‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 163 sur 266 · III. — L'antiquité chrétienne nous a trans · texte numérisé non relu

III. — L'antiquité chrétienne nous a trans

mis une foule de monuments êpigrapbiqnes où se produisent sous toutes les formes les témoignages des regrets, de la douleur, de la tendresse d'un époux survivant à l'égard de la compagne qui Ta précédé dans la tombe ,et ré ciproquement. (V. l'art, contra votom.)

r C'est d'abord par des éloges que s'exhale le plus naturellement la douleur. Ces éloges, simples au deuxième et encore au troisième siècle, deviennent plus ambitieux après l'époque de Constantin, et finissent souvent par revêtir des formes emphatiques d'une loDgueur démesurée et parfois peu convenables aux disciples de la croix. Quoi qu'il en soit, des expressions comme celles-ci : conivgi optimo et

INNOCENTISSIMO, — CONIVGI FIDELISSIMAE, - CONrVGI SANCTAE, — DIGNAE ET BEATAE, — ME- RENTI ET BENEVIVENTI, — COMPARI CASTAE, - CONIVGI PVDICISSIMAE, — OBSEQVENTISSIMAE, CeS

expressions qu'on rencontre à chaque page des recueils, prenaient chez les époux chrétiens un caractère de sincérité et de vérité qui n'existait pas dans la société romaine, où le lien conjugal était si peu respecté, par la facilité même qu'on avait de le rompre.

2» Et Encore, dans les épitaphes chrétiennes, ces formules vagues étaient plus rares, et ordinairement l'éloge était motivé. On aimait surtout à y rappeler la concorde qu'avait entretenue entre les époux le fidèle accomplissement des devoirs réciproques, et en particulier la vie irréprochable de l'épouse. En voici une tirée du cimetière de Sainte-Blasilla (Lupi. Sever. epitaph, p. 145), et que, soit les louanges données à la vertu de l'épouse, soit la tessère ixerc qui la te i mine, rangent parmi les monuments les plus intéressants des catacombes : CECILIVS, MARTITVS. CECILIAE || PLACI- DINAE. COIVGI. OPTIMAE. || MEMORIAE. CVM. QTA. VIXI. ANNIS. X. Il BENE. SENE. YLLA. QAERELU.

ixerc. c Cecilius, mari, à Cecilia Placidina, son épouse d'excellente mémoire , avec laquelle il a vécu dix ans , heureusement et sans aucune plainte. »

Les formules de ce genre où un époux se plaît à évoquer le doux souvenir de la constante harmonie qui charma son union, sont très-fréquentes : sine lesione animi mei (Passionei. LXIV. 19); MECVM FEC1T... SINE ULU

coNTROVERSiA (De' Rossi. I. n. 1128. p. 519);

QVAE VIXIT MECVM INCVLPABILITER ET CVM OII>'|

svAViTATE DVLcissiME .* f Qui a vécu avcc moi d'une vie irréprochable, avec toute espèce de suavité et douceur (Id. Bullettino mM 1864. p. 34); » sine vlla discordia (Boldetti);

QVAE NVMQVAM MECVM DISCORDIA (De'RoSSi. »^;

n. 194). L'épitaphe d'vRBiCA (Gruter. MLVinV présente cette variété intéressante : qvae. f-^-

OBSEQVIO. Il SEMPER. NOBIS. CONVENIT. jj W **'

TRiMONio : t Qui , par son attention respec-

MARI

MARI

maintenu une constante harmonie I mariage. » Ailleurs Téloge porte lité aux devoirs purement matériels

conjugale : rvpina. qve. mecvm.

RAVIT : c Rufîna, qui a bien travaillé

» (Marang. Act. S. Vict, p. 123.) si (T. I. p. 85) donne un titultus où, )n à la création de la femme, une

appelée la côte de son mari, c^est ssion de tendresse très-rare sur les s épigraphiques, mais dont on trouve les dans les textes anciens et partiit dans ceux des Pères grecs (Greg.

- cf. Rossi. i6.). Voici la première inscription, qui est de 362 : visci-

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