MATR
Trajan. La seconde inscrit le consulat de L. Fabius Ghilus Septimianus qui obtint les faisceaux pour la seconde fois avec M. Annius Liboa au temps où Septime Sévère faisait mettre à mort tous ceux qui se déclaraient chrétiens.
On voit que ces monuments épigraphiques viennent à leur tour confirmer d^une manière irrécusable la vérité des persécutions de Trajan et de Septime Sévère que dom Ruinart (PrsBf. III. 31) avait établie par les actes de S. Ignace, par l'autorité d'Eusèbe (//.£. 1. m. c. 36) et de TertuUien ÇAd Scap. et Apolog, ii.), contre Dodwel qui avait affirmé qu'après Domitien TÉglise de Jésus-Christ jouit d'une paix parfaite.
Beaucoup d'autres marbres avec des nombres ont été trouvés dans les catacombes (V. Boldetti. (i35. (i36), beaucoup ont été négligés et perdus par suite de l'ignorance où Ton était de la signification de ces signes, et les fouilles en découvrent fréquemment de nouveaux. On pourrait, il est vrai, objecter que si ces chiffres indiquent un nombre déterminé de cadavres, ils ne sauraient établir aucun préjugé relativement à la qualité des personnes. Mais outre que le passage de Prudence cité plus haut nous éclaire suffisamment sur le sens à leur donner, toute espèce de doute disparaît en présence de quelques épitaphes où le chiffre est suivi de la qualification de martyr. Celle-ci, portant le nombre de cinq cent cinquante est du cimetière de Calliste (Boldetti 233) : mar- CELLA ET CHRiSTi MARTYRES || cccccL. Le cimetière de Saint-Hermès a fourni celle de Ruffinus et de cent cinquante martyrs (Boldetti.
233) : RVPFINVS et CHRISTI martyres II CL. MAR- TYRES CHRIST!. Marini a donné la suivante : Locus.ukrtyrum, Christi. clviii. in C/ïrfS/o(Ap. Visconti. op. laud. p. 32). Nous devons nous borner à cette indication sommaire des principaux faits qui prouvent de quelle immense luultitude de martyrs l'Église de Jésus-Christ fut couronnée pendant les trois premiers siècles de son existence. Nous en avons dit assez pour faire voir qu'aucun sophisme n'est capable de lui ravir cette auréole qui est l'une de ses gloires les plus pures et l'un des plus solides arguments en faveur de son origine divine. Le lecteur studieux consultera avec fruit, en outre de la préface de Ruinart , l'ouvrage deMamachiCOn^'fi.e/ antiq. Christ. 1. 1. p. 459), une savante dissertation du recueil de Zaccaria (Di'sser^. distor. eccL t. xi. p. 1), etc., etc..
MATINES.— V. l'art. Office divin, n. I.
MATRICULE. — Ce mot ne désigne, au propre, qu'un catalogue, une description (Ou inscription) , ou un index : MorpCxiov xa\ àpid- IU3C0V T72( Nou(jLid{a( (Codin. Canon, eccL Afric,
can. 86. — cf. Donati. p. 35). Louis de laCerda (Ibid.j la définit ainsi : McUricula dicitur tituhu et cataloffus Ecclesix. Chez les auteurs ecclésiastiques, ce mot est employé dans deux sens différents :
1» Pour désigner le catalogue où étaient in« scrits les clercs qui participaient aux distributions de l'Église, et étaient entretenus par elle. (V. Tart. Chanoines [Clerici canonici].) C'est dans ce sens qu'il est employé par les conciles, en particulier par ceux d'Agde(C. ii), d'Orléans (iv. 13), d'Auxerre (C. lu), et encore par les CapUulaires de Charlemagne (L. vu. c. 167). (V. notre art. Clergé [Moyens d^existence],)
2o Le mot matricule s'emploie aussi pour exprimer le rôle où l'on écrivait les noms des pauvres nourris par l'Église. On lit dans le testament de S Rémi (Cf. Maori, ad h. v.}, cette disposition : Matricuia Scmctœ MarÛB, qtu dicitur Xenodochion^ ubi duodôcim pauperes sth pem expectant , solidus dabitur^ f Matricule de Sainte-Marie, qui est appelée Xenodochion, où douze pauvres attendent leur subsistance, un sou sera donné. » Les pauvres eux-mêmes inscrits dans ce catalogue furent appelés nuUricuUe. Nous n'en rapporterons pour exemple que ce passage de la Vie de Ste Radêgonde par Fortunat (C. xvii) : Prêter quotidimim mensam, qua refovebat matriculam..,. Le plus souvent ils étaient nommés nuUricularii (Du Cange. — Isid.).
On donnait encore le nom de matricukrii ou de matricuU^ à cette classe de pauvres qui étaient employés aux offices les plus humbles de l'Église, comme de la balayer, de sonner les cloches, etc. (V. Alcuin. Epist, vu. ex his a Mabillon. edit.); et celui de malncularti aux diaconesses , aux presbyterx et aux veuves qui étaient nourries aux frais de l'Église. Cespre»byterx étaient des veuves vivant dans la chasteté, ou des femmes qui avaient été unies à des prêtres avant leur ordination, et en vivaient séparées depuis (Baron. Ad an, xxxiy. n. 289). C'étaient quelquefois des matrones qui prenaient soin des objets de l'Église. C'est dans ce sens qu'il faut le prendre toutes les fois qu'on le rencontre dans les auteurs anciens et dans les monuments épigraphiques. Nous voyons dans les actes de Ste Praxède qu'elle avait été déclarée presbytera par le pape Pie l»'.
Dans les Églises d'Afrique, on noomaait aussi malriciUa ou archivus^ un registre qui se tenait soit chez le primat, soit chez le métropolitain, et où était soigneusement inscrite la date de l'ordination des évéques de la province , afin de régler par ce moyen toutes les questions de préséance dans les conciles et ailleurs. Ceci se pratiquait partout, mais plus spécialement en Afrique. Nous voyons en effet S. Augustin {Epist, ccxvii) reprendre sévère-