‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 183 sur 266 · NOMB · texte numérisé non relu

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le chrétien peut espérer en cette vie et posséder dans l'autre. C'est le denier de la parabole évangélique, considéré dans sa valeur numérique, denarius^ salaire qu'à la fin de la journée, le maître de la vigne fait distribuer aussi bien à ceux qui ont travaillé quelques heures seulement, gu'à ceux qui ont porté tout le poids du jour, hoc est salutis quant significal denarius {Strom. 1. iv. p. 580). S. Augustin se montre du même avis, quand il donne à la récompense qui nous attend au ciel, alors que la réalité aura remplacé l'espérance, cum fuerit de spe facta res,le nom de c/enartum, assignant pour base de cette interprétation le nombre dix dont ce mot est dérivé, qui accipit nomen a numéro decem (Tract, xvii InJoan.),

Ce n'est donc pas sans fondement qu'on interprète comme un souhait de salut certains nombres à base décimale, x, xx, etc., qui sont écrits sur des poissons de verre recueillis dans les catacombes (Boldetti. p. 516). Il parait naturel de supposer à ces signes une signification équivalente à celle de l'acclamation cwcaic qui se trouve inscrite sur des poissons de bronze de la môme provenance (V. Costadoni. Pesce. tav.), et qui, venant du verbe ow^^co, salvo^ est bien évidemment un de ces souhaits de salut éternel que les premiers chrétiens aimaient à échanger dans les tendres épanchements de leur charité fraternelle.

Les païens se servaient aussi du nombre x pour formule de salut. On lit : votis x, votis xx, sur l'arc de Constantin, aussi bien qu'au revers d'un grand nombre de médailles. Cette formule est encore inscrite sur quelques colonnes milliaires, comme sur celle que donne le cardinal Mai (Collect Valic. v. 268) : votis x multis XX, pour Valentinien, Valens et Gratien. Sur les pierres lettrées de Ficoroni on rencontre de simples signes numériques, de nature décimale (Gem, litt. tab. m. 24. etc.), ce qui doit être un souhait de salut, attendu que ce souhait est exprimé en toutes lettres sur d'autres gemmes du même recueil dvlcis vfta —

VITA TIBI — VTERE FELIX (Tab. Vil).

Le nombre sept est encore un de ceux auxquels on attribue une valeur symbolique. Aux yeux de S. Jérôme (In Amos. v), « c'est un nombre saint, ce que prouve le sabbath, auquel jour Dieu s'est reposé de toutes ses œuvres. » Aussi avait-on un soin particulier de noter ce nombre sur les tombeaux, comme nous le voyons notamment dans l'épitaphe d'un enfant nommé mercvrfvs, trouvée au cimetière de Sainte-Mustiola de Chiusi en Toscane (Cavedoni. Cimit. Chiusin. p. 38), lequel enfant était mort dans l'année sabbatique de sa vie, c'està-dire à sept ans et sept mois : qvi vixsit annis

VIT MESES VII.

2» Nombres sur les vêtements. Ils y sont

aussi retracés avec une intention allégorique. (V. l'art. Monogrammes 9ur les vétem.). Les artistes qui, ainsi que nous l'apprenons de S. Paulin, basaient invariablement leurs peinturessur des règles hiératiques, employaient les nombres représentés par certaines lettres, dans un sens analogue à celui que, par une application mystique de la parabole de la semence (Matth. xm. 8), les Pères attribuaient à ces mêmes lettres dans leurs homélies, prononcées, comme on sait, devant des auditoires oti les profanes se mêlaient souvent aux fidèles. Ainsi, par exemple, le signe W qui probablement n'était autre chose que la lettre grecque S, représentait sur les pans du vêtement de Ste Agnès (Buonarruoti. tav. xiv. 1 , le nombre soixante qui est consacré aux vierges. Plusieurs Pères ont en effet attribué le cent pour un au martyre et le soixante à la virginité (V S. Cypr. Epist. Lxx. — Prudent. Peristeph. xiV. 19 seqq.). S. Jérôme, dans l'apologie de ses Iktcs contre Jovinien, donne le cent pour un aux vierges, le soixante aux veuves, le trente aux épouses. Que si le monogramme W est la lettre H renversée, qui représente chez les Grecs le nombre huit, il serait , d'après divers témoignages, le symbole de l'autre vie, de la béatitude, (le la résurrection {Not. Coteller. et Menari. ad episf. Bamab.), Qu'il suffise de ce peu de mots pour donner une idée générale de la théorie. Les applications pouseées un peu loin, bien que souvent fort ingénieuses, tomberaient facilement dans l'arbitraire.

