I. COSTAE. SVAE
n n'égale en ce genre le pieux tél'affection conjugale que révèle une des environs de Padoue, donnée par Thesaur. mcmix. 3). On y voit qu'une it, de la Gaule, franchi cinquante pour venir célébrer la commémora- 1 mari sur son tombeau, memoriam, t l'anniversaire de sa mort, qui l'as loià de sa patrie :
JITINA. CARA. CONIVX. QVAE
DE. GALLIA. PER MANSIONES VT. COMMEMORARET. MEMORI
AM. MARITI. SVI SNE. QVIESCAS. DVLCISSIME.
une classe de formules non moins , et plus intéressantes peut-être, lies sont exclusivement propres au hrêtien. Telle est la qualification , quelquefois vnibira donnée à un nbre de femmes, et qui indique ivaient été mariées qu'une fois. On nement l'intention de lui en faire honneur : car l'esprit de l'Église mprouvait les secondes noces, sans idant jusqu'à les prohiber. Une autre t indifféremment appliquée aux deux jst celle de virginivs et Virginia, le mariage contracté dans la virgiconséquent la monogamie. (V. l'art.
nRGiNiA.) On sait que S. Paul im- ) condition aux veuves qui devaient 3S pour l'office de diaconesses : Qwp \ viri uxor (l Tim. v. 9); il en exiit de ceux qui pouvaient être appe- :opat ou au sacerdoce : Unités uxoris L III— Tit. I. 6\
, une dernière manière d'exprimer l'on attachait aux souvenirs d'une mée, c'était d'en supputer sur les i durée avec la précision la plus , tenant compte des jours et des mes. (V. Marangoni. Act, S. Vict.
Nis. XXXVII. M. VIII. *— De Boissieu.
p. 594 : ANNis. V. MENS. VII. DiES. iiii.) L'épitaphe que ianvaria fît inscrire sur la tombe de son mari felix, monument retrouvé au cimetière de Prétextât, et publié par Marangoni {Cose gerU, p. 465), va jusqu'à l'indication des heures : an. || n. xiii. men. || x. dies. xvi. or. m. t Treize ans, dix mois, seize jours, trois heures. »
5<» D'après . toutes ces marques d'affection, ces expressions de regret, ces témoignages rendus par des maris à la vertu de leur épouse, nous pouvons juger de ce qu'était la société conjugale sous la loi chrétienne pratiquée dans sa pureté et sa ferveur primitives. Les écrits des Pères et des historiens des premiers siècles nous présentent de la famille, telle qu'elle fut organisée par la sagesse de l'Église, un tabeau admirable dont ceci n'est qu^un reflet. C'est que, s'inspirant des préceptes du Maître, déjà développés par S. Paul, les Pères et les conciles avaient réglé jusque dans les plus menus détails les devoirs réciproques des époux dans les différentes circonstances de la vie, de façon à établir et à entretenir entre eux la paix et la concorde. L'époux était pour safemme un ami et un protecteur plein de tendresse, l'épouse avait pour son mari une soumission tempérée par l'amour et la confiance. L'Église avait tellement à cœur d'écarter tout ce qui aurait pu troubler une si enviable harmonie, que, même dans les choses libres relatives à la religion, elle accordait toujours la prépondérance à l'autorité du mari. Ainsi, par exemple, le deuxième concile d'Arles, tenu en 330, avait décrété (Gan. xxii) qu'une femme, sans le consentement de son époux, ne pouvait être admise à la pénitence : Pcenitentiatn conjugatis nonnisi ex consensu dandam, (V. l'art. Pénitence canonique.)
Le concile d'Elvire régla aussi, quant aux femmes mariées, l'économie de la correspondance, de telle sorte qu'une épouse chrétienne ne pouvait jamais ni écrire, ni recevoir, même dans un but religieux, une lettre en son nom propre. Quand la chose était nécessaire, elle écrivait au nom et du consentement de son mari (Concil. Eliberit. can. lxxxi) : Ne feminx $uo potius quam maritorum nomine laids scribere audeant^ qui fidèles sunt ; vel litteras alicujus pacificas ad suum solum nomen scriptas accipiant. (Quant aux lettres appelées ici pacifiques^ V. l'art. Lettres ecclésiastiques.)
L'histoire ecclésiastique des premiers siècles offre de nombreux exemples d'époux qui, pour une plus grande perfection , établissaient entre eux, d'un consentement réciproque, les relations d'une sainte fraternité. Nous ne connaissions pas jusqu'ici de marbres funéraires relatant cette circonstance. Il s'en trouve un dans l'antique pagus d'Aoste (Isère), et M. Ed.
