‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 123 sur 266 · I. 521). « Tu es dans la paix · texte numérisé non relu

I. 521). « Tu es dans la paix

nous ,' toi qui jouis déjà du bon-

Bs inscriptions sont évidemment inspi- )s mots du canon de la messe : Qui '^serunt in somno pacis. — in page

, — QVAE NOS PRAEGESSERVNT IN SOMNO

Le Blant. Inscr. chrét. de la Gaule, i. PRAGESsrr AD PAGEM, inscriptiou de De' Rossi. i. p. 155. n. 354).

annule qui nous occupe est souvent rnage de l'orthodoxie du défunt ; elle 'il a vécu ou au moins qu'il est mort iz,soit dans laconmiunionde l'Église, ord une inscription qui nous semble r aucun doute à ce égard : hig. rein. PAGE. FEDE. GVSTITVTVS {Constitu- IVS. QVI. VIXIT. ANNVS. PL. .MS. XXV

fus. Veron. p. 359). Ce qui signifie [ilarus, d'abord étranger à la vraie qu'à la paix qui en est le résultat dès acquit l'une et l'autre en embrassant union catholique. Peut-être peut-on iT de cette formule celle-ci : in page rB(Boldetti. 417), et, mieux encore, la qui présente explicitement l'acquisii paix comme le résultat de la foi en

un seul Dieu : ....qvi in vnv dev credbdit m PAGE (Sic) (Id. p. 456).

Mais l'épitaphe d'Herilas (Fabretti. 757) est conçue en termes plus clairs encore ; il y est dit, en effet, « qu'il mourut dans la paix de VEglise catholique, « decessit in page fidei GATHOLiCAE. Cet Hérilas appartenait à la nation des Goths, infectée en grande partie, comme on sait, de Thérésie arienne : c'est ce qui explique la précaution qu'on a prise de constater sur son tombeau qu'il était mort catholique, précaution inconnue jusqu'à ces temps malheureux; car, à Rome, l'éloge contenu dans ces paroles : vixit in page, est extrêmement rare, si rare que, sur plus de onze mille inscriptions chrétiennes recueillies sur le territoire romain, M. le chevalier De' Rossi ne l'a rencontré que onze fois, une fois sur mille (De lit. Carthag. p. 15); encore ce savant regardet-il comme fort vraisemblable que ces onze tituli n'appartiennent pas à des fidèles de l'Église romaine, mais bien à quelques-uns de ces innombrables chrétiens qui affluaient aux tombeaux des apôtres de toutes les contrées de l'univers, et qui y étaient quelquefois surpris par la mort, comme cela arriva au parent d'un Leucadius de Pavie, dont le corps fut, par les soins de ce dernier, déposé au cimetière de Priscille : deprensvs in logo peregre. (V. Gavedoni. Cimit. Chius. p. 36.) D'après ce système, les inscriptions suivantes devraient être attribuées à des étrangers : degessit in page DOMiNi — viTA (Pour vitam) reddit in page domini (Boldetti. 419). Une autre épitaphe atteste qu'un chrétien nommé gallisivs a élevé un tombeau à son fils ivlivs, qui était « mort dans lapaix^ » où probablement il n'avait pas vécu : in page morienti (Id. 432). L'inscription suivante nous semble cependant s'opposer à ce que cette judicieuse observation s'applique ab^ solument à tous les cas : in page depvngtvs

VEREGVNDVSNATVS IN VRBE ROMA (Boldctti. 404).

« Mort en paix Verecundus né dans la ville de Rome. »

Mais enfin à Rome l'hérésie étant une bien rare exception, il est évident qu'on ne devait guère s'y préoccuper du soin de constater l'orthodoxie sur les tombeaux. Il en était tout autrement dans les pays envahis par l'hérésie. Plus la vraie foi y était rare, plus l'acclamation VIXIT IN PAGE devait y être vulgaire , parce que les catholiques devaient tenir essentiellement à ce que leur tombeau ne pût être confondu avec ceux des hétérodoxes. Ainsi en est-il pour l'Afrique qui, dès le début du quatrième siècle, fut déchirée par le schisme des donatistes, et bientôt après par l'hérésie arienne que les Vandales y avaient apportée. Et en effet, sur seize épitaphes de Carthage, données par D. Pitra dans son Spicilégê (T. iv)

IN PA

IN PA

et expliquées par M. De' Rossi {Ibid. in fin.), douze font lire la formule vixit in page ; et dans le très- petit nombre de marbres africains connus auparavant, il s'en trouve déjà quatre qui la portent en toutes lettres, en latin ou en grec, et huit où la même acclamation se présente avec de légères modifications : in page vixit, par eiemple (Léon Renier. Rev. arch. xi. kk2).

Le VIXIT IN PAGE se rencontre aussi fréquemment à Lyon (De Boissieu. Imcr. ant. de Lyon, p. 599), à Viviers (Le Blant. Annal, de pkil. chrét. t. XVIII. p. 240. 4« série), et en général dans presque toutes les villes ou provinces de notre Gaule qui au cinquième ou au sixième siècle furent infectées de l'hérésie arienne. Et cette espèce de cachet d'orthodoxie était encore plus important quand il s'agissait d'un prêtre, dont la foi doit surtout être à l'abri de tout soupçon. Ainsi trouvonsnous sur la tombe du prêtre Romanus de Lyon (De Boissieu. p. 580), avec l'acclamation bonae MEMOHiAE, attestant que sa mémoire est sans tache, la formule plus explicite encore vixit in PAGE, qui témoigne à la postérité qu'il vécut dans la paix de l'Église. (V. l'art. Prêtre.) On trouve à Viviers cette formule un peu difl'érente : vitam dvxit in page (Le Blant. ibid, et p. 8 du tiré à part), et à Briord : obiet (Sic) in PAGE (Id. Réponse à une lettre de 1680. p. 19).

