MOIS — 411 — MOIS
at la lecture lui paraissait utile pour 1° Moïse détachant sa chaussure pour s'ap-
jnce de l'Écriture. En un mot, pour procher du buisson ardent sur le mont Oreb
imettre, il voulut encore joindre à sa (Exod. m. S). C'est lîi que Dieu se manifesta â
que les principaux auteurs de mëde- lui, pour lui conférer la mission de tirer son
I que ceux qui étaient chargés de l'in- peuple de rËgjrpte. Il est ordinairement seul,
y pussent trouver les moyens de sou- et, en déliant les cordons de ses sandales, il
malades. porte ses regards avec une expression de
cette énumération, ce grand homme frayeur vers le lieu où la vois divine se bit
à Dieu une prière, alïn qu'il ouvre entendre. Cette voix est quelquefois figurée
jsesreligîeuxkrintelligencedeslivres par une main sortant d'un nuage, comme par
les exhorte enfin eux-mêmes à pro- exemple dans une fresque du cimetière de Cal-
avautages qu'il leur a procurés : Eia liste ,Bottari. tav. lxxxiii) et dans une mosal-
ristt'nit (ratrn, ftilinatt in Seripluris que de Saint-Vital de Ravenne (Ciampini. Vet.
ipctrt, i{uanda me cognoscitis pio doe- mon. ii. tab. xxi. 3). Ailleurs Dieu lui-mâme
Hrm copia, adjutorio dominiez gratix, est représenté sous la figure d'un vieillard; il
•(S et tatia congregasse. est debout, et il dirige l'index de sa main droite
rraitfacilement rappeler des témoigna- vers Moïse, comme pour lui intimer ses ordres
laotqueleméme zèle pouramasser des que celui-ci exécute (Bottari. tav. lxxxit) sous pour en multiplier les exemplaires par ses yeux. Ici, comme pres-
se fil remarquer partout ailleurs dans ,.^ quepartout ailleurs. Moïse
astëres les plus réglés. Personne )"l^ est vêtu de la tunique sur-
lui n'ignore que ce sont les moines J"' montée du pallium. Une
ont conservé tous les chef»-d' œuvre \ \''\ magnifique fresque du ci-
quité profane et sacrée : c'est là un jZ-^Lm metière de SaintrCalliste
int fob développé. C'est l'abbaye de "^^J^ (Perret, vol. i. pi. iiiv)
1 Saxe qui a sauvé les cinq livres des ^^W^f^ ^*"'' ^"''^' '^ réduction, le
le Tacite; et nous aurions perdu sans ^^V^ioiif ^"'^ ^°^^ ^^^*^ ""^ simple
I le précieux traité de Lactance Sur . f JêII/T tunique ornée sur le de-
dei p'TiéeuteLrs si on ne l'avait le- , /My f ^^^^ ^^ deux bandes de
ans les restes de la bibliothèque de , /lw\s^^^ pourpre, et dont l'ëcla- !n Quercy. , /X ', V tante blancheur tranche
iligieuses s'employèrent aussi à la /| . -'-^^'^Ji.-^ sur le teint basané de son
tion des livres. Ste Mélanie la jeune i ' corps. Le touvent de
sait parfaitement; elle écrivait vite, Sainte-Catherine du mont
I caractère, et sans faire de fautes : Sînal possède une mosaïque du sixième siècle
etleriter, dit l'auteur de sa Vie (Ap. où Ton voit Moïse à genoux devant le buis-
2), pulchre, tt citra errurem. Les reli- son ardent (L. de La Borde. Voilage dam l'A-
a monastère de Ste Césarie, sœur de rffl6i'e PHrée. atlas.\
e d'Arles, animées par l'exemple de Ce fait de la vie du législateur des Hébreux
!sse, copiaient les livres sacrés, aussi est, d'après S. Grégoire de Nazianse (Oi*a(.
les Sies Harnildc et Renilde, ab- xLii) et S. Augustin (Serm. ci), la figure des
"un monastère de bénédictines en renoncements du baptême. Sa représentation
)n sait que S. Boniface Epitt. xxvnij sur les sépultures chrétiennes aurait donc eu
abbesse de lui écrire en lettres d'or pour but d'attester que, régénéré par le bap-
!s de S. Pierre. ^Noiis renvoyons pour téme, le fidèle était mort dans la grâce de l'Es-
détails relatifs aux éludes monasti- prit-Saint (Isid. Hispal. Qu«(. in fjwf.c. vu;;
savant ouvrage de Mabillon, Traîlé et que, pour se rendre digne de paraître de-
I fnomuli'^s, surtout à la première vant Dieu, il s'était dépouillé de ses péchés et
D verra au septième chapitre ce que de ses vices, comme Moïse avait dû déposer
a fait pour établir les bonnes études sa chaussure pour s'approcher du buisson ar-
monastères). dent.
So Moïse au passage de la mer Rouge .;£xo<J.
E. — Moïse est une des plus évidentes xiv). Quand le peuple d'Israël, ayant traversé
} Jésus-Christ. C'est à ce titre que les la mer Rouge à pied sec, se trouve en sûreté
chrétiens ont reproduit si frëqueni- sur l'autre rive, on voit Moïse étendant une
image dans leurs monuments de tout verge sur les eaux pour les réunir et engloutir
■ se sont attachés de préférence, on les Ég}-ptiens (V. Millin. Midi de la Ft. atlas,
end, aux circonstances de sa vie qui pi. lxVci. — Aringhi. p. 331. — Bottari. tav.
it les allusions les pi ils directes à celle cxciv). Ce sujet, ainsi que le précédent, était
ur. la figure du baptême : Per mare troMitut, dit
MOIS — 4
S, Augiistiu (Serm. cccLu. n. 3), baplitmw est. (V. l'art. Passage de la mer Bouge.)
Z" Moïse et la maDne. Quelques peintures où, au premier abord, on croirait distinguer le miracle de la multiplication des pains par Notre-Seigneur, représentent, au sens de cer- ,tains interprètes, Moïse désignant la manne aui Israélites. (Bottari. tav. lvii. 3 et 5.) En effet, les objets que Moïse touche de sa verge miraculeuse dans des corbeilles ressemblent communément à des fruits (Id. lvi. 1. cxiii. 4). Or on sait que l'Écriture (Exod. xvi. 31) compare la manne aux fruits ou aui grains de la coriandre. (V. l'art. Manne.)
4° Moïse frappant le rocher (Exod. xvii. 6). Ce sujet est retracé dans les bas-reliefs de presque tous les sarcophages de l'Italie et de la Gaule (V. Millin. Midi delà Fr. atlas, pi, lxi. Lxvi et alibi); il l'est quelquefois aussi sur de simples pierres sépulcrales (Perret, v. liiii), sur des médaillons de métal (Id. iv. xx), sur des verres historiés (Boldetti. p. 200), etc. Mais sur les sarcophages il est presque toujours précédé d'une scène préliminaire que les antiquaires n'ont pas comprise (V. l'art. Juifs sur les monum. chrét.): c'est la révolte du peuple tourmenté parla soif dans le désert; on y voit deui Israélites saisissant avec violence Moïse par les deux bras, et ayant l'air de lui reprocher de les avoir tirés de l'Egypte pour les faire mourir de soif (Exod. xxiv. k). Vient ensuite la représentation du miracle lui-même.
Habituellement, le législateur des Hébreux est vu touchant avec une verge le rocher d'où s'échappe tout aussitôt une abondante source, et les Israélites se précipitent au pied du rocher pour se désaltérer. Tel paralt-il, entre mille autres exemples, dans les bas-reliefs d'un tombeau de Milan, que nous plaçons sous vos yeux (flugati. Memor. di S. Celso. tav. i. p. ai2}. Plus rarement ^Bottari. XLix. — Mil-
lin. i6t(j. LXVI.8), l'histoireest prise au moment où le miracle est déjà opéré , et Moïse, un volume k la main gaurhe, montre de la droiti* aux Israélites l'eaii providentielle.
— MOIS
C'est surtout dans cette action miraculeot Ljue Moïse' figure le Sauveur; et, pour fain -essortir cette ressemblance, les artistes oel ;u l'attention de donner presque invariabblient pour pendant à Moïse frappant le rocba Jésus-Christ ressuscitant Lazare, et de b représenter l'un et l'autre avec une pardilt conformité de figure et de costume {y. B» ari. cxxix).
H est Également, selon l'enseignement dn Pères, la figure de S. Pierre, qui, établi guifc rlu peuple chrétien, fait jaiUir de la pierre qm ^st Jésus-Christ, petra aultm trof Chritii 1 . Cor. X. 1), les eaux de îa vie étemelle, (1 ituvre k tous les hommes les sources viviSaiila de sa doctrine. (V. Maxim. Taurin, ffomil, i. edit. Venet. 174!. — Hieron. EpUt. ad Ratlit. nanach. — Léo Magn. serm. m De qui * :umpt. in pontif.) Quelques monumenls semblent avoir été inspirés par cette doctrine, pir exemple, un fonds de coupe dans le champ dui|uel le nom petbvs est écrit à côté de l'inup de Moïse frappant le rocher (V, Boldetti, p. 300.
Perret, iv. pi. xxviii. 63), et certains sarcophages où Moïse rappelle, à s'y méprendre, k type traditionnel de la figure de S. Pierre. [ï. Bottari. tav. cxxxiv." Séduits par cet iagénieni rapprochement qu'autorisent du reste les l«linsi que les monuments que nous veouB de cjter, plusieurs antiquaires, entre autres Bottari, Polidori, Marchi, etc., excluant codplétement le sens direct, se sont crus en droit de supposer aux artistes chrétiens l'intaDtioii de proposer partout et toujours le prince des ipétres sous la figure de Moïse.
Ces artistes ne manquaient pas de nisons cependant pour retracer, sans intention allégorique, ce grand miracle aux yeux des fidèkt. En leur rappelant les ressources inattendges que la toute-puissance de Dieu savait mettre en œuvre poilr sauver son peuple réduit à la plus extrême détresse, il devait ranimer le courage dans leurs cœurs abattus parlespe^ sécutions sans issue apparente de l'iniijuil* triomphante.
b" Moïse lisant le livre de l'alliance, mw mensqve volumtn faderis, tegit avdiente pefKlc [Exod. XXIV. 7). Nous ne connaissons qn'u» seul exemple de la représentation de ce ^ il est fourni par un beau sarcophage du cimS' tière de Lucine (BotUri. xLix). Le législateur des hébreux est assis, et un Israélite, quif*" présente ici le peuple, tient le volume dénral* devant lui. Cette interprétation est «lie d( Bottari ; mais nous la regardons comme tr*»douteuse. (V. l'art. Job.)
6" Moïse recevant les tables de la loi (£*•■ XXXI. 18). On vciit ce sujet sur ta plupart** monuments et en particulier des sarcopliaC qui reproduisent le miracle de l'eau jaillia"''
MOIS