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Le Blant Ta consigné dans le second volume de ses inscriptions chrétiennes de la Gaule {P. 31); les époux avaient nom Ampelius et Syngenia. L'épitaphe porte qu'ils « vécurent dans l'affection et la tendresse conjugale environ soixante années.... Telle fut l'excellence de leur vie que, la fenune, se séparant de son époux pendant plus de vingt ans, garda une continuelle chasteté :
.... OVORVM VITA TALIS fuU Ut /ïn
QVENS coNivx MARiTVM XX annos....
EXCEDENS IN CASTITATE PERPEtua PERDVRARET.
I Restitution de M. Le Blant.
MARTYR AMI.— C'étaient des clercs préposés à la garde des martyria ou tombeaux des martyrs. (V. les art. confessio, martyrium, me- M0RiA....)Dans l'Église romaine, ces fonctions étaient en grand honneur; et le pape S. Sylvestre place, dans la hiérarchie cléricale, les martyrarii au-dessus des sous-diacres (Anast. Biblioth. In Sylvestr.) : Constituit ut si quis desideraret in Ecclesia militare, etc.... ut esset prius ostiarius^ deinde ledor^ et postea exorcista per tempora^ qux episcopus statuerit ., deinde acolythu annis quinque.^ subdiaconus annis quinque^ CUSTOS martyrum annis quitique., prèsbyter annis tribus^ etc., et sic ad ordinem episcopatus ascendere. « Il décréta que, si quelqu'un désirait militer dans l'Église.. .. il fût d'abord portier, ensuite lecteur, puis exorciste pendant l'espace de temps jugé convenable par l'évoque ; après acolyte cinq ans, sous-diacre cinq ans, gardien des martyrs cinq ans, prêtre trois ans, et qu'il montât ainsi par degrés à l'ordre de Tépiscopat. » S. Grégoire de Tours fait mention d'un martyrarius Proserius {Miraculor. 1. ii. c. 46). S. Léon le Grand fut le premier pape qui attacha près du tombeau des apôtres S. Pierre et S. Paul des gardiens, qu'Anastase appelle ici cubicularii (In Léon, /).
MARTYRE. — Au seizième siècle, le pape Grégoire xiii fit exécuter par le Pomarancia, dans le pourtour de l'Église de Saint-Étienne le Rond à Rome, une série de tableaux à fresque représentant les principaux supplices des martyrs. Un jésuite, le P. Michel, avait été l'instigateur de la mesure, et l'artiste, faute de modèles antiques, avait emprunté ses types aux récits et aux descriptions si animés des Actes des martyrs. Sans doute , ces sortes de représentations n'étaient pas dans les usages des temps tout à fait primitifs du christianisme, les catacombes n'en offrent pas d'exemples, et on sait que le crucifix lui-même, pour des raisons que nous avons données dans notre article spécial sur cette matière, n'apparaît dans nos monuments publics que vers la fin du sixième siècle. Cependant les tortures de ces héros de
la foi durent être retracées aux yeux des fidèles dès les temps qui suivirent immédiatement les persécutions. Nous avons un discours de S. A»terius, évêque d'Amasée au quatrième siècle, sur le martyre de Ste Euphémie, qui n'est autre chose que la description détaillée de peintures représentant son supplice , dans une église qui lui avait été érigée. (V. Ruinart. edit. Veron. p. '431.) Rien n* est curieux comme cette description où le saint évêque s'efforce de lutter avec Tartiste lui-même par la vivacité des couleurs : Neque entm, dit-il, nos musarum a'wnm pejores pictoribus colores habemus^ c Nous, élèves des Muses, nous n'avons pas des couleurs inférieures à celles des peintres, i 11 nous reste aussi des hymnes du poète Prudence Peristeph. ix et xi) qui contiennent, avec le panégyrique de S. Cassien et de S. Hippoljte, la description de tableaux représentant leur martyre dans leurs églises à Rome et à Imola.
S. Grégoire de Nysse (0pp. t. ii. p. 1011. 1 aris. 1615) célèbre, dans un de ses ^scours, le martyre de S. Théodore peint sur les murailles d'une église qui lui était dédiée. L^éloqiience de S. Basile (0pp. t. i. p. 515. Paris. 1618") recommande aux artistes chrétiens du même âge le martyre de S. Barlaam, comme un sujet digne de leur talent, et comme un ornement convenable à son Église.
Des sujets de cette nature étaient souvent aussi retracés sur des bijoux et autres objets portatifs. On connaît un camée et un médaillon de plomb reproduisant très-vivement le martyre de Saint-Laurent. (V. Lupi. IHssert. e UU. t. I. pp. 192 et 197). — Le supplice de S. Jean devant la porte latine était représenté en tous ses détails dans la mosaïque du portique ds SaintnJean de Latran (Ciampini. De sacr. gdif. tab. II. 8), dont plusieurs parties ét^ent déjà fort endommagées quand Ciampini en releva le dessin. Nous voyons le massacre des Saints Innocents, sur un sarcophage de la crypte de S. Maximin, sur un diptyque de Milan (BugatL Mem. di S. Celso. in fin.), sur un autre publié par M. Rigollot, et enfin dans la mosaïque de l'arc triomphal de Sainte-Marie Majeure (Ciam* pini. Vet. mon. t. i. tab. xlix), monumentida commencement du cinquième siècle. (V. l'art Saints Innocents.)
