‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 186 sur 266 · NOTA · texte numérisé non relu

NOTA

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écolier devait au maître notaire (P. 311) : No-

tario in singulis pueris menstruos quinquaginta

quinque. On manque de base pour apprécier la

valeur de ce signe -J^, qui précède Ténoncé du

nombre.

Les notarii étaient quelquefois nommés ex-

ceptores^ parce qu'ils saisissaient, pour les fixer

par l'écriture, les paroles d'un auteur qui dictait ou celles d'un orateur prononçant un discours. (V. l'art. Exceptores.) Fort répandus chez

les anciens, ces notaires ne le furent pas moins

parmi les premiers chrétiens. On sait que le

martyr Cassien en exerça les fonctions, qu'il

tenait môme une école où il enseignait ce genre

d'écriture, et que c'est avec les instruments

dont ils se servaient pour ce travail, que ses

élèves le mirent à mort (Prudent. Peristeph.

IX. 21 seqq.). Le plus important de leurs offices fut de recueillir les actes des martyrs.

Leur mode d'écriture, si expéditif, les mettait

à môme de tout relever avec la plus complète

exactitude, et aussi avec secret, les interrogatoires des martyrs et leurs réponses, les arrôts

de condamnation prononcés contre eux, leurs

dernières paroles, et jusqu'aux plus minutieuses particularités de leurs supplices. C'est par

ce moyen que nous sont parvenus les actes

que nous possédons, publiés pour la plupart

par le bénédictin Ruinart, et dont plusieurs

remontent au commencement du deuxième

siècle, entre autres ceux de S. Ignace et de S. Poly carpe. Boldetti donne (P. 332) un style

à écrire, trouvé par lui dans un loculus chrétien, et dont le manche est en forme de dauphin. On peut très-plausiblement supposer que le tombeau était celui d'un notaire apostolique, et que le dauphin dont on connaît l'extrôme vélocité est ici l'emblème de la rapidité de la main de cet écrivain ecclésiastique, de telle sorte qu'on pourrait appliquer à cet instrument le mot du psalmiste (xliv. 2) : Calamus scribx velociter scribeniis.

La première institution des notaires apostoliques est attribuée à S. Clément, qui, ainsi que nous l'apprend le livre pontifical (Ap. Anast. Bibl. Jn Clément. I. n. 5), a partagea les diverses régions de Rome entre de fidèles notaires de l'Église, qui, chacun dans son quartier, devaient rechercher avec sollicitude et I lequel représente Bacchus dans un chartnl)

{Hist. eccl. VII. 29) que les notmres rapportèrent m extenso la dispute de MalchioD avec Paul de Samosate au concile d'Antioche; et Socrate {Hist, eccl, ii. 30) en dit autant de celle de Basile d'Ancyre et de Photin au concile de Smyme. ,

A l'exemple des plus célèbres orateurs de l'antiquité profane, les Pères de l'Église étaient entourés de notarii qui écrivaient leurs discours à mesure qu'ils étaient prononcés. Socrate (vu. 41) nous apprend que beaucoup d'homélies de S. Chrysostome furent ainsi recueillies. Les évoques en avaient à leur ser vice pour écrire leurs lettres ; le grand S. Atla nase, avant son élévation à l'épiscopat, aval rempli ces fonctions auprès du patriarcb* Alexandre (Sozom. Hist. eccl. ii. 1?;. Lesre cueils d'inscriptions nous ont transmis le noms de plusieurs notarii^ entre autres ceu] d'un Calepodius et d'un Andréas ( Muratori p. 18(i7. x. 412. i).

IVUMISMATIQUE CHRETIENNE

— Cette matière ne sera considérée ici qiit sous le rapport des signes de christianisme qu* présente la monnaie publique pendant les si premiers siècles.

