‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 150 sur 266 · RVS LECTOR INN0CEN8 Q71 VIXIT IN PAGE ANNIS · texte numérisé non relu

RVS LECTOR INN0CEN8 Q71 VIXIT IN PAGE ANNIS

TREDECE {Sic) (MiUiu. Midi de la Fr, t. ii. p. 106). C'est aussi à Tâge de treize ans que S. Damase, pape, avait été d'abord exceptor^ puis lecteur dans la basilique de Saint-Sauveur, où son père avait déjà exercé les mômes fonctions (Ant. Merenda. Ad S. Damasi 0pp. FroUft'orn, p. 113, Patrolog, Migne. c. xiii). Au contraire, nous avons à Rome (De' Rossi. i. p. 216. n. 507) l'épitaphe d'un rvfinvs lector, qui, au commencement du cinquième siècle, exerçait ces modestes fonctions à l'âge de trente et un ans.

Les lecteurs avaient quelquefois auprès de leur évéque une position toute de confiance qui prouve que plusieurs étaient d'un âge mûr, et restaient peut-être dans cet ordre toute leur vie. C'est ainsi que nous voyons S. Just, évoque de Lyon, se faire accompagner, dans sa fuite en Egypte, de son lecteur Viator, seul confident de ses projets : solo consiliorum participe (Ap. Surium. 2 sept.).

Dans les grandes Églises d'Orient, comme celles d'Antioche et de Constantinople, il y avait un grand nombre de lecteurs, organisés en une espèce de corporation, sous la présidence d'un chef, appelé primiierius lectorum [Concil. Anlioch. sub Domno). Mais les fonctions des lecteurs étaient plus étendues chez les Grecs que dans l'Église latine. Comme les Grecs n'avaient pas d'acolytes, le lecteur en remplissait chez eux Toffîce, consistant principalement à allumer les cierges et les lampes de Tautel, à précéder le célébrant avec un flambeau à la main pendant la célébration des saints mystères.

La fonction du lecteur étant regardée comme très-importante, et la plupart d'entre eux étant pourvus de cet ordre dans la première jeunesse, il y avait des écoles où on leur enseignait Tart de lire, et où surtout on les initiait à l'intelligence des divines Écritures (Isid. Hisp. De ecles. ofpc. II. 11). Il parait que l'instruction qu'on leur donnait était assez étendue, on peut du moins le conclure d'un passage de S. Au-

gustin {De consens, evang. 1. 15). Gel sidait cette école s'appelait primicit des lecteurs ; M. l'abbé Greppo a illi taphe d'un stephanvs qui remplisse portantes fonctions dans PÉglise d( sixième siècle (Revue du Lyonnais.

Il nous reste un grand nombre tions mentionnant cet ordre de la < (V-. Greppo. ibid, p. 194). Passionei p. 1 1 2) en publie une qui est de 461 . chi donne (Arti Crist. p. 26) l'insc lecteur Auguste, que ses fonctions < à la basilique du Vélabre : lectorisd et celle d'un autre lecteur du titre c auquel est donné le nom singulier gieux d'ami des pauvres (P. 27) :

OPAS LECTOR TITVLI FASCIOLE AMICVS

(V. aussi p. 198.) Nous avons dans volume de M. De' Rossi (P. 42) le fil radius, lecteur de la deuxième région celui d'Antius lecteur de PaUacina est aujourd'hui celui de Saint-Marc mier est de 338, et le second de 348 En Afrique, les lecteurs étaient c lire toutes les Écritures , y compris au témoignage de S. Cyprien : il ( môme dans les Églises d'Espagne {Ce I.) Le livre est le principal attribut dans les monuments figurés. Ces peut voir dans le bas-relief d'un npn Pisaure (Paciaudi. De Christ. bcUn. t mieux encore dans un verre doré re deux jeunes gens nommés l'un iVLr ELECTVS, qu'on croit avoir été lecteun Vetri. tav. xvii. 2).

LECTIOIVIV AIRES. — V. l'art.

turgiques. n. IV.

LETTRES ECCLËSf ASTIQUE

Avant d'entreprendre un voyage, le; chrétiens se présentaient à leur évé demandaient une attestation -, ou te tesseratio hospitalitatis^ dit Tertullie des Prescriptions (Cap. xx) ; lettres mandation qui leur servaient pour s connaître , pour être admis à la con à l'hospitalité des conmiunautés c chez lesquelles ils passaient.

Comme les fidèles n'avaient riei pour ceux qui , selon l'expression d étaient les domestiques de la foi, doi [Gaiat. VII. 10), et avec lesquels ils i qu'un même corps : Corpus sumus û tia religionis^ et disciplinœ unitate^ • dere, « Nous faisons un même corp gagement à la même religion, l'u discipline, le concert de l'espéranc Apol. xxxix); 9 ils devaient user des p]

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. pour ne pas recevoir des imposinfidèles, ou des chrétiens errants de quelque juste anathème , à la n des saints mystères et aux dou- ) conversation à cœur ouvert. Aussi Uions apostoliques (C. x) frappentommunication ceux qui auraient cette espèce de passe -port, prxter Itias litteras^ un clerc ou un laïque it pas en règle avec l'Église. Et, tte source de documents soit moins le son nom semblerait le supposer, douteux que Tusage qui y est confût déjà en vigueur du temps de lisque cet apôtre allègue aux Corinloloriété de sa personne et de ses ir se dispenser d'exhiber les sienr. ui. 1. ; : c Avons-nous besoin, Iques-uns, de lettres de recommanrès de vous ou de votre part, »

gemus {Sicut quidam) œmmeruiati' i ad voSy aut ex votns ? Un des plus iples que nous puissions citer de ces lations est la lettre que les martyrs mirent à S. Irénée lorsqu'il se rendit très du pape Éleuthère : « Nous vous disent-ils au pontife romain, de connée comme un homme rempli d'ai zèle pour le testament et la loi 1 Sauveur. Si nous pensions que la tribu e au mérite , nous vous le rerions comme un homme élevé à du sacerdoce. » (Ap. Ëuseb. Uist.

Oe morte Peregrin, t. ii. p. 766) qui bien les habitudes hospitalières des trouve le moyen de les railler parce lient laissé tromper par un imposlé Peregrinus qui , après avoir long- >é de la bonne foi des fidèles, finit îcouvert et chassé, au contraire , pénétré d'admiration

sage institution, voulut en doter le , auquel il s'efforçait de rendre la insinuant du sang chrétien dans les jst ce que nous apprenons de S. Gréazianze,'dans son troisième discours prince ; et Thislorien Sozomène qui B même fait {Hist. eccl. v. 16), tranîttre entière de Tapostat à Arsace, ificateur de la Galatie, laquelle renrescriptions les plus précises à ce suconcerne les lettres de recomman-

surtout remarquable : t Pénétré m principalement pour les notes et » lettres épiscopales, par lesquelles ne de se recommander réciproque - )yageurs , il ordonna que , de quelu'ils vinssent, les étrangers fussent ne des connaissances et des amis, et

fussent soignés avec bonté, sur le témoignage de notes de même nature. >

II. — L'assistance des étrangers et la sûreté du commerce entre les fidèles , n'étaient pas les principales raisons qui déterminèrent PÉglise à établir les lettres de communion. Elle avait des vues plus importantes et des desseins plus élevés. Les lettres de communion étant principalement pour les ecclésiastiques , elles servaient à tmir les pasteurs les plus éloignés, à ne faire de tous les ôvéques qu'un seul épiscopat, et de plusieurs sociétés chrétiennes qu'une seule Église , comme dit excellemment TertuUien (pTxscript. xx) : « Tant et de si grandes Églises ne sont pourtant qu'une seule et première Église , venue des apôtres , et de laquelle sortent toutes les autres. De cette façon, toutes sont la première Église, toutes sont apostoliques, lorsque toutes ensemble gardent l'unité, lorsque toutes ont la communion de la paix, et l'appellation de fraternité , et la même tessère d'hospitalité, tous droits qui ne sont point régis par un autre moyen que par l'unique tradition d'un môme sacrement. » Au contraire, les sociétés hérétiques n'entretenaient aucun commerce d'union et de chanté, ni avec les Églises apostoliques , ni avec aucune de celles qui leur étaient unies, c Elles ne sont pas apostoliques (Cap. xxxii), et les Églises qui, d'une manière quelconque sont apostoliques, ne les reçoivent pas à la paix ni à la communion. » S. Optât (Lib. ii De schism. Donat. n. 3V et S. Augustin (Epist. xuv. 3) se servent de cet argument contre les donatistes, pour prouver qu'ils sont un démembrement de l'Eglise catholique, un ruisseau détourné de sa source.

Et nous voyons ces règles mises en pratique dans toute la primitive Église. Ainsi les Pères du deuxième concile d'Antioche qui déposèrent Paul de Samosate, donnèrent avis de sa déposition au pape Denys, à Maxime d'Alexandrie et à tous les évoques du monde, afin qu'aucun n'entretint avec lui le commerce des t lettres de communion, » et qu'on les adressât à Domnus qui lui avait été substitué (V. Euseb. Hist, eccl. VII. 30). Lorsque Télection du pape Corneille et l'intrusion de Novatien tenaient, dans les commencements, les évoques éloignés dans l'incertitude et le doute, S. Cyprien fut d'avis de suspendre la communication des Églises d'Afrique à l'égard de l'un et de l'autre, et d'adresser les lettres au clergé de Rome, en attendant que les députés qu'il avait envoyés à cette Église lui apportassent des nouvelles propres à l'éclairer (Cyprian. Epist. xlv). Le môme Saint nous apprend dans sa quarantedeuxième lettre, adressée au pape Corneille, que les papes faisaient connaître leur promotion aux grands métropolitains, et qu'ensuite on n'exigeait d'eux aucun nouvel éclaircisse-

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ment, à moins que leur élection n^eût été contestée. S. Cyprien (Eptst. lxvû) écrivant au pape Etienne pour l'engager à écrire à son tour aux évoques des Gaules, et au peuple d'Arles en particulier, d'excommunier Marcien, évêque de cette ville qui s'était lié avec les novatiens, lui recommande de ne pas manquer de lui faire savoir celui qu'on aura placé sur ce siège « afin qu'il sache à qui adresser ses lettres. »

III. — Les lettres dont il est ici question portaient encore le nom de communicatoires, et s'entendaient d'une attestation de communion avec l'Église : elles furent aussi appelées, pour cette raison c pacifiques, » paci/îca?, ou, d'un mot dérivé du grec, irenicx^ ecclésiastiques, canoniques. C'était, comme on vient de le voir, celles que les évoques s'adressaient mutuellement pour témoigner de l'union qui existait entre eux en matière de foi, et pour faire connaître aux peuples les évoques avec lesquels ils pouvaient sûrement communiquer. C'était un moyen de nourrir et d'entretenir la communion générale des Églises entre elles et de toutes avec l'Église mère. Mais comme ces lettres étaient sujettes à être falsifiées par les hérétiques, les trois cent dix-huit pères de Nicée prescrivirent qu'elles fussent contre-signées parles lettres II, ï, A, II; ce qui désignait les trois personnes de la Ste Trinité, natrîp, Pater ^ YÎ6ç, Fdius^ "Afiovllveuixa, sanctus Sptntvs (Sarnelli. Leti. eccl. t. i. p. 7). En Occident, les évoques le plus souvent les scellaient du sceau de leur anneau épiscopal (Augustin. Epist. ccxvir. — Cvncil. Aurelian. i [In prxfat. Cludov.]).

Quand une Içttre communicatoire, soit encore « salutatoire » avait été reçue dans une Église particulière, la coutume était de la porter à la connaissance des fidèles en en donnant lecture du haut de l'ambon.

A l'exception de VEpitreaux Hébreux^ toutes les lettres de S. Paul sont des lettres communicatoires ; le grand apôtre les écrivait aux diverses Églises pour « communier avec elles, » et pour entretenir celle où il se trouvait dans le moment en la société de Jésus-Christ, avec les Églises auxquelles il adressait sa parole écrite.

S. Chrvsostome fait mention des lettres de paix dans une de ses homélieâ sur la seconde Épitre aux Otritithiens (Homil. m), et Eusèbe en rapporte d'illustres exemples dans son Histoire ecclésiastique. La première (iv. Ik) est la lettre de l'Église de Smyrne à l'Église de Philomélie et à celles du Pont touchant le martyre de S. Poly carpe; une autre des Églises dç Lyon et de Vienne (v. 1) au sujet des premiers martyrs de leurs provinces, aux Églises d'Asie et de Phrygie ; enfin il donne la

lettre de S. Denys, évoque de Corinthe a Lacédémoniens, aux Athéniens, aux Nicon diens, et à différentes autres communau chrétiennes, afin de les confirmer dans la et de les maintenir dans l'union. Tout le moi sait que ces lettres, les deux premières s tout, comptent parmi les plus précieux et plus vénérables monuments de l'histoire ec( siastique primitive.

IV. — Les lettres de communion s'appell encore lettres formées, litterœ firmatx, pa qu'elles avaient une forme déterminée, étaient écrites en caractères de convent afin qu'elles ne pussent pas être contrefail sorte de chiffres dont les catholiques se avaient la clef. (V. l'art. Tesséres. n.II. 2*>: passage de S. Basile (Epist. cciii) semble fa riser cette interprétation. Peut-être portaie plies ce nom parce qu'elles étaient signées, s( lées et peut-être souscri tes parquelquestémo Car t6::oç, ou forma., signifiait originairem un cachet, comme huUa le signifia depuis di la basse latinité. (V. Duguet. Conférences ecù t. I. p. 430.)

Quoi qu'il en soit, il parait que ce nom lettres formées n'était pas commun à toutes lettres de communion, mais spécial à ce! qu'on donnait aux ecclésiastiques. Nous avons la preuve dans deux lettres de S. : doine Apollinaire. Dans la première il reco mande à un évêque un des lecteurs de s Église, que ses affaires obligeaient à sortir Clermont (L. vi. epist. 8) : ^ Comme son no dit-il, est inscrit au rôle des lecteurs, j'ai lui délivrer, en sa qualité de clerc, une letl formée. • L'autre où il s'agit aussi d'un h teur, fait lire des termes plus pré(;is encc (VII. 2) : « En sa qualité de lecteur, il a duc tenir de moi des lettres de l'espèce de cell qu'on appelle formées. » Les Grecs avaie aussi pour désigner cette sorte de lettres mot équivalent à formées. Le concile d'Ant che (Can. viii) les appelle « canoniques, i qui les distingue évidemment des autres (; étaient délivrées indifféremment à tous ce qui voyageaient. Car après avoir dit au can septième : Nullus externus sine paa/icis sttSi pialur^ ce qui regarde tout le monde ; il diti suivant : Nec presbyteri qui sunt in paqis dt CANONiCAS epistolas. D'où il parait que lespr très qui pouvaient donner les lettres orc naires de communion dites pacifiques, n' vaient pas le droit de déli\Ter celles qui so nommées canoniques, et qui, par conséquei étaient différentes.

Il y avait encore cette différence entre 1 lettres des laïques et celles des clercs, que 1 unes ne donnaient droit qu'à la communie tandis que les autres étaient nécessaires m^ pour voyager. Nous avons vu que le conc

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\ntioche avait défendu de recevoir aucun •yageur sans lettres de paix ou de commuons sine pacificis. Mais celui de Laodicée déod à tous les ecclésiastiques de voyager sans ttres canoniques, sine litteris canonicis (Can. .1. Les évoques eux-mêmes ne pouvaient itreprendre de longs voyages sans lettres rmées, qu'ils devaient recevoir des métroilitains, ou, en Afrique, du primat de chaque ovince : Placuit ut nullus episct^i'orum naget sine formata primatis^ dit un concile ' Carthage de l'an 397 (/n cod. Afric, post n. Lvi;. Le pape Zozime accorda à Patrocle, êque d'Arles, le droit de donner à tous les êques des Gaules, des sept provinces, des ttres formées pour venir à Rome; et il déira que non-seulement il ne recevrait aun évêque ou ecclésiastique des Gaules sans telles lettres, mais qu'il séparerait de la mmunion ceux qui violeraient cette ordonnée. V. Duguet. I. p. 429.) V.— Le concile de Chalcédoine (Can. xi; état encore une distinction entre les lettres de ommandation : commendatitix ^ qui se donient aux personnes d'une grande distinction, à ceux dont l'honorabilité avait été mise en estion, et les lettres de communion qu'on »rdait aux autres ; il ajoute que ce sont les-ci qu'on doit donner aux pauvres.

Hous voyons au reste par S. Jérôme, in igene {De script, eccles. t. iv. 0pp. p. 116 , une recommandation, sub testirnonio eccles/i X epistolœ^ était une recommandation n puissante.

VI. — L'office de porter les lettres eccléstiques de quelque nature qu'elles fussent [Mirtenait aux lecteurs et aux sous-diacres, isinous voyons ^Cf. Tillemont. m. p. 426 'un sous-diacre du nom de Clément fut irgé, pendant la vacance du saint-siége en- : S. Fabien et S. Corneille, -de rendre la corîpondance si active alors entre le clergé de ime et celui de l'Église de Carthage, privée, e aussi, de sou pasteur S. Cyprien, qui avait se retirer momentanément devant la percution. Plusieurs des lettres de S. Cyprien 1 clergé de Rome furent aussi portées par ce ftme Clément. Et le S. évoque de Carthage conte lui-môme que cette discispline était Uement rigoureuse, que, ayant dans une aue circonstance à écrire au clergé de Rome, n ayant pas de clerc sous sa main, parce le tous les siens étaient absents, il ordonna à îl effet Saturus, lecteur, et le confesseur •ptatus, sous-diacre (Cyprien. Epist. xxiv;. to se servait néanmoins quelquefois d'un prô- ^1 quand à la charge de rendre une lettre i sa destination se joignait quelque mission felicate exigeant une prudence consommée, ^i^ c'est par le prêtre Primitivus que S. Cy-

prien envoie au pape Corneille l'épitre qu'il lui écrit après la condamnation de l'antipape Novatien par le concile de Carthage, et ce prêtre était chargé d'expliquer verbalement tout ce qui s'était passé en Afrique à ce sujet (Tillemont. iv. p. 10^;.

L'usage de faire porter la correspondance ecclésiastique par des clercs s'est conservé , si nous en croyons Sarnelli (Loc. laud. 9), chez les évêques de la Pouille, qui ont retenu une foule de pratiques de la vénérable antiquité.

L1BELLATIQUE8.— L— S. Cyprien parle très-souvent des libellatiques dans ses œuvres, particulièrement dans ses lettres (V. Epist. XXXI. LU. Lxviii et passim). Les libellatiques étaient une classe de tombés (V. l'art, lapsi) qui, sans avoir conmiis aucun acte d'idolâtrie, ni vouloir se montrer matériellement infidèles à la foi, croyaient pouvoir concilier leurs devoirs de chrétiens avec le soin de leur sécurité contre les menaces de la persécution, en se procurant, à prix d'argent ou autrement, des libelles ou certificats attestant qu'ils avaient obéi i*n cela aux édits des empereurs iFecisse se dixit quidquid alius facietido œmmisit s^Cyprian. De laps. 0pp. p. 190. edit. Oxon.), Ces libelles se lisaient en public ; de telle sorte (jue ceux qui les avaient obtenus scandalisaient l'Église de Dieu, et réjouissaient les idolâtres par une apostasie simulée. Leur crime était moindre sans doute que celui des apostats effectifs qui avaient, ou mangé des viandes immolées, ou brûlé de l'encens devant les idolesî ou participé aux sacrifices. L'austère évoque de Carthage, et avec lui le clergé de Rome dans une lettre qu'il lui adressait pendant la vacance du saint-siége (InterCyprianicas. p. (i2) semblent les mettre sur la même ligne.

Tous n'étaient pas coupables au môme dégré, et les OEuvres de S. Cyprien lui-môme permettent de les ranger en plusieurs classes :

1° Les plus criminels étaient ceux qui demandaient eux-mêmes aux magistrats ou aux officiers chargés de la recherche des chrétiens et de dresser le dénombrement des familles, à être inscrits dans leur registre comme étant de la religion du prince et serviteurs des divinités de l'empire, ou qui, du moins, s'y laissaient inscrire sciemment et sans réclamation : nia professio deneyantis^ contestatio est Christiani quod fuerat abnuentis (Cyprian. ibid.}. Us avaient sacrifié, dès lors qu'ils avaient voulu qu'on crût qu'ils l'avaient fait.

2° Ceux de la seconde classe étaient plus excusables; car la chose s'était faite en leur absence et sans leur participation directe ; un de leurs amis, ou môme un païen, s'était chargé de tout, et eux n'avaient eu qu'à don-

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