3° Tous les chiffres, sur les monuments antiques, n'ont pas une valeur symbolique. Ceux (jue présentent quelques épitaphes des catacombes ont été regardés par certains antiquaires (Aringhi. i. 495. — Amati. — Settele, etc.) comme de simples numéros d'ordre des hypogées. Mais Visconti (Sposiz. d^alcune ani. wf- Crist. Roma. 1824; s'appuyant sur le témoignage on ne peut plus clair de Prudence (P»ristcph. Passio S. Hippolyt. vers. 1-15) aprouvé, et tous les savants se sont rangés à son avis, que ces chiffres indiquaient le nombre des chrétiens ou des martyrs ensevelis dans chaque tombeau. Ainsi, n. xxx. svrra. et. senec.ooss (Visconti. op. laud. p. 8), signifie que trente chrétiens, victimes de la persécution ont été déposés dans cette sépulture sous le consulat de Surra et de Senecion. Telle est encore cette inscription loc. ma. ccl. xvin. ïsc(\à. p. 34) qui ne peut se lire autrement que : w>eus. UArtyrum. cclxviii. in. christo.

Nous n'ignorons point que la valeur de cette théorie a été contestée par M. De' Rossi. (V. l'art. Martyrs [Nombre des"].)

NOMS DES PREMIERS CHRÉTlf:^^'

— Pour mettre de l'ordre dans cette impor-

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te matière, nous parlerons d'abord des noms lériques, s*appliquant à tous les chrétiens, m second lieu de leurs noms propres.

. — Noms génériques. Nous divisons ces miers noms en noms honorifiques et en is injurieux.

. Noms honorifiques. Ceux qui se converaient à la vraie religion, soit du judaïsme, du paganisme, étaient appelés ou, mieux t-être, s'appelaient entre eux :

0 MaOrjTatf, discipuli {Act, apost. vi. 2 et pas- ). On donnait ce nom chez les Juifs à ceux se rangeaient sous la discipline d'un mai- ; nos pères l'adoptèrent pour exprimer leur ésion à la doctrine et aux préceptes de Jé- •Clirist.

0 Qi<iTo(, fidèles {Ephes. i. 1. — Coloss. i. te.), ou credentes, pour marquer leur attament à la foi de Jésus- Christ. Ceux qui ent nés de parents chrétiens s'appelaient fdeHirtis fidèles^ nicroi ek nicnoN (Lupi. Seepitaph. p. 136).

p'ExXgxTof, electi. S. Paul dit élus de Dieu m. VIII. 33. — Coloss. m. 12), S. Pierre simment élus (1 Petr. i. 1). On appelait ainsi les étiens, parce qu'ils étaient choisis de Dieu, is les nations ou dans la synagogue, pour être «lés à la foi chrétienne.

i« 'Ayiof, sancti^ parce qu'ils avaient été sanck par le sang de Jésus-Christ et appelés à la ateté. De là l'appellation de sanctifiés emyée par l'Apôtre (1 Cor. i. 2), et après lui

les Pères (Clemens Roman. Ep. ad Cor.

1. — Chrysost. Homil. i. /ni ad Cor.), >*» Fratres^ « frères, » nom donné d'abord ' Notre-Seigneur à ses disciples : Omnes vos ^estis (Matth. xxiii. 8), et encore quand, es sa résurrection, il enjoint à Madeleine lier trouver les frères^ c'est-à-dire les apô- { (Joan. XX. i?). Ce nom ne fut pas seuleît appliqué aux apôtres (1 Cor. v. 11 et i), mais aux chrétiens en général (Clem. tp. ad Cor. loc. laud. — Ignat. M. Ep. ad ies. n. XVI. etc.), parce qu'ils avaient le ne père qui est Dieu, la môme mère qui PÉglise, parce qu'ils avaient été régénérés

le même baptême, et que tout était com-

1 entre eux. De là le nom de fraternité né à la société des chrétiens par les apô- ; (1 Petr. ii. 17) et par les Pères (Clem. n. 1 Ad Cor. m). S. Cyprien termine ordirement ses épitres par cette salutation : Uemitatem universam meo nomine salutate^ iluez en mon nom l'universalité des frères. » Fart. Fraternité.)