A Tarticle Instruments sur les tombeons^ nous avons parlé d'une martyre qui est représentée sur sa pierre sépulcrale, le cou percé d'un glaive, ce qui dénote, sans aucun doute, le genre de mort dont elle avait été couronnée. C'est là un exemple peut-être uni^^ dans son genre. (V. ledit article.)
En voilà assez pour prouver que les représentations de martyres n'avaient rien d'opposé à l'esprit essentiel du christianisme, et quels contrainte imposée à l'Église par les perséco-
MART — 3
is fut Is seule cause qui les empScha de se duire plus Ut. Peut-être les fresques de it-Étieaue le Rond, pa.r l'accu mu lati on de t d'atraeités, peuvent-elles révolter la déliesse de* époques de décadence ; mais aussi pectacte de la constance de nos pères au mi- I de ces tourments inouïs n'est-il pas bien ;pour réveiller et entretenir dans les cœurs ta sainte énergie qui enfante les niâles ■tus, et soutient l'homme dans ie combat de vie, au bout de laqueLe brille la couronne
L'œuvre du Pomarancia fut gravée par Temita pour servir d'illustration au traité de Uonio sur les tourmeuts des martyrs (Rome 91); ces planches ont été reproduites dans le lisième volume du grand ouvrage de Mamai [Origin. et antiq. Christ.), et encore dans le uiiéme volume de sou petit traité (Dei coimi it'primit. CriU. à partir de la page 333). : que le lecteur aurait de plus simple à faire iQr avoir une idée des tourments des martyrs ^la foi, ce serait de parcourir ces plaucbes. iiir ceux qui n'en auraient pas la facilité, ras allons tracer un rapide tableau des prinpaui genres de supplices qu'inventa contre u l'itroce génie de l'intolérance et de la ïraécution.
1* fil étaient tutpendus de différentes tnanii- •t : Les uns sur la croix droite, à l'exemple uSanveur lui-même, comme S. Siméon évô- De de Jérusalem ( Euseb. Hht. ecd. m. 33) ; s autres sur la croix renversée, comme . Pierre (Orig. ap. Euseb, ibid. t ). Ce suplin était très-commun et exécuté de diiTéoKs manières. Les matrones Symphorose et léoniUe furent suspendues par les cheveux Naart. edit. Veron. p. 335), et Gorgoniua et Vmthie par le cou (Euseb. vici. 6). Eusëbe lU. S) parle de martyrs pendus par un pied. bieurs martyrs de la Thébalde furent sus- «alus par les pieds k deux arbres placés à H certaine distance l'un de l'autre, violem- Mit repliés i leur extrémité et assujettis dans Ita position par des cordes : à un moment nui, on coupait les cordes, les deux arbres («dressaient et le patient se trouvait écar- 'é (Euseb. ibid.). D'autres étaient pendus par > poignets avec un énorme poids aux pieds : Bmple le lecteur Marianus (Huin. p. 3kl). >• Torturés «t baltut : Il y avait le supplice
chevalet, exprimé dans les actes par les Mb «fMtieo luapendi, ou tenài in Toti$ fRuin. anm.} : c'était le tourment préliminaire, et Mute venaient communément les torches armâtes qu'on appliquait tour à tour à tous les Ambres, lompodei (lammantei, candetK or- Ma. s. Théodore fut étiré à l'aide de cordes ir oa appareil fixé en terre et sou corps s'al- »nge» juiqu*^ huit pieds ; fimibut ri Irorleis
13 — MART
«xlensus (Ruin. 517;. S. Viclor fut broyé sous une meule de moulin (Id. 262). Le supplice du nerf jutqu'au cinquième trou: cet instrument de torture était ainsi nommé, parce que à l'aide de nerfs, on étirait violemment et on engageait dans des trous de plus en plus espacés les pieds du patient renversé sur son dos, et jusqu'à ce que cette tension amenât la mort par la rupture du ventre. Plusieurs des quarantehuit martyrs de Lyon périrent par ce supplice (Ruin. 55), et Origône le subit jusqu'au quatrième trou à l'âge de pi es de soixante-dix ans (Euseb. VI. 39). Nous lisons dans les actes des SS. Claude et Astère (Ruin. 235) , au sujet de la martyre Theouilla, que le président Lysias ordonna que ses quatre membres 'fussent attachés à quatre pieux plantés en terre, qu'on lui frapp&t avec un bAton le dos et tout le corps, et qu'on lui mit des charbons ardents sous le ventre. La tension était si violente , que les épaules en étaient disloquées et que les membres pendaient comme morts : c'est ce qui arriva au martyr Aitala (Id. Ml).