Rigoureusement, ce travail devrait commen cér à Constantin le Grand, puisque c'est sou son règne que la religion nouvelle faitsapre mière apparition officielle dans la momui comme dans les monuments de toute natun Il est cependant quelques faits isolés antérieai à ce prince, que nous ne saurions nousdispei ser d'enregistrer; car, à un titre quelconque ils appartiennent à l'histoire de la scient Nous nous contenterons de les exposer simple ment et brièvement, laissant au lecteur le soi d'en apprécier la valeur.

I. — Numismatique chrétienne avant Coi stantin. Trois marques de christianisme oi été signalées par les numismatistes sur d* médailles antérieures à la pacification de Tl glise : ce sont le monogramme du Christ, représentation du déluge, la formule m pac

1» Un médaillon à l'effigie de Trajan-Dèc frappé à Mœonia de Lydie, offre cette partie larité fort curieuse, que, au sommet du rerer

curiosité les gestes des martyrs, i S. Fabien, qui souffrit le martyre sous Trajan-Dèce, parait avoir réorganisé cette institution ; il établit sept diacres à la tête des sept régions de Rome, et plaça les sept notaires sous la surveillance d'autant de sous-diacres (Anast. In Fabian. n. 5).

Les notaires ecclésiastiques étaient aussi chargés d'écrire les actes des conciles, ainsi que les discussions qui avaient lieu au sein de ces assemblées. Ainsi nous savons par Eusèbe

par deux panthères, les lettres X et P du m APX qui fait partie de la légende, se trouve combinées de façon à former exactement monogramme du Christ :^.

Des savants de premier ordre, tels que M. « Witte et M. Charles Lenormant, se sont cr en droit d'affirmer qu'un monétaire chréti«ï voulu, en accouplant ces deux lettres, in^ duire subrepticement sur la pièce qu'il gT*^ le signe encore mystérieux de la foi noutell' (V. Ch. Lenormant. Signes de chriiti»- ^

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! monum, numism. du troisième siècle^ dans Mélang. (Tarchéol. t. m.) L'interprétation des illustres numismatistes rencontré, nous ne saurions le dissimuler, Lssez nombreux contradicteurs. On a allégué ['encontre que des sigles absolument semibles se trouvent déjà sur des monnaies inntestablement antérieures au christianisme, .r exemple, sur des médaillons de bronze des ûlémées et sur des tétradrachmes d'Athènes ; , après un examen attentif des pièces, nous ouons que les efforts, qui ont été faits pour lostater de notables différences entre ces derers monogrammes et celui du médaillon de (Bonia, ne nous ont pas pleinement conûncu.

Il y a plus encore : Pattribution donnée par » savants aux sigles dont il s'agit a Tincon- Soient de trancher une question grosse de ifficultés : celle de savoir si le chrisme était Q usage avant Constantin. En dépit des rai- )ns assurément très-imposantes qui militent a laveur de l'affirmative, aucun monument e date certaine n'est venu jusqu'ici donnera ette opinion les caractères de la certitude. (V. otre art. Monogramme du Christ.)

2» Nous avons à parler maintenant de quelues médailles d'Apamée de Phrygie , à l'effi- ;ie de Septime -Sévère, de Macrin et de Phiippe le père, portant au revers une double cène, qui, de l'aveu de tous les interprètes de 'antiquité, se rattache à la tradition du déluge, njetqui, conmie on sait, est un des symboles iûrétiens les plus vulgaires. (V. notre art. Soé.)

Sûr ces médaillons, on distingue, dans l'ar- "ha d'abord, et ensuite hors de l'arche, deux ersonnages, un homme et une femme, que 'époque et l'origine du monument ont tout d'àwrd induit les antiquaires à prendre pour Deucalion et Pyrrha. Mais deux oiseaux placés mr le couvercle de l'arche entr'ou verte, un 2orbeau , et une colombe portant un rameau l'olivier dans ses pattes , constituent une particularité complètement étrangère aux traditions relatives au fils de Prométhée. Et, ce qui wtbien plus décisif encore, c'est qu'un nom est ^ravé sur le devant de l'arche, dans lequel les émdits ont reconnu (Et les ignorants le recon- Daltraient conmie eux) le nom de Noé, nûe, écrit exactement comme dans le grec des septante. (V. le môme mémoire de M. Lenormant.)