>• Conservi, « coserviteurs. » Les apôtres se mèrent d'abord ce nom entre eux, témoin Paul qui l'applique à ses coadjuteurs dans K)stolat, à Épaphras {Coloss. i. 7) et ensuite 'ichicas {Ibid. iv. 1\ S. Jean, dans V Apoca-

lypse^ désigne ainsi les fidèles (vi. 11), et on continua à le faire dans les siècles suivants (Lactant. Instit. divin, xvi).

7® Christiani, « chrétiens. » Ce fut à Ajitioche (Act. xi. 26) que pour la première fois les fidèles furent appelés chrétiens. S. Épiphane {Hœres. xxxix. 1 et 4), et presque tous les auteurs ecclésiastiques, sauf peut-être Tertullien {Apol. v) etEusèbedeCésarée, ont placé cet événement sous le règne de Claude. Baronius le fixe à la première année de ce règne, et Mamachi {Orig. Christ. 1. i. § 3) le fait remonter à l'an 42 ou 43 de notre ère. D'après le savant dominicain, on n'aurait point songé à donner aux fidèles un nom caractéristique, tant qu'ils s'étaient exclusivement recrutés parmi les Juifs, c'est-à-dire jusqu'à la conversion du centurion Cornélius, qui fut le premier des gentils appelé à la foi. Peu après, beaucoup d'habitants d'Antioche suivirent son exemple {Act. xi). Il est vraisemblable que, pour éviter les dissensions qui eussent pu naître des noms divers de Juifs et de Grecs, on adopta l'appellation générale de chrétiens, dérivée du nom même du Christ. Il ne manqua cependant pas d'écrivains qui, par amour de l'allégorie, voulurent, dès les premiers temps, faire dériver ce nom du chrême dont on oignait le front (les baptisés. Théophile d'Antioche (Append. in 0pp. Justin. M.) et S. Cyrille de Jérusalem avaient adopté ce sentiment {Catech. m mystagog.). Dans une inscription de Cherchell, l'ancienne Césarée de Mauritanie, un chrétien est appelé cvLTOR verbi, o adorateur du Verbe. » (L. Renier. Inscr. de V Algérie n. 4025).

8® JES&fii, t Jesséens. » S. Épiphane {Hseres. xxix) dit que, avant de s'appeler chrétiens, les disciples de Jésus-Christ portaient le nom de Jesséens^ soit de Jessé, père de David, soit de Jésus, Sauveur du genre humain ; et ce Père appuie cette opinion sur le témoignage d'un livre de Philon intitulé De Jessœis. Mais on rejette l'autorité de ce livre (Mamachi. op. laud. i. § 4), dont on attribue le titre à une erreur des copistes de l'ouvrage De vita contemplativa^ et, pour ce motif, on doute que les chrétiens aient jamais porté ce nom.

9° THERAPEUTiE, f thérapeutes ; » ils furent ainsi appelés, si l'on en croit Eusèbe (Hist. eccl. 1. II. c. 17), soit parce que, comme des médecins, ils guérissaient de leurs affections vicieuses ceux qui s'approchaient d'eux, soit parce qu'ils rendaient à la Divinité un culte chaste et sincère. Les érudits ne sont pas d'accord sur la question de savoir si les thérapeutes, dont Eusèbe parle d'après Philon, étaient (les chrétiens habitant l'Egypte, ou bien des Juifs suivant une manière de vivre particulière. Nous ne saurions entrer ici dans cette discussion, au sujet de laquelle on peut con-

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sulter les commentaires de Scaliger et de Vossius sur ce passage de Tévôque de Césarée.

