‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 18 sur 266 · AME · texte numérisé non relu

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l'ambon, comme à Saint -Clé ment, par exemple,

et servait à soutenir te flambeau de l'évangile, avant que l'usage se fût introduit de placer aui côtés du diacre deux acolytes tenant des flambeaux, Thiers a prouvé par une série non interrompue de témoignages partant des premiers siècles jusqu'aux temps modernes que l'évangile a toujours été lu à la messe du haut do l'ambon (V. Thiers. Dissert. mr let jubéi. p. 168), La figure ci-dessous représente l'ambon de l'évangile tel qu'il existe aujourd'hui àSaint-Laurentincampolerano, horsdesmurs de Rome. On montait par les degrés qui régnent près de la colonne du cierge pascal, et on descendait par ceux qui se trouvent du cûté opposé.

Sous le nom d'ambon était souvent compris tojl l'espace occupé par les clercs inférieure ; el c'était à proprement parler le chœur. On le peut conclure de la disposition des antiques basiliques romaines, et entre autres de celle de Simt-Clément oii subsiste encore l'enceinte ductuEur dans la nef centrale, avec ses canceU, ses amboDS et les siégea pour les chantres. Ces chantres étaient appelés cattoniei pmllit* [Orne. Laod. can. xv), parce que à euK wuls était réservé, dès le temps de S. Grégoire le Grand, le droit de chanter en chœur, ileiElusion des diacres qui ne devaient chanter que l'évangile , et des prêtres chargea de l'utioQ même du sacrifice.

les ambons étaient souvent décorés d'ornements en mosaïque ou en bas-relief, témoin deux ambons de Ravenne sur lesquels étaient Kulptés des poissons et d'autres symboles chrétiens (V. De' Rossi. De mtmum. Kern exi-. '"il. p. 3.) Celui de Saint-Laurent, comme on le pentïoir, iQOnlre à sa base des bas-reliefs rc-. Iitiftaux sacrifices du culte païen. Cette cir-i "Wance atteste l'antiquité du monument, du iKÛis quant à ses parties essentielles : car l'u- "pd'employerà la décoration des basiliques dnioarbres tirés des édifices profanes est une Pntiqoe toute primitive.

AME. — Les premiers chrétiens employaient différents symboles pour exprimer l'âme humaine délivrée des entraves de la chair et arrivée k la céleste patrie : 1° Le cheval, à la course et près d'atteindre la palme, d'après ces paroles de S. Paul : Sic cuniie ut contjprehendatit (1 CoT. IX. 24), c Courez de telle sorte que vous remportiez le prix ; i et encore celles-ci : Cursurn consummavi {2 Tim. iv. 7),

guant à pleines voiles vers un phare, ou déjà arrivé au port, vive image de l'flme échappée à ses liens terrestres et se dirigeant vers l'éternité; 3" l'agneau, ou la brebis, tantôt seule, tantôt rapportée au bercail par le Bon-Pasteur; k" la colombe, quelquefois au vol, d'autres fois près d'un vase vide, lequel est l'image du corps abandonné par l'esprit, ou encore posée au sein d'un jardin fleuri, image allégorique du paradis (V. les art. Cheval, Naoïre, Agneau, Columbe , Paradis); 5° quelques monuments figurent l'âme par une femme qui semble sortir d'un corps inanimé. Nous en avons un curieux exemple dans un médaillon de plomb publié par le P. Lupi (Dissert. e tett. 1. p. 147), et où est retracé le martyre de S. Laurent. Un bourreau y est occupé à retourner sur le gril le corps du saint diacre.

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duquel une femme vue à mi-coq)s s'échappe et s'élève, les mains jointes, vers le ciel, et reçoit sur sa tête une couronne qu'y dépose une main, qui est la personnification de Dieu le Père. (V. l'art. Dieu,) Nous regardons aussi comme des images symboliques de l'âme ces figures de femmes en prière ou en contemplation, entre deux arbres, qui se présentent sur un grand nombre de tombeaux. (V. l'art. Paradis.)