3" Déchirée, percés , mutilés. Déchirés avec des crocs vncus , avec des ongles vngala, ou des peignes de fer , pectines ferrei , avec des fouets composés de chaînes de bronze au bout desquelles étaient des boules de plomb, pfitmbeii cmsi. Beaucoup de ces instruments ont été recueillis dans les cimetières des martyrs, et plusieurs sont conservés au musée chrétien du Vatican. M. Perret en a reproduit quelquesuns dans la planche quartorxième de son quatrième volume (Ruin. 146.237). Lesaint prêtre
Basile vit détacher de son corps sept listes de sa peau, aeptem lora 'Id. 513). Les sept fils de Ste Symphorose furent percés en différentes parties du corps, l'un k la gorge, un autre à la
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MART
poitrine, un troisième au cœur, les autres au nombril, dans les reins, dans le flanc, le dernier fut coupé par le milieu (Ruin. 21). On coupa à S. Victor le pied avec lequel il avait renversé l'autel de Jupiter (Id. 261). Les actes mentionnent beaucoup d'autres mutilations : des yeux arrachés, des pieds, des mains, des nez, des oreilles coupés (Euseb. viii. 12). Les tyrans, lorsqu'ils se voyaient vaincus par la constance des martyrs , finissaient ordinairement par leur faire trancher la tète (Ruin. passim).
4® Soumis à divers supplices par le feu. Plusieurs martyrs de la Mésopotamie furent suspendus la tète en bas, suffoqués par le feu et brûlés (Eusel). viii. 12). On a trouvé en 1844 dans un tombeau bisome des catacombes le corps d'un enfant de douze ans brûlé depuis la tête jusqu'au milieu des cuisses (Marchi. p.270). Ordinairement, on enfonçait les jambes du patient jusqu'aux genoux dans une fosse, on lui liait les mains derrière le dos et on l'attachait à un poteau entouré de sarments : d'où vint aux chrétiens le sobriquet de sarmentiiii (Ruin. 372. — Tertull. ApoL i). Tel parait avoir été le genre de mort de S. Poly carpe, évéque de Smyrne (Ruin. 27). Tout le monde sait que S. Laurent mourut sur un gril. Il y avait encore l'immersion dans l'huile bouillante, dans la poix fondue, dans la chaux vive. Tels furent les supplices, de S. Jean l'évangéliste , de Ste Potamienne, et de cette multitude de martyrs qui souffrirent du temps de S. Cyprien et qui sont connus dans la langue hagiologique sous le nom de massa candida (Ruin. 175. n. 11). Du plomb fondu fut versé dans la bouche de S. Boniface ; Id. 252\ S. Taracus fut percé sous les aisselles avec un pieu enflammé, son compagnon Probus le fut dans les flancs et dans le dos, et Andronicus eut les doigts mutilés avec le ràême instrument, obeliscus (Ruin. 389). Les Actes des martyrs mentionnent encore des clous et des lames de fer rouge et d'autres tortures par le feu, plus cruelles les unes que les autres. ,
5*» Broyés sous la dent des bêtes féroces : ce fut le glorieux trépas de S. Ignace d'Antioche (Ruin. 11), et d'une foule d'autres dont le sang arrosa l'arène du Golysée. S. Hippolyte fut emporté par deux chevaux indomptés qu'on fouetta avec fureur ; et son corps fut déchiré, mis en pièces, son sang arrosa tout l'espace parcouru, ses chairs restèrent en mille lambeaux attachées aux pierres, aux ronces et aux épines (Peristsph, xi. — V. l'art. Sang des Martyrs)^ où les fidèles allèrent les recueillir avec piété. Beaucoup de martyrs furent précipités d'un lieu élevé, comme S. Jacques le Mineur du haut de la plate-forme du temple. La célèbre matrone Symphorose, qui souffrit en
Campanie, fut ainsi précipitée dans une rivière avec une pierre attachée au cou (Ruin. 21).
Les Actes des martyrs mentionnent une foule de tourments dont le détail ne saurait trouver ici sa place : des chrétiens couchés surda pointes aiguës, sur des débris de poterie, ete.. des mâchoires brisées et des dents violemmeot arrachées, des instruments aigus enfoncés soni les ongles, des jambes rompues, les noyades sur des navires désemparés et livrés au caprice des flots, des patients renfermés dans des sacs de cuir avec un chien et un aspic, avecdessccn^* pions et des vipères (Ruin. 327. 306. 251- Ëuseb. Hist, eccl. viii. 12 et passim). Dans le catalogue de l'abbé de Tersan (n. 19^) est décrit un petit monument de bronze plein d'intérêt. C'est un navire sur lequel sont placés u homme et un lion. L'auteur du catalogue ^ ici un martyr abandonné sur la mer à cet mimai destiné à le dévorer. Nous trouvons ce dernier fait consigné dans les notes de feo M. l'abbé Greppo.
