SES ^ VI ^ GRAS < V < BEV
MERENTI ^ IN FACE
Parmi les rares tituli de la Ga tent des signes de ponctuation, n< marqué celui-ci K (Le Blant. pi.
ailleurs (228) Vv ou ^ , qui se trou les inscriptions romaines, avec qi fication -b^" (De' Rossi. i. 102), autre chose que Ta de l'écriture { sive. Ailleurs, c'est un simple po forme triangulaire (De' Rossi. i.
— Le Blant. n. 231 passim), etc.
Nous pourrions pousser beauc< cette énumération, mais elle risq venir puérile, car, à part le sign forme d'un cœur ou d'une feuilh sez fréquent pour qu'on doive si constitue un système arrêté de tout le reste n'est, pensons-nous, fantaisie chez les lapicides.
Nous devons cependant rappo minant, une inscription du cime liste (Boldetti. 341), où la ponctua' quée par le monogramme du Ghr
lAIfVARIA ^ ne PACB QTAB
viHT ^ ANKOS xvm, etc.
et une autre (P. 349) dont tous 1< séparés par des croix, indépem points :
m. -f KAL, -f MAR. -h FOR TVHVLA. + OVB. -f BIXIT + AlCI. H- L. + ET. -h MBS +
Si Ton pouvait s'en rapporter l'exactitude de Boldetti, on de>Tî dernière à une époque un peu bas à la forme des croix qui s'éloigne la simplicité de ce signe sacré à apparition sur nos monuments. Oli
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iHsaur. p. 66) a publié une épitaphe grecque dont tous les mots sont séparés par le monogramme du Christ ; mais le monument parait suspecta M. De' Rossi.
IV. — De Vorthographe des inscriptions chrétiennes. C'est surtout dans la classe des épitaphes ou inscriptions funéraires des premiers chrétiens que s'observent des caractères dénotant la corruption de l'orthographe. On aurait tort néanmoins de tirer de ces défectuosités grammaticales des conclusions défavorables à Tantiquité de ces monuments, car dans les premiers siècles de notre foi, la plupart des fidèles, sortis des conditions infimes de la société, se préoccupaient bien plus de la pureté des mœurs que de celle du langage.
Commençons donc par parler de l'orthographe lapidaire en général. D'après les auteurs qui ont traité cette matière, et en particulier Goltzius , Fabretti , Boldetti , la différence qui existe entre l'orthographe lapidaire et celle du discours ordinaire, vient de ce que les Romains, dans les inscriptions, se sont conformés à la prononciation ; car nous savons par Cicéron et Aulu-Gelle que la prononciation différait de l'écriture. Une raison qui n'est pas non plus sans valeur, c'est que, dans ce genre de composition, on s'étudiait à imiter le style et l'orthographe antiques, plutôt que de se régler sur la prononciation moderne, bien qu'elle fût plus correcte, et sur l'orthographe du discours écrit. Et la source de cette coutume provenait probablement de ce que, au temps de Cicéron, les hommes cultivés avaient déjà abandonné l'ancienne prononciation pour la laisser aux gens du peuple. Ainsi, sur les marbres môme publics, écrits à la meilleure époque de la langue des Romains, la lettre e est souvent employée pour i. C'est pour cela qu'on rencontre souvent sur les marbres des mots sentant le barbarisme, et qu'on a pu regarder comme le résultat de l'ignorance des lapicides ; de telle sorte que ceux quinesontpas initiés à cette vieille orthographe ««trompent souvent dans l'interprétation des inscriptions et dans la détermination de leur âge.
Nous trouvons, dans Goltzius {Thesaur, Ro- ^^on.mtiq.) et dans Fabretti, les principaux chefs de cette orthographe lapidaire. Nous allons en reproduire quelques-uns qui, étant communs aux inscriptions chrétiennes et aux^ gaines, ouvriront l'intelligence des premières à ceux qui aspirent à se former à l'étude de Tantiquité ecclésiastique. Nous omettrons tout ce qui est encore en question, aussi bien que ce qui ne revient pas directement à notre sujet; car on ne doit pas oublier que nous "Wtt adressons aux commençants ; les hommes expérimentés n'ont pas besoin de notre aide.
^' — !♦» La diphtongue ae est le plus sou-
vent écrite AI sur les anciens marbres : aire
pour AERE, — AETERNAI pOUr AETERNAE, — BO-
NAi pour BONAE, etc.
