‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 167 sur 266 · VI. — DIFFÉRENTES ESPÈCES DE MESSES · texte numérisé non relu

VI. — DIFFÉRENTES ESPÈCES DE MESSES

1° Messe solennelle. C'est celle que nous appelons aujourd'hui grand'messe^ messe jpri'c*' pale, capituhire, canonique, conventuelle^ et qui se célèbre avec chant et cérémonies solennelles, avec assistance de ministres plus ou moins nombreux, y exerçant chacun la fonctioo de son ordre. C'est ainsi que la messe se célébrait dans l'antiquité, et la pompe en était encore augmentée par l'affluence du peuple qui; offrait et communiait.

2o Messes privées. Bien que la messe chantée et solennelle fût de règle dans la primitive Église, cependant, par exception, on peut citer des exemples très-anciens de messes célébrées en particulier et sans appareil. En effet, qu^

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\esmesses privées s'appellent ainsi à raison du lieu, parce qu'elles sont dites dans un oratoire particulier; à raison du temps, parce qu'elles ont lieu non en un jour de fôte, mais en un jour ordinaire ; à raison des assistants, parce qu'il n'y en a qu'un ou un petit nombre ; soit enfin de ce que le prêtre y communie seul, ou de toute autre cause ; il est vrai de dire dans tous les cas qu'elles ont toujours été permises et très-anciennement usitées, et cela se peut prouver par des témoignages et par des exemples. S. Grégoire de Nazianze {Orat. xix) assure que son père célébrait quelquefois dans sa chambre, et que sa sœur Gorgonia possédait un autel domestique. Nous devons ajouter que l'on montre ï Santa Maria in porticu di Campitelli de Rome un petit autel portatif qui, d'après une tradition immémoriale, aurait appartenu à S. Grégoire de Nazianze lui-même.. (V. l'art. Autel portatif,) Le prêtre Paulinus raconte dans sa Vit de S. Ambroise que le grand évoque de Milan avait immolé la sainte victime dans la maison d'une dame de qualité qui Ten avait prié. Constantin, aussitôt après son baptême, si l'on en croit Eusèbe (In ejus Vit. iv. 17;, aurait construit un oratoire dans son palais, et de plus une chapelle ambulante destinée à le suivre dans les camps. S. Paulin de Noie, au rapport de son historien Uranius, se voyant près de mourir, fit dresser un autel devant son lit, y célébra le saint sacrifice , et bientôt après s'endormit dans le Seigneur.

3* Messes en V honneur des Saints. Qui ne sait les stations et les sacrifices qui, au berceau même de l'Église, se célébraient en l'honneur et sur le tombeau môme des martyrs, au jour anniversaire de leur passion? Tertullien le dit dans son livre De corona mititis (C. m) : t Tous les ans, aux jours ncUalices (V. l'art, natale) nous faisons des oblations. > S. Cyprien s'expnme d'une manière plus claire encore {Epist. WQov) : t Nous offrons toujours des sacrifices pour eux, c'est-à-dire en leur honneur, pro eis^ fniUorum scilicet honore^ toutes les fois que BOUS célébrons les passions des martyrs et leur commémoration anniversaire. > Dans son épi- ^ trente-septième, il prescrit à son clergé <te noter avec soin les jours où les martyrs sor- ^t de cette vie et de lui en donner avis : •afin, dit ce grand évêque, que nous puissions Zébrer ici des oblations et des sacrifices en l^QTs commémorations. » Les fidèles de l'É- ^iisede Smyme viennent confirmer l'antiquité ^ cette discipline lorsque, dans l'admirable lettre où ils décrivent le martyre de S. Polycarpe (Kweb. Hist, eccl. 1. iv. c. 15), ils attestent avoir recueilli ses ossements vénérables, afin ^ les honorer chaque année par des sacrifi- ^. On pourrait citer à Tinfini : le lecteur peut rechercher lui-même les témoignages de

S. Augustin (L xx Contr. Faust. Manich.). S. Cyrille de Jérusalem {Çatech. mystag. v. 6) et d'autres encore. Nous devons faire observer que les Pères que nous avons nommés ne parlent que des martyrs, parce que les fêtes des confesseurs n'ont été instituées qu'après l'époque où ils ont vécu. (V. les art. Confesseurs. Martyrs^ etc.)

