‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 131 sur 266 · KOP A · texte numérisé non relu

KOP A

qDï Pc^ ê Vf ko? I&-S cpXYÎlcICAtoOCfi

4* Le savant M. Edmond Le Blant a et amené par un marbre chrétien de Crussol das l'Ardèche, marbre du milieu du septième sied probablement, à constater un fait intéressai pour l'histoire de l'épigraphie : c'est qu' existait, soit chez les païens, soit chez I( chrétiens, des formulaires pour les inscriptioa comme il y en avait pour les actes et contât L'éminent épigraphiste réunit un certain non bre de monuments de localités éloignées b unes des autres présentant des mentions d'ui ressemblance tellement frappante , qu'on i saurait douter de l'existence de modèles c puisaient les compositeurs d'inscriptions. G modèles laissaient en blanc, ou remplaçais par une indication générale, tantus^ iUe^ etc le lieu que devaient occuper les noms propre les dates, et autres indications spéciales. Noi croyons cependant que ce fait ne se fait n marquer sur les marbres chrétiens qu'àui époque déjà un peu basse, le sixième sied peut-être (Le Blant. Sur les graveurs des m script, ant. Paris. 1859).

VII. — Des caractères qui^ étant propres m marbres chrétiens^ les distinguent des pcm Les marbres chrétiens se distinguent à païens, par des symboles et par des formula

1° Les principaux des symboles ou cmbl^ mes qui constituent une marque de christiJ nisme pour les inscriptions des premiers sA clés, sont le poisson, la colombe, l'agneau o la brebis ou le bélier, le phénix, le coq, 1 cheval, le cerf, la colonne, le tonneau, Fanco le navire, le phare, les coquillages, etc., eb On peut voir dans ce Dictionnaire les artidt spéciaux que nous donnons sur chacun detf objets. Nous nous bornons à indiquer ici 1< principaux éléments de ce langage hiéroglj phique des premiers siècles, dont la signifie* tion arcane a besoin d'être expliquée et qu^ quefois même justifiée. Mais il est bien entend (Et il serait superflu d'insister sur ce pois que les tombeaux des fidèles ne sauraient 6t un instant confondus avec ceux des idolâtri quand des traits de l'ancien et du nouveau tes^ ment, s'y trouvent retracés en relief ou aut ment, ceux-là notamment qui rappellent d'^

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ière plus ou moins claire le dogme consolant a résurrection de la chair, tels que Job, s, la vision d'Ézéchiel, la résurrection de .re, et une foule d^autres qui décorent les •es tumulaires et par-dessus tout les sarages de l'Italie, de la Gaule, de l'Espaetc. (V. Tart. Sarcophogi^ et de plus tous qui ont pour objet les différents faits des testaments représentés sur les tombeaux.) Des formules. Si, comme nous Pavons vu îdemment, le style lapidaire, en tout ce a d'indifférent en lui-même, passa nalement des marbres des anciens à ceux iisciples de Jésus-Christ ; l'esprit de la ion nouvelle ne tarda pas néanmoins à se fester sur la sépulture chrétienne, par brmules entièrement neuves et puisées un ordre d'idées étrangères aux idolâtres. srmules, toutes empreintes de foi, d'espéj, d'une douce résignation, sont en trèsi nombre; mais pour ne pas faire ici le emploi, nous prions le lecteur de se •teraux articles oii nous en avons traité avec 1, et notanunent à ceux qui ont pour titre : mationy — Paradis, — Purgatoire^ — lux, !:prioerium, — m page, etc.

mons-nous à rappeler d'une manière géné- :|ue f l'espérance du chrétien étant pleine mortalité , comme s'exprime le livre de getse (m. 4), » cette pensée d'immortalité 5 sous toutes les formes dans les cimetières )remiers fidèles ; la mort y est partout restée comme un sommeil : dormitio, — dors PAGE, comme un doux repos : qviesgit in , — IN SOMNO PACis, etc.; et la sépulture ne une déposition passagère : deposîtio, smjs, tandis que les païens, regardant sépulture comme définitive , disaient :