CONSTANTIAB FIUAI CARISSIlf AS QUAI
vixiT (Passionei. p. 16. n. 30.)
2^' Le génitif féminin des noms de la première déclinaison se termine quelquefois en
AES : FAVSTINAES pOUr FAVSTINAE, — PRISCAES
pour PRiscAE, etc.
3® On trouve, à la place de I'e initial d'un mot, la diphthongue ae : aego pour ego, etc.
4° AD pour AT : adqve pour atqve, etc.
B. — Rien n'est plus fréquent que la substitution du B au V, et réciproquement, non-seulement sur les marbres, mais aussi sur les monnaies dont les légendes étaient cependant gravées avec beaucoup de soin. Ainsi : albei pour ALVEi, — siBE pour sive, — IVBENIS pour IWENIS (De' Rossi. i. 107. n. 207), — serbvs pour servvs, — bibvs et bibas pour viws et viVAS, — bobis pour vobis, etc. Le v pour le
B : PLACAVILE pOUr PLACABILE, — VASE pOUr BASE, — VENEMERENTI pOUr BENEMERENTI, — INCOMPARAVILESpOUr INCOMPARABILES(De' RoSSi.
l'oc. laud.).--- Ces substitutions sont surtout fréquentes avant le quatrième siècle.
C. — Dans quelques noms propres, cette lettre est assez souvent employée pour o :
GALBA pour GALBA, — CALLVS pOUr OALLVS, — »
REFRiGERivs pour uEFRiGERivs (Boldetti. 346). Quelquefois le c est mis pour le o : cinqve an- Nis (Fabretti. p. 424. n. 383), et réciproquement : QVRAM pour GVRAM. D'autrefois il est redondant : ivncxit, — viGxrr, etc.
D. — 11 est mis quelquefois pour le t ; qvo- DANNis pour QvoTANNis, et réciproquement SET poursED,— QvmQViTpourQviDQViD(/nscr. dMns.
Le Blant. i. 31), etc. Ailleurs, bien que rarement, il est remplacé par un c renversé o, Goltzius et Muratori en fournissent quelques exemples; mais peut-être cette substitution apparente n'est-elle que l'effet de la négligence du graveur qui aura oublié la ligne verticale du D.
E. — Rien n'est plus fréquent que l'emploi de cette lettre pour l'i : cives pour «vis, —
SOLEDAS pour SOLIDAS, — DOLEA pOUr DOLLA, — ' GENETRIX pour GENITRIX, — MERETO pOUr ME-
RiTO, etc. C'est surtout dans les inscriptions chrétiennes que cette conversion se présente souvent. On peut voir, dans Fabretti, cvbecv-
LARIA pour CVBICVLARIA, — ANIMA DVLCES pOUr
ANIMA DVLCis (De' Rossi. I. n. 370), — in somno PAGES pour pACis, — OBIET pour oBiiT (De Boissieu. 581), — FVETpour fvit, — arovtissemvs pour ARGVTissiMVS (Le Blant. i. 42), — in xpi NOMENE pour NOMiNE (Id. 66). On trouve souvent dans les inscriptions de la Gaule tetolvm
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ou TETVLVM pouF TiTVLVM (Le Blant. I. pp. 340- 342). C^est encore ici une note de haute antiquité; car Vairon {De re rust. i. 3) dit que les prêtres de son temps, chez lesquels l'ancienne prononciation s'était conservée, disaient veam pour VI AM, — VELLAM pour viLLAM. Nous voyous aussi la diphtongue ei prendre sur les marbres la place de Vi : eidvs pour idvs, — leibertas pour LiBERTAS, etc.
F. — On lit souvent sur les marbres romains la lettre f pour ph : dafne pour daphne, —
TRIVMFATOR pOUr TRIV'MPHATOR , et daUS IcS
inscriptions chrétiennes neofitvs pour neo- PHiTVs, etc. La lettre f, mais renversée, remplace quelquefois le v: vium pour viivir, — AMPLUJiT pour AMPLiAvrr, - mal pour divi, etc.
H. — Cette lettre, tantôt abonde, et tantôt manque, même sur les pierres du meilleur goût et de la plus certaine antiquité. Ainsi nous trouvons ères pour hères, et par contre hegit pour EGiT, — HAVE pour ave; il en est quelquefois de même dans les noms propres : hoc- TAVU (Boldetti. p. 287). Parfois, là où manque le H devant un v voyelle, celui-ci (v) prend la nature du v consonne, comme dans une inscription du recueil de Gori (P. 119), où nous lisons vivs pour hvivs.