Cependant ces femmes, si elles sont placées au centre d'un sarcophage, et entre deux vieillards, doivent être regardées comme la représentation de Susanne. (V. l'art. Susanne,)

AMEN. — - C'est un mot grec en usage dans la liturgie depuis les apôtres (Justin. ApoL u, — Tertul. De spectac. xxv). Il est tantôt affirmatif, tantôt optatif. Quand il est prononcé par le peuple après une oraison ou collecte^ qui n'est autre chose qu'une prière collective que le prêtre adresse à Dieu au nom de tous, il exprime un souhait équivalant au mot fiât « que Dieu nous exauce ! » (Hieron. Ep. adMarcelL — Justin. ApoL ii. ) Mais quand les fidèles répondaient Amen après que le prêtre avait prononcé les paroles de la consécration (Et c'était la discipline des premiers siècles), ce mot avait un sens affirmatif , c'était un acte de foi, d'adhésion au mystère auguste qui venait de s'accomplir, comme dit S. Ambroise {De nupt. 1. IV. 19) : Et tu dicis amen, futc esf, verum est! « Et tu dis amen, c'est-à-dire : c'est vrai I » Il en était de même quand le fidèle recevait la sainte communion : « Lorsque en recevant (L'eucharistie), dit le même Père , tu dis Amefiy c'est que tu confesses d'esprit que tu reçois le corps du Christ. Le prêtre te dit LE CORPS DU CHRIST (C'était la formule antique), tu réponds Amen, c'est-à-dire : c*est vrai! »

AMUIiA. — On appelait ainsi anciennement le vase dans lequel on offrait le vin à la liturgie (Ordo Roman, Biblioth. Patr.), On donnait le nom de hama à ceux de ces vases dont le ventre était arrondi en forme de globe (Pellic. Polit, eccl. p. 192). Ils étaient nécessaires sous l'ancienne discipline, qui admettait tous les fidèles à oflVir du vin pour le sacrifice. Les diacres recevaient ce vin dans les amulœ^ pour le verser ensuite dans les calices. Elles étaient d'un poids souvent considérable, d'or, d'argent, enrichies de pierres précieuses, dans les grandes églises (Lih, Pontif. In Marc), Lorsque l'usage des oblations du peuple eut cessé, celui des amulx n'eut plus de raison d'être, et on lui substitua ces petites ampoules que nous nommons burettes.

Dans ses notes à Anastase le Bibliothécaire (/« vit. S. Urbant), Blanchini reproduit en gra-

vure une amula ou burette, en argent et d'une rare élégance; le miracle de Cana s'y trouve représenté en relief. Ce savant attribue le monument au quatrième siècle ; le sujet qui lui sert de décoration indique sans aucun doute le pouvoir qu'a le prêtre de changer le vin au sang de Jésus- Christ, comme Jésus -Christ changea l'eau en vin. (V. les art. Cana et £uchartstie.)

AMULETTES CHRETIENS. (Amuletum).

— Nous devons exclure tout d'abord les idées superstitieuses que ce mot semble naturellement réveiller ; en effet, autrefois chez les païens, comme aujourd'hui encore chez les Turcs et les Arabes, il désignait, soit certaines lames de métal couvertes de caractères cabalistiques auxquelles ces peuples attribuaient la vertu de préserver ou dé guérir de tous les maux , soit certains remèdes propres à conjurer les charmes et à repousser les maléfices. On appelait encore ces objets periapta, d'un V ocable grec qui signifie une chose suspendue^ parce que les amulettes se suspendaient au cou, ou PYCTACiVM , en grec p/iV, parce que les sentences ou signes en question étaient quelquefois tracés sur des morceaux de papier ou de parchemin roulés (V. Macri. Hiero-Lex, ad h. v.).

Ces pratiques blâmables s'étaient gb'ssées parmi les fidèles des premiers temps; il parait même qu'elles furent couvertes d'une certaine tolérance par Constantin (Cod. Theod, îx. 16. De malefic, leg. m). Aussi a-t-on trouvé dans les catacombes divers objets qui y sont relatifs ; par exemple (Boldetti. p. 506. tav. iv. n. 41), une petite tessère avec l'image d'un lièvre, amulette qui, chez les païens , passait pour guérir les maux de ventre ; et un masque scénique. L'usage de tels objets émanant de croyances superstitieuses fi\t introduit dans le christianisme par les gnostiques. Les Pères et les conciles repoussèrent toujours ces vaines pratiques avec une grande sévérité (V. Thiers. Traité des superst. i part. 1. v. c. 1).

