INNO
stantinople était usitée généralement parmi les Grecs dès les temps de l'empereur Anastase, et peut-être depuis Théodose le jeune. Il doute môme si originairement l'indiction n'a pas commencé au 1" septembre. On assure que c'est celle dont se servaient les empereurs de Constantinople. On montre par divers endroits de l'histoire du cinquième siècle qu'on la comptait ainsi dans la Syrie, aussi bien qu'à Rome, et S. Ambroise en parle comme de l'usage ordinaire et universel. Quelques-uns n'ont commencé les indictions qu'en 3\k, ou en septembre 313. Mais on voit par divers exemples qu'il les font compter du mois de septembre 312, et la chronique pascale d'Alexandrie constitue une preuve certaine qu'elles ont été établies dès cette année-là. (V. De' Rossi. Imcr. Christ. Rom. t. I. Prokg. p. xcviii). D'autres veulent qu'elles l'aient été dès le temps de Jules César ou d'Auguste; mais c'est une assertion purement gratuite, car il est impossible de trouver aucune trace d'indiction dans les auteurs qui ont écrit antérieurement à Constantin.
Le premier document où elles soient marquées, est la date du concile d'Antioche tenu en 3^1, sous la quatorzième indiction, comme nous le lisons dans S. Athanase, si du moins le passage est de lui, le P. Petau en doute (Tillemont. ibid.). Ce doute ne peut plus exister aujourd'hui : car on a retrouvé une version syriacjue de plusieurs lettres de ce Père, qui sont toutes datées par l'indiction : or, la série de ces lettres commence à l'an 329 (V. De' Rossi. op. laud. t. i. Prolegom. p. lvii). Mais on convient que S. Ambroise parle de l'indiction dans une lettre de l'an 386, où il marque qu'elle commençait au mois de septembre. Depuis cette époque, elle est commune dans le code, où il est parlé de celle de 367, et dans les autres documents de l'histoire ecclésiastique et profane. Mais on assure que les indictions y sont assez souvent marquées d'une manière inexacte.
Onuphre cite un écrit sur les indictions d'un Ghyrius Fortunatianus, qu'il croit être 1 vêque d'Aquilée, célèbre du temps des fils de Constantin. Mais le P. Petau dit ignorer complètement cet écrit, il ne sait non plus où l'on a pris que le concile de Nicée ordonne aux évoques de marquer l'indiction dans leurs lettres. Il rejette aussi pour suspect le concile de Rome sous le pape Jules, qui porte la date de la sixième indiction. On voit que tout cela n'est pas sans confusion, même sous la plume des Onuphre, des Noris, des Petau, desquels le docte Tillemont a tiré cette doctrine.
M. De' Rossi prouve par divers documents nouvellement découverts, et notamment par les lettres de S. Athanase citées plus haut, que
c'est en Egypte que l'usage des indictions a commencé. On les voit généralement en vigueur dans cette contrée sous les règnes de Constantin et de Constance, et on n'en trouve pas de vestige ailleurs avant le miheu du cinquième siècle ; Rome n*en fournit pas d'exemple avant l'année 517, du moins dans les monuments épigraphiques.
11 est une autre question Irès-impo riante sur laquelle M. De' Rossi (P. c) jette beaucoup de lumière : c'est celle de savoir quand et dans quelles parties de l'empire on a commencé à compter les indictions du l"" janvier et du l*"" septembre : on comprend que si ce point reste obscur, il est impossible d'assigner dune manière positive l'époque des monuments datés par les indictions. On ne saurait douter, dit ce savant , que les indictions n'aient eu primitivement leur point de départ des calendes de septembre de l'an 312, en Occident, en Orient et en Egypte , la seule Afrique exceptée ; et il en est ainsi jusque vers le milieu du sixième siècle pour les monuments de toute nature.
C'est à cette dernière époque que commeocent à paraître quelques inscriptions dont il n'est guère possible de mettre la date en harmonie avec les données chronologiques les plus sûres, à moins de supposer que celte date est réglée d'après le système d'indictions commençant aux calendes de janvier.
INNOCENTS ( FÊTE DES). — V. l'art. Fétu immobiles, n. X. 4*».
