‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 170 sur 266 · MONA · texte numérisé non relu

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lu rocher sous la verge de Moïse ;V. Bosio. >a5sim). Une main sortant d'un nuage lui prévoie les tables du décalogue. Il les reçoit avec respect, et son pied droit est posé sur un tertre ju un rocher, qui rappellent le mont Sinal où eut lieu ce mémorable événement (Bottari. tav. xxvii). On peut regarder la représentation de ce fait si souvent répétée comme une protestation contre la doctrine des manichéens qui prétendaient (S. August. Ep. ccxxxvi. n. 2) que Moïse avait reçu la loi du prince des ténèbres et non pas du vrai Dieu. Sur les tombeaux, ou les parois des chambres sépulcrales, elle attestait que le défunt avait échappé à la contagion de cette hérésie fort répandue dans les premiers siècles.

7* Moïse brisant les tables de la loi, à la vue deridolâtrie du peuple. {Exod. xxxii. 19). 11 est debout, tenant les tables de' la main gauche, et élevant la main droite en signe d'allocution; ses cheveux sont hérissés, sa figure est pleine d'une sainte colère (Bottari. tav. Lxvn\

8" Moïse envoyant des émissaires pour explorer la terre promise (Nutn. xiii). Nous assignons ce sens, d'après Bosio et Bottari, à une fresque du cimetière dePriscille (Bottari. tav. CLxi. 3). Trois personnages seulement y figurent : Tun d'eux, qu'à sa longue tunique ornée de bandes de pourpre, et à la verge qu'il tient à la main, on juge être supérieur aux deux autres vêtus de court, semble leur donner des ordres, et leur indiquer un objet lointain. Le premier serait Moïse, les deux autres Josué et Caleb qui, comme on sait, faisaient partie de l'expédition.

9» En outre de ces monuments où sont représentés quelques faits isolés de l'histoire de Noise, nous avons cette histoire presque complètement reproduite dans une série de tableaux dont se compose la mosaïque de Sainte- Marie Majeure, laquelle date du cinquième siède(V.Ciampini. Vet.monim.i.iah. lvi. seqq.) On y voit d'abord (Tab. lvi. 2) la fille de Phanum, assise sur un trône, confiant à la mère de Moïse le soin de nourrir son enfant sauvé des eaux. Trois jeunes filles accompagnent cette femme; l'une porte l'enfant enveloppé, Tautre la corbeille où il a été trouvé. Au bas de ce tableau, se présente Moïse accusé d'honûcide devant Pharaon. Puis (N. i; le mariage de Moïse et de Sephora, et le môme Moïse Rvdant les brebis de Jethro, son beàu-père. Ce dernier sujet est reproduit aussi dans la nwsalque de Saint-Vital de Ra venue (Giamp. y^» mon, u, tab. xxi. 4). Le cinquante-septième compartiment le montre rentrant en ûgypte avec sa femme et ses enfants après *n exil au pays de Madian ; il porte la verge à l'aide de laquelle il opérera tant de prodi-

ges. Son frère Aaron vient à sa rencontre et se prostenie devant lui. Plus bas, les Israélites murmurant contre leur Dieu, voient tomber au milieu d'eux une pluie de cailles. Vient ensuite l'histoire du veau d'or (lviii); puis (lx) Moïse faisant jaillir l'eau du rocher, et au-dessous Moïse encore ordonnant à Josué de se porter avec une troupe d'élite à la rencontre des Amalécites, tandis qu'il monte luimême sur la montagne pour prier.

On aperçoit, au tableau suivant (lix. 2), le combat engagé dans la plaine, et sur la montagne Moïse qui fait soutenir par Aaron et Hur ses bras fatigués d'une longue prière. Le soixante et unième compartiment fait voir la révolte de Coré et de ses compagnons contre le législateur {Num. xvi) ; et enfin dans le soixantième (fig. 2), Moïse remet aux Israélites le livre du Deutéronome^ leur ordonnant de le garder dans l'arche d'alliance.

10* INous ne connaissons guère qu'un exemple antique de la représentation de Moïse dans le sujet de la transfiguration. 11 nous est fourni par une mosaïque de Sainte-Catherine au mont Sinaï (L. de La Borde, op. cit.). Moïse est placé à la gauche de Notre-Seigneur. Ce sujet est aussi retracé dans la mosaïque de Saiut- Apollinaire de Ravenne, monument du sixième siècle. (V. l'art. Transfiguration.)

MONASTÈ11E8. (V. les art. Moines et Ascètes.) — Dès le début de leur institution, les moines s'étaient tellement multipliés , que S. Antoine en avait cinq mille sous sa direction (Hufin. Vit, Pair. i. c. 2), et Sérapion dix mille (Id. ibid, c. 18) : si bien que les recoins les plus reculés de l'Orient étaient plus fréquentés que les cités les plus populeuses. Notre Gaule ne resta pas en arrière de ce pieux mouvement, témoin les monastères de Lérins et de Marseille, et celui de l'Ile-Barbe aux portes de Lyon que l'on a prétendu faire remonter jusqu'à la persécution de Septime-Sévère. Le monastère d'Agaunum parait aussi être un des plus anciens de nos contrées.

Les moines durent se bâtir des maisons, différentes suivant le genre de leur institut. Au cinquième siècle, ils habitaient des lieux abruptes et déserts; et les cellules étaient construites tout autour d'un bâtiment principal qui tenait le milieu. Ce genre de monastère fut appelé cœnobium^ et les moines qui Thabitaient, cénobites^ noms relatifs à la vie commune. ,V. l'art. Moines.)

D'autres religieux que S. Jérôme nomme Remobotht {Ep, ad Eustoch. De virg, serv.;, et Gassien, Sarabaitœ {Collât, xviii. 1) avaient des habitations beaucoup moins spacieuses; parce que , réunis au nombre de deux ou de trois seulement, et sans abbés (Id. ibid.), ils

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