Mais il est toute une classe d'amulettes sacrés dont l'usage , bien loin de provoquer les censures de TÉglise, fut, au contraire, l'objet de son approbation et de ses encouragements. Ce sont certains objets de dévotion, croix, médailles, reliques, fragments des saintes Écritures, portés avec esprit de foi, et avec cette confiance raisonnée qu'ils inspirent, soit par leur valeur et leur sainteté intrinsèque , comme, par exemple, le bois sacré de la vraie croix ou les reliques des Saints , soit à raison des bénédictions dont ï\a sont enrichis, comme les Agnus Dei. (V. l'art, agnus dei.)

Ces saints amulettes furent quelquefois désignés sous le nom de encolpivm, qui, bien qu'il s'applique plus strictement à la croix des

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évéqueSf quand elle renferme des reliques, s'entend aussi de tout reliquaire suspendu sur la poitrine. On les appela aussi philacteria, comme chez les Juifs quelques objets analogues (Joan. Diac. In Ap. ad Carol. ap. Macri). Le cabinet des médailles de la Bibliothèque Dationale possède un amulette chrétien du deuxième siècle, trouvé dans les environs de ftiirouth (Fr. Lenormand. Mélanges archéol. m. 150). C'est une feuille d'or, sur laquelle est gravée , en caractères grecs , une inscription ainsi interprétée par M. Fr. Lenormand : I Je t'exorcise , 6 Satan (0 croix purifie-moi), afin que tu n^abandonnes jamais ta demeure, au nom du Seigneur Dieu vivant. » Nous pou- Tons ranger parmi les objets de même nature une pierre gravée , portant , en grec , cette invocation : • Dieu, fils de Dieu, garde, » (Per-r ret. v. pi. XVI. 14) et celle-ci, dont Tinscriplion est plus explicite encore : « J'invoque Jésus-Christ de Nazareth, Père, Dieu des armées. » Elle appartint à la collection Stosch , et se trouve publiée dans les mémoires de l'académie de Cortone (T. vu. p. kk, tav. ii. n. 12). Tel est encore ce poisson de bronze enrichi de l'inscription oocaic, salva. (V. l'art. Poûsofi.) On avait des médaillons en or, en argent ou autre métal , marqués du monogramme du Christ, qu'on suspendait à son cou, et dont plusieurs ont été recueillis dans des tombeaux de martyrs (Aringhi. 1. vi. c. 23).

L'usage s'en conserva longtemps encore après U paix de l'élise. Ste Geneviève portait ainsi

on médaillon de bronze marqué du signe de' la f\ croix. C'est S. Germain d'Âuxerre qui le lui avait donné (Giorgi. De «wiojr. Christ, p. 14). Costadoni publie un poisson de verre percé de deux trous, ce qui indique qu'il était disposé pour être suspendu M cou comme amulette (Del pesce simb. n. 20) ; «t Âllegranza décrit une pâte de verre représentant une nativité, destinée au môme usage {Monum, di Milano, p. 64). On reproduit ici d'après Fabretti (P. 594. 122) un curieux amulette en forme de main, tenant une tablette inscrite de l'acclamation nos c VIS ! * (V. l'art, ^cçiamoliofi n. I, !•).

Nous apprenons par 1« écrits des Pères X Lami. De erudit.