INNOCENTS (massacre des). — La frisa d'un sarcophage, antérieur probablement aa cinquième siècle, et qui se trouve dans la crypte de Ste Madeleine à Saint-Maximio {Monum. de Ste Maieleine. t. i. col. 735,736), nous offre l'un des rares exemples que noas connaissions de ce sujet dans l'antiquité chrétienne. On y voit Hérode assis sur un pliant de forme antique, faisant de la main un geste impératif, et devant lui deux soldats qui, exécutant ses ordres, enlèvent chacun un enfuit. L'un des deux, qui est armé d'une épée, tieiit sa victime élevée au-dessus de sa tête, et semble se disposer à la précipiter à terre avec violence. Plus loin, se présente une femme aox cheveux épars, qui est sans doute la mère réclamant son enfant. Ce tableau remplitrun des côtés du couvercle, partagé en deux par la tablette destinée à recevoir le titulus du défont; et il est digne de remarque que l'autre partie est occupée par V Adoration de» Mages^ sujet offrant avec le premier un contraste qui n'échappe à personne, et devait sans doute, dans l'intention de l'artiste, encourager les chrétiens persécutés en leur montrant que Dieu sait d^
jouer les projets des méchants et soustraire qiii 1 lan, à peu pr&s de la même époque que le tom-
il veut à leur fureur. beau, offre le même sujet représenté presque
Un diptyque d'ivoire de la cathédrale de Mi- 1 exactement de la même manière. Voici la re-
production de cette partie du bas-relief. II se trouve encore dans la mosaïque de l'arc triom' pha] de Sainte-Marie Majeure, œuvre datant aussi du cinquième siècle (Ciamp. Vtt. mon. tab. il). Mais ici ce n'est que la premiëi scbne de cette sanglante tragédie. Les soldats envoyés par Hérpde semblent notifier les ordres qu'ils ont reçus à un grand nombre de femmes qui tiennent leurs enfants dans leurs bras. Le premier de ces soldats, qui est sans doute le chef, se retourne vers ses compagnons, et de la main leur montre leurs victimes. M. RigollotUr/ï de sculpt. au moyen âge) a publié un diptyque d'ivoire, attribué au temps de Thëodose le jeune où cet événement est sculpté. On voit que la plupart des monuments que nous avons h. citer pour l'objet qui nous occupe se rapportent à la même date, c'est-à-dire au cinquième siècle.
Eï PACE (kn ktpbnh). — De toutes les acclamations funéraires en usage chez les premiers chrétiens, celle-ci est la plus commune et en même temps la plus intéressante; elle constitue un caractère indubitable de christianisme pour tes marbres où elle se lit : aucune sépulture païenne n'en a fourni d'exempte (Lupi. Srv. epitaph. p. 76. — CavcJoni. Ragg. dêi mon. délie art. Crixt. p. 33). Cependant, les Juifs l'ont emplojéeavant les chrétiens, et plusieurs de leurs tombeaux i, Rome, distingués d'ailleurs par des attributs spéciaux tels que le chandelier & sept branches, portent la formule EN EiPHNS. (V. une dissertation de M. l'abbé Greppo sur ce sujet. Lyon. 1835.)Nous citerons & notre tour celle-ci qui, par un double caractère, rappelle le style des épitaphes chrétiennes: en eiphnh h koimrcic avthc (Oderico.Si//loge.... p. 253), c'est-â- dite i in page dormitio Eivs. Et il devait en être ainsi, car cette formule est d'origine hébraïque. Le salut ordinaire chei les Hébreux était fax vobiscvm
(Gènes, xliu. 23) ou pax tecvm (/udic. vi. 23), et il ne s'est jamais perdu dans les langues sémitiques(Secchi. S. Sabiniano. p. 37). Personne n'ignore que notre Sauveur saluait ainsi : pax voBis (Joan. xx. 19. 26); et il prît soin d'expliquer k ses disciples que, dans sa bouche, cette salutation avait une sincérité et une efficacité que le monde ne pouvait lui donner (Joan. xiv. 27). Des textes ëvangéliques, celte formule de salutation passa dans l'usage de la liturgie chrétienne, et bientôt dans les inscriptions funéraires ; c'est là que nous avons à l'étudier. Sa signification varie suivant certaines circonstances que nous devons signaler, et qui en font tantôt une prière pour les morts, tantôt une affirmation ou acclamation de leurfélicité, tantôt enfin un témoignage de l'orthodoxie de leur foi.
l" Nous croyons que le plus ordinairement elle est employée dans le premier sens. C'est un salut ou souhait de bonheur des vivants à l'égard des morts , tel qu'il s'est conservé dans l'office de l'Église : reoviescant m pace. Ceci est surtout évident quand il se trouve dans l'épitaphe un nom de défunt au vocatif ; vbse ih PAGE (Lupi. Sev. epit. p. 56), — victobi in