En compulsant les ouvrages qui ont traité de cette matière, et notamment ceux de Gallonio, celui de Blanchini (Demonstr, Hist, ecci 3to1. in-fol.), et avant tout les martyrologes et les actes, il serait aisé d'y trouver les noms de plus de cent instruments de torture, et de divers genres de supplices. Peu de personnes sans doute auraient goût à cette étude dont le résultat est si peu honorable pour l'humanité.
MARTYROLOGES. — I. — L'Église mit toujours un soin extrême à recueillir les actes de ses martyrs et de ses confesseurs (Cypriait. epist. XXX VII. Ad presb. et diae,) Le pape S. Clément (Lt6. porUif, In Clem,\ disciple de S. Pierre, avait institué sept notaires qui, chacun dans la r^^ton qui lui était assignée, recueillait ces actes, et S. Fabien leur adjoignit sept sous-diacres pour les surveiller et les diriger dans cette œuvre importante. (V. l'art. notarii.)
Les actes étaient lus dans l'assemblée des fidèles au jour anniversaire de la mort de ces héros chrétiens, jour appelé natale dansie langage ecclésiastique (V. l'art, natale). Cet usage est attesté pour l'Église romaine par la lettre du pape Hadrien à Charlemagne (Labb. Conol. t. vu), et par Jean Diacre (Pr3ef, in Vit. (îny. Magni) ; pour l'Église gallicane par S. Césaire d'Arles (Serm. ccc in append. 0pp. S. Augustin), et par la liturgie gallicane qu'a éditée Mabilloo et où les noms des martyrs sont insérés ;pwf l'Église d'Espagne par la préface de Braulionà la Vie de S. Emilien^ et par les cantestaiiontcn préfaces des anciennes liturgies gallicane et mozarabe ; car ces liturgies avaient une préftw particulière pour la messe de chaque mârtyrct confesseur, laquelle renfermait un précis de l'histoire du Saint dont on célébrait la fête.
MART
MART
iC nombre de ces mémoires de martyrs s'ao t bientôt dans chaque Église, parce que les erses Églises se communiquaient réciprounent par lettres les actes de leurs martyrs ; ious reste plusieurs de ces lettres, dont les s célèbres sont celles des chrétiens de Smyrne le martyre de S. Polycarpe, et celle des (les de Lyon et de Vienne à leurs frères d'Aet de Phrygie. (V. Euseb. Hist, eccL iv. 15.
Linsi, en outre de leurs calendriers spéciaux,
Églises eurent bientôt des livres renfermant
-écit* succinct des actes de leurs martyrs et
leurs confesseurs propres, aussi bien que de
IX des autres chrétientés, de telle sorte que
némoire de chacun de ces héros de la foi pût
e rappelée dans rassemblée des fidèles au
r anniversaire de leur passion ou de leur
rt naturelle. C'est ce qu'atteste S. Grégoire
jrand (Epist. 1. vu. ep. 19), et telle est sans
:un doute Torigine des martyrologes.
il. — Quelques auteurs ont pensé (Molanus.
martyrolog. c. i. seqq.) que les martyrologes
it plus récents que les calendriers, d'autres
< ont confondus ensemble. C'est une double
*eiir. Les calendriers diCTèrent essentiello-
mt des martyrologes. Dans le calendrier, on
urqoait simplement le nom du saint ou du
irtyr, le jour de sa mort ou celui de sa fôte :
»t ce qu'on peut voir dans les calendriers de
Mne et de Carthage publiés par le P. Boucher
an, pasch. c. xv. — Mabillon. AncUect. m.
18;. Le martyrologe au contraire mentionnait
loutre le genre de martyre, le lieu et Tépoque
1 il avait été consommé, ainsi que le nom du
ge. Chaque Église avait son calendrier propre,
en est peu qui aient un martyrologe particu-
er. Les martyrologes ne concernaient pas une
glise spéciale, mais PÉglise catholique tout
itière ; ils comprenaient les martyrs et confes-
nrs de tout l'univers, dont les noms étaient
nprantés aux divers calendriers. (V. l'art. Cor
lérier.)
