III. — L'apostasie fut dès le temps d'Ori
gène {Contr. Cels, ni) un cas d'irrégularité pour les saints ordres. D'après S. Athanase [Efiit. ad Rufinian. Opp. t. ii. p. kl. edit. Paris.), le pardon, pour un crime pareil, devait être accordé à un laïque, après résipiscence, mais il était exclu du clergé : Nec detur tamen locm m dero. Le tombé qui aurait été ordonné par surprise devait être éloigné des fonctions saintes: ainsi le régla le concile de Nicée (Can. x), et cette règle remonte bien plus haut encore; S. Cyprien (Epist. lxviii) affirme qu'à Rome, comme en Afrique et dans tout l'univers catholique, les évoques avaient décidé c Que les hommes de cette sorte pouvaient bien être admis à faire la pénitence (Canonique), mais devaient être éloignés de Pordination da clergé et de l'honneur du sacerdoce : > qumodi homines ad pœnitentiam quidem ageniam posse admittiy ab ordinatione atUem cleri aUjw sacerdotali honore prohiberi. Les ariens euimêmes, qui ne se piquaient guère de fidélité aux règles canoniques, suivirent quelquefois cette discipline, par exemple à l'égard du sophiste Asterius qui était connu pour avoir sacrifié aux dieux de l'empire (Athanase. Desyn. Arim, et Seleuc, Opp. 1. 1. p. 887. edit. Paris.). Il est vrai de dire qu'ils ne se tinrent pas longtemps dans la règle. Car, si nous en croyons Philostorge (Hist, eccl. ii. 14), les principaux évoques de la secte, Eusèbe de Nicomédie, Maris de Chalcédoine, Teognis de Nicée, Leontius d'Antioche , Antonius de Tarse, Menophantes d'Éphèse, Numenius, Eudoxius, Alexandre et Asterius de Cappadoce, sacrifièrent tous aux dieux des gentils sous la persécution de Dioclétien.
Il faut reconnaître, néanmoins, que quelquesuns de ces évoques avaient été consacrés dans l'Église, avant l'apparition de l'arianisme. D'où il faut conclure, ou que les évoques qui les ordonnèrent ignoraient leur chute, ou que, dans certains cas , l'Église jugeait à propos de déroger en cela à la discipline conunune. Baronius {Ad an. 335. n. 8) et quelques autres accusent l'historien Ëusèbe d'être tombé dans le crime d'idolâtrie. Le P. Petau {Animadv.vii Epiphan. fusres. lxiv. n. 2), Huet {Origwio^' I. k) et Pagi {Critic. ad Baron, an. 251. n. 6), chargent aussi Origène d'une telle tache, sur le témoignage de S. Épiphane. Valois (iVo^ i» Euseb. VI. 39), Ellies Dupin (Biblioth. i. p. 444) et Guillaume Cave {Hist. litt. i. p. 128) cherchent à l'en laver. Duguet (Op. laud. i. p. 209) prouve assez bien que c'est un bruit fabuleux, que les ennemis d'Origène inventèrent longtemps après sa mort, et que S. Épiphane vf^^ admis sans preuve.
Quant aux évoques et aux clercs tombés en temps de persécution dans le crime d'idolâtrie, ils étaient, comme les laïques, admis à la grâce
(tion aux saints mystères eu qualité de ^'estainsi que Trophime fut traité au 9 S. Corneille et de S. Cyprien. Celui-ci 'Epiât. Lxvin) que cette règle était en à Rome et dans tout le monde catho^
0 concile d'Afrique, au nom duquel il ire aux Églises d'Kspagne, s'était pro^ ans ce sens contre deux évëques de ntrée, Basilide et Martial, lesquels tbé», prétendaient se prévaloir de leur e pour retenir leurs sièges. Nous trounéme règle dans les canons de Pierre l'Alexandrie (Can. x. — cf. Bingh. ii.
dans ceux du premier concile d'Arles li met au rang des tombés, non-seule- T qui avaient sacrifié et abjuré la foi, si ceux qui avaient livré les vases sass livres saints (V. l'art. 7Vaifit«ur() : clercs sans distinction devaient être à té éloignés du ministère des autels.
)t, on pourrait trouver dans l'histoire tique des exemptes de réintégrations à une époque d'un certain relâcheis la discipline, ou dans certains cas ' mels où l'Église, dans sa sagesse, juil était plus utile à ses intérêts de ré- 1
1 tombés dans leurs grados que de les Mur toujours éloignés.
Souvent on vit les lapsi consoler l'É- ' l'ardeur avec laquelle ils se relemr courir au martyre. Ainsi plusieurs jui avaient succombé sous Dëce, prima relevèrent généreusement plus tard, prxiio {Cyprian. Append. p. 17), lus probablement. Un fait extraordice genre se produisit dans la passion yrs de Lyon, sous Marc-Aurèle : c'est [ qui avaient apostasie furent néanssés en prison avec les autres, et que, grâce spéciale, il leur fut donné de I la foi el de la sceller de leur sang.
■E8. — V. l'art. Office divin, n. I.
XST (S.)- — Nous avons dans les ions du P. Lupi {Disstrt. e Ml. t. i.
97) deux monuments antiques repréî martyre de S, Laurent. Le premier née où l'on voit le saint diacre étendu il ; deux bourreaux attisent le feu auuo troisième apporte du bois pour ir. Le second objet est un médaillon ), Le martyr est représenté au moretourné sur le gri! par un satellite, m âme à Dieu : cette âme est figurée ilème d'une femme qui s'Élève, les iates, au-dessus du corps, et reçoit te une couronne d'un bras isolé qui