L — Nous avons dit que Te est quelquefois remplacé par Ti; de même on rencontre assez souvent l'i pour Te sur les marbres de la plus ancienne époque : cavias pour caveas, — ni pour ne, — PONTiFix pour pontifex. On trouve souvent sur les marbres, sur ceux de la Gaule en particulier, reqviiscit pour reqviescit (Le Blant. I. 37-67 et passim). L'épitaphe de S. Eusèbe à Verceil (Gazzera p. 91), monument du quatrième siècle fait lire exponins pour exfo- NENS, et iGNi pour IGNE. Souvent aussi on lit Vi redoublé à la place de I'e. Ainsi, dans Fabretti (P. 397. n. 279), primigiinio-biiniimiiriinti pour primigenio-benemerenti. Ce sa\ ant pense que ce sont les quadratarii grecs qui introduisirent cette orthographe dans les marbres romains, à raison de la ressemblance de Th grec avec le double i: u. Il en donne pour preuve que les mêmes monuments où le double I est employé pour I'e font lire aussi ordinairement le A grec pour l latin.
A .une époque plus récente, les graveurs ajoutent par euphonie un i en tête des mots qui commencent par une double consonne : isPiRiTvs ''Reines, cl. xx. n. 328), — iscribonivs (Boldetti. 407), — istefanvs (Buonarruoti. Veiri 112). Nous lisons même dans Lupi une épitaphe où Vi est ajouté à un mot commençant par une simple consonne : imaritata pour ma- RiTATA (Marangoni. Act, S, Vict. p. 100).
K. L. M. — Nous n'avons pas d'observations spéciales à faire sur ces trois lettres, si ce n'est que le k est souvent remplacé par le c et ré-
ciproquement, et que le L est parfois écrit en grec A, comme on a vu plus haut.
N. 0. P. Q. — La lettre v est quelquefois retranchée dans certains mots où elle doit être: corvx pour confvx, — cresces pour CREScm
MESES pour MENSES, CtC., etC. .
La lettre o usurpe de temps entempslaplact
de IV : DEDERONT pour DEDERVNT, — SONT poDi
SVNT, — triomphvs pour TRiVMPHVs, etc De même le p est souvent mis pourB.AP
sens pour ABSENS, — PLEPS pOUr PLEBS.
Le Q se voit employé pour le c: PEQVNupou
PECVNIA, — QVOSQVOMQVE pOUr Q VOSCVMQDB, -
Qvoi pour cvi, ou Qvi , — Qvoivs pour c?m Mabillon observe encore que cette lettrées quelquefois mise sur les marbres comme sigo de ponctuation, ou comme ornement entre k lettres composant un même mot : pvdenqtiaw nom écrit sur la porte de l'église de Sainte-Pu dentienne à Rome, et où le q est superflu.
R. S. T. — - Rien de particulier à noter sa la première de ces lettres.
La lettre s est souvent redondante : Avxsum
— vxsoR, comme encore à la fin de certiii mots; coNiVNXs, — felixs, etc. Cette lettre i trouve souvent réduite à la forme du r grec si les marbres chrétiens ; Reinesius, Lupi, etc en citent d'innombrables exemples : rsprnfr ERACLivr Qvi vixiT ANNir.. . (Lupi. p. 54), à part du troisième siècle, le sigma grec x prend forme dite lunaire c :
EnATCATO zooMoc (Lupl. Sev. efntaph, p. lOS Requiescit Zozimm.
Enfin la lettre t se substitue assez souve au D : ATFiNES pour adfines, — AT-iT po AD-iD, etc.
V, Y, OY. — Nous avons déjà vu que le prend souvent la place du b. — Il se substit quelquefois aussi à Ti: — avrvfex pour avi FEx; et encore à la lettre o: ocx\'BRispouro tobris (Le Blant. t6.), — svboles pour sobou
— NEGVCIATOR pour NEGOCiATOR (De Boissic 593) ; SACERDVs, dans l'épitaphe de S. Rustici évêque de Lyon (Id. 569) ; et enfin à la lettre
ILLVRICVM pour ILLYRICVM, — SVRIApOUrSYW
— svMMACvs pour SYMMACVs (Dc^ Rossi.