10° PiscicuLi, « petits poissons. » Qu'il suffise de rappeler à ce propos un beau passage de TertuUien, qui explique d'une manière aussi complète que possible cette gracieuse appellation : « On nous appelle, petits poissons, dit ce Père (De baptism. i), parce que, selon le divin poisson Jésus-Christ, nous prenons naissance dans l'eau (Du baptême), et que nous ne nous sauvons qu'en restant clans cette eau. » (V. l'art. Poisson.)

llo Gnostki^ « gnostiques. » Il n'est pas douteux que quelques Pères n'aient appelé gnostiques ceux qui professaient la religion orthodoxe de Jésus-Christ. Le mot grec y^<*><"i*^Ç signifie un homme de science et d'étude, possédé du désir de connaUre et d'apprendre. S. Clément d'Alexandrie l'applique au chrétien par ces belles paroles (Strom. i. 345. edit. Oxon. 1715) : « Si le Seigneur est la vérité, la sagesse et la vertu de Dieu, comme il l'est en effet, il est clair que celui-là est gnostique^ qui l'a connu, et par lui le Père. » Ce nom fut quelquefois affecté spécialement aux ascètes, par exemple à ceux de l'Egypte par S. Athanase (Ap. Socrat. 1. iv. c. 23).

12^ ËccLEsiASTici, non pas dans le sens de clercs, mais en tant qu'ils appartenaient à l'Église, et pour les distinguer des Juifs, des gentils et des hérétiques. (Euseb. rv. 7. v. 27. — Cyrill. Jeros. Catech. xv. 4.)

13° Theophori ou deiferi, « porte-Dieu. » Dès le deuxième siècle, S. Ignace se l'attribue souvent à lui-môme; toutes ses lettres commencent par ces mots : Ignatius qui et Theophorus. La môme appellation se trouve dans les actes de son martyre. Trajan lui ayant demandé : « Est-ce donc que tu portes dans ton cœur le crucifié ?» Il répondit : o II en est ainsi, car il est écrit : f habiterai en eux. » {Àct. ap. Ruinart. edit. Veron. p. 8.) Mamachi démontre par le témoignage d'un grand nombre de Pères que ce nom n'était pas spécial à S. Ignace, mais qu'il était commun à tous les chrétiens {Orig. Christ, i. p. 62).

14oCristiferi, « porte-Christ. » On en trouve plusieurs exemples dans les Pères (Ignat. Ep. ad Ephes. — Athanas. orat. i Contr. gent, 1. 6 et alib.) Les chrétiens furent appelés Christophores , parce que hitimement unis à Jésus- Christ ils semblaient le porter dans leur cœur.

15« Spiritiferi, ou pneumatophori, t porte- Esprit, » parce qu'ils étaient pleins de l'onction du Saint-Esprit. Nous avons sur ce sujet d^admirables passages de S.Irénée, de S. Athanase, de S. Basile, de S. Jérôme, de S. Cyrille d'Alexandrie (V. Mamachi i. p. 63). L'inscription de Cherchell, citée plus haut (N. 7), les appelle

SATOS SANCTO SPIRITV , « plaotés dans l'Ls Saint. •

16o Sanctiferi, « porte-saint, » parce ( tant les temples vivants de la Divinité, ils tent en eux le Saint des Saints, qui est môme (Ignat. M. Epist. ad Ephes. ix).

17® Templiperi, t porte- temple, • en veofopoL Notre-Seigneur étant appelé pi Pères, non-seulement le Saint par excell mais encore le temple de Dieu , il s'ensui ceux qui portaient Jésus-Christ dans leur < pouvaient être appelés templiferi (Cypria Testimon. xv).

IS® Nous groupons ici , pour éviter le gueurs, quelques dénominations qui déi la simplicité , l'innocence , l'amour de la et de la chasteté, la douceur et Thumili que nous trouvons disséminées, soit da écrits des Pères, soit dans les monument graphiques (V. Mamachi. i. S 9) • PorvuH lescentuli, agni (V. l'art. Agneau), vitéi tentes, infantes , columbx, pulli columbi veri Israélite, filii Dei , filii Altissim, i Abraham.

19<> Christi, c christs. • Bien que ce n'appartienne à proprement parler qu'à l Seigneur, plusieurs Pères l'ont donné a dèles (Ambros. De obit. Valent. 0pp. t. n. edit. 1690. — Hieron. Inpsa'm. civ), dai sens plus large. Le mot christ signifiant a pu ôtre appliqué à tous ceux qui oot l'onction du chrome dans le Saint-Esprit cette appellation cessa bientôt d'être m par respect pour le Sauveur à qui seul ell partient en propre.

20^ Chrestiani. Les païens, qui ignoi l'origine du nom de chrétien, et qui appel Notre - Seigneur Chrestum , d'un nom parmi eux, furent amenés à introduire la i corruption dans le mot Christiani (Justin. I. p. 54. edit. 1615. — Clément. Alex. S 1. II. n. 4. — Tertull. Apol. m. — Lactai et VII. etc.).

