‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 172 sur 266 · MONOGRAMMES SUR LES VETE · texte numérisé non relu

MONOGRAMMES SUR LES VETE

iEl^TS. — Les peintures et les mosaïques hrétiennes font voir souvent des vêtements ittrqués à leur partie mférieure de certaines stlrës ou monogrammes.

Les antiquaires sont partagés sur le sens Ndoit leur être assigné. Les lettres qui s'y n>uventle plus communément sont T, X, 1, H, T. ^ uns veulent que le T signifie la croix dite

en tau ou cofnmissa; le X la croix decussata; l'I le nom de Jésus; l'H encore le nom de Jésus représenté par sa seconde lettre: incorc. Telle est l'opinion de Bosio {Roma sott. 1. iv. c. 3 , d'Aringhi {Roma subt. ii. 1. vi. c. 28). Mais les savants d'une critique plus sûre, tels que Ciampini (Vet. monim. pars. i. c. 13) et surtout Buonarruoti {Veiri. p. 89), pensent qu'il ne faut chercher aucun mystère dans ces lettres, qui ne seraient autre chose qu'une marque de fabrique.

Boldetti (L. ii. c. 58) ne se prononce pas, et Suarez, évoque do Vaison (Diatrib. de vestib. littéral, p. 7), est d'avis que les ouvriers, les mosaïstes notamment, ont distribué ces lettres selon leur caprice, et seulement pour se conformer à un usage antique répandu parmi les patriciens et les citoyens considérables, d'inscrire ainsi sur leurs vêtements des noms, des titres, des vers, toutes choses qui donnaient beaucoup de prix à ces vêtements.

Le fait est que la figure F dont les robes étaient quelquefois ornées s'appelait gammadia (Mac ri. Hierolexicon ad h. v). Allegranza {Monum. crist. di Milano. p. 14) adopte l'opinion de Vettori {De monogram. Christi. p. 7), qui suppose que ces sigles peuvent représenter tantôt le nom, ou la patrie, ou la marque de l'ouvrier, tantôt le Christ, la croix, les apôtres, et quelquefois le nom ou la patrie du personnage lui-même dont le vêtement est décoré de ces lettres. En résumé, beaucoup d'obscurité règne dans cette matière. Comme spécimen de ces sortes de marques, voir à l'article Chaire le dessin d'un fond de coupe représentant Notre-Seigneur avec quelques martyrs.

MOSAÏQUES CHRÉTIENNES.— L'usage des revêtements en mosaïque comme décoration des monuments rehgieux et funéraires exista, chez les premiers chrétiens, dès l'époque des persécutions. On n'en s'aurait douter en présence des nombreux vestiges d'ouvrages de cette nature qui se rencontrent dans les catacombes de Rome : monogrammes, croix en tau et autres signes symboliques composés avec de petits fragments de pierre ou de verre. Boldetti (P. 522) en reproduit quelques-uns qu'il avait rencontrés dans les cimetières de Calliste, de Prétextât, de Sainte- Agnès.

Marangoni {Act. S. V. p. 99) mentionne la tombe d'une enfant de sept ans du nom de TRANQviLLiNA , entouréo d'une mosaïque de pierres blanches, de verres coloriés et dorés, sur laquelle l'épitaphe était tracée par le même procédé. Le môme auteur {Cose gentil, p. 461) décrit un ascosolium découvert par lui au cimetière de Saint-Calliste , et dont l'ornementation était entièrement exécutée en mosaïque .

MOSA

MOSA

Dans cet important monument figurait le Sauveur assis entre S. Pierre et S. Paul également assis; et cette représentation du Fils de Dieu coupait en deux cette inscription aussi en mosaïque, et d'un haut intérêt pour l'histoire des dogmes chrétiens :

QVI. ET. FIUVS. DICBRIS — ET. PATER IKVBNIRIS.

Des fragments intéressants se sont révélés au P. Marchi (V. Monum. délie art. Crist. tav. XLVii) dans la crypte des SS. Protus et HyacinT the, au cimetière de Saint-Hermès. La mosaïque servait de décoration à un arcosolium; on y distingue encore la résurrection de Lazare, Daniel dans la fosse aux lions, et un personnage dont la tête a disparu, mais qu'à son attitude on doit reconnaître pour le paralytique emportant son grabat. Si nous ajoutons à cela un petit fragment, représentant un coq, qui était fixé au tombeau d'un martyr {Perret, iv. pi. VII. 3), nous serons au bout de notre énumération pour les temps qui ont précédé Constantin. (V. ce fragment à l'art. Coq.)

Cette rareté s'explique par les difficultés de tout genre que rencontrait, en de pareils lieux et en des temps si agités, un travail si long et si minutieux. Nous devons tenir compte aussi des déprédations et du vendalisme dont les cimetières sacrés des chrétiens et des martyrs furent l'objet à diverses époques. Quoi qu'il en soit, ce n'est qu'au quatrième siècle que commence le règne véritable de la mosaïque chrétienne ; c'est alors seulement qu'elle se déploie librement, en plein air, dans les basiliques principalement.

Quatrième siècle. C'est cependant encore par un monument souterrain que doit s'ouvrir le rapide exposé que nous allons faire des mosaïques qui furent exécutées de Constantin à Charlemagne. On a découvert à Rome en 1838 une catacombe qui eut, croit-on , pour fondatrice Ste Hélène, et à laquelle on a donné le nom de cette princesse. Or, plusieurs des cubicula de ce cimetière sont pavés en mosaïques de l'époque constantinienne, mais exécutées dans le goût de l'antiquité. Elles sont remarquables par la variété et l'élégance de leurs compartiments et de leurs entrelacs; une seule a, au centre, une colombe tenant entre ses pattes un rameau vert (V. Perret, ii.

pi. XLIl-XLV).

Nous devons citer encore ici, faute de données certaines sur sa date, une mosaïque d'un bon style qui ornait une crypte près de la cathédrale de Vérone, et qui fait supposer chez les chrétiens des artistes habiles, suivant la remarque de Mafféi qui nous en a conservé le dessin {Mus. Veron. p. ccviii). Mais ce monument offre un intérêt tout spécial, en ce qu'il prouve que, chez les chrétiens, comme chez les

peuples de l'antiquité , ces sortes de travaui furent quelquefois, surtout quand ils élaienl considérables, exécutés par cotisation, pai souscription, comme nous dirions aujourd'hui EX. STiPE, — AERE. COLLATO : c'est là fomuli que font lire les marbres antiques. La mosal que de Vérone renferme , dans trois encadre ments de formes différentes, les noms des per sonnes qui avaient pris part à cette œutti pie, en en faisant exécuter à leurs frais m certain nombre de pieds, l'un dix, les deu: autres chacun cent vingt : •

MARIN. EVSEBIA HIMEIUA

COL. CVM GVM. S VIS CVM. SVIS

s Vis. P. X TESSELLA P. CXX

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