La formule kequiescit in somno pagis est caractéristique de l'épigraphie chrétienne du Piémont. 11 n'est presque pas d'inscription dans le recueil de l'abbé Gazzera qui ne commence par ces mots, ou par ceux-ci, quoique plus rarement : REQViESGiT IN PAGE \^P. 29. seq.).

C'est aussi comme une formule d'apothéose chrétienne que doit s'interpréter la légende AVGVSTA IN PAGE qui se lit sur une médaille de l'impératrice. Salonine, et de laquelle M. de Witte, dans un savant mémoire, a conclu au christianisme de cette princesse {Mémoire sur ^impératrice Salonine. Bruxelles. 1852).

Cette légende constitue un fait unique dans la numismatique romaine impériale.

Plusieurs textes de S. Cyprien semblent autoriser à entendre quelquefois la formule in PAGE comme dénotant spécialement une mort précédée de la réception des derniers sacrements de l'Église. En effet, s'élevant contre une excessive coufîance qui portait quelques chrétiens à marcher au martyre sans se préoccuper de cette suprême réconciliation avec Dieu par les sacrements, ce Père affirme qu'on doit leur donner la paix avant le combat : Pax ilanda est omnibus militaturis, 11 emploie souvent le mot pax dans le même sens {Epist. liv).

Ceci pourrait peut-être s'appliquer à la plupart des inscriptions avec la formule degessit IN PAGE ou autres semblables que nous avons citées précédemment. Le même sens doit, pro-

bablement, et à plus forte raison, être attribué à une très-curieuse inscription que donw Passionei ,P. 118. n. 43) et où il est dit que L défunte Ermogenia a été déposée « inagape,\ c'est-à-dire in charitate^ dans la charité oble nue ou recouvrée par les sacrements de la ré conciliation : xiii . gal . april || dp. || ermoge nia II IN AGAPE. Nous ne connaissons pas d'autr exemple de cette intéressante formule.

4® D'après plusieurs interprètes, Bottari Muratori, et en dernier lieu M. De' Ros {De monum. ixerN exhibent, p. 17), il existe rait, quant au sens, une parfaite identité entr Tacclamation in page et la figure de la colomb portant à son bec un rameau d'olivier. L'une ej la traduction figurée de l'autre, et souvent 1 formule et le symbole se trouvent réunis su le môme marbre. ^\. Boldetti. 372. Ad. S. ^ 85. 98. 108. 126, etc.) Une mosaïque du Vatica fait lire une inscription qui vient à l'appui d celte opinion : c'est le mot pax accompagnai la colombe avec la branche d'olivier (Marini Arv. p. 266;. Il en est exactement de mêm sur un marbre portant cette épitaphe : gensak PAX ISPIRITO Tvo {Sic) i^Boldetti. 418). Mgrd Falloux possède dans sa chapelle domestique ; Rome une inscription où le nom du défunt et l formule in page sont inscrits dans une colomb représentée à mi-corps : maxen || ti in page la colombe n'a pas le rameau de l'olivier. L colombe n'exprime pas la paix par elle-même mais Pâme du défunt; c'est à l'olivier qu'es attachée l'idée de paix (Augustin. De doctrin Christ. II. 17) ; un marbre du musée du Latrai ;;De' Rossi Bullett. 1864. p. 11) fait lirelafor mule IN PAGE dans une couronne d'ohvier;ei par leur ensemble, la colombe et la brancht d'olivier équivalent à cette formule connue: spiRiTVs IN PAGE (Mariui. Papiri diphm. 2W)i

— BESSVLA SPIRITVS TWS IN PAGE ( Boldelti

420). Que si le poisson vient encore s'y joindre il faudra interpréter le tout par cette acclamation plus complète : spiritvs in pack et d CHHISTO (Boldetti. 318). On voit quelquefois ui olivier sculpté sur une des faces latérales di tombeau de Lazare (Bottari. xlix). C'est satt doute un symbole de paix, une traductioi figurée de notre formule.

La formule in page se trouve quelquefoii figurée par un monogramme composé des leV très RI, ou en grec IRE, irknb.

50 Bien que l'acclamation qui fait l'objet d( cet article soit presque toujours relative à Ij paix de l'âme, il n'est pas douteux qu'elle n'ai été quelquefois employée pour exprimer l repos du corps par le respect de sa sépulture 11 n'est pas trop possible de donner un autt sens à l'acclamation qui termine l'épi taphe d Karitus (Ap. Aringhi. t. i. p. 610):ossat% BENE REQViESCANT ; nou plus qu'k celle-ci qp

msc

INSC

îcore plus directement à notre sujet

i. p. 401) : LOCVS HIC ET IN FVTVRO IN

muaria s'est préparé à elle-même ce r que son corps y repose en paix, nonnt quelque temps, mais toujours. Nous 'anger dans la môme classe une épit Trêves, dont nous ne citons que les i ont rapport à la question qui nous

... POSVIT TITVLVM HIC IN PAGE QUIES-

Blant. I. p. 344); et mieux* encore de la môme provenance (Id. p. 330) :

;T II lAE IN FACE jj HOSPITA C || AHO lACET.

ose en paix, par une hospitalité passaspita), la chait d'Amantia.

écautions étaient le résultat du respect chrétiens ont toujours professé pour rps qui, de leur vivant, avaient été le e TEsprit-Saint, et qui, pour Ta venir, éservés à une glorieuse résurrection.

s anathèmes contre les violateurs des es chrétiennes, dont nous ajoutons ici iple à ceux que nous avons donnés à Analhéme (V. Muratori. p. 1923. ii) :

Page 1