21<> Catholici. La véritable Église pr bonne heure le nom de Catholique ou us selle, obligée qu'elle était de se distingue hérétiques qui n'avaient qu'une existence treinte à certaines localités (Ignat. El Smym. viii) ; et ceux qui faisaient part cette Église reçurent aussi le nom de a» ques qu'ils portent encore aujourd'hui (Pa Episl. ad Sempron. p. 81. t. ii Concil. edit. Aguirre).

22* Dogmatici. Dans les livres du Nou Testament, le mot dogma désigne quelqii la religion chrétienne, et les Pères ado;^ ce langage ( Chrysost. homil. v In EfM^ Ephes. — Theodoret. In Epist. ad Ephe> 15. — Basil. DeSpirit. S. c. xxvii). C'est cela que, dans leurs œuvres, les chrétien

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it souvent dits , ot tou B6Y(xato(, illi dogma- , ceux du dogme, ou dogmatiques (Euseb. rt. eccL 1. VII. cap. 30).

Z3« Orthodoxi , « orthodoxes. » Les Pères ; souvent nommé ainsi ceux qui professaient véritable religion de Jésus-Christ , le mot îc d'où est dérivé orthodoxe signifiant recte tienies. Le mot orthodoxie était tellement u comme protestation contre les erreurs des i-catholiques, que les Grecs, d'après Tordre l'empereur Michel et de son épouse Theo- •a, donnèrent au premier dimanche de cane les noms de dominica orthodoxix^ domia rectx sententiœ, panegyris rectx sententise^ nnnitas rectx sententiœy parce que ce fut en jour que fut anathématisée, au septième siè- , l'hérésie des iconoclastes (Philot. patriarch. Qstantinopl. Indom. Quadrages).

lk*> HsLLENiSTiE, hellénistes. Les critiques ne it pas d'accord sur l'origine de ce nom donné I chrétiens. Mais Topinion la plus probable qu'on doit communément entendre par helistis ceux qui, avant de devenir clirétiens lieot des prosélytes du judaïsme. Nous diis eommunément^ parce qu'il est avéré qu'on mina ainsi quelquefois les Grecs qui passaient rectement de l'idolâtrie au christianisme (V. imachi. l.i. $ U).

2. Noms injurieux, — A. — Noms injurieux unes aux chrétiens par les Juifs et les ido- Ires.

1° Atosi, « athées. » De toutes les injures iressées aux fidèles par les idolâtres, celle-ci t la plus grave, et nous en avons connaissance X les plaintes des apologistes, notamment ir celles de S. Justin {ApoL i. alias ii. 6), > Tatien {Extrem. orat. ad Grxc. in 0pp. istin. p. 276. edit. Maurin.), d'Atliénagore i^. n. 3), de Tertullien {Apol. x), de Minuus Félix {Octav. p. 8. edit. 1652), d'Arnobe •. I. p. 1 et 2 edit. 1651). Les païens, voyant le les disciples du Sauveur n'adressaient urs hommages à aucune des divinités con- 168 d'eux , leur infligèrent l'épithète flétris- Ate d'olA^, hommes sans Dieu.

^ BIaGI, MALEFICI, PRiESTIGIATORES, « Magi-

ens, artisans de prestiges et de maléfices {Act. . Bonos. ap. Ruinart. p. 665 et alibi), » à rnse des miracles opérés par Notre-Seigneur,

de ceux qui se faisaient sans cesse parmi les irétiensàcet âge d'or de notre foi.

3» Gjusa, c Grecs, » de ce qu'ils portaient ïbituellement le pallium des philosophes focs, au lieu de la toge romaine.

^•IiiPOSTORKS, « imposteurs. » (Hieron. ep. x. ^Furiam.) Notre-Seigneur le premier, avait ^ appelé imposteur^ on traita ses disciples ^e on l'avait traité lui-môme , ainsi qu'il ^Tait annoncé. Ce titre injurieux était aussi

conséquence et conmie le complément de

celui de Grec, à cause du proverbe devenu vulgaire, Grxcus impostor,

5® SopHisTiE, « sophistes. » (Prudent, carm. XIV. De Roman.) Notre - Seigneur avait été nonmié par Lucien crucifixus sophista^ a: le sophiste crucifié {De mort, Peregrin.)^ » et cette injure équivalait à peu près à la précédente, dans l'intention des ennemis du nom chrétien. On en peut dire autant de celle de séducteurs que reçurent aussi nos pères dans la foi (Augustin. In psalm. lxiii).