40 Messes votives. Le nom est nouveau, relativement du moins, mais la chose est anti- ([ue. C'étaient des sacrifices soit pour une nécessité quelconque, soit pour rendre grâces de quelque bienfait. 11 n'est pas difficile d'en trouver des vestiges pendant les quatrième et cinquième siècles de l'Église. Nous savons en effet qu'à Constantinople, aussi bien qu'à Alexandrie, des fêtes publiques furent instituées en mémoire de la délivrance de ces villes d'un horrible tremblement de terre (Sozomen. Hist. eccLviii). 'ÙBnssa.'Citéde Dt>u(Lib. xxii), S.Augustin fait mention d'un prêtre d'Hippone, qui offrit le saint sacrifice dans l'intérieur de sa maison pour en chasser les démons. Plusieurs messes de cette espèce se trouvent marquées dans le sacramentaire gélasien édité par Muratori, comme par exemple t pour le salut des fidèles vivants, — pour demander la pluie, — pour la stérilité, etc. » Les titres de plusieurs autres messes votives se lisent dans le sacramentaire de la bibliothèque de la reine de Suède, vieux de plus de neuf cents ans quand il fut édité : « Pour le salut des fidèles vivants, — pour les voyageurs, — "dans quelque tribulation, — pour le natale d'un prêtre, — pour la mortalité des animaux, — pour la consécration des vierges, — pour les rois, — pour les infirmes, etc., etc. » Cornélius Schulting {Bi' blioth. eixlesiast. m. p. 1) a recueilli des missels de diverses Églises cent vingt messes votives pour diverses nécessités et pour divers états des hommes. Du reste étant obligés de nous borner, nous devons renvoyer pour de plus amples détails sur cette matière aux ouvrages de Visconti {De missœ ritibus. m. 13 et seqq.), de Martène {De antiq. monach. ritib. u, 6. n. kk) et de Guyer {Heortologia. 1. iv. c. 31).

50 Messes pour les morts. 11 est de tradition apostolique d'offrir le saint sacrifice pour les morts. Tertullien mentionne souvent cesmesses, et particulièrement dans le passage du livre De corona que nous avons cité plus haut et que nous complétons ici : c Nous faisons des oblations pour les morts à leur jour anniversaire. > Parmi les erreurs qu'il reproche à Aetius, S. Épiphane (//a?r. lxxv) place en première ligne celle qui consiste à nier que le saint sacrifice doit être offert pour ceux qui ne sont plus. S. Ambrofse célèbre pour Valentinien, pour I Tliéodose et pour son frère Satyre (De obitu VaUniiniani. n. lvi. — De obitu Iheodosii,

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n. m. — De excessu fratris sut Satyri, in fin.). Au moment d'offrir pour ce dernier le saint sacrifice , voici la prière qu'il adresse à Dieu : « Je me tourne vers vous, Seigneur tout-puissant, et je vous reconmiande cette âme innocente, et pour elle je vous offre mon hostie : ahl propice et serein, recevez l'offrande du frère, le sacrifice du prêtre. * Ce Père ajoute (De obit, Theodos, ibid.) : « Les uns font ces pieux offices le troisième et le trentième jour, d'autres le septième et le quarantième. »

Qui ne sait que S. Augustin a écrit un livre tout entier sous ce titre : a Du soin pour les morts, 1 De cura pro morluis^ où il témoigne en vingt endroits de la coutume de PÉglise de prier et d'offrir des sacrifices pour les morts ? Que la môme pratique ait existé chez les Grecs, c'est ce qu'étabUssent jusqu'à l'évidence leurs plus anciens écrivains, les Constitutions apostoliques (L. viii. c. 42), S. Cyrille de Jérusalem {Catevh. mystag. v. 6), S. Jean Ghrysostome (Homil. xli /n l ad Corinth.) et beaucoup d'autres encore. On peut consulter le Uvre de Léon Allatius Sur le purgatoire^ livre où sont réunis un grand nombre de canons des conciles grecs, qui mettent en relief la constante harmonie des deux Églises sur ce dogme catholique.

6» Messe des présanctifiés. Elle était particulière aux Grecs. Son nom vient de ce qu'on n'y consacre point le corps et le sang de Jésus- Christ, mais qu'on consomme ce qui a été consacré auparavant. Elle avait lieu chez les Grecs, selon le concile in Trullo^ tous les jours du carême, excepté le samedi et le jour de l'Annonciation, parce que les jours du carême sont des jours de deuil, et que la célébration du sacrifice eucharistique est au contraire un sujet d'allégresse pour l'Église. L'ÉgUse orientale observe encore ce rit aujourd'hui, l'Église occidentale ne l'adopta jamais que pour le vendredi de la semaine sainte.

Voici comment il se pratique chez les Grecs : le dimanche, outre l'oblation du jour, on consacre cinq autres pains pour les cinq fêtes suivantes jusqu'au samedi. Chaque jour on se rassemble à l'église à l'heure de vêpres, et pendant les prières de cette heure on consomme les oblations consacrées auparavant, après avoir récité les psaumes graduels, et certains cantiques, leçons et oraisons qu'on peut lire dans l'eucologe annoté . par Goar (p. 187 seqq.). Quant à l'antiquité de cette messe, les avis sont partagés. Léon Allatius (Op. laud.) la fait remonter aux apôtres. D'autres, entre lesquels le cardinal Bona, la placent au temps du concile de Laodicée. Enfin on pense généralement que l'usage s'en était établi graduellement avant le concile in Trullo dont le canon cinquante-deuxième en fait une mention expresse.

METROPOLITAINS. — Ils reçi rents noms dans l'antiquité, savoii primi, lni<nLOTzoi îrpûToi, « premiers xs^aXa^, c têtes [Can. apost. xxxv); ■ dis episcopi^ c évêques du premier s cil. Carthag, m) , i t évêques de h chaire, 9 primx cathedra {Concil. lU Afrique, ils étaient appelés c vieillar

Le nom d'archevêque ne se renc< part avant le quatrième siècle, il se première fois peut-être dans S. At catalogue adressé par Meliteus i Alexandre ; il se répandit au cinqui et devint depuis d'un usage presqt La qualification de métropolitain ne vélée par le quatrième canon de Ni< se rencontre fréquenunent depuis, les décrets des conciles, soit dans 1 des écrivains ecclésiastiques.

L'évêque métropolitain est donc, l'a déjà compris, celui qui est prépo!

mière ville d'une province. Grande • dans les auteurs au sujet de Torigi dignité. Pierre de Marca {Concord. 1 affirme qu'elle fut établie par les ap( voit le spedm^n dans Tite et Tim laissèrent le titre de métropole aux ils avaient été institués par les ap^ aussi le sentiment de Beveridge, d'U Wolf, de Schelestrate, et de beaucoi dont on peut voir l'énumération dani de Giorgi auquel ces détails sont {De antiq. Ital. metropol.]. D'autres p les métropolitains furent établis pei temps apostoliques, conmie par la choses, et enfin confirmés par les conciles.

Le premier sentiment parait plu£ Nous voyons les apôtres inaugurer I tère dans les principales villes de V main, afin d'attaquer l'idolâtrie dan cipaux centres, et les sièges occup conservent une prééminence naturel les autres. S. Pierre prend tout d'> session d'Antioche, puis de Rome ; S.

disciple, établit son siège à Alexandri Épitres de S. Paul ne sont adressa premières villes de chaque province, dans son Apocalypse^ ne mentionne q insignes Églises; il s'était fixé lui Éphèse, qui était la capitale de l'Asii Si donc les métropoles civiles devinrc tropoles ecclésiastiques, c'est parc celles-ci partirent les évêques qui foi autres Églises de chaque province, dent que, dans ses lettres aux Cor\ aux Thessaloniciens^ S. Paul considèr et Thessalonique comme les métro] Macédoine et de l'Achale. Eusèbe ( III. 4; et S. Ghrysostome (Homil. i À

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