1, posrrvs, coMPOsrrvs, et appelaient la « la «demeure éternelle,» domvs aeterna, iSTERNALis. Rien n'est plus tranché que formules, où se dessine la physionomie deux cultes par la différence si accentuée jurs idées au sujet de la destinée finale )rps humain.

formule est tantôt écrite en toutes let- : DEPOSiTvs(De'Rossi. i. p. 43), depositio M) ; tantôt abrégée : dep, ou de, quelque- )n»T (Id.?6) ; tantôt représentée par la seule lie D, soit simple, soit surmontée d'une e transversale, d, comme sur la pierre de IPATU donnée par Boldetti (P. 401) :

BOmPATU IN PAGE D. m. N. D.

lifaaa in paee deposita tertio nonas decemhris.

Ittwrs la déposition est exprimée par les wnnes initiales des deux premières syl- •» D. p.: c'est ce que nous montre le titu- » de cEciuvs, encore dans Boldetti (P. 397):

D. p. CSaLU. PRID. n>. IVN.

Le plus souvent, ces deux lettres sont jointes sans aucune ponctuation dp. Les inscriptions grecques font lire le mot xaxdOeaiç qui correspond au latin depositio : ainsi (Boldetti. 402) :

RrPIAKIITH rATTATII KATAeECEIC EN lURE.

On rencontre quelquefois sur les marbres chrétiens de la plus ancienne époque, au lieu du DEPOsiTVs, la formule degessit, ou môme RECESsrr, qui était vulgaire chez les païens; mais elle manque rarement d'être complétée par l'addition de quelque terme exclusivement chrétien, par exemple : recessit de secvlvm (^Sic) (Passionei. p. 121), — degessit de secvlvm (De'Rossi. i. 103. 193),— pvit in saepvlvm (Id. 108. 211), — DE segvlo Exivrr (Id. 33), — vixiT IN SAEGVLVM (Id. 42), etc. La langue chrétienne a seule employé le mot swculum pour désigner la vie présente. Voici une autre formule qui a été, croyons-nous, peu remarquée : REDDiT ou REDDiDiT, formule elliptique qui n'était que l'abréviation de celle-ci : red- DiDiT DEBiTVM VîTAE svAE (Maraugoiii. Act, S. Ktc(. pp. 81-83).

Nous ne saurions pousser plus loin cette énumération. Beaucoup d'autres formules donnent aux marbres un caractère chrétien, que le lecteur reconnaîtra à leur analogie avec celles que nous avons indiquées soit dans cet article, soit plus encore dans ceux auxquels nous avons renvoyé (V. la fin du premier paragraphe de ce n. 2^). De ce nombre serait cette expression d'un titulus de l'an 379 (De' Rossi. i. p. 130) : absolvtvs de gorpore, qui représente la mort comme une délivrance des entraves importunes de la chair, et rappelle le mot de S. Paul : c Qui me délivrera de ce corps de mort? > guis me liberabit de corpore mortis hujus? {Rom. vu. 24.) Nous devons à plus forte raison nous abstenir de signaler celles de ces formules qui, exprimant quelque dogme de notre foi. ne laissent pas l'attribution un instant douteuse, comme celle-ci où est attestée la croyance de la défunte à la résurrection (Inscription de l'an 493. Rossi. i. 401):

HIC.1N.PACF..REQVIESCET LAVRENTIA.L.F.QVAE CREDIDIT

RESVRRECTIONEM . . . .

VIII. -De la manière de déterminer Vdge des inscriptions chrétiennes. Cette question est de la plus haute importance, car nos monuments épigraphiques ayant surtout un intérêt dogmatique, leur valeur probante se mesure sur leur antiquité, ou tout au moins sur la certitude de leur âge.