•port. p. 529) que les premiers chrétiens se lisaient aussi des libres des Évangiles une ^^e d'amulettes au moyen desqueb ils obte-

naient des guérisons miraculeuses , et S. Jérôme affirme (/n MaCth. iv. 24) s'être lui-même conformé à cet usage. Les femmes et les enfants (Isid. Pelus. 1. ii. ep. 150. — Chrysost. hom. IX. Ad Antioch. In Matlh, hom. Lxxiii) suspendaient ces livres divins à leur cou, et les portaient partout comme préservatifs , conservatoria. S. Grégoire le Grand (Epistolar, 1. xii. ep. 7) envoya à la reine Théodelinde, pour son fils nouveau-né Adulovald , deux philactères ou amulettes contre les. maléfices ou enchantements c des lamies qui nuisent grandement aux enfants, » à savoir une croix renfermant une parcelle de la vraie croix , et un exemplaire des saints Évangiles renfermé dans une cassette de bois précieux. Le trésor de Monza conserve encore ces boites, au revers desquelles sont écrites en grec des adjurations analogues à celles que nous avons citées plus haut. On en peut voir des dessins très-fidèles dans l'ouvrage du P. Mozzoni (7Vit7. cronol. délia Storia et cl, sec. vu. p. 79).

Mais si les Pères approuvaient ces pratiques en elles-mêmes, ils avaient soin de tracer avec une rigoureuse exactitude la ligne de démarcation qui sépare ici la piété de la superstition ; et S. Augustin , pour ne citer que lui , recommandait instanunent aux fidèles de ne pas confondre avec les ligatures des païens l'emploi des livres maints (S. Aug. In Johan, c. vu).

Dès les temps apostoliques, on portait l'Évangile comme amulette, et on l'ensevelissait souvent avec les morts. Témoin cet exemplaire de S. Matthieu écrit de la main de S. Barnabe, et qui fut retrouvé dans la tombe de cet apôtre, dans l'Ile de Chypre (MorcelH. '-fiTo/cnd. Cpolit, I. 231). Plusieurs sépultures découvertes à Rome par la démolition de l'ancienne Vaticane, ont fourni aussi des copies de ces livres divins renfermées dans des cassettes d'argent , de bronze ou de plomb (Ciamp. Vet, mon. 1. i. c. 16). Enfin, on avait coutume de conserver les saints Évangiles dans les maisons pour éloigner les démons (S. Chrysost. In Johan, c. xxxi); et de s'en servir pour arrêter les incendies (S. Greg. Turon. De vit, PP, vi). (V. l'art.

ENCOLPIA.)

ANATBÊMECAva0/,(ia).—I.— On entendait par anathème, dans l'antiquité, tout objet qui, offert à la Divinité, était suspendu dans les temples, et ne pouvait plus désormais être employé à un usage profane i Justin. M. Ad quxst. cxxi). Chez les premiers chrétiens, on appela de ce nom, soit les choses qui étaient ofl'ertes pour servir d'ornement aux églises, soit les vases ou autres ustensiles dont la piété des fidèles les enrichissait. Tous ces objets sont désignés dans le texte grec de S. Luc par le mot êp^oL^[Loc:a (xxi. 1), et Eusèbe, décri-

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vant la basilique du Sauveur à Jérusalem (De vit. Constant, m. 38), appelle les grands cratères d'argent dont les chapiteaux des colonnes étaient ornés, pulcherrimum imperatoris donarium, (ivaO;^(jA, et il ajoute un peu plus loin (kO) qu'on ne saurait dire de conîbien d'ornements de ce genre, tant en or qu'en pierres pré cieuses, le môme empereur Constantin avait embelli ce temple. Théodoret etSozomène donnent aussi le nom d'ivaO^fxaTa aux ustensiles de l'autel, aux vêtements précieux des évoques, etc.

Les offrandes d'objets de cette nature étaient très- fréquentes dans la primitive Église (V. Optât. Milev. De schism. 1. m. c. 3. — Greg. Il PP. Epist. I. ap. Labb. t. vu). Cependant le mot anathème, dans Un sens plus restreint, a été employé le plus communément à désigner les ex-voto que les fidèles suspendaient aux colonnes des églises en actions de grâces de quelque faveur obtenue de Dieu. C'est peutêtre aussi parce qu'elles étaient suspendues aux colonnes des églises pour être à la portée de la vue du public, que les sentences d'excommunication furent nommées anathèmes (V. Bingham, Origin. eccl. 1. viii , c. 8. t. m. p. 249. édit. Hall.) Quoi qu'il en soit, les ex-voto étaient certainement usités au cinquième siècle, car Théodoret raconte (Serm. viii. Adgent. De marlyr.) que, reconnaissants des guérisons obtenues, les fidèles suspendaient dans les sanctuaires, « des simulacres d'yeux, de pieds, de mains.... exécutés en argent ou en or : » alii oculorum , alii pedum , alii nianuum simulacra... ex argento^ auroque confecta; et le témoignage de S. Paulin fait remonter cet usage jusqu'à la fin du quatrième siècle (Nat. m).

