‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 149 sur 266 · W — LAUR · texte numérisé non relu

W — LAUR

est la personniflcaticBi de Dieu le PÈre. (V, l'art. Dieu.) L'empereur est présent, assis sur un siège curule , la tête iaurée, portant d'une main un sceptre, et de l'autre faisant un signe de commandement. Un deuxième satellite se tient debout près de lui. Un verre donné par Arevallo (In Prudent, p. 936), le représente aussi sur le gril , le .ventre du o6\é du feu, et son nom, lavreciv, est écrit en haut.

En sa qualité de diacre, S. Laurent est toujours représenté avec l'Évangile à la main, parce que l'office du diacre était de lire l'Évangile. [V. l'irt. Évangile.) Dans une mosaïque du sixième* siècle qui se voit à Saint- Laurent t'n agro Vtrano de Rome, église fondée et dotée par Constantin, il porte un livre ouvert où on lit CBS paroles qui expriment le zèle du saint diacre pour les pauvres:

Ditpenit, dédit pm^ieiibut (Ciampini. Vet.mon.

tab. Lxvi. 2). On lui donne ausai pour attribut une croix, et souvent une croix gemmée {Aringhi.n. 354), comme à tous les autres martyrs. Il porte la croix et l'Évangile dans la mosaïque de la basilique de Galla Placidia de RavenneCKei. mon. i.LxvnJ, et il est debout devant le gril enflammé. Dans un fond de verre . il porte le monogramme du Cbrist derrière la tête comme une auréole avec l'A d'un côté , l'oi de l'autre, ce qui signifie que celui dont le nom divin est abrégé sous ce signe habitait dans l'âme du saint martyr (Bottari. tav. cxcvrii). Il est quel- ([ucfois représenté assis entre S. Pierre et S. Paul (Garrucoi. Vetri. xx. 7), pour indiquer que ces deux apôtres ayant introduit S. Laurent dans la cité céleste , lui en font les honneurs en lui donnant la première place. (V. Buonarr. p. 104.) Dans un autre verre, il est représenté seul, avec cette légende : victor viVAS w NOMLNE LAVHETi (Buonarr. iix*. 2); il est probable que cette coupe avait servi â quelque agape, donnée à l'occasion de la fête du ^aint martyr, qui se célébrait à Rome aveu beaucoup de solennité ; on voit dans le saoramentaire de S. Grégoire qu'on y célébrait deux messes (Edit. Menard. p. 119,. Celles qui se lisaient près du tombeau duS.iint tnoj/ro Kerano n'avaient pas lieu dans la m^me église, mais dans deux églises différentes et juxtaposées, l'une appelée Tna;or et l'autre «pectosiorti noua; ijette dernière renfermait les reliques du martyr. (V. De' Rossi. SuUtt. anhtol. 1864. p. M.)

LAZA

LAZA

LAVEMENT DES MAINS vxipvif . - V.

l'^rt. Ablutions, n. III.

LAZARE (bésurrection de). — S. Jean Ghrysostome (Hamil. ix) pense qu'en ressuscitant Lazare, Jésus-Christ a voulu dire : Moi qui ressuscite un homme, je ressusciterai un jour tous les hommes. Un grand nombre de Pères de PÉglise, entre autres S. Ambroise {De fid. resurr. 1. ii. § 77) et S. Grégoire de Nysse {Serm. de pasch. et resurrect.) interprètent dans le même sens ce miracle du Sauveur.

C'est donc pour tenir sans cesse en éveil dans le cœur des premiers chrétiens la pensée consolante de la résurrection de la chair, pensée bien nécessaire surtout pour soutenir leur courage au milieu des persécutions, que les pasteurs de l'Église faisaient reproduire à satiété la résurrection de Lazare dans les catacombes et dans les monuments chrétiens en général. Aussi ce sujet est-il un de ceux qui se présentent le plus souvent, sur les sarcophages comme sur les simples pierres des /oct*/i, dans les peintures des cimetières comme dans les mosaïques des églises (Ciampini. Vet. mon. ii. tab. 97). Prudence lui consacre un quatrain dans son diptyque (xxxviii).

Conscius insignis facti locus in Bethania, Vidii ab inferna le, Lazare, sede reversum. Adparet scissum fractis foribus monumentum, Unde putrescentis redeunt membra sepulii.

« Témoin d'un fait insigne, un lieu à Béthanie, te vit, ô Lazare, revenu des demeures inférieures. Ouvert, les portes étant brisées, apparaît le monument d*où sont sortis les membres à demi corrompus de celui qui y avait été enseveli. »

Et on tenait si fort à retracer toujours et partout ce salutaire souvenir, que, à défaut de l'image de Lazare peinte ou sculptée sur les toinbeaux, on fixait à leur extérieur des statuettes en métal ou en ivoire qui le représentaient (Boldetti. Cimit. p. 523).

