‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 157 sur 266 · XLIX. L · texte numérisé non relu

XLIX. L

)iis savons par le témoignage de S. Augustlomil. cix De divers,) que les chrétiens de ! ville avaient une basilique sous le vocable Machabées; et il nous reste de ce Pore

sermons pour leur solennité et où il s'aple à démontrer qu'ils furent véritablement yrs chrétiens. Nous pouvons conclure de le la fête des Machabées était solennellet célébrée en Afrique au temps de S. Auin. Le premier de ces deux sermons comce par ces mots: c La gloire des Mâchavous a fait ce jour solennel. » Nous le sa-

sûrement par le célèbre calendrier de lise de Garthage, où on lit : KcU, aug. torum Machabeorum. (V. Patrol. Migne.

... col. 1223.) S. Grégoire de Nazianze a i pour cette solennité un sermon où il dit t. XXII. De Machab,) : c G^est en l'honneur nom des Machabées que nous célébrons ) fête ; car, bien que plusieurs s'abstien-

de les honorer, parce qu'ils n'ont pas battu après le Christ, ils sont dignes néants d'être honorés par tous, parce qu'ils léployé une âme forte en faveur des lois et institutions de leur patrie. > Nous trouvons discours analogues parmi ceux de S. Gau- «,évéque de Brixium (Serm. xv. DeMach.\ isèbe d'Émesse {HomiL de Machab.)^ du pape lie Grand (Serm. lxxxii. De sept Machab.), (8t donc évident que cette fête était relue dans toute l'Église catholique. S. Grée de Nazianze en donne pour raison qu'ils

furent de tout point admirables» dans leurs actions, et même, sous un certain rapport, plus admirables que les martyrs qui ont sacrifié leur vie pour la religion après la mort du Christ (Loc. laud.): « Ceux, dit-il, qui après les passions du Christ ont subi le martyre, que pouvaient-ils faire, alors que, persécutés à l'exemple du Christ, ils étaient mis en demeure d'imiter la mort qu'il avait acceptée pour notre salut? Ceux qui, sans l'ascendant d'un tel exemple, ont déployé tant de courage, ne se fussent-ils pas montrés plus héroïques encore, s'ils avaient eu cet exemple pour stimulant dans leurs épreuves? »

La fête des Machabées est marquée aux calendes d'août dans le sacramen taire de S. 6élase (Muratori. Lit. Rom, vet. t. i. col. 658), ainsi que dans le martyrologe romain : Antiochia passio sanctorum septem fratrum Machabxorum^ cum matre sua^ qui passi sunt sub Antiochio Epiphane, Le martyrologe ajoute que les reliques de ces martyrs avaient été transportées à Rome et qu'elles se conservaient dans l'église de Saint-Pie rre-ès-Lien s.

L'histoire des Machabées ne se trouve pas seulement dans les Écritures canoniques; l'historien Josèphe, au témoignage de S. Jérôme (De script, ecc/.), en avait aussi adressé le récit à Polybe de Megalopolis. Voici les noms que leur donne l'écrivain juif: la mère de ces héros s'appelait Salomona; le fils aîné Machabée, le second Aber, le troisième Machir, le quatrième Judas, le cinquième Achas, le sixième Arath, le dernier Jacob. (V. Baron. Not. ad nMrtyra/l. Rom. ad kalend. aug.)

MAGES (ADORATION DEs). — C'est un des sujets du nouveau testament le plus fréquemment reproduits dans les monuments antiques. C'était une profession de foi à la divinité de Jésus-Christ et à la maternité divine de Marie, et une protestation contre les hérésies qui attaquaient ces deux dogmes. On donne encore un autre motif à ces représentations: on pense que les fidèles, qui pour la plupart étaient nés dans le paganisme ou de- parents païens, voulaient en multipliant ainsi la figure des Mages qui furent les prémices des gentils, se rappeler le

MAGE

MAGE

bienfait de leur vocation au christianisme. On pourrait citer à l'appui de cette interprétation un fond de coupe où se voit un Mage portant son offrande à la main, et ayant derrière lui, dans le champ du verre, le volume de l'Évangile (Buonarr. ix. 3).

Les Mages sont presque toujours au nombre de trois, selon Tancienne tradition de l'Église latine, bien antérieure à S. Léon à qui on en a quelquefois attribué l'origine. Quelques artistes ont suivi une autre tradition, ils mettent quelquefois quatre Mages, d'autres fois deux seulement, comme on le peut voir dans les représentations de Vierges pubhées naguère par M. De* Kossi. Ce sont là simplement des idées d'artistes, sacrifiant souvent les traditions reçues à un vain amour de symétrie.

Ils sont ordinairement vôtus d'une tunique courte et ceinte, et par-dessus du sagum ou de la chlamyde. Ils sont coiffés du pileus phrygien, ce qui fait croire que ces personnages venaient de la Perse. Leurs jambes sont nues ou protégées par une espèce de caleçons collants à la manière des Barbares. Nous avons au moins un monument où ils portent des bottes et de^ éperons (^Bottari. lxxxi). Millin publie un sarcophage {Midi de la France, pi. lxvi) qui le.s représente au moment où ils aperçoivent l'étoile, deux d'entre eux la désignent du doigt au troisième. Le môme sujet se trouve dans un bas-relief donné par Bartoli {Sopra un' arcu marmorea,.., Torino. 1768). C'est le début de

l'histoire.