p. 172); et ceci n'est pas particulier au stj lapidaire. Un marbre d'une haute antiqu dans Lupi porte svnerotem pour syneroii
Nous remarquons que les marbres chi tiens montrent quelquefois la lettre v sous forme ronde u. Mais dans le (t/u/us que rappo Lupi , et qui semble postérieur au quatriè siècle, l'u ne parait que dans les sigles nuD riques, ce qui donne à penser que le çuodffl rius l'a ainsi formé, afin de mettre une di) rence entre les éléments des mots et ceux nombres (V. Pelliccia. m. 153); car dans lamé inscription le v a toujours sa forme ordinî quand il entre dans la composition des mots
rose
rose
iUre T parait aussi sur les marbres à la
U V: STARIVM FORVM pour SVARIVM. On
re môme que cette orthographe avait !nt prévalu que les graveurs Pobserpresque toujours au commencement des insi lisons-nous sur un marbre du cime- Blasilla (Cf. Pelliccia. vol. laud. p. 153):
AGATORI m P QVI YIXIT ANN
m pace qui vixit annos, etc.
[ les anciens, les chrétiens surtout, emint la diphtongue ot dans les inscriptines, écrites en caractères grecs, genre ptions dont nous parlerons bientôt :
pour AVNA , — NOBEIMBREIBOYÇ pOUr
iRiBvs, novembribus, résumer ce qui précède, nous devons )server : 1 • que la différence qui existe ^orthographe lapidaire et celle du disommun, ne doit pas être attribuée à Tice où à l'impéritie des graveurs; 2® que rthographe ne prouve rien contre l'andes marbres. Nous ne voulons pas mère néanmoins la part qui doit être faite gligence et à Tinhabileté des ouvriers es défectuosités, principalement en ce iceme Pabréviation des diphthongues et ression de lettres nécessaires.
• Des inscriptions latines écrites en caracecs, et des épitaphes latino- grecques. La le d'écrire des inscriptions de différents en lettres grecques était déjà reçue s anciens Romains : c'est ce dont on issurer en jetant un coup d'œil sur les s de Reinesius (Class. xx. n. 110-118.
de Doni (Class. ii. n. 158. p. 103). Les ns adoptèrent cet usage. Quelle en est e? c'est ce qu'il serait difficile de dire î. Était-ce manie de gréciser, comme ms est venue la manie d'anglicaniser?
n faut- il adopter l'interprétation de îs savants qui supposent qu'on voulait iiquer l'origine grecque du défunt ? débuts, l'Eglise de Rome se composa ide partie de Grecs, de Juifs et d'Orienui tous parlaient la langue grecque, les chrétiens de Rome que S. Paul dans ses Épltres aux Romains (xvi. 7.
23), aux Colossiens (v. 10. 12), à Timo- . 21. 23), il s'en trouve vingt-trois qui des noms grecs.
qu'il en soit, nous allons rapporter Js exemples de cette espèce d'inscrip- )ans Boldetti (Cf. Pellic. p. 154), du citde Priscille :
BAAE. PIA BIKTCOPIA ♦HKI «EIAEIE COTAI BEITAAEHNH
ce qui revient à : Valeria Victoria feci (pour fecit) filis sus VitaliansB. En voici une du même genre reproduite par le P. Lupi (Sev. p. 61) ; elle est du musée Kircher :
BENE[JLEPEini «UIE eEOACOPE KTE BI^T
(AHar. XI AiHC XVII
Benemerenti filiw Théodore qua vixit mesis (Pour mêmes) xi. dies xvii. Quelquefois, des lettres grecques sont entremêlées aux latines, comme dans cette épitaphe du cimetière de Cyriaque (Boldetti. 343) :
AAEZANAPO BENB MEPENTI m DACZ.
Mais comme, chez les Romains, on en vint à mêler dans la conversation des mots grecs aux latins pour se donner l'air' de cultiver la langue des Hellènes, cette affectation gagna jusqu'aux femmes, et les poètes satiriques du temps, Juvénal surtout et Martial, ne se firent pas faute d'exercer contre un tel ridicule leur verve acérée. (V. Martial. 1. x. epigr. 68.) Or, cette promiscuité ne tarda pas à s'introduire dans le stjle lapidaire lui-môme. Vous trouverez en plusieurs endroits de Fabretti, de Boldetti, de Lupi, des marbres où l'acclamation IN PAGE est écrite en grec au bas d'une épitaphe latine : en kiphnh. M. De' Rossi transcrit (/n«cr. christ, t. I. p. 122) une inscription grecque de la fin du quatrième siècle, en tête de laquelle les années, les mois et les jours de la vie du défunt , ainsi que les noms des consub , sont en latin. Le titulus suivant est au musée Kircher :
IVLIÀE SEVEPAE KTPI....