Pour se conformer à l'usage des Juifs et aussi au récit de S. Jean (xi. 4^), les artistes anciens figurent habituellement Lazare comme une petite momie enveloppée de bandelettes, la tête voilée d'un suaire, qui le plus souvent encadre la face et la laisse à découvert (Buonarr. Vetri. tav. VII. 1), et placée debout à rentrée d'un édicule ; et Notre-Seigneur est devant lui, qui le touche avec une verge (C'est le type commun), ou étend vers lui la main droite, tandis que de la gauche il tient un volume à moitié ouvert (Bottari. tav. xxviii. xlii et alibi). Quand sa main droite est. Hbre, il bénit ordinairement la momie à la manière latine (Aringhi. ii. 121). On le voit aussi parfois imposer la main sur la tête de Lazare (Id. ii. 183). Nous avons remarqué une fresque du cimetière de Calliste (Id. i. 565)

où la momie ressemble exactement à une chr)-salide. Serait-ce une allusion parlante à la résurrection ?

Les sculptures de quelques sarcophages de la Gaule (V. au musée lapidaire de Lyon, n^l^k. — et Millin. Midi de la France, atlas, pi. lxv. no 5) font voir la momie étendue par terre, sans le tombeau.

Les bandelettes et le suaire sont ordinairement blancs, ainsi qu'on peut s'en assurer par quelques verres (Buonarr. vu. 2. — Perret, iv. pi. xxxii. 97), dont le fond est d'or, comme presque toujours, et les draperies de la momie d'argent. Cette manière d'ensevelir les morts venait sans doute de rÉgyT)te ; c'est le système de momification tel que nous le voyons employé pour les nombreux corps qu'on transporte en Europe dans un but de curiosité ou de spéculation. Que cet usage fût reçu chez les Juifs, c'est ce que nous savons, non-seulement parle sujet qui nous occupe, mais encore par les figures du livre de la Genèse citées par Buonarruoti, d'après Lambèce {Bibl, Cxs. 1. ii. p. 1008). où l'on voit les corps de Jacob et de Rachel ensevelis d'après cette méthode. Le raénologede Basile montre aussi enveloppés de bandelettes, institis^ et le suaire autour de la face, le cadavre de Michée (v jun.],, ainsi que celui de Josué (i se/)^.', lequel est placé dans un sarcophage où se trouvent sculptés en bas-relief Adam et Eve.

Les chrétiens adoptèrent aussi le même usage en certains lieux, comme on le peut conclure du témoignage des Pères et d'autres auteurs qui parlent des institx. Le ménologe de Basile, déjà cité, fait voir ensevelis de cette manière le corps de S. Philarète (xi dec.), et, ce qui est fort bizarre, les âmes de S. Ammon(iV(/ec.)et de S. Alexandre (ix nov.) s'envolant au ciel dans ce costume.

Le sépulcre de Lazare est une espèce de grotte taillée dans la roche vive, selon la coutume des Juifs, et il est probable qu'il était un peu élevé au-dessus du sol et qu'on y montait par quelques degrés ; car, à peu près partout, il est figuré comme un édicule précédé d'un péristyle et d'une rampe. Contrairement au texte sacré, quelques artistes (Buonarr. vu. 3) ont donné à ce tombeau une porte à deux battants, tandis que, comme le fut plus tard celui du Sauveur, il était fermé par une pierre. Parfois (Aringhi. ii. 331) le sépulcre est creusé dans la roche brute et ne présente aucime intention d'architecture, et sur les deux montants de l'entrée s'élèvent des arbustes, symbole du séjour céleste. (V. l'art. Arbres.)

Moins initiés peut-être aux coutumes des Juifs, certains artistes ont représenté Laiare couché dans un sarcophage , tantôt strigilé (Bottari. tav. lxxxix), tantôt orné de têtes de

peut-être soutenu pardesaphiiii, inorare dans les monuments chrétiens (Id.

inoet Aringtai font observerque lesarainsi que les écrivains ecclésiastiques, . à Lazare la taille d'un enfant, sans our indiquer qu'il revient à une noue. Cependant, S. Épiphane {Hierts. l.wi) r trouvé dans les traditions qu'il avait ns quand il fut ressuscité, at qu'il vécut trente années après. 11 existe au cime- '. Saint-Hermès CArînglii. ii. 329) une où, par une singulière idée d'artiste, la est debout, in piano, sans l'édicule acé, et sans aucun point d'appui. On voit iste dans ces diverses représentations iétés assez notables ; nous en citerons ]uelques-uncs, entre beaucoup d'autres adevons négliger, faute d'espace.

