ACTE
ment élevé à la {gloire [des Saints et à la gloire de PÉglise. Les limites qui nous sont imposées ne nous permettent pas de parler en détail de Pœuvre des Bollandistes ; nous nous faisons néanmoins un devoir de signaler au lecteur le bon travail de dom Pitra (Aujourd'hui cardinal), intitulé : Études sur la collection des actes des Saints par les RR. PP, jésuites Bollandistes; Paris, 1850.
III. — Les actes sincères, c'est-à-iire authentiques des martyrs, peuvent se diviser en plusieurs classes. Nous prenons pour base de cette partie de notre travail la préface de Touvrage de Ruinart.
1® On doit mettre au premier rang les actes appelés c proconsulaires > ou « présidiaux , » parce qu'ils émament des greffes mêmes des proconsuls ou des présidents quelconques, au tribunal desquels les martyrs étaient jugés sous les empereurs païens. Ces actes n'étaient autre chose que la relation authentique des interrogatoires et des procès subis par les chrétiens, selon les formes légales. Les fidèles obtenaient quelquefois la permission de les copier, le plus souvent ils ne pouvaient se les procurer qu'au prix de sommes d'argent considérables (Ruin. Préf. p. vii et xi) (V. les art. EXC£PTOR£s et NOTARu). On Comprend assez que, de tous les actes des martyrs, ceux-ci sont les plus sûrs et les plus dignes de confiance. Nous possédons encore aujourd'hui dans toute leur pureté seize ou dix-sept de ces précienx monuments de l'antiquité chrétienne ; ce sont les actes : de S. Justin l'Apologiste ; de S. Acace, évoque d'Antioche; de S. Maxime, marchand en Asie ; des SS. Pierre , Paul , André, et Ste Denyse vierge; des SS. Lucien et Marcien, de S. Cyprien, évoque de Garthage ; des SS. Claude, Astère, Néon; des Stes Domnine et Théonille; de S. Maximilien de Thébeste, en Numidie; de S. Marcel, centenier; des Stes Agape, Chionie et Irène , sœurs ; de S. Didyme et de Ste Théodore vierge ; des SS. Taraque. Probe et Andronic ; de Ste Crispine, en Afrique ; de S. Serain de Sirmich, en Pannonie ; de S. Philéas, évoque de Tliumis, en Egypte; de S. Philorome, intendant de justice; et de S. Quirinus, évoque de Sisseg.
Les chrétiens qui ont transcrit ou acheté les actes proconsulaires y ont quelquefois ajouté une petite préface , et un épilogue où la mort du Saint est rapportée. Ceci ne leur ôte rien de leur authenticité. Ces additions ont pour but de compléter le récit des actes qui , en l'état où ils étaient conservés dans les greffes publics , finissent ordinairement par la sentence du juge, et ne mentionnent pas la mort des martyrs, sauf les cas où ceux-ci expiraient dans les tourments de la question.
2"* La seconde classe d'actes auxquels on
donne le nom d' c originaux, » se compose de ceux que les martyrs rédigeaient eux-mêmes, lorsqu'ils en avaient la faculté, et où ils racontaient ce qu'ils avaient enduré pour la foi, eux et leurs compagnons (Ruin. Préf, p. xi). Les seuls actes authentiques de cette classe que nous possédions sont ceux des Stes Perpétue et Félicité, l'un des plus importants monuments en ce genre; et ceux des SS. Montan, Flavien et leurs compagnons, dont la plus grande partie est due aux martyrs eux-mêmes. Le reste, concernant la suite de leurs souffrances et la consommation de leur sacrifice, a été ajouté par les chrétiens témoins de leur mort. A ces actes, on pourrait joindre ceux de S. Ignace^ qui , dans son épltre aux Romains , raconta une partie de ce qu'il souffrit de la part des satellites dans son voyage à Rome ; et aussi ce que S. Denys d'Alexandrie a marqué de ses propres souffrances dans sa lettre à Fabiea, évoque d'Antioche. Mais ces deux derniers documents se rattachent plus naturellement i la classe suivante.
3° Elle renferme les actes qu'écrivaient, ai même temps que les greffiers, les chrétieEi présents aux audiences, ou que les témoixi mêmes de leurs combats dressaient aussit^ après la consommation de leur martyre (RuLx Préf. p. XI). Onze ou douze pièces écrites c: l'une ou de l'autre de ces deux manières soi parvenues jusqu'à nous; savoir : les actes c S. Ignace, évêque d'Antioche ; de S. Polycarjp^ évêque de Smyrne ; de S. Ptolémée et de s< compagnons ; des martyrs de Lyon, S. Pothii et ses compagnons; de S. Mitre, de Ste ApolLin» vierge, et de plusieurs autres à Alexandrie e ailleurs; de'S. Pione, prêtre de Smyrne; des SS. Jacques , Marcien et leurs compagnons; des SS. Jérémie, Isaïe, Samuel, et de plusieurs autres , dont le martyre est rapporté par Eusèbe ; de S. Théodote Thôtelier , et des sept vierges d'Ancyre ; de S. Procope , lecteur ; de S. Basile d'Ancyre, prêtre; de S. Théodoret, prêtre d'Antioche.
4« La quatrième classe renferme les actes qui ont été immédiatement tirés de ces originaux, mais en supprimant certaines formules de procédure judiciaire, fastidieuses à la lecture, et auxquels on a ajouté quelques réflexions ou agréments de style. Ou bien encore, quand on ne pouvait avoir des actes de cette nature, on y suppléait par les données de la voix publique, et par des récits de ceu* qui avaient vécu du temps des persécutions; et avec de tels matériaux on composait les actes des martyrs (Ruin. Préf. p. viii). Ceux qui écrivaient cette espèce d'actes s'appelaiea'* scribœ a memoriis. Tel était Eusignius, quii au quatrième siècle, écrivit les actes de S. Ba' silisc\is, soldat et martyr, si l'on en croit le «