II. — On appelle aussi anathèmes certaines formules d'imprécations qui se rencontrent souvent sur les monuments chrétiens , sépultures, diplômes, donations, testaments, etc. L'intérêt qui s'attache à cette matière nous oblige à citer quelques exemples. En voici qui s'adressent aux violateurs des tombeaux : mâle

PEREAT INSEPVLTVS || lACEAT NON RESVRGAT || CYM IVDA PARTEM HABEAT || SI QVIS SEPVLCRVM

HVNc II VIOLA VERiT (Bosio. p. 436). « Qu'il mcurc d'une mauvaise mort; qu'il reste sans sépulture; qu'il ne ressuscite point (pour la gloire); qu'il partage le sort de Judas , celui qui oserait violer ce tombeau. » — qvisqvis || hoc svs-

TVLERIT II AVT LAESEHIT || VLTIMVS SVO || RVM

MORiATVR (Reines, p. 1000. n. 441). Cette dernière inscription a cela de remarquable qu'elle fait envisager comme la plus grande des disgrâces le malheur de mourir le dernier des siens : qvi.... hvnc sepvlcrvm estvrbaverit CHRiSTVS siT El ANATHEMA (Gazzcra, Iscr, Piem. p. 457. « Celui qui aura troublé le repos de ce sépulcre, que le Christ lui soit anathème. » —

SI QVIS II SE. PRAESVMSERIT. CONTRA j] HVNC. TV-

MVLVM. MEVM. BIOLA || RE. ABEA. INDE. LNQVI- SITIO II NEM. ANTE. TRIBVNAL. DNÏ. NRÎ (Gruter.

1062. n. 1). f Si quelqu'un était assez présomptueux pour violer ce mien tombeau, qu'il réponde (de ce crime) devant le tribunal de Notre-Seigneur. > — sites incvrrat. in tipo.

SAPFIRE ET II Ànani AE QVI EVM LOCVM SINE PA

rentis II APERVERiT (Lupi. Scv. 24). « Qu'il soit traité comme Saphire et Ananie, celui qui aurait ouvert ce lieu sans mes parents.. .t — qvi a

Il HOC HOSSA REMOVIT A || NATEMA SIT... (De

Boissieu , Inscr, de Lyon, p. 599). — si qvis

hvnc tu II MOLVM VIOLARE TEMta || VERIT IRAM DÎ

[NcvRraf II ET ANATHEBiA SET (Gazzcra, Iscriu crist. del Piem, p. 45). « Si quelqu'un tentait de violer ce tombeau, qu'il soit anathème. i

ABEAT ANATHEMA || A IVDA SI QVIS ALTERVM OMINE SVPER II POSVER.... ANATHEMA ABEAS DA IRICENTI II DECEM ET OCTO PATRIARCHAE QVI CHANONES II EXPOSVERVNT ET DA SCÂ XPÎ QVA-

TVOR II EVANGELiA (Reines, p. 965. n. 290). «Qu'il soit anathème avec Judas celui qui ensevelirait un autre homme sur moi.... qu'il ait anathème de la part des trois cent dix-huit patriarches qui ont exposé les canons, et de la part des [uatre saints Évangiles du Christ. »