K. — n est bien avéré que l'Église romaine
ossédait un martyrologe au temps de S. Gré-
m (Loc. laud.) : Pêne omnium martyrum^
vHnctis per singulos dies passionibus^ collecta
t «M) codice nomina habemus^ t Nous avons
» noms de presque tous les martyrs réunis
ins un seul livre, où leurs passions sont dis-
ribuées à chaque jour. » On peut citer un té-
VBgnage plus ancien encore de ce fait : Wal-
ridStrabon {Dereb.eccles, c. xxviii) atteste que
^lise de Cordoue en avait un sous le règne
Is Théodose. Mais quel fut l'auteur du premier
ijWtyrologe? C'est ce qu'il serait difficile de
^ avec quelque fondement. On a avancé que
lepremier travail était dû à Eusèbe de Gésaréc,
**Tïe S.Jérôme en avait donné une version
'^^ Mais les paroles d'Eusèbe ne disent pas
clairement s'il s'agit ici d'un martyrologe proprement dit ou d'une collection d'actes de martyrs : (îp^aîtov MapTupcov ouvaYCDyi^v, veterum martyrum collectionem, La plupart des critiques se prononcent pour le dernier sentiment (Baron. Prxf, in martyroL Rom.).
Ce qu'il y a de plus probable, c'est que le véritable auteur du martyrologe n'est autre que S. Jérôme, qui, pour le composer, se servit peut-être des actes collectionnés par Eusèbe, et plus certainement encore des documents recueillis par les notaires, apostoliques depuis S. Clément, et dont sans aucun doute la collection était conservée dans l'Église avec un soin tout religieux. On peut donc à bon droit penser que le martyrologe dont S. Grégoire parle comme étant en usage à Rome au sixième siècle était celui de S. Jérôme, lequel, étant depuis définitivement adopté par l'Église romaine, prit le nom de martyrologe romain, et qui, comme tous les livres ecclésiastiques, a reçu dans le cours des siècles des augmentations et modifications successives. (V. l'art. Actes des martyrs.)
MARTYRS (nombiœ DEs).--Si l'on veut bien jeter un coup d'œil sur le rapide tableau que nous avons tracé des persécutions (V. ce mot;, on pourra se faire une idée de la multitude innombrable de victimes qui durent être immolées, durant trois siècles, par les ennemis de la foi chrétienne. Il s'est trouvé cependant, dans les temps modernes, des écrivains pour s'inscrire en faux contre un fait plus éclatant que le soleil. L'anglican Dodwel, en particulier, dans une de ses dissertations cyprianiques {Ap^ pend, ad opp. Cyprian. edit. Oxon. dissert. xi. p. 65), s'est imposé la tâche impossible de détruire, sur ce point capital de nos origines, tous les éléments de la certitude historique. Ses sophismes ont été réduits à néant par dom Ruinart {Prxfat. ad Act. sine. MM. c. ii), et la controverse n'est guère sortie depuis des termes où l'a laissée le savant Bénédictin.
On comprend que c'est principalement sur les martyrs anonymes que portent les dénégations de Dodwel, et que, pour en diminuer, le nombre, il cherche à se faire une arme du silence réel ou supposé des documents contemporains, ou même de l'absence de ces documents.
Il est certain que uous n'avons pas tout ce que l'antiquité avait écrit sur les premiers combats de l'Église ; la persécution de Dioclétien qui s'exerça sur les livres aussi bien que sur les personnes, dut faire disparaître une foule de noms et d'actes de martyrs, ainsi que beaucoup d'autres sources précieuses pour l'histoire ecclésiastique. Prudence déplore amèrement ces pertes dans de beaux vers que
MART
MART
BOUS ne pouvons nous dispenser de mettre sous les yeux du lecteur (Peristeph. i. Ik seqq.) :
0 vetustatis silentis obsoleta oblivio 1 Invidentur ista nobis, fama et ipsa extinguitur. Chartulas blasphemus olim nam satelles abstulit,
Ne tenacibus libellis erudita sscula Ordinem, tempus, modumque passionis proditum, Dulcibus linguis per aures posterorum spargerent.
c 0 funeste oubli de Tantiquité silencieuse ! On nous ravit nos t. très, on veut même en éteindre jusqu'à la mémoire I Nos annales, un impie satellite nous les a ravies jadis^, de peur que les siècles instruits par des livres fidèles, ne fissent parvenir, par le moyen d'une douce tradition, aux oreilles de la postérité. Tordre, le temps, le mode de la passion de nos héros. »
On voit qu'il s'agit bien ici des actes des martyrs détruits par la fureur jalouse des persécuteurs.