?inlureset les verresdorésne produisent deui personnages essentiels, Jésus res- Jt et Lazare ressuscité ; nous ne connaisette règle qu'une seule exception, qui nie par un fragment de mosaïque qu'a e P. Marcbi (ifonum. Uv. xlvii), et où une des sŒurs de Lazare prosternée et

les mains vers le Maître. Ce qui est -«ption pour les peintures de tout genre

règle invariable dans les bas-reliefs des lages. Cette classe de monuments, en . plus modernes, présente toujours cette ite scène complétée par la présence de

et de Marie (Arîngbi. i. 335), selon le wigélique (Joan. xi. 32)' ou au moins -ci, prosternée ou agenouillée, aux pieds veur(Id. i. 323 et alibi), ou baisant resisement sa main, (Id. [. p. 423). Une cu-

pierre sépulcrale du recueil de M. Per- ' 13), malheureusement brisée, présente n Noire-Seigneur deux mains qui wlei du personnage de Marie.

1 — LECT

Il arrive quelquefois que la scène s'élargit encore, de façon à admettre, conformément au texte sacré (/6irf,l, plusieurs disciples du Sauveur vers lesquels il se tourne comme pour exciter leur attention ou invoquer leur témoignage {Aringhi. I, liil). Au contraire, on rencontre de temps en temps, notamment sur les pierres sépulcrales (Id. i. 19), la momie de Lazare seule dans son édicule, et sans Notre- Seigneur.

Dansla manière de grouper les figures et les personnages, lesartistes chrétiens des premiers siècles semblent s'être étudiés à rapprocher certains faits de l'ancien et du nouveau testament qui ont entre eux quelque analogie. C'est ainsi que presque partout, mais particuliërenient sur les sarcophages, le sujet de Moïse frappant le rocher fait pendant à la résurrection de Lazare. Ils sont même quelquefois réunis, par exentple dans te même compartiment d'une fresque d'arcosolîum (Aringhi. ii. 133); et dans une autre fresque du cimetière de Saint-Hermès j/ôid. 329), Jésus-Christ et Moïse oQrent une conformité à peu près complète de vêtement, d'attitude et même de visage. Le rappiochement de ces deux sujets se trouve même sur de simples pierres sépulcrales (Perret. V. pi. Lxiit. 29), et on comprend qu'il avait pour but de rappeler aux fidèles la toute-puissance de Dieu, qui sait, quand il lui plaît, faire sortir de l'eau d'un rocher aride, et rappeler à la vie un mort de quatre jours.

Le tombeau de Lazare, comme mémorial d'un des principaux miracles de Notre-Seigneur, fut conservé avec soin par les fidèles, qui, au témoignage de S. Jérôme {Epist. ii), le visitaient pieusement, en mêjne temps que les sanctuaires et autres lieux mémorables de la Palestine. Le même docteur écrit encore (De (oc. Ilebr. verb. Bethania) qu'on avait bâti sur ce tombeau une église, que Bède mentionne à son tour. Ce sanctuaire dut être construit après Constantin, car l'itinéraire de Jérusalem écrit du temps de cet empereur n'en fait pas mention.

LEÇONS. — V. l'art. Oflîce divin. Append. 2.

LECTEVHS. — C'étaient des clercs dont l'office consistait à lire publiquement dans l'Église les saintes Écritures. Ils montaient pour remplir cet office à l'ambon qui, pour ce motif, est quelquefois appelé le tribunal des Itcleur». ^Sozomen. rx. 3.^ Les lecteurs étaient aussi chargés de la garde des livres saints. Tertullien iPrmscTipt. \u) et S. Cyprien {Epiu. xxxiii) sont les premiers qui fassent mention de cet ordre. Pendant les trois premiers siècles, les fonctions de lecteur étaient surtout confiées

LECT

LETT

aux chrétiens qui avaient confessé la foi devant les païens et les bourreaux. Cependant, on prenait souvent, pour les remplir, des jeunes gens et des enfants. S. Épiphane, évêque de Pavie, fut ordonné lecteur à huit ans, et S. Félix de Noie dès ses jeunes années (Bingham. Origin. eccles, ii. 34). On sait que Julien PApostat, fort jeune encore, avait été lecteur dans rÉglise de Nicomédie (Socrat. Hist. eccl. 1. m. c. i). Un marbre antique de la cathédrale de Fiesole nous a conservé le nom dMn jeune MESSivs ROMVLVs, qui avait été ordonné lecteur dès ses premières années (V. Buonarr. Vetri. p. 175); et une inscription de Viviers en France mentionne un lecteur mort à treize ans seve-

Page 1