Cette imprécation par les pères de Nicée, )n môme temps que par les quatre Évangiles, témoigne que les chrétiens vénéraient les conciles, organes sacrés de la tradition cathoique, presque à l'égal des livres inspirés du Nouveau Testament. Nous retrouvons la même ibrmule dans le testament d'un évoque rapporté par Paciaudi {De sacr. Bain, p. 164. n. 2), d'après un manuscrit de la bibliothèque Chiggi. Ce prélat confirme le don de tous ses biens l un monastère par une excommunication, ktt judiciali sententia^ en y ajoutant un anathènu contre quiconque oserait changer, ravir oi usurper ces biens : Sit maledictus a Domino Det omniijotenti^ et a treceutis decem et octo Deiferi patrib ts,et hxres maledictionis Judx proditoris « Qu'il soit maudit par le Seigneur Dieu tout puissant et par les trois cent dix-huit père Deiferis (Porte-Dieu) ; qu'il soit l'héritier de 1; malédiction du traître Judas. » L'épithète d» Deiferi^ appliquée aux pères du concile d< Nicée , est digne de fixer l'attention. Des ana thèmes analogues furent fulminés par les con ciles et en particulier par ceux d'Auxerre e de Mâcon, aussi bien que par les pères e les évoques contre ceux qui retiendraient o\ détourneraient les offrandes et legs faits au: églises (Jacut. Exercit. philol. ad sepulcr. tit tionusx etMennœ. Romae, 1758).

Les trois cent dix-huit pères du concile de Ni cée, qui avaient souscrit la condamnation d^A rius, furent de tout temps en singulière véné ration dans l'Éghse, comme le prouvent toute ces pièces et bien d'autres encore. Le prêtr

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(Ap. Baron. An. 325), qui a écrit leur dit que Dieu voulut faire éclater leur 3ar le don des miracles, et que leurs furent dotées du privilège de l'incor- ' é. L'Église d'Orient leur a consacré le n le voit dans le ménologe des Grecs, labilité des tombeaux fut toujours, chrétiens, Tobjet d'une vive préoccu- ; système de sépulture isolée et perqu'ik avaient adopté dans leurs cimeuterrains, où, à l'exemple de la

du Sauveur, un loculus tout neuf isé pour chaque corps, qui ne devait tre dépossédé par un autre, en fourpreuve toute primitive. Le motif de i exclusif était puisé dans le respect corps qui avaient été les temples de laint^ et les tabernacles de la divine ie, bien plus que dans une vaine e voir leur résurrection devenue im- [)ar la dispersion de leurs membres ; li put bien entrer par exception dans

esprits grossiers, comme semblent r certains monuments épigraphiques, Te laquelle proteste toute la tradition e. Les chrétiens restèrent toujours J à des craintes si puériles , et ils rét à ceux qui les leur attribuaient ^elix. Octav. p. 327, Lugdun. Batav.

Disputer à Dieu qui a fait l'homme r de lui rendre sa première forme....

-ce pas le comble de l'extravagance et ipidité? N'est il pas plus difficile de 'être à ce qui n'est point que de rece qui a déjà existé ? Croyez- vous que 5 dérobe à la faiblesse de notre vue, j anéanti pour la divinité ? Tout corps, se réduise en cendre ou en poussière,

s'exhale en vapeur ou en fumée, est

à nos sens , mais il existe pour Dieu mserve les éléments. Nous ne redou- , quoi que l'on puisse dire, de la sé- )ar le feu ; mais si nous inhumons les est pour suivre la meilleure et la plus coutume, ^neCyUtcreditis^uUumdam' )ilturœ timemus.

st qu'assez tard, c'est-à-dire dans le

sixième siècle, que la jalouse solliont nous parlons plus haut se traduit imprécations plus ou moins violentes es violateurs des tombeaux. Auparains des temps où la mansuétude du tait encore toute vivante dans la soses enfants, les marbres ne font lire mbles prières et de douces adjurations, «lies qui sont exprimées sur un tituliis le 451 (De' Rossi i. 331-752) : adivro

C31ISTVM II NE MIHI AB ALIQVO VIO || LEN-

ilentia) fiât et ne sepvl || crvm mevm . « Je vous adjure par le Christ que

violence ne me soit faite par qui que ce soit, et que mon sépulcre soit garanti contre toute profanation. » Et encore est-ce là le premier exemple d'une telle précaution que la religion des tombeaux avait rendue inutile dans les quatre premiers siècles. En 584, nous trouvons encore une formule très-modérée, attendu qu'elle se contente d'exprimer pour condition à l'acquisition du tombeau, qu'il sera garanti contre toute violation : svb illa.... conditio-

NEM (sic) VT HOC || EORVM NON BIOLETVR SEPVL-

CRVM (Id. t6. p. 515). En 522 (Id. n. 980), ce n'était qu'une simple mention d'une concession perpétuelle faite par le pape Hormisdas : pos-

SEDATVR LOCVS.... NE QVIS REMOBAT, et CCttO

mention suffisait pour le faire respecter.