Il n'est pas moins indubitable que tout ne fut pas écrit : les notaires apostoliques, en dépit de leur zèle et de leur sollicitude, se trouvèrent souvent dans l'impossibilité de tenir note des noms de tous les martyrs que les tyrans immolaient presque chaque jour par milliers, et le plus souvent en masse et sans aucune formalité juridique, comme dit Ruinard {Adnot. in Euseb. p 316) : quasi tumul" tuose et nuUa observata juris formula. Notre Mabillon qui, comme on sait, poussa presque jusqu'à l'excès la sévérité au sujet du culte des saints inconnus (De cullu sanctorum ignot. epist. ad Euseb. Roman. Paris. 1699. et edit. emendat. 1705), ne fait pas difficulté d'avouer néanmoins que « dans les premiers temps, le nombre des martyrs était si considérable, qu'il fut souvent impossible d'inscrire tous leurs noms dans les calendriers, non-seulement des Églises étrangères, mais même des lieux oi!i ils avaient souffert (Iter. Ital. p. 139). »
Et il faut bien admettre cette explication des lacunes et de l'insuffisance de nos annales primitives. Autrement, de ce que, par exemple, personne ne nous a transmis les noms des victimes de la persécution de Néron, on serait en droit de nier ses horribles et incalculables massacres, sur lesc^uels néanmoins nous avons le témoignage non suspect d'auteurs païens, tels que Tacite {Annal, xv. 44), Suétone [In Néron, xxxviii), et Juvénal 'Satyr, i. vers. 155). Ainsi de la persécution de Domitien dont le païen Brutius(Cf. Mamachi Orig. i. p. 425) est pour ainsi dire le seul historien, et de celle de Trajan dont les martyrs ne sont nommés, ni par Pline qui les avait fait traîner au supplice, ni par aucun autre écrivain CPline Epist, lib. x. ep. 97).
La violence des persécutions, les dangers de toute sorte à travers lesquels devaient passer les chrétiens occupés des soins pieux de la sé-
pulture de leurs frères moissonnés par tant i gem-es de supplices, et la hâta qui néceas rement présidaiit toujours à ce ministère aaii expliquent suffisamment aussi pourquoi m grand nombre de ces tombeaux sacrés ne pc tent ni nom, ni inscription quelconque. On contentait d'y tracer à la hâte quelque sig symbolique ou simplement mnémonique dont sens est souvent resté obscur pour la postéril
Mais nous ne sommes pas réduits à ces i guments négatifs : les preuves positives nombre immense des martyrs abondent tel ment dans nos écrivains primitifs, qu'il ser impossible et superflu de les citer ici. On d se souvenir d'abord que Tacite (Jnnal, i 44) appliquait déjà à ceux qui, sous Nérc furent convaincus de haine du genre humai c'est-à-dire de christianisme, et punis comi tels, l'expression non équivoque de ing$ multitudo. Dans l'impossibilité de rien pré( ser, la plupart des Pères et des historié énoncent le fait d'une manière sonunaire, il n'en est pas un qui ne se serve du mot m nombrable pour désigner la multitude des h ros de la foi. A propos des martyrs de Lyo S. Grégoire de Tours {Hist. Franc. 1. 1. e. 3 donne l'appréciation suivante : f Là (A Lyoi une si grande multitude de chrétiens fut égo gée pour la confessjon du nom du Seigneu que des fleuves de sang chrétien coulaie dans les places publiques : de telle sorte qi nous n'avons pu recueillir m le non^^ ni l noms des victimes, i Sous Dioclétien la pe sécution fut si atroce en Espagne , que l idolâtres purent un moment se flatter d'avo déraciné le christianisme, et qu'ils voulttre éterniser le souvenir de ce triomphe en traçai ces mots sur des colonnes de marbre, érigéi à la gloire de l'empereur : .. .nomine cbki TiANORVM DELETO (Baron. Ad an. 308. vin).
On trouve à chaque page des historiens e clésiastiques des phrases telles que celles^ écrite par Ëusèbe au sujet de la persécutif d'Antonin le Pieux, ou mieux, peut-être, ( Marc-Aurèle (Hist. ecd. v. 1) : « Des marty en nombre presque infini , tn/inïti prope Mi tyres^ même dans les autres parties de Tod vers, furent ennoblis d'un généreux tr^ souffert pour Jésu^-Christ; i et sur celle ( Sévère (Id. v. 5) : « L'ardeur de la perséculic s'enflammait si fort de plus en plus, que è chrétiens en nombre presque infini, fère «| niti^ étaient décorés de la couronne du mai tyre. >
Nous nous abstenons de parler ici de Roou le foyer principal de la persécution : c On o saurait dire combien Rome est pleine de ooip de martyrs, et combien son sol est riche « sépulcres sacrés. > Ces paroles sont de Pn» dence, auteur presque contemporain (P«i*^
MART
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t.) il dit ailleurs (S. Hipp.; : « Nous ^innombrables cendres de Saints lie de Romulus.... Mais si vous me les noms... il m'est difficile de vous tant de peuples de justes furent )ar une fureur impie , alors que royenne adorait les dieux de ses pè-
)nt on n'avait pu connaître ni les
nombre étaient quelquefois désignés toire et même dans les actes par >h rases ou expressions de convention, i suivantes qu'on lit dans les actes de ) et de S. Aleiandre (Ap. BoUand.) :
int inscrits que dans le livre de la;
donna le nom de massa candida à itude de martyrs qui furent couron- [ue et à Saragosse (Baron. Ad ann, 9), et que le martyrologe romain Dscrit de cette sorte : Cêpsarauguste^ nofUMERiiBiLiuMfraar^yrum. Lesmar-
légion thébéenne reçurent le nom
de legio felix (Greg. Turon. 1. i 75).