D restera toujours sans doute une grave difficulté à expliquer , celle de savoir comment ^ sujet judaïque, rendu chrétien par l'idée ^e li rédemption qu'y attachaient les fidèles ^•b primitive Église, a pu s'introduire sur les •Dédailles d'Apamée, et même y être répété '^^ plusieurs règnes. Eckel lui-même recule ^vant l'explication {Dedoctrin, num. t. m.

p. 137), tout en maintenant le fait : « Car, dit-il, nul ne saurait être admis à le révoquer en doute, par la seule raison qu'il en ignore les causes. »

3° Enfin , il existe un denier de bronze de l'impératrice Salonine, femme de Gailien , au revers duquel se lit la légende tout à fait insolite : avgvsta in page , légende qui entoure l'impératrice assise à gauche, et tenant d'une main une branche d'olivier , et un sceptre de l'autre.

C'est le savant M. De Witte qui, dans un remarquable mémoire imprimé à Bruxelles en 1852, a entrepris d'interpréter cette légende. Appliquant à l'intéressant monument qui nous occupe les notions que fournit l'archéologie chrétienne sur la célèbre formule acclamatoire IN PAGE (V. notre art. in page), formule qu'il croit reconnaître ici ; il s'efforce de prouver, et non sans succès à notre avis, tant par cet argument que par d'autres empruntés à l'histoire, et tirés surtout des vertus et du caractère de Salonine, que cette princesse était chrétienne, et qu'elle mourut dans la paix ou dans la communion de l'Église.

II. — Numismatique chrétienne depuis Constantin le Grand jusqu^à Julien V Apostat. Si l'on considère attentivement la suite des monnaies de Constantin et de ses fils Césars, on sera naturellement amené à ces trois conclusions générales, savoir : que tant que vécurent ses adversaires et ses compétiteurs, cet empereur toléra sur ses médailles les images des divinités du paganisme, qui en effet s'y rencontrent très-fréquemment ; mais que dès qu'il fut devenu, par la défaite de Licinius, arrivée en 323, maître et arbitre du monde romain tout entier, il les en exclut tout à fait, leur substituant des types commémoratifs de ses hauts faits militaires ou de ses entreprises civiles, et probablement déjà quelques symboles chrétiens ; et qu'enfin, lorsqu'il eut fondé une nouvelle métropole de l'empire, il plaça librement sur ses monnaies et sur celles des Césars ses fils, soit le monogramme du Christ, soit d'autres signes propres à la vraie religion.

Après ces données générales que nous empruntons à M. l'abbé Cavedoni {Ricerche entiche intorno aile medaglie di Costantino Magno e de suoi figliuoli insignite di tipi e di simboli Cristiani. Modena. 1858), il serait difficile d'assigner d'une manière précise l'époque où les signes de christianisme apparurent pour la pre mière fois dans la numismatique impériale, et plus encore de fixer l'ancienneté relative de l'apparition de chacun de ces signes.

En outre du savant Modénois dont nous venons de prononcer le nom, plusieurs numismatistes ont, dans ces derniers temps, tenté la solution du problème, entre autres M. Feuar-

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dent, dans une brochure intitulée : Essai sur l'époque à laquelle ont été frappées les médailles de Constar^tin et de ses fils portant des signes de christianisme. Paris. 1857; et en dernier lieu le R. P. Garrucci, jésuite, dans un appendice à son ouvrage sur les verres dorés : Numismatica Costantiniana portante segfti di Cristianesimo. Roma. 1858.

Ce dernier savant range les médailles de Constantin et de ses fîls encore Césars en diverses séries, selon la conformité de la légende des revers, et, à Taide des données que fournit l'histoire , s'efforce de déterminer l'âge de chacune d'elles.