* Or, parmi les inscriptions chrétiennes, les unes portent .une note chronologique ou historique certaine, les autres des indices plus ou moins caractérisés, bien que toujours un peu

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vagues. L'âge des premières nous est connu d'une manière précise, Page des secondes ne se détermine qu'approximativement.

l. La note chronologique la plus sûre et la plus commune est fournie : 1 " par les consulats. Les noms des consuls étant connus, on n'a qu'à se reporter aux fastes consulaires pour trouver l'année de Tère vulgaire à laquelle ils correspondent et qui est la date du monument. Jusqu'ici, ces fastes étaient restés pleins d'irrégularités et d'incertitudes, et par conséquent ne fournissaient pas toujours des données aussi satisfaisantes qu'on aurait pu le désirer; les travaux récents de l'illustre Borghesi, et en dernier lieu ceux de M. De' Rossi ont éclairci la plupart des difficultés chronologiques qui s'y rencontraient. Le premier volume de la collection d'inscriptions chrétiennes de Rome, dont les savants prolégomènes nous sont d'un si grand secours dans la rédaction de cet article, est le guide le plus sûr (ju'on puisse suivre quant à cet objet pour les six premiers siècles, qui ont fourni déjà à l'éminent antiquaire treize cent soixante-quatorze inscriptions datées.

La plus ancienne est de l'an 71, qui correspond au troisième consulat de Vespasien. On en trouve d'autres en 107 et 11 I, et de là à 268, huit seulement irrégulièrement échelonnées. A partir de cette époque, jusqu'en 5^2, elles se succèdent presque sans interruption d'année en année. Dans notre Gaule, la plus ancienne inscription datée est de 334 ; elle figure à la page 542 du recueil de M. De Boissieu, et à la page 138 du premier volume de celui de M. Le Blant ; elle est contemporaine de Constantin le Grand. Ce sont les provinces du Midi, à partir de Lyon, qui en offrent le plus grand nombre.

Nous citons un exemple de Rome (De' Rossi. I. n. 3) :

SEBVILIA. ANNORVM. Xm PIS. ET. BOL. COSS.

Les deux consuls ici désignés sont Pison et Bolanus, qui avaient obtenu les faisceaux en 111. En voici une de Lyon portant la date du 29 juillet 422 (De Bois^sieu. p. 550) :

HIC BEQVIESCIT PASCASiA

DVLCISSIMA IN FANS

OVAK VIXIT ANI DV0BV8

MENS TBIBVS ET

DIES X OfiUT

mi KAL AVG

UONOBIO XIU ET

THEOUOSIO X CONSS

« Ici repose Pascasia, très-douce enfant, qui' a vécu trois mois et dix jours: elle est morte le iv (les calendes d'août, sous le treizième consulat d'Honorius et le dixième de Théodose. »

Le mot consul est presque toujours ëcrîl en abrégé : ces, — coss, — cons, — conss; nom avons dans le titulus de Severa, illustré par le P. Lupi : cosvle clvdio ed patkrno.

Depuis l'an 307, alors que pour la premièw fois la création régulière des consuls fut interrompue parles troubles survenus entre Maxence et ses collègues, interruption qui se renouvek souvent depuis par des causes analogues, et surtout après la division de l'empire, dooi chaque partie nommait ses consuls; on data les inscriptions en prenant pour point de départ le dernier consulat, et on dit : la première, h seconde, la troisième, etc., année après le «m» sulat de tel et tel : Post consvlatvm.... ankoi ou II, etc. Et ici nous trouvons des abréviations analogues aux précédentes : post cow,

— POST CONSS , — P. C. , — PC. , — POS COU- SVLATVM, — POST CONSVLATV, — POST COXSOL.

Cette formule néanmoins parait raremeal jusqu'en 542. Alors, c'est-à-dire après Basile le jeune, et pendant plus d'un demi-siècle, de 542 à 565, où toute élection avait été supprimée, le POST CONSVLATVM BASILII IVNÏORIS fit

adopté comme point de départ dans tout l'empire, et en particulier dans les Gaules, à quelques exceptions près, et ces ères incertaiiwi donnent lieu à deux supputations diflérentei, celle dite de Marcellin qui commence à l'ai 541 , et celle de Victorin l'année suivante, soit par exemple (De' Rossi. i. n. 1081):

HIC REQVIESCIT IN PACB MUSTELA SPE QDAE VIXIT ANN . PLM .L DEP . SVB D IIII ID . NOV IT PC BASILI IVN.