III . — Le nom d'anathème est encore appliqué à l'excommunication majeure infligée par le pape, par un évoque ou par un concile. Plusieurs décrets ou canons de conciles sont conçus en ces termes : « Si quelqu'un avance ou soutient telle erreur.... qu'il soit anathème. » La source de cette discipline se trouve sans doute dans ce passage de S. Paul {Galat. i. 8) : « Quand nous vous annoncerions nous-même, ou qu'un ange descendu du ciel vous annoncerait un Évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème. » On trouve dans l'ouvrage de Martène sur les rites {Deant. eccl. rit, ii. 324) quelques formules très-anciennes d'excommunication. Dans la septième (P. 325), l'exconmiunié, comme nous l'ont fait lire déjà quelques inscriptions, est voué au sort des personnages les plus maudits dont l'histoire fasse mention, et en particulier à celui des grands persécuteurs de l'Église: Fiat habitatio eorum.... cum Chore^ Datan et Abiron, Juda atque Pilato ^ Anania atque Sapphira, Nerone atque Decio, Herode, Juliano, ValerianOy et Simone Mago. « Que leur habitation soit avec... Coré, Datan et Abiron, avec Judas et Pilate , Ananie et Saphire, avec Néron et Dèce, Hérode, Julien, Valérien et Simon le Magicien. »

AIVCRE. — L'usage des emblèmes marins joue un grand rôle dans la partie figurée de l'antiquité chrétienne ; et l'ancre est un des objets qu'emploie le plus souvent, dès les premiers âges de la foi, ce genre de symbolisme, qui prend sa source dans le Nouveau Testament. L'ancre ^ df^xopa vauTixij, était, d'après S. Clément d'Alexandrie (Pxdag. 1. m. n. 106) l'un des principaux symboles que les premier chrétiens faisaient graver sur leurs anneaux, et plusieurs des bijoux qui en portent l'empreinte sont parvenus jusqu'à nous. (V. l'art. Annea%ix^ fig. 2.)

Prise dans son sens naturel, l'ancre est Tespoir et souvent l'unique ressource du naviga-

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teur au milieu des orages et de la tempête. Aussi les anciens y attachaient- ils un sens religieux, et rappelaient- ils sacrée, anchoram Siicram solvere, disaient-ils pour exprimer l'action de lever Tancre. Dans son livre des hiéroglyphes, Pierius (xviii. 15) dit qu'elle est comme le symbole du salut et le type de la délivrance, salutisac prxsidii typuscomtiluitur.

Les premiers chrétiens comprirent les nombreuses relations de l'ancre considérée symboliquement, soit avec les orages inséparables de la vie humaine en général, soit, et bien plus encore, avec la position agitée que leur faisait la persécution, dont le souffle mettait sans cesse en péril la barque du Christ. Aussi est-eUe l'une des plus anciennes images qu'ils aient fixées aux parois et aux divers monuments de leurs cimetières, afin de se souvenir que, dans la tempête des passions haineuses déchaînées contre l'Église, l'assistance d'en haut était l'ancre de salut qui les garantissait contre le naufrage (Bède. In cap. vi J^ara). Tel est le premier sens que l'on peut attribuer au symbole de l'ancre, c'est celui qui dérive le plus directement de l'acception qui lui était donnée par les païens et qui ne fait ici que changer d'objet.