A. — Un certain nombre de pièces portent la légende virtvs exercitvs ; et un fait digne de remarque et qui a été peu observé jusqu'ici, c'est que trois de ces pièces appartiennent aux deux Licinius.

l» Licmivs.p. AVG. Buste de Licinius père à droite.

R, ViRTVS EXERCiT. Enseigne terminée par une croix , avec vot. xx sur la draperie, et au pied de l'étendard deux prisonniers assis. — p.b.

2^ LiciNivs IVN. KOB. CAES. Busto lauré de Licinius jeune.

R. Id. Enseigne sur laquelle sont écrits les mots : voT xx, et dans le champ le ^ — p. b.

Z^ LICINIVS IVN NOB CAES. Buste de Licinius fils à droite.

R, Id. comme le revers du n. 1. — p. b.

4^ CONSTANTINVS AVG. Buste de Constantin à droite, casqué et vôtu de la cuirasse.

R, vmxvs EXERCiT. Môme type qu'au n. 1. —

5» CONSTANTINVS AVG. Tôte lauréc de Constantin.

R. Id. id. — P.B.

6® Id. Buste casqué de Constantin à droite.

R, Id. Enseigne avec Tinscription vot. xx, terminée par une sphère, le monogramme ^ à gauche dans le champ. — p.b.

70 DN CRisPO nob CAES. Buste casqué de Crispus à droite, vôtu de la cuirasse.

R, Id. Comme au revers du n. 1. — p.b.

8® CONSTANTINVS IVN NOB CAES. Bustc de Constantin jcunc à gauche, orné d'un riche diadème.

R. Id. Enseigne terminée par.une lance, avec le voT XX, les deux prisonniers au pied, et, dans le champ à gauche le ^. — p.b.

(Pour les provenances et les éditeurs de ces pièces, V. Garrucci. op. laud. p. 88.)

On est autorisé à penser que les pièces composant cette série ont été frappées entre les années 321 et 323. Car plusieurs d'entre elles faisaient partie d'une masse de près de 50 000 médailles trouvée en 1644 dans le voisinage de Boulogne, où l'on remarquait les têtes des deux Licinius, de Constantin père et fils, de

Crispus, de Fausta et d'Hélène, mai de Constant faisait complètement ( qui prouve que l'enfouissement du ti eu lieu avant Tannée 323, qui est c dernier prince fut fait César par son p être môme pourrait-on supposer que naies furent frappées deux ans plvaXÔ Licinius père ayant persécuté les chi l'an 319, il serait bien étonnant qu( officines monétaires de Tempire soui stantin, on eût continué à frapper chrétiens au revers des deux Licinii

B. — Les mômes arguments coi assigner à peu près le môme âge à de pièces fort intéressantes aux < Constantin père, de Crispus et de ( junior, portant au revers avec plusie de christianisme que nous indique:

mairement, la légende victorue la PERP. (V. Garrucci. p. 90. col. 1.)

1* CONSTANTINVS AVG. Buste de < dont le casque est partagé par une la sur laquelle est sculpté le ^ entre d* symboliques.

R. viCT0RiA£....Deux victoires soi boucher sur lequel on lit vot pr, par un piédestal ou un autel, sur le est sculptée la lettre I....

2^ Id. Buste de Constantin à droi que orné sur le devant du ^ et sur I de cet autre monogramme ^.

R. Id.

3<> Id. Buste de Constantin casqu monogramme gravé à rebours. (V t. II. tab. ix. p. 215.)

40 IMP CONSTANTINVS AVG. Buste

gauche, sur le casque deux ^ sép; bande qui soutient l'aigrette. Nous ( le dessin de cette pièce qui apparti binet de France.

Quelques exemplaires frappés à Arles ou à Trêves ont à la place de étoiles qui ne sont, de l'avis des ss vedoni. op. laud. p. 20), autre ch< monogramme du Christ composé, en a beaucoup d'exemples, des lett Jésus Giristus.

5« IMP CONSTANTINVS MAX AVG. T(

stantin à droite, coiffée d'un casque couronne de laurier.

