ACTE
ADAM
mêmes actes (Lam. De erudit, apost, p. 468). Le recueil de Ruinart contient environ vingt- cinq monuments de cette espèce, entre lesquels on compte les actes de Ste Symphorose et de ses sept enfants ; de Ste Félicité et de ses sept enfants ; des martyrs Scillitains ; de S. Saturnin, premier évéque de Toulouse ; de S. Fructueux, évêque de Tarragone, et de ses compagnons ; de S. Genès, comédien à Rome.
5» Dom Ruinart enregistre encore une autre espèce d'actes , qui n'ont été ni tirés des greffes publics, ni composés de quelqu'une des manières que nous venons de dire. Ce sont ceax qui se trouvent dans les ouvrages des auteurs ecclésiastiques, homélies, panégyriques, hymnes, composés depuis la paix de l'Église, et où écrivains , orateurs ou poètes ont consigné ce qu'ils en savaient, pour l'avoir appris par une tradition constante et sûre, ou par des mémoires exacts existant de leur temps (Ruin. ibid.) La plus grande partie des actes réunis par le savant bénédictin doivent être rangés dans cette dernière classe, c'est-à-dire cinquante-deux sur un peu plus de cent. On y place le martyre de S. Jacques, évéque de Jérusalem; celui de S. Siméon, évoque de la même ville ; ceux des SS. Épipode et Alexandre à Lyon ; de S. Symphorien d'Autun ; de S. Apollonius, sénateur romain; de S. Léonide, père d'Origène ; de S. Hippolyte, prêtre romain, etc.
Dans la plupart des actes de toute classe se trouvent parsemés des faits, des expressions, des erreurs, touchant les temps, les lieux, et les personnes , qui ont partagé les savants sur les rangs respectifs qu'on doit leur assigner. Mais ces taches, peu importantes, ne portant en général que sur les accessoires, provenant de la négligence ou de l'inhabileté des copistes, n'empêchent point que les actes où elles se renurqnent ne soient sincères. Dans l'estime de dom Ruinart lui-même , tous ses monuments n'ont pas une égale autorité; mais ils en ont assez pour que tous puissent être estimés sincères et véritables, à quelque classe qu'ils appartiennent .
IV. — Les actes sincères des martyrs sont ^tés au nombre des lieux théologiques ; et non sans raison,dit le P. Perrone (De loc. theoL Pirsn. sect. 2. S 3) ; car ils nous fournissent les plus sûrs documents de la tradition dogmatique sur beaucoup d'articles de foi qui sont aujourd'hui remis en question par les novateurs. Kd effet , PÉcriture elle-même nous enseigne lue les réponses des martyrs aux questions ^ leur étaient adressées par les tyrans au ^unal desquels ils étaient traduits, doivent ^ regardées comme des oracles de l'Esprit- Sïint (Marc. xii. 11) : • Quand ils vous em- "ïèneront pour être livrés, dit le Sauveur, "«penser pas d'avance à ce que vous aver à
dire ; mais dites ce qui vous sera donné à l'heure même. Car ce n'est pas vous qui parlez, mais le Saint-Esprit. » Ajoutons que ces réponses étaient aussi le résultat de l'enseignement des pasteurs, et que, comme telles, elles doivent être tenues pour la fidèle expression de la tradition et de la foi de l'Église à l'époque où vivait chacun des martyrs.
Ce qui donne aux actes sincères un nouveau caractère d'autorité, c'est que la lecture n'en était permise aux fidèles qu'après qu'ils avaient été reconnus et approuvés par les évêques (Ruin. Préf. i. m. iv. v.) ; au surplus on ne les lisait dans l'assemblée publique des fidèles qu'en présence des prélats, qui n'eussent pas manqué de s'élever contre leurs récits, s'ils eussent renfermé quelque chose de contraire à la foi de l'Église.
ADAM ET EVE. — L — L'histoire de la chute de nos premiers parents se trouve sans cesse retracée dans les monuments de tout genre de l'antiquité chrétienne ; le lecteur peut s'en convaincre en ouvrant au hasard les ouvrages de Bosio, d'Aringhi, de Bottari, de Buonarruoti, de M. Perret, etc. L'ÉgUse primitive tint à en multiplier les représentations, à cause des nombreuses applications morales qui en ressortent.
L'image du premier Adam dont la faute perdit le genre humain, rappelait celle du nouveau qui l'a racheté par son sang (1 Cor. xv. kb) , et faisait ainsi renaître l'espérance dans le cœur des fidèles. Nous croyons voir la traduction de cette consolante pensée dans un médaillon de bronze antique (Buon. tav. i.fig. 1) où , au-dessous d'Adam et d'Eve mangeant le fruit défendu, on a figuré le Bon-Pasteur portant sur ses épaules la brebis retrouvée ; ingénieux rapprochement du remède et du mal, du péché qui perdit le monde et de la miséricorde qui l'a sauvé ! L'image d'Adam et d'Eve qui , par leur désobéissance, nous ont placés dans l'état de tentation et de combat où nous sommes réduits à disputer sans cesse notre âme à l'ennemi, inculquait au chrétien la nécessité de recourir à Dieu pour obtenir la victoire ; et c'est précisément le sens de la prière que l'Église adresse à Dieu le quatrième dimanche après l'Epiphanie (D, Greg. Lib. sacrant, éd. Menard. p. 26). Deus, qui nos in tantis periculis constitulos, pro humana sois fragilitate non posse subsisterez da nobis salutem mentis et corporis^ ut ea qux pro peccatis nostris patimur^ te adjuvante vincamus. « Dieu , qui savez que , exposés à tant de dangers, nous ne pouvons, à cause de la fragilité humaine, nous soutenir, donnez-nous le salut de l'âme et du corps, afin que les tentations que nous soufirons pour nos péchés, nous puissions en triompher par votre
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