Mais nous croyons que Raoul -Rochette est égaré par son préjugé favori, quand il prétend {Mém, de CAcad. des inscript, t. xiii. p. 223J que l'ancre est un symbole de salut plutôt que d'espérance. A nos yeux elle est avant tout une tessère d'espérance, c'est là son sens chrétien par excellence. « Nous avons, dit S. Paul {Uebr. vi. 18), une puissante consolation, nous qui avons cherché à saisir l'espérance qui nous est proposée, espérance qui sert à notre âme comme d'une ancre ferme et assurée, et qui pénètre jusqu'au sanctuaire qui est au dedans du voile, où Jésus est entré comme notre précurseur. * Spem quam stcut anchoram habeinus antmx tutam ac firmam,... S. Ambroise nous a laissé un élégant commentaire de ce passage {In verba Àpost, ad Hebr. vi). Plusieurs Pères, notamment S. Chrysostome (/n psalm. x et xx) développent aussi les sens mystérieux de l'ancre. Ruffin d'Aquilée (/n psalm. clv) nous semble les résumer tous dans ces paroles : c Le navigateur, quand il craint la tempête , jette son ancre. Nous aussi , si nous avons l'ancre de l'espérance fixée en Dieu , nous ne redouterons aucune tempête de ce monde. »

Les monuments figurés confirment ici les données de la tradition écrite. On sait, et nous démontrerons en son lieu (V. l'art. Noms des premiers chrétiens), que les symboles tracés sur les épitaphes contiennent souvent une allusion des plus claires au nom du défunt. Or le savant chevalier de' Rossi (De monum. ixarN

exhib. p. 18) affirme avoir trouvé sur des titu portant des noms dérivés de spes ou iXiciç, efpi rance, trois fois l'image de l'ancre, à savoir su l'épitaphe d'un certain elpidivs (Mai. Cotlec Vatican, v. 449), et sur deux autres encor inédites du cimetière de Priscille, de deu femmes, elpizvsa et spes ; et celle-ci, au ba de laquelle est aussi une ancre, a été recueilli au cimetière de Sainte- Agnès (Perret, v. p Liv. 11) : ELPis ET CVRIACE FECiT. Le cardin; Mai, ou plutôt Marini {Colltct. Vatic. v. kk* donne la suivante , qui est accompagnée d'ui ancre et de deux palmes : spes pax tib. t E pérance, paix à toi! » L'ancre accompagi aussi des épitaphes portant les noms agape agapetes , aoapetvs (In sched. Rossi). On i saurait attribuer au hasard un fait si souve répété. Mais il y a plus encore : il s'est rencoj tré au cimetière de Prétextât (De' Rossi. it quelques marbres sans inscription, marqua seulement d'une ancre cruciforme ; or à l'ex trémité de la traverse de la croix de cette ai cre était écrite la lettre e toute seule , gu est évidemment l'abréviation ou la sigle di mot iXiziq, espérance.

Mais ce qui achève la démonstration, ei assignant à la figure de l'ancre un sens plu: complet et plus déterminé, c'est que le signi du poisson qui était le symbole du Fils de Diei Sauveur, ou bien son nom grec ixbtc, lui son presque toujours associés (V. Lupi. Epitaph Sever, p. 64. — Costadoni. Pesce, passim. — Vet tori. Num. xr. explic. in fin.). 11 est clair qu le rapprochement de ces deux symboles exprim Vespérafice en Jésus-Christ , et équivaut à ce formules si communes sur les marbres chrc tiens : spes in christo, spes in deo, spes i DEO CHRisTo. « L'espérauco en Jésus-Chris en Dieu, en Dieu-Christ. » Ce n'est pas tout au lieu de l'ixerc figuré ou écrit, la formul hiéroglyphique présente souvent, au somme de l'ancre , la croix elle-même , et proclam dans son symbolique langage, et par. une tes sère unique , que « la croix est le fondemei de l'espérance du chrétien. * C'est ce qui s'ol serve sur une pierre gravée (De' Rossi. ix©r« p. 19) , plusieurs fois publiée.

Les ancres des anciens, telles que nous h voyons sur leurs monuments, avaient souven au-dessous de l'anneau, une traverse qui lei donnait tout à fait l'apparence d'une croix, ( ce sont celles que nous appelons cruciforme! Peut-être, dit le savant abbé Greppo (De çud ques particularités des cuUes paiens. p. 24), cett forme contribua- 1- elle autant à fixer le choi des chrétiens sur ce symbole, que les parole de S. Paul (Que nous avons citées plus haut] et qui donnent l'ancre elle-même comme tes sère de l'espérance.

Quand l'ancre figure sur les tombeaux de

ANGE

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