R. Id. Comme au n. 1, avec cette que sur l'autel est un carré en creux

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ilief ; et dans un autre exemplaire

recq[ue +•

iispo NOB CA£S. Buste de Crispus à

légende, même type, avec la croix

LNTiNVS IVN N c. Buste de Constantin iche, lauré et vêtu d^une cuirasse ï^ sur Pépaule.

\IA£... id., la même croix grecque

ri (T. u. p. 250) et quelques autres blientune médaille d'or de Constand, ayant au revers le monogramme P", et la légende Victoria constanest, comme on sait, la seconde forme 3; elle suppose par conséquent la s ancienne.

RiA EXERCiTVS. Cette légende se lit d'un grand nombre de pièces de jeune, et de Constant ses fils, et de on neveu, avec divers types chrévoici le plus commun : « Deux solb, casqués, tenant chacun ime haste sur un bouclier. Entre eux le laitantinien. • (Banduri. t. u. p. 242.)

deux soldats tiennent une enseigne irmontée du>g(Garucci. p. 94); aileol soldat debout avec haste et boui croix dans le champ^ ou le ^ à Feuardent. pi. vu. 2), ou encore une >oliqu6 dans cette dernière position.

pièces offrent cette variété que les lires ont entre eux deux enseignes, lesquelles règne le monogramme ^

(Banduri. 11. p. 339. — Feuardent.

ns le champ et non sur la draperie nés.

3xiste quelques pièces avec la tête itinople, de Rome ou du peuple robuées à Constantin ou à ses fils, lent {Essai, pi. vii. n. 3) en publie

TANTiNOPOLis. Buste jeune casqué à

légende. Victoire debout tenant la 1 bouclier, posant le pied droit sur de navire. Dans le champ le >g; à s. CONST. (SigncUa Constantinopoli).

ROMA. Buste casqué de la nouvelle .uche.

•uve allaitant Homulus et Remus, et

dans le champ le ^ entre deux étoiles (Décrite par Eckel {Doctrin. viii. p. 97).

£. — Enfin, nous avons quelques médailles de consécration où le titre de diyvs est donné à Constantin. Eckel (T. viii. p. 473) ne connut, parmi les empereurs chrétiens, que Constantin, Constance, son fils, Jovien et Valentinien I^**, qui aient reçu ce titre après leur mort. Un marbre de Chiusi en Toscane (Y. Gavedoni. CimiU Chius. p. 45) permet d'ajouter à cette liste le nom de Valentinien III.

Voici la description de la pièce, p. b. du module du quinaire.

Divo coNSTANTiNO. Busto voilé de Constantin à droite.

R. AETERNA PISTAS. Constantin debout à gauche, en habit militaire, tenant une haste d'une main, et de Tautre un globe surmonté de la croix monogrammatique sur un globe i (Banduri. II. p. 267. — Cohen, vi. p. 123). Banduri {Itnd, 268) décrit une autre pièce du musée Baudelot qui ne diffère de celle-ci qu'en ce que la croix simple y remplace le monogramme.

Cette énumération, que nous sommes loin de présenter comme complète , suffit du moins à faire voir combien les caractères de christianisme étaient devenus fréquents sur la monnaie publique, sous le règne du premier empereur chrétien.

Mais on a accusé ce prince d'avoir introduit dans sa monnaie une confusion étrange des symboles du christianisme avec ceux des supeistitions païennes, et en second lieu d'avoir laissé percer un attachement invincible aux fausses divinités en y maintenant leurs images.

Deux mots suffiront pour expliquer ces contradictions apparentes.

La première allégation est fondée sur une erreur de fait; elle porte sur la supposition que le monogramme du Christ ou la croix se trouvent tracés, soit dans le champ de médailles représentant Mars : marti patri consERVATORi, ou la figure du soleil : sou invicto coMiTi, ou même quelquefois sur le bouclier du dieu de la guerre. Mais, après mûr examen, on a reconnu (V. Cavedoni. p. 19) que la prétendue croix n'est qu'un signe numérique , peut-être mal formée , et moins le monogramme du Christ que ce signe indifférent ^ (Garrucci. p. 99).