ATABH, etc.
où l'on voit Julia Severa appelée, dans une épitaphe latine, des qualifications grecques ktpu ArAeu, domina bona. En voici une qui est toute grecque iLupi. p. 64), à l'exception du mot PAGE qui est latin, mais écrit en caractères grecs :
KVPIAKHTH TATTATH (pOUr FAnCrTATH) KATAeECEIC EN CAKE.
Ailleurs on lit même (Boldetti. (lOO) :
m OAKE.
On peut voir dans le môme auteur d'autres monuments du môme genre, et de plus des inscriptions romaines écrites avec les notes numérales des Grecs.
Rien n'égale la bizarrerie d'une épitaphe donnée par M. Perret (v. pi. x. n. 23) : ♦aeacr-FtfCïï, biktupu- Ftc/oria, deux mots latins écrits en grec; le reste en grec : autpo^cu AcrrKPiTw, Nutritori Asyncrito, . . .
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Il est très-remarquable que l'usage de mélanger ainsi les lettres grecques avec les latines a persisté jusqu'au onzième siècle. Voici, en effet, une inscription qui se lit sur les portes de bronze de Saint-Paul hors des murs, portes qui ne remontent pas plus haut que cette date :
nANTA LEON STRA TVS VEMIAM HlHI POG CO REATVS.
A Tavant-dernière ligne, la lettre initiale du mot Rooo (pocco), à moins qu'on ne lise posco, est grecque, de môme que celle du nom pan- TALEON, n au lieu de p. Ici la confusion fut sans doute le fait de l'ouvrier, qui était Grec : car on sait que ces portes furent faites à Constantinople l'an mlxx.
Peut-être sommes-nous en droit de conclure de ceci que toutes les inscriptions de cette nature appartenant à l'antiquité sont dues, elles aussi, à des quadratarii grecs.
VI. — J)e la phraséologie lapidaire commune aux chrétiens et aux païens. La religion chrétienne ne répudiait que l'idolâtrie ; aussi nos pères ne craignirent jamais de suivre les traces des anciens en tout ce. qui ne présentait rien d'essentiellement profane, ni de directement incompatible avec leur foi. Ils adoptèrent notamment sans scrupule la phraséologie des inscriptions païennes dans toutes ses formules •inoffensives, souvent môme dans ses formules idolâtriques, pourvu qu'elles fussent susceptibles, par un côté quelconque, de se plier à un sens chrétien.
Avant donc de définir les caractères qui distinguent d'une manière bien tranchée nos monuments épigraphiques de ceux des anciens, nous devons d'abord dire un mot de ceux qui sont communs aux uns et aux autres.
Cet examen devrait se porter en premier lieu sur les sigles exprimant, dans les monuments funéraires, l'invocation aux dieux mânes : D. M., ou en grec : K. 0. Mais nous avons traité cette intéressante question dans un article à part (D. M.), auquel nous prions le lecteur de se reporter. De môme pour les mots Locvs et LOCA, indifféremment adoptés dans les deux cultes pour désigner le tombeau. (V. l'art. LocuLus.)
lo Les chrétiens, comme les idolâtres, eurent la coutume de marquer sur leurs épitaphes les jours de la mort et ceux de la vie du défunt. Plusieurs antiquaires, entre autres Mabillon, Fabrettiet surtout Fontanini, ont avancé à tort que la mention des calendes et desnones était un caractère exclusivement propre aux chrétiens; le P. Lupi a eu raison de rejeter
cette opinion. Mais celui-ci parait se tromper à son tour en invoquant en faveur de sa thèse quelques épitaphes du recueil de Gniter, où les calendes et les nones marquent, non pas le jour de la mort, mais bien celui de la dédicace du tombeau. (V. Pelliccia. m. p. 205.) 11 ne nous est néanmoins pas possible de douter, en présence de plusieurs tituli empruntés à Gruter par Lupi lui-môme (Grut. p. DLXxvm. 1.- Dxcix. 9), que les païens n'aient été dans l'usage de noter, comme les chrétiens le firent plus tard, le jour de la mort par les calendes, les nones et les ides.
Outre le jour de la mort, les anciens notaient aussi celui de la sépulture (Fabretti. lib. u) :