6® SUPERSTITIONIS NOViE , PRAV^E , IMMODICiE, EXITUBILIS ATQUE MALEFICiE, C D'uue SUpOrsti-

tion nouvelle, perverse, immodérée, portant ruine et maléfice. • Tous ces reproches se trouvent dans Suétone (Nero. xvi), dans Pline (L. X. epist. 97), dans Tacite (Annal. 1. xv. 44) ; et aussi dans un grand nombre de monuments épigraphiques (Gruter. p. 238. — Baron. Annal. an. 304. ix).

7® ReLIGIONIS BARBARiE AC PEREORIN^ ATQUE

BARBARi, C d'une religion barbare et étrangère, et barbares eux-mêmes. » (Porphyr. ap. Euseb. Hist, eccl. 1. vi. 19. — Act. MM, Lugdun, ap. Ruinart. p. 57. n. xvi edit. 1689.) Le prétexte de ces qualifications injurieuses venait probablement de ce que la religion chrétienne était l'œuvre d'un Juif et par conséquent d'un Barbare, aux yeux des Grecs et des Romains.

8® Mali DiEMONES, c méchants démons. » (Act. S. Ignatii. n. 11.) C'est ainsi que les appelait Lucien (De mort. Peregrin.)^ xaxoôafjxoveç, des- PERATi (Salmas. Ad Lactant. v. 9), parabolarii (Tertull. Apol. xlii), bestiarii (Ihid.). Tous ces noms étaient infligés aux fidèles à raison de leur constance dans les tourments et les supplices, constance qui, aux yeux des païens, ne pouvait être que l'effet du désespoir et d'une sorte de folie.

9° Sarmentitu et semaxii. Tertullien (j4pô/. l) explique ces dénominations : c Vous pouvez maintenant nous appeler sarmentices et semaxes, parce que, nous tenant attachés à une demi-perche, vous nous brûlez dans un cercle de sarments. C'est là notre genre de victoire ; c'est là notre robe de parade, c'est sur ce char que nous triomphons. »

IQo BiOTHANATi, qui meurent de mort violente ou de mort volontaire (Tertull. De anima, lvii) : c'était en eff'et la fin ordinaire des chrétiens des trois premiers siècles, et, en pensant les flétrir, les païens ne faisaient que constater leur propre cruauté. La fosse où l'on précipita les sept enfants de Ste Symphorose fut appelée ad septem biothanatos^ t la tombe des sept suicidés. »

11® Ici, plusieurs noms exprimant la folie, la simplicité, l'ignorance et la grossièreté, l'obstination dans une doctrine perverse ; hebetes.

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STOLIDI, OBTUSI, RUDES, IDIOTIE, INDOCTI, FATUI, OBSTINATI, ET DEPLORATiE, PERDIT^ ATQUE IN-

LiciTiE FACTiONis (Mamachi. i. p. 88).

12» LUCIFUGAX NATIO, AC LATEBROSA , ET MUTA

IN puBLico, « nation fuyant la lumière, cherchant les ténèbres et muette en public (Min. Fel. Octav. viii), » de ce qu'ils habitaient des lieux souterrains, et de ce que les païens les regardaient comme étrangers aux devoirs de la vie publique.

13" Plautina pbosapia, et pistores, cerdo- NES (Min. Fel. ibid.)\ ce qui veut dire, semblor blés à Plautus^ qui, pressé par une extrême pauvreté, se loua à un meunier, pour gagner son pain en tournant la roue.

14*> AsiNARii, ASiNicoLiE (Tertull. Apol. xvi), parce qu'on les accusait d'adorer la tête d'un âne. (V. la figure de Part. Calomnies.)

15° L'éloignement que les chrétiens témoignaient pour les pratiques du paganisme leur attirèrent de la part des idolâtres ces autres dénominations flétrissantes : extranei, fac- TIOSI, REI LiES^ divinitatis atque imperii, sacRiLEGi, profani ET VANi, « étrangers, factioux, coupables de lèse-divinité et de lèse-empirè, sacrilèges, profanes et vains, » (Mamachi.

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