Quant aux pièces qui représentent les divinités du paganisme, on a quelquefois mis leur caractère mythologique sur le compte des officiers monétaires ; d'autres l'ont attribué à une certaine tolérance, à la faveur de laquelle les païens purent , pendant quelque temps , continuer à faire graver les images de leurs divinités sur les médailles qui devaient être distribuées dans leurs jeux ; cette judicieuse remarque qui est due k Eckel (viii. 136), nous

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parait surtout pouvoir s'appliquer aux petits bronzes frappés en Egypte, à Poccasion des vœux publics vota pvblica, avec les figures d'Isis, de Sérapis et d'Anubis. (V. Cohen, t. vi. p. 170. nn. 551 suiv. 555. etc.)

Toutes ces raisons ont pu contribuer, chacune dans une certaine mesure, à produire un fait dont on s^est trop étonné, selon nous.

Mais ce fait s'explique d'une manière bien plus naturelle et plus satisfaisante par les données de la chronologie.

On doit observer d'abord qu'aucune des médailles de Constantin où figurent Hercule, Mars et Jupiter ne lui donne le titre de MAXtmus qu'il reçut du sénat en 315; on est donc, ce semble, en droit de conclure de là que ces pièces ont été frappées avant cette époque. Nous n'avons d'une autre part aucune raison de les croire postérieures à 311, qui est l'année où, après la défaite de Maxence, Constantin fît, à Rome, profession publique de christianisme ; nous en avons au contraire une excellente pour les regarder comme plus anciennes : c'est qu'il y est tour à tour qualifié César et Auguste. Donc, toutes les pièces qui portent la légende marti patri conservatori ou marti PROPVGNATORi, sur lesquelles il est appelé tantôt CAES, tantôt AVG, doivent avoir été frappées entre 307 et 308, année où il fut fait Auguste par Maximien. 11 en est de même de celles qui font lire hercvli conservatori ou viCTORi ou lovi conservatori, parce qu'elles lui donnent tantôt le titre de César, tantôt celui d'Auguste, et jamais celui de max.'

Pour ce qui est du type du soleil soli inviCTO coMiTi, il ne doit pas être antérieur à 315, à cause du titre max qu'il porte, sur deux pièces particulièrement (Banduri. n. 248. 285), où il est joint à la mention du quatrième consulat. Il ne doit pas non plus être restreint à cette année , car le même type se rencontre sur les monnaies de Constantin jeune et de Crispus créés César en 317. Mais il est essentiel d'observer que les pièces avec ce type sont frappées en bronze : or, les monnaies de ce métal dépendaient du sénat ; elles ne prouvent donc rien par rapport à l'empereur. En outre de ces pièces qui sont communes au père et à ses deux fils Césars, la même image se trouve reproduite sur les médailles de Constantin le Grand, de Crispus et de Constantin II, avec la légende claritas reipvb, frappées dans les ateliers monétaires de Trêves, d'Arles et de Lyon, d'où proviennent aussi celles au type soli inviCTO coMiTi. (V. pour plus de détails Cavedoni. passim.— Garrucci. p. 101. etc.)

Nous devons faire observer que ces dernières formules n'emportent pas nécessairement des idées païennes. L'admiration qu'inspiraient les bauts faits de Constantin put aisément en ces

temps de rhétorique emphatique, le fi parer au soleil qui, dès son apparition inonde de ses rayons le monde entiei savons que les orateurs, comme le employèrent souvent de telles figu célébrer sa gloire. (V. Ëuseb. Vit, Co — Ottatian. Porphyr. Carm. m. vni.:

On comprend que nous ayons dû de tains développements sur ces premie de la numismatique chrétienne. Ne maintenant signaler rapidement les t; veaux qui apparaissent sur les mon fils Augustes et des successeurs de ( jusqu'à Julien.

lo La plus importante de ces inno^ qui parait s'être produite dans l'anr qui suivit la mort de Constantin, c'e duction de l'A et de l'w aux côtés du Ce type se voit au revers d'une mé( de Constance (Banduri. ii. p. 227), pièce de même métal à l'effigie de ( le Grand avec la légende Victoria (Tanini. Suppl. p. 265). La collectioi can possède un petit bronze reprodui tement ce dernier type. Le P. Garni d'après le catalogue ms. de Vettori, ]

L'A et l'u) se retrouvent encore pe mort de Constantin sur une médaill de grand module décrite par Ëckel VIII. 112) et qui fut, selon toute a frappée à l'occasion de la victoire i par Constance sur son frère Constant Une pièce d'argent de Constant (C p. 249) offre cette particularité, que qui porte la légende virtvs exerc avec quatre enseignes militaires, fa lettre A sur la seconde de ces enseigi la troisième et le ^ en haut. Que soit, il est probable que ce ne fut q condamnation d'Arius à Nicée qu'on • à ajouter ces sigles au monogramn monuments (V. nos art. A et co et Mo du Christ) , bien qu'il ne soit nullei teux que le passage de VApocalypsi cité antérieurement par les auteu preuve de la divinité de Jésus-Chrisl

2» Constant. — fl. ivl. constans AVG. Buste diadème de Constant à ga une cuirasse ornée du j^.

R, Gloria REiPVBLiCiE. Constant stance en toge, assis, la tête laurée e le 5^ entre leurs têtes.

3^ là. Buste diadème à droite.

R, Trivmfator gentivm Barbara; stant, lauré et en habit militaire, labarum et posant le pied sur une vaisseau.

On retrouve ce type, quelquefois légères modifications, parmi les mo Constance, et avec la légende fel. i

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uBiTJa, parmi celles de Magnence et de ConitiDceGalIe (Cohen, vi. pp. 334et351.).

i' D. N. CONSTANS P. F. AVG. Buste diadème.

B. Fel. temp. bepabatio. Constant debout en hibit militaire sur un vaisseau ; il tient un jlobe surmonté d'un phénix ou d'une petite ficloire, et le lobarum. MSme tjpe à Constance OibeD. pp. 363. 302), à Magnence (33'ij et k Constance Galle (351).

des monnaies de ce prince qui offrent quelque intérêt à notre point de vue. Nous donnons ici la plus remarquable. Le kbarum, en outre du

Buste diadème à

Jt. Victoria avog. Victoire marchant à gau- :lieetlenaDt une couronne et une palme. Dans le champ le ^.

6° CONSTASCE II. — CoHSTANTIVS P.P. AYG. II. ViRTVS CONSTANTl AVG. OU VIHTVS M). BN.

iTOG. OU VICTOR OMHIVM OENTivu. Constance tenaal le labanim et appuyé de l'autre main nrnn bouclier; tenant une haste et un bouclier orné du ^.

7« M. Id.

H. CoNcoRDiA ManvH. Figure militaire debout et de face, regardant à droite, tenant de chaque main un Ja6arum ,' sur la tËte une étoile. Urne type à Vètranion et à Constance Galle.

.i' D. N. coNSTANTivs p. F. Avo. Busle diadème ï droite avec paludament.

R- Salvsavg. nostri. Dans le champ A:^u : iji ici une formule qui équivaut à peu prËs t ta fameuse devise de ta vision constanti- Dieune que nous allons du reste trouver en louteg lettres sur un moyen bronze du même Wpereur ; hoc signo victor eris (Cohen. '' 317, n. 3âO). On j voit Constance tenant le i^rum et un sceptre, et couronné par la ~ ~ lire. -

9" Nëpotiih, neveu de Constantin, ne régna 'e vingt-huit jours. Il a néanmoins (Musée du 'tiean) une médaille d'or au revers de iBlle parait Home casquée, vbbs roma, ^, tenant un globe surmonté du ^, et une We renversée. Le droit porte autour du i4te diadème de l'empereur la légende : .

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