rtyrolûges fournissent des données ses et plus explicites : car en outre gion de martyrs de nom propre qu'ils connaître, ils enregistrent des marias, par groupes de dix, de cinquante, e mille, etc. Nous voyons, en effet, LTtyrologe occidental de S. Jérôme, 1 de trente (i j'atiuor.), de quarantearon.) , de cent vingt (xxv oct.) , de M)ixante-dix (i ju/.), et môme de trois
dec.)^ et de trois mille (xxn dec,) fLi ayant souffert généreusement le .'ont laissé en ce monde aucune trace om. Mais on en trouve un nombre
plus considérable encore dans le ij^e romain ; le lecteur en peut voir 5tti (P. 107), une très-curieuse énu- )ui ne saurait trouver ici sa place.
; nombres de soixante-dix , de cent inq, de deux cent soixante-deux, de
(lu dec. X aug. xvu jun. i mart,) Au sst marqué S. Zenon avec dix mille
trois autres martyrs sous Diocléetc.
.vons que les contradicteurs profesi'estime pour l'autorité des martyrois sans parler du respect qui est dû 5 tels que ceux d'Ëusèbe et de S. Jele la confiance que méritent des traologiques composés sur les plus anndriers et sur d'autres documents it quelques-uns sont perdus aujour* lous reste à exposer une preuve plus ini archéologique et qui prête un
moins décisif qu'inattendu aux noea des martyrologes, comme aux ré-
cit des historiens et aux affirmations sommaires des Pères de l'Église.
II s'est rencontré dans les catacombes un certain nombre d'inscriptions accompagnées de notes numérales. Boldetti, entre autres (PP. 79 et 83), en donne deux, l'une de l'an 107, l'autre de l'an 20(i, dates marquées par les consuls, et qui portent les chiffres xxx et XL. Ni cet antiquaire, ni le P. Lupi, ni Muratori, qui ont reproduit ces épitaphes, n'ont observé cette circonstance. Aringhi (i. 495), Mabillon (IL Ital. 546), et Fabretti (546. n. vi) qui lui-même en a publié une avec le chiffre x, sont les premiers qui en aient tenu compte ; mais ils prirent ces chiffres pour de simples numéros d'ordre des sépultures. Pietro Visconti soupçonna {Sposizione d''aic\me ant, iscr. Crist. Roma. 1324) qu'ils devaient avoir une tout autre importance, et une portée tout autrement glorieuse pour la religion et la science. Il fut amené à cette conjecture par un passage de Prudence {PerisUph. hymn. xi) où ce poète, après avoir parlé des innombrables corps saints que renferment les cimetières romains, et des inscriptions qui se lisent sur beaucoup des locu/t, ajoute qu'un très- grand nombre des marbres ne contiennent que des indications sommaires par des chiffres :
Sunt et multa tamen tacitas claudentia tumbas Marmora quse solum significant numerum^
et que lui-même se souvient d'avoir appris que les restes de soixante hommes étaient réunis dans le même sépulcre, martyrs obscurs dcNdt le Christ seul connaît les noms :
Sezaginta illic defossa mole sub una
Relliquias memini me didicisse hominum Quorum solus habet comperta vocabula Christus.
Ce texte fut un trait de lumière qui mit Visconti sur la voie d'une plus juste interprétation des chiffres en question. Il se trompe néanmoins quand il s'attribue en cela la priorité : Mamachi avait déjà tiré parti de cette preuve en faveur du grand nombre des martyrs {Origin. i. p. 460. not. 3 et 4). Quoi qu'il en soit, il est évident par le texte de Prudence que les chiffres xxx et xl des marbres de Boldetti indiquent la sépulture de trente et de quarante martyrs, connue le x de l'inscription de Fabretti signifie que dix martyrs sont réunis dans le même tombeau .
Mais alors même que les vers de Prudeilte n'eussent pas existé, la constatation des dates par les consulats marqués sur ces pierres sépulcrales eût suffi à elle seule pour conduire à ce résultat. En effet, la première porte les noms de L. Licinius Surra et de C Sosius Senecion. Or, ces deux personnages étaient consuls à l'époque où sévissait la persécution de