Iterum post consukUum Basilii juniori*. • La seconde année après le consulat de Basile le jeune. »

En 566, arrive le consulat de Justin qui fora» une nouvelle ère de neuf ans; ce consulat néanmoins, non plus que ceux des empereurs saK vaiits, n'ayant pas été promulgué hors dei limites de l'empire d'Orient, l'ère post cWsvLATVM BASILII contiuua à être en usage « divers lieux, particulièrement dans les Gaules sous Justin et sous Maurice Tibère. On trouTe encore des inscriptions datées des années xtf- XXVI, etc., après le consulat de Basile, datoi qui anticipent déjà d'un et deux ans sUr celui de Justin.

2" Les indictions. (V. notre article spécial sur ce système chronologique.) Les plus ancieonei inscriptions datées par les indictions sont de 423 et de 443, et ces deux exemples sont l» seuls connus jusqu'au milieu du cinquième siècle. A Rome, les deux premières datent d« 517 et de 522. (V. De' Rossi. i. nn. 965. Wà. Au commencement, c'est-à-dire, jusques v« le milieu du sixième siècle, on continua

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Ire les noms des consuls à Tindiction ; decette époque, on se mit à dater par les îtions toutes seules (V. De' Rossi. i. Proleg. cix) : désignation complètement inutile, jme défectueux qui s'introduisit sans doute ; que les consuls ordinaires par lesquels mnées étaient désignées, avaient cessé e régulièrement créés, et que, grâce à la arie et à l'ignorance toujours croissantes, coup en étaient venus à ne plus attacher ne importance à la constatation des dates es monuments. Dans son second appendice 1177 seqq.), M. De' Rossi réunit plusieurs iptions de cette espèce.

land il s'agit des indictions, il importe >erver la distinction des lieux. Dans les rées dépendant de l'empire de Constantie, et cela jusqu'à la chute de cet empire, it les années de l'empereur sont seules [juées, tantôt l'indiction y est jointe. Il en le môme dans certaines provinces de l'Oc- Qt qui furent longtemps sous la domination empereurs Grecs, à Naples par exemple, s les Gaules, l'indiction avait été adoptée 16 avant les rois Mérovingiens, mais jus- .u consulat de Justin qui tombe à l'année ^ on usait des notes hypathiques ou consuls, quelquefois en omettant l'indiction. i qu'il en soit, les monuments prouvent Pelliccia. m. p. 302) que, chez les Gaulois, upputation consulaire ne cessa qu'avec les suis môme, après quoi, ils datèrent tantôt l'indiction, tantôt par Taimée du roi. Après vis, ils inscrivirent quelquefois sur les mars l'année du pontife romain.

;• Les dates par les consuls, par les indictions lutres sont ordinairement complétées et prêtes par la désignation du jour du mois solaire, t calendes, des ides, des nones : x. c. ivn. — i HON. ivL. — PHiDiE IDVS AVG., etc., OU par jour du mois lunaire : lvna xvii, etc. ; par jours de 'la semaine , exprimés sous leurs QQs païens, presque toujours : dies iovis, —

l MARTIS, — VENERIS, — MERCVRI, CtC. C'cst

kûk seulement qu'apparaît pour la première s la désignation chrétienne du dimanche : EDOMiNiCA (De' Rossi. I. n. 529), il y en a aatre exemple en 452 (Id. n. 855). Ailleurs samedi est aussi marqué par son nom ec- ^siastique : die sabbati. (V. id. tab. m.) i^ Pendant les six premiers siècles, au delà tt({uels nous n'allons pas, on ne rencontre ocune inscription datée par une ère qui soit ro^re aux chrétiens; ni par la dionysienne, ixte par Denys le Petit en 625, et qui n'est ttitre que l'ère vulgaire ; ni par l'ère de Dio- ^i&Uen, dite ère des martyrs depuis le septième *We seulement, époque relativement tardive o^les chrétiens l'adoptèrent. (V. notre art. Per- «wtioM. \Qo) Jusqu'au septième siècle, les

chrétiens se conformèrent aux supputations chronologiques en usage dans chaque contrée ou province : et c'est là une étude ardue, pour la détermination de l'âge des monuments, et dans laquelle il nous est impossible d'entrer.

5« Quelques savants ont avancé que Tusage s'était établi à Rome, dès le quatrième siècle, de dater les épitaphes par les papes, en négligeant les consuls. Mais les monuments jusqu'ici découverts ne justifient nullement cette assertion. Parmi les titres datés, recueillis par M. De' Ro«si, deux seulement portent des noms de pontifes romains et encore est-il prouvé que cette indication a un motif spécial excluant toute idée de système. Le premier est celui de EVPLiA, morte sous le pape Libère : deposffa IN PAGE svB LiBEfio ep. (De' Rossi. I. n. 139), le second celui de erenis, sous Damase : de- CESSiT... SVB DAMASO EPisco (N. 190). Le savaut antiquaire romain voit ici, avec sa sagacité habituelle, l'intention de constater l'orthodoxie des deux défunts, par un acte d'adhésion à deux papes dont l'autorité était disputée par des compétiteurs. Pour Libère, c'était l'antipape Félix. Or, on sait que le peuple, qui était très-attaché à son pasteur légitime, apprenant que l'empereur Constance voulait qu'il partageât l'autorité épiscopale avec l'intrus, s'écria d'une voix unanime : Unus Deus^ unus Christus y unus episcopus! t Un Dieu, un Christ, un évoque! » (Theodor. Hist. eccL ii. 17.) Le compétiteur de Damase était Ursicinus, qui n'avait pour lui qu'une faible faction.

On voit que ces deux faits ne prouvent rien en faveur du prétendu usage de dater les inscriptions funéraires par les pontifes.

Nous n'en dirons pas autant des autres classes d'inscriptions, de celles par exemple qui étaient tracées sur les édifices religieux. Dès la fin du quatrième siècle ou le commencement du cinquième, il est constant que les monuments de ce genre furent datés par les noms des papes de préférence à ceux des consuls. La formule la plus ordinaire était celle-ci ; salvo, par exemple, siricio episcopo, ou episcopo ec- CLESiAE SANCTAE (Barou. — Bosio. — cf. De' Rossi. VIII); plus rarement, et seulement peutêtre quand l'inscription n'était faite qu'après la mort du pontife : temporibvs sancti innocentii? EPiscopi. Les inscriptions métriques n'étaient assujettis à aucune formule fixe, on le conçoit. Celle de la basilique de Sainte-Sabine commence pa^ ces vers :

CULMEN APOSTOLICUH CVH CAELESTINVS HABERET PRIHDS ET IN TOTO FVLGERET EPISCOPVS ORBE (16.).

La coutume de marquer la date des monuments sacrés ou de leurs décorations par le nom des évoques ne fut adoptée hors de Rome qu'un peu plus tard. 11 existe dans les provinces des

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monuments de ce genre des quatrième, cinquième et môme sixième siècles qui portent soit la désignation d'une ère locale, soit les noms des consuls, sans aucune mention des évêques, ou, si leur nom y est inscrit, c'est plutôt ppur rappeler la dédicace que l'âge de Pédifîce. A Rome au contraire, telle était déjà au quatrième siècle la majesté qui entourait les papes, qu'ils marchaient à peu près les égaux des premiers magistrats de la républi(iue : ce qui autorise à le penser, c'est que les auteurs d'inscriptions se mirent spontanément à dater les édifices sacrés par les noms des pontifes comme la loi voulait que les monuments profanes le fussent par les noms des empereurs. Et en effet, la formule est la môme : salvo EPiscopo, comme salvis dd. nn... avgvstis. Les localités les plus rapprochées de Rome furent, paralt-il, les premières à imiter en cela l'exemple de la métropole. Un titulus votif, du cinquième siècle a peu près, a été trouvé près de Tusculum, lequel portait le nom de Tévôque du lieu, absolument d'après la môme formule : SALVO LOTVNATO EPISCOPO. Depuis le sixième siècle, cette pratique se propagea partout : et les noms des évoques ne furent pas les seuls à marquer l'époque de la fondation des édifices religieux, on y trouve quelquefois des noms de prôtres et de diacres, et môme ceux des abbesses el autres supérieurs de monastères. (V. De' Rossi. loc. laud.)

Cette manière de dater un monument est toujours un peu vague, car elle ne marque que le pontificat et rarement l'année. M. De' Rossi (IWoleg. c. m. pars 1. § I). atteste ne connaître que deux monuments où la date soit ainsi précisée, un à Narbonne et un autre à Parenzo. Quand au nom de l'évoque vient se joindre celui des consuls ou l'année d'une ère, alors toute incertitude disparaît, et cela se rencontre quelquefois soit à Rome soit dans la province. Ainsi, par exemple, nous avons deux inscriptions (De' Rossi nn. 980 et 989) qui notent des concessions de tombeaux faites par le pape Hormisdas. Cette mention toute s^;ule laisserait flotter ces monuments entre les années blk et 523 qui forment les limites de ce pontificat : la mention des consuls les place à 522 et 523, les deux deinières années d'Hormisdas. 11 en est de môme d'une concession toute pareille émanée du pape Jean m, la dernière année de son règne, c'est-à-dire en 563, en faveur du sous-diacre marceli^vs (Id. n. 1096).

2. Nous devons signaler maintenant les indices moins précis qui n'établissent l'âge des inscriptions que d'une manière approximative.

Observons d'abord que dans ses caractères généraux, l'épigraphie chrétienne se fait remarquer par une admirable unité dans toutes

les contrées les plus éloignées les unes des autres, et les plus différentes de mœurs el d'habitudes ; unité dans les pensées, unité dani les sentiments, unité dans le tissu et les formule essentielles du style épigraphique. On com prend néanmoins que la conformité ne saura aller au delà, et que, en tout ce qui est acceî soire, chaque contrée conserve son cachet part : ainsi les marbres de la Gaule difi^ren quant aux formes d'une importance secondair de ceux de l'Italie, ceux de l'Afrique de cei de l'Espagne ; il y a môme des différences a sez sensibles d'une ville à une autre ville ( la môme province; si bien que M. De'Ros {Tit. Carthag. p. 16) a trouvé des points ( dissemblance entre les inscriptions d'Ostie < celles de Rome. Or, si peu importantes qu'elh paraissent en elles-mêmes, ces variétés m< ritent néanmoins une sérieuse attention de 1 part de l'historien : car elles marquent, pi leur présence, et plus encore parleur nombn par la spécialité de leurs notes chronologique par le nom de quelque ministre sacré, ou p: d'autres circonstances locales, les origines d christianisme dans les localités auxquelles ell< appartiennent , rétablissement d'une Églii chrétienne plus ou moins nombreuse, à ui époque plus ou moins ancienne dans lesd verses contrées de l'Orient et de l'Occident

Mais il est bien entendu que, dans ce résun tout élémentaire, nous devons nous en ten aux généralités.

Il y a deux genres d'inscriptions qui dii rent totalement par la diction et le style (V.D Rossi. Proleg, cap. v. $ 5). 1» Les premièresî font remarquer par la simplicité et la brii veté : le plus souvent, un nom et rien de plu! Mais elles portent ordinairement des symix les, et surtout des symboles arcanes. De plui l'emploi des caractères grecs y est très-fri quent. A ces inscriptions d'une simplicité pr mitive, s'en joignent d'autres qui, en outre de noms, présentent des acclamations grecque ou latines dans le goût le plus pur de Tant qui té : vivas in deo, — in domino, — in paci

— CVM SANCTIS, — INTER SANCTOS, etC. — PH PRO NOBIS, — PRO PARENTIBUS, — PRO CONnTGl

— PRO FILIIS, — PRO SORORE, CtC. — REFRIGERA IN REFRIGERIO, — SPIRITVM TWM DEVS REFRl GERET, — DEVS TIBI REFRIOERET, etC. (V. l'aT

Acclamations et l'art, refrigbrium.) U fa* observer encore que les âmes y sont quelque fois appelées spmrrvs sancti. (V. l*art. Espn^ SaifU.) U est de ces épitaphes où sont marqua l'âge, le jour de la mort ou de la dépoiiiioi et quelques louanges du défunt, et encore l< noms de ceux qui élevèrent le monument ; nu toujours avec la sobriété et l'élégance à formules primitives. Que si l'on y remarq; des fautes d'orthographe, des incorreetions

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