Quelques monuments montrent la seconde

scène, qui est la comparution des Mages devant Hérode. Telle est une fresque découverte en 18^7 au cimetière de Sainte-Agnès. Le roi porte sa main sur son cœur comme pour protester de ses bonnes dispositions en faveur du nouveau Roi des Juifs (Perret, vol. u. pi. xlviii). Un sarcophage du quatrième siècle, existant à Ancône, fait voir la même scène ; mais il a de plus, près d'Hérodê, quelques autres personnages auxquels il adresse la parole et qu'il semble consulter (Bartoli. Op. laud.).

Dans le sujet proprement dit de l'adoration des Mages, on les voit debout devant l'enfant Jésus que tient sur ses genoux sa mère, assise sur un siège ressemblant aux chaires épiscopales antiques, et qui est parfois composé d'un treillis d'osiers (Bottari. xxii); à côté du siège ou derrière, S. Joseph se tient debout, et sur une pierre sépulcrale donnée par M. Perret (v. xii;, il étend sa main sur la tôte de Marie et de Jésus en signe de protection. Ceci semblerait appuyer l'opinion du P. Marchi qui suppose que ce personnage est le Saint-Esprit et non pas S. Joseph. Nous hésiterions beaucoup à admettre ce sentiment d'un sa\ant très-pieux, mais un peu tiop ami des interpi étalions symboliques.

Le divin enfant, au lieu d'être sur lesgeuoui de sa mère, repose quelquefois dans un berceau ou dans la crèche. Souvent aussi le tugurim est représenté sur le second plan, et le bœuf et l'âne sont auprès du berceau. (V. l'art. Bauj [Le"] et ri4ne.)

Dans la mosaïque du grand arc de Saint^ Marie Majeure (Ciampini. Vet. mon. i. il;, le Dieu enfant, comme marque de sa royauté, est assis sur un trône, entouré d'anges, et aux pieds duquel les Mages viennent lui offrir leurs dons. Mais ceci est particulier aux mosaïques, qui s'éloignent déjà de la simplicité des types primitifs, et les entourent d'une pompe jusque4à inusitée et que la pleine possession de la paix pouvait seule permettre* Cette mosaïque est du milieu du cinquième siècle.

Les monuments de tous genres montrent chacun des Mages portant une seule offrande, et non pas trois, comme quelques savants l'ont supposé. Communément, le premier offre un vase et une couronne d'or, le second une espèce de patère qui est supposée contenir la myrrhe, le troisième un vase du môme genre sur lequel est l'encens façonné en colombes, et qu'il présente sur un pan de son vêtement. La forme de ces dons varie cependant : soit, pour exemple, une peinture du cimetière de Calliste, où ils sont renfermés dans de petits coffrets Bottari. Lxxxii). L'étoile qui guida les Mages complète souvent le tableau, et brille au-dessiisde la tète de la Ste Vierge {Monum, de SU Mad. i. p. 735. — Allegranza. JÙonum, di Milam. tav. iv), et, ordinairement, le premier Mage la désigne de la main, ou bien avec le vase en forme de préféricule qu'il offre à Notre-Seigneur (Id. lxxxvi).

Dans une peinture récemment découverte par suite d'un éboulement extérieur de terrain, au cimetière de Cyriaque, l'étoile est remplacée par le monogramme du Christ : c'est une intéressante singularité dont on ne connaît pas d'autre exemple. M. Le Blant avait déjà néanmoins signalé quelque chose de sem* blable sur des sarcophages d'Arles, où Tétoile renfermée dans un cercle ressemble à certaines formes du chrisme que fournissent les monuments antiques, les mosaïques notamnient L'étoile, c'était bien le Christ qui t éclaire tort homme venant au monde, » et qui, dans la personne des Mages, illumina de sa lumière divine ceux qui étaient assis à l'ombre de la mort et marchaient dans les ténèbres de l'idolâtrie. M. De' Rossi a récemment publié 1« monument dans son Bulletin archéologique (Oo* tobre 1862).

On remarque une particularité fort curieuse sur le bas-relief d'un sarcophage du cinn^ï* de Sainte-Agnès (Id. xxxiii) : c'est que le premier des Mages agite sur la télé de reofaflt

ftabeiluin na'il titititde lamaiJt droite, que da U gauche il présente son otite quelques verres dorés de petite dii{V. Garrucci. Velri.n. 7.8.9.10.11) !ul Mage est représenté avec son ofà I» main; et l'un dVux (N. fi) offre rconstance remarquable , déjà notée it, que derrière le Mage est figuré le de l'Évangile, pour rappeler que les furent les p. emiers parmi les gentils oir la bonne nouoette. Le n" 9 est eiiun cercle de métal et muni d'un ane qui indique qu'il était destiné à Être

eut citer aussi quelques médailles et ous de bronie représentant le même 3t qui durent être afTectës au même

.3 — MAiN

usage. (V. Mamaclii. lib. ii. % 3. p. 311.)Pasqualini^ cbanoine de Saiote-Marie Majeure, possédait un objet de ce genre (Hagioglyplct. p. 78); un autre se trouve dans le cabinet de M. Edm. Le Blant, qui l'a publié dans V Athénée français (Février I8&6. p. 9).

Le P. Moziîoni [TavoU cronalogiche eriticke delta slor. delta chiesa irniversale. secolo iv. p. 47.Veneïia. 1857)apublié trois cuillers d'ai^ gentsur l'une desiiuelles l'adoration des Mages est flgui'ée en or et en émail. Ces curieux monuments ont été trouvés près d'Aquilée, en 1792,

Mais nous ne saurions rien présenter à nos lecteurs de plus digne de leur attention que le dessin ci-contre qui reproduit avec uni grande fidélité une fresque encore inédite du cimetière de Calliste,

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