‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 188 sur 266 · NUMI · texte numérisé non relu

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la 1-épublique, couune la dit la légende de ces pièces, où le bouclier est tantdt su^endu à un arbre, et tantôt repose sur un cippe, salvs bei- PUBLiCAG. Un moyen bronze avec la m4me légende, montre Flaccille, debout de face, regardant à droite et se croisant les mains sur la poitrine; et dans le champ une croix, une palme, le -f-, ou une étoile et la croix.

5° Les médailles du tyran Maxime, celles de son fils Victor, non plus que celles d'Eugène, usurpateur comme eux, ont des signes de christianisme plus rares, et ceux qui s'y produisent ne sortent pas des types communs.

6* En se partageant l'ampire de leur père, Honorius et Arcadius adoptèrent les mômes types de monnaies ; il parait même que pendant un certain temps les mêmes bétels monétaires servirent pour les deux empires d'Orient et d'Occident. Une notable innovation est dua à ces deux princes , c'est d'abord l'introduction du monogramme du Christ sur le sceptre : Victoria avgo. L'empereur debout, de face, posant le pied droit sur un lion, et tenant de la main gauche un sceptre surmonté du -P- et deux javelots de la droite (Coben. ibid. Honor. a. 20J; un autre type devint alors commun : le giobe crucifère porté par une victoire {Ibid. a. 24. pour Honorius, et Sabatier. t. i. p. IO<t. pour Arcadius). Il existe des pièces où les trois tètes, d 'Arcadius, d'Honorius et de Tbéodose II, vues de face, sont surmontées d'une petite croix grecque (Sabatier. t. i. pi. m.)

1" Deux impératrices ont porté le nom d'Eudoxie, AEL. EvnoxiA ou kvdocia, l'une femme d' Arcadius, l'autre de Tbéodose II; cette ressemblance de nom rend di^cile la distinction des médailles de ces deux princesses. 11 existe néanmoins un sou d'or qu'on regarde comme apparlenaut sûrement à la première : il porte au revers, autour d'une couronne renfermant le chrisme, cette légende pieuse et insolite : SALVS. oniEHTis. FELICITAS. occiDENTis [Sabatier. 1. p. 109, et pi. IV. n. 25), où quelques numismatistcs voient une allusion évidente au partage qui venait d'avoir lieu. La pièce appartient au cabinet de France.

8" Sous Placidie, fille de Tbéodose, successivement femme d'Ataulphe et du patrice Constance , on peut signaler des marques de christianisme dans des conditions inusitées jusque-là : par exemple , cette princesse porte souvent le -^ ou la croix sur l'épaule droite (Cohen. Plaàd. nn. I et 5). Ce type est, sur une médaille d'or (Cohen, n. 10), accompagné de la légende victoiuaavgg., et le buste de l'impératrice y est couronné par une main venant d'en haut, et qui est la personnification ds Dieu. (V. l'art. Ditn.) Ailleurs (N. 3), salvs REiPVBLiCAE, Victoire assise sur une cuirasse,

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écrivant le :^ sur un bouclier qu'elle tient ses genouï. Quelquefois c'est une Victoire debout, s'appuyant sur une longue croii, surmontée d'une étoile ; ou encore le ^ ou la

croii dans une couronne de laurier. On doit attribuer ces emblèmes auï mêmes motifs que nous avons indiqués pour Flaccille.

Désormais le globe cruciffere devient de plus en plus fréquent et nous nous abstiendrons de le signaler.

9° Au temps de Valentinien III et de Théodose le jeune, la croix parait sur presque toutes les pièces dans diverses positions, et remplace presque complètement les deux formes du monogramme du Christ.

On peut citer de Valentinien ni, empereur d'Occident, un médaillon d'or vraiment remarquable par le luxe d'emblèmes chrétiens qu'il présente : au droit : n. n. placidivh va- LENTiNiANvs p. F. Avo. Buste diadème de l'empereur k gauche , vêtu du manteau impérial, tenant un livre et un sceptre surmonté d'une croix +.

R. voT, xîtx. MVLT. xxxx. Valentinien en habit consulaire, avec un diadème orné d'une croix, présentant la main à une figure agenouillée, et tenant un sceptre surmonté d'une croix (Banduri. t. n. p. 573). Deux choses sont à observer ici ; d'abord le premier exemple, à notre connaissance du moins, de la croix sur le diadème impérial; et ensuite un emblème de victoire qui ne dut être probablement qu'un acte de basse adulation envers un prince si méprisable. La même réflexion s'applique h une autre pièce, où l'on voit, avec la légende VICTORIA AVGG., Valentinien debout, le pied sur la tête d'un dragon, et tenant d'une main une croix, de l'autre un globe surmonté d'une Victoire. Théodose le jeune a un revers à peu près semblable. Sur une autre pièce portant ia même légende, les deux collègues, debout de face, tiennent chacun une croix et un globe [Banduri. ibid,).

Voici encore un type digne d'attention : VICTORIA AVGVSTORVM, Vîctoire à demi nue, assise sur un bouclier, posant sur un cippe un autre bouclier que lui présente un Génie et sur lequel est inscrit le ^.

Ailleurs (Cohen. Valent. III. n. 21), Valentinien en buste, tenant d'une main la mappa des jeux publics, et la croix de l'autre.

Voici une intéressante pièce de Licinia

Kudoxie, épouse de Valentinien ; comme l'empereur, elle porte la croix sur son diidbne,

Banduri (n. p. 563) rapporte un petit bi au droit duquel apparaît la main divine letul une couronne de perles suspendue sur 11 liv de cette princesse ; îa même scène est répiltf au revers, avec une croix dans le champ, t\ la légende : gloria romanorw.

10" Théodose le jeune, qui gouvernait l'Orient, ne méritait pas beaucoup plus que soi collègue de voir célébrer sa vaillance tlse. victoires. Il obtint néanmoins à peu près le mêmes honneurs des monétaires complùsaols

GLORIA OHBIS TERRAR (Bauduