compte à l'évêque ; nous voyons, au cinquième siècle, le concile de Chalcédoine porter un décret (Can. viii) pour resserrer les liens de cette subordination déjà un peu relâchée. Ces préfets étaient ordinairement des prêtres: ainsi Eustathe, évêque de Sébaste, impose les mains à Aerius pour lui confier l'administration d'un asile de ce genre (Epiph. Hdsres. 1. III. De hxres. Aeriana)\ S. Jean Chrysostome choisit pour cet office les deux plus saints prêtres de son église, et S. Basile son chorévêque (Epist, cccxcii). A Alexandrie, au témoignage de Palladius (Ibid. 1. i. c. 7), c'était aussi un prêtre qui exerçait les fonctions doprœfectus xenodochii; tous les historiographes de TÉglisc attestent le même fait. Au moyen âge, l'évoque confiait ordinairement cette préfecture à ses diacres. (V. les art. parabolani, et Titres.)

Dans l'antiquité, les hôpitaux étaient ordinairement dédiés au Saint-Esprit, qui était représenté sous l'emblème de la colombe, son symbole, soit à la façade, soit en quelque autre endroit apparent. (V. Wernsdorf. Decolumbx in sacr. /oc. simulacr.) On sait que le principal hôpital de Rome est placé sous ce vocable, il existait déjà à la fin du cinquième siècle, et l'emplacement qu'il occupe était près du cirque de Néron. (V. Fantucci. Traitât, di tut te le opère pie neWalma città di Roma. c. i. 1602.)

HOSPITAXITE CHEZ les premiers chrétiens. — Ce fut là une des principales vertus des premiers disciples de Jésus-Christ. Elle était un épanouissement naturel du grand principe de la charité. S. Paul ne cessait de la recommander aux fidèles : t Soyez toujours prêts à donner l'hospitalité, » écrit-il Aux Romains (xii. 13), hospitalitatem sectantes. Et Aux Hé-

breux (xiii. 2) : c Ne négligez pas l'hospitalité, car, par elle, quelques-uns ont reçu chez eui des anges sans les connaître. » Hospitalitatem nolite oblivisci^ per hanc enim latuerunl quidam, angelis hospitio receptis. Ceci est uii^ allusioD à ce qui était arrivé à Abraham et à Lot qui f uren t appelés à exercer les devoirs de l'hospitalité envers des anjges et envers Dieu lui-même.

Sans autre liaison que celle de la foi et de la même religion, les chrétiens se regardaient et se traitaient réciproquement comme des frères et des amis (V. l'art. Fraternité chrétienne) , ne faisant d'autre distinction que celle du mérite et n'attendant d'autre récompense que celle de l'autre vie. Et même il leur était prescrit de ne pas faire un choix trop attentif de ceux à qui ils donnaientPhospitalité, de peur qu'en voulant choisir les meilleurs, ils De perdissent le mérite de leur action. (V. Ambres. Li6. de Abraham, v. De offic. ii. 21.in. 7.- Aug. Epist. xxxviii. n. 2.)

La vertu de l'hospitalité brillait d'un si vif éclat dans nos pères, que les ennemis de la religion nouvelle en étaient choqués, et regardaient cette étroite liaison cfbmme un excès d'amitié. Tertullien fut plus d'une fois obligé de réfuter les calomnies qui naissaient de ces préjugés injustes : t Mais ce sont ces œuvres d'amour qui aigrissent le plus violemment contre nous quelques-uns d'entre vous. Voyez, disent-ils, comme ils s'aiment les uns les autres! ....comme ils sont prêts à mourir les uns pour les autres !. .. Ils ne nous blâment encore de nous désigner sous le nom de frères, que parce que, parmi eux, toute dénomination de parenté n'est que le témoignage d'une affection simulée.... Mais peut-être on nous regarde comme des frères peu légitimes, parce que notre fraternité ne fait jeter aucun cri à la tragédie (Allusion aux Frères Thébaim d'Euripide); ou parce que les biens que nous possédons nous unissent comine des frères, ce qui, parmi vous, dissout presque toujours la fraternité. En effet, confondant nos cœurs et nos âmes, nous n'hésitons pas à confondre nos biens. » {Apologet. xxxix.) L'ensemble de ces devoirs de la charité est admirablement résumé dans ce seul mot du grand apologiste : Negotia Christian» factionis^ « le* affaires (essentielles) de la faction chrétienne. »

Lucien, toujours attentif à observer les mœur^ des chrétiens pour les travestir ou pour s'en moquer, parle très au long de leurs libéralités, qu'il appelle profusion, à l'égard de ceux q»i^ avaient les mêmes sentiments et professaient la même religion. Il décrit fort exactement surtout le soin avec lequel ils recevaient ce^ qui s'étaient signalés par quelque service, ®^ le zèle qu'ils mettaient à leur fournir tout^* les commodités du voyage. Ces détails so^ enchâssés dans le portrait qu'il trace du *^'

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meiix imposteur Peregrinus qui, après avoir reçu le baptême et s'être fait emprisonner pour la foi, par suite d'une secrète connivence avec les magistrats, et après avoir abusé longtemps de la bonne foi et de la charité des fidèles, fut enfin découvert et chassé. Cet imposteur se brûla publiquement dans la cérémonie des jeux olympiques, et Lucien se trouva au nombre des spectateurs, comme il Pécrit à Chronius (Lucian. De morte Peregrin, t. ii Op. p. 766).

11 y avait dans ces satiriques écrits un éloge involontaire des chrétiens; Lucien prétendait vouer aux moqueries du monde des œuvres que Julien, plus pervers que lui, ne pouvait s'empêcher d'admirer, et qu'il s'efforça d'introduire dans son néopaganisme. Nous le savons par S. Grégoire de Nazianze {Orat. m) et plus en détail par l'historien Sozomène (v. 16). Celui-ci rapporte même in extenso une lettre de l'apostat à Arsace grand sacrificateur de la Galatie, où il lui enjoint de prendre soin des étrangers, et de faire bâtir des maisons pour les recevoir, lui proposant en cela l'exemple des chrétiens, dont, à son avis, la religion devait son extension à leur charité envers les étrangers, k leur sollicitude pour la sépulture des morts, et à la gravité de leurs mœurs qu'il taxe d'hypocrisie, simuîcUa : Nec altendimus quid Christianorum religionem aujcerii : hwnanitas scilicet in peregrinoSy et in sepeliendis mortuis sollicita diligentia^ et simxUata morum gravitas.

L'hospitalité était donc la vertu de tous les chrétiens sans exception, et bien que S. Paul la* mette au nombre des vertus spéciales à un évoque, oportet episcopum hospitalem esse (1 Tim. III. — 2. lit, 1. 8), il veut que tout fidèle la pratique; il exige en particulier que celles d'entre les veuves qui veulent se consacrer au service de l'Église, s'y soient exercées de longue main : « Que la veuve choisie.... puisse obtenir le témoignage.... qu'elle a exercé l'hospitalité, qu'elle aijecouru les affligés, qu'elle s'est appliquée à toutes les bonnes œuvres. >(1 Tim. y, 10.) In operibus bonis testimonium habens.... si hospitio recepit^ si sanctorum pedes lavit. Nous avons déjà vu que l'Apôtre recommandait instamment l'hospitalité aux Romains et aux Hébreux. S. Pierre (1. rvr. 9) exhorte tous les fidèles à exercer cette vertu avec plaisir fetsans murmurer, hospitales invicem sine murmuratione. Parmi les vertus qu'il aime à louer dans Caïus, S. Jean (m. 5) n'en trouve pas de plus éminente que celle-ci : c Mon bien-aimé , vous agissez en vrai fidèle dans tout ce que vous faites pour les frères , et particulièrement pour les étrangers. » Carisslme^ fideliter facis quidquid operaris in fratres^ et hoc in peregrinos. Il affirmait de plus qu'exercer l'hospitalité envers les hommes apostoliques, c'était entrer en participation des fruits de leurs

travaux (/6«(i. 8) : « Nous devons les recevoir ainsi, afin de coopérer avec eux au progrès de la vérité, » ut coopérât ares simus veritatis.

TertuUien, pour détourner les femmes chrétiennes d'épouser des maris infidèles, allègue la difficulté et les obstacles qu'une telle union mettrait à l'exercice de l'hospitalité envers les frères : Si pereger frateradveniat^ quod in aliéna domo hospitium? {Ad uxor. ii. k.)

Enfin le droit de l'hospitaHté était tellement sacré aux yeux des chrétiens, que celui-là était censé rompre la communion qui refusait aux étrangers cette marque de fraternité. Nous pouvons nousrendi'e compte des idées reçues à ce sujet, en voyant l'indignation avec laquelle S. Firmilien se plaint de ce que le pape Etienne avait défendu aux fidèles de Rome de loger les députés de S. Gyprien, après le concile sur la matière du baptême (Inter Cyprian. Epist. Lxxv) : Ut venientibus non solum pax et cornmunio^sed et tectum et hospitium negaretur.

Les évêques exerçaient surtout l'hospitalité avec une générosité qui, au dire de S. Jérôme (Epist. II Ad Nepotian,), n'était pas la moindre de leurs gloires en ces beaux temps de la charité chrétienne. Aussi recommande -t-il à Né-

potien, entre autres bonnes pratiques, de tenir toujours sa table ouverte aux pauvres et aux étrangers, assuré d'avoir ainsi, dans leur personne Jésus-Christ pour hôte. Voici l'éloge que S. Chrysostome fait de son évêque Flavien, et il ne croit pas pouvoir rien dire qui lui soit plus honond)le (SGrm.i In Gènes): « Sa maison, comme si elle lui eût été laissée pour cet usage par ses ancêtres, est toujours ouverte aux étrangers et aux voyageurs. Tous ceux qui, en quelque lieu que ce soit, souffrent des tribulations, ceux qui se réunissent pour la défense de la vérité, trouvent dans cette maison une hospitalité spontanée, ils y reçoivent si bien tout ce qu'exigent leurs besoins et leur service, qu'on ne sait si elle doit être appelée la maison de l'évêque ou celle des voyageurs, que dis-je? Elle est d'autant plus la sienne, qu'elle appartient aux étrangers; car tout ce que nous avons sera d'autant plus à nous, que ce nous sera commun avec nos frères. La meilleure manière de garder l'argent, c'est de le mettre dans la main du pauvre. »

L'hospitalité était aussi la grande vertu des moines, et la meilleure preuve de leur utilité. Car, dès l'origine de la vie cénobitique, les monastères furent bien plutôt des hospices que de simples habitations de religieux. Dans son apologie contre Rufin, voici ce qu'en dit S. Jérôme : « Dans notre monastère , l'hospitalité nous est à cœur , et tous ceux qui viennent à nous sont accueillis avec un visage brillant de joie et de charité. » On se portait au-devant des hôtes, comme si l'on eût reçu Jésus-Christ

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dans sa chair. Nous lisons au chapitre cin qaante-troisiËme de la règle da Saint-Benoit ■ que tous les hâtes qui nous surviennent soient reçus comme Jèsus-Christ lui-m#me, qui nous dira un jour : J'ai été. voyageur et vous m'avez reçu. I La réception commençait par la prière, et ensuite les hâtes étaient conduits dans le cénacle destiné à cet usage, et qui était séparé de la clâture du monastère, non loin du vestibule. Dans diaque monastère, la surveillance et le soin de la maison des hâtes et voyageurs étaient confiés à l'un des plus anciens religieux, qui était appelé maître des hâtes, magistrr hosptlam, fonction que mentionne Cassien, ainsi que la règle de Saint-Benoit. Les hâtes étant reçus, on leur lavait les meds avant le repas, usage venu des moines d'Egypte. La communauté tout entière prenait part à la joie de l'arrivée des nouveaux hûles, en rompant le jeûne en leur honneur ; et même aux aliments secs, (Eérophagiê, les seuls admis ordinairement, on ajoutait, ce jour-là, quelque meta cuit (Cassian. Collai, ii. c. 21).

Cependant, si largement qu'elle fût accordée, l'hospitalité devait être entourée de certaines précautions, car pile ne se bornait point à f admission du voyageur au foyer domestique, mais elle s'étendait aux choses saintes, et k la participation aux mystères eucharistiques. Aussi le voyageur devait-il exhiber ses lettres de communion, lettres de paix, ou lettres formées, qu'il avait dû obtenir de son évêque avant de s'éloigner de l'Église à laquelle il appartenait. Nous prions le lecteur de se reporter, pour cet objet à nos articles Lettres tcclésiastiques, et Tetsères.

BUILE8 BAIIVTES. — Dès le quatrième siècle, l'usage s'était établi de transporter de Jérusalem, pour la satisfaction de la piété des fidèles, de l'huile bénite qui brûlait jour et nuit dans les lieux saints. S. Grégoire le Grand nous apprend fL. viii. ep. 35. Àd. Leont.) que l'ex-consul Leontius lui avait fait don d'un vase de l'huile qui brûlait devant la vraie croix, oleum tanci» crucû. Il en fut de même de l'huile des lampes des tombeaux de; apâtres et des martyrs. Les papes en distribuaient aux fidèles, pour suppléer les reliques des martyrs euxmêmes, que, dans ces siècles de foi, on ne livrait qu'avec une extrême parcimonie. Du Cange {Glosiar. ad voc. OItum bentdictvm et etiam 'EXaiov), et Suicer {Thn. eccl, ad v. "Ekiam) donnent de longs détails sur la manière de bénir ces huiles, sur l'usage de les emporter absorbées par du coton dans de petites fioles, et de s'en faire des onctions à certains jours, et encore sur les nombreuses guérisons que Dten opérait par ce moyen.

Le pieux usage dont il est ici question est encore attesté par S. Grégoire de Tours {Hiat.

S — HUIL

Fr. vi[i. 15. De glor. amf. ixet j porte plusieurs guérisons opért

de l'huile du tombeau de S. Marti attribue la même efùcacité à l'hi dédié au saint évéque de Tours, lique des Saints- Paul -et- Jean à poète Fortunat et son compa^ avaient trouvé l'un et l'autre un mal d'yeux. S. Bonnet, évêque guérissait aussi les malades en le; de l'huile de la confession de S Bolland. Ad diemjan. xv).

Les papes envoyaient de ces aux souverains et aux personnag Nous en pouvons citer un illuï S. Grégoire le Grand fit don à reine des Lombards , de soiian dont le contenu avait été pris ; des martyrs les plus vénérés, t de CBS ampoules portent eneo guettes en totalité ou en partie (Mi On peut voir, en copie, ie curie de ces huiles dans l'ouvrage de délia chiesa Monzese. p. 63, tav.

simile dans les Papiri diplommati il a été tracé par la même main quettes. Il commence par ce titre Muruni marlt^m qui Romx m e scuni, et se termine par cette so personnage qui avait été chargé i qug olea sca temporibui domini ( adduxit Johonnei indignvs et pec Theodelindx regirue de Roma.

La plupart de ces petits vases ( vent au trésor de Monxa sont en v< en est qui sont en métal, ornés de offrent un grand intérêt archéolt MoMoni(rQt). tïfor. eccl. sec. vu) des plus remarquables, et nous 1

prunté celui qui figure ici. On y ^ tées l'adoration des mages et celtt

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ec cette légende : eaeon (Pour ea>aion) £rAor »ttc iti>N Anton xpicTor ToncoN. « Huile du bois de i vie des lieux saints du Christ, i D^autres ortent cette légende ou d'autres semblables : rioriA KTPiOT TcuN AncoN ToncoN. f Eulogies des ieux saints du Seigneur. > Et tous offrent les sujets relatifs aux mystères de l'Homme- Meu : la Nativité, la Résurrection, l'Ascension, e triomphe de la croix ; ce qui autorise à penser [ue ces vases sont de ceux qui primitivement iTaient été apportés de Jérusalem à Rome, )leins de Thuile des lieux saints. Marini opine BÔme que cette huile y était encore, et que es ampoules de verre contenaient seules de :elle des martyrs. Il faut dire cependant que

Topinion de l'illustre éplgraphiste semble en contradiction avec la liste rédigée par Jean, où ces fioles, comme les autres, portent des noms de martyrs. Gori {Thesaur. diptyck. t. ii. tab. vu) donne deux tablettes d'ivoire, appartenant également au trésor de la basilique de Monza, sur lesquelles il me semble difficile de méconnaître d'un côté Théodelinde avec son fils Adaload, de l'autre le roi Agilulfe. Ne peut-on pas conjecturer avec- beaucoup de probabilité que c'était un pugillaire ou diptyque dans lequel était fixé le catalogue en question?

UlMiVËS. — V. l'art. Office divin, Ap-

pend. 7.

IMAGES. — 1. — L'usïjge des images est de toute antiquité dans l'Église. La controverse i cet égard n'est guère possible que pour les trois premiers siècles ; et encore, même pour cet%e primitif, les monuments écrits et figurés viennent-ils attester cet usage avec certitude. IPottT les représentations de martyre, V. l'art. Martyre.)

Nous livrons à l'appréciation du lecteur la i[uestion tant controversée de la fameuse statue 9ui avait été érigée dans la ville de Paneas en l'honneur du Sauveur, par la femme qu'il avait ^érie du ilux de sang (Matth. ix. 20). Eusèbe [Hitt. eccl. VII. 18) rapporte le fait sérieusement, attestant avoir vu lui-même la statue ; H Sozomène (v. 21) ajoute que cette statue lyant été brisée par les païens au temps de Julien l'Apostat, les chrétiens en recueillirent ■espectueusement les débris, et les déposèrent l^s l'église. Si les images eussent été aussi sévèrement proscrites qu'on le suppose pent^t les premiers siècles, le père de l'histoire ecclésiastique, qui vivait si près de cette épo- [ue, eût-il admis si facilement la possibilité du *it? Il atteste encore dans le même endroit ju'il circulait de son temps des images de Holre-Seigneur, de S. Pierre et de S. Paul ■Xécatées en peinture, d'après une ancienne ^'fion, et Constance, fille de Constantin, l'avait prié de lui procurer celle du Sauveur.

Personne n'ignore le célèbre passage où Ter- Wlien (Depudicit. x) mentionne les images du Bon-Pasteur représentées au fond des coupes à l'usage sacré et profane des premiers chré- {iens; et plusieurs de ces verres existent aujourd'hui encore au musée du Vatican. Sévère-

Alexandre avait placé dans son laraire l'image de Jésus-Christ (Lamprid. Alex. Sev. xxix), il l'avait sans doute fait exécuter d'après un type existant chez les chrétiens. Quand les Pères des siècles suivants, tels que S. Grégoire de Nazianze (Epist. xux. Ad Olymp,)^ S. Grégoire de Nysse (0pp. t. ii. 1. 198), le pape S. Damase {Vit, Sylv,), S. Paulin de Noie (Nat. S. Felic. IX et x), S. Augustin (De consens, evang. 1. i. c. 10. n. 16), S. Jérôme {InJoan. iv), parlent des peintures et des sculptures usitées de leur temps, ils supposent toujours que cette pratique était conforme à celle de la primitive Église. S. Basile (Epist. ccclx. Ad Julian.) dit même formellement que la plupart de ces images étaient de tradition apostolique. Du temps de ce Père, il existait à Césarée de Cappadoce une image de la Vierge unie à celle du martyr Mercure, devant laquelle il aimait à prier ; et S. Jean de Damas cite ce fait en faveur de l'antiquité de l'usage et du culte Jes images (De imagin. orat. i) : Qiu>d imaginum inslitutio non nova, sed prisca siY, et apud sanctos, et eximios patres nota sit et usiiota, disce.... « Que l'institution des images soit, non pas nouvelle, mais ancienne ; qu'elle ait été connue et usitée chez les saints et les illustres pères, eu voilà la preuve... »

D'ailleurs l'histoire nous apprend positivement (V. Anastase. Bibl. passim) qu'à dater du pontificat de S. Cal liste et du règne de Sévère - Alexandre, les papes s'empressèrent à l'envi de décorer les cimetières de peintures, où se voient fréquemment la figure du Sauveur, celles de la Vierge et des apôtres. Nous devons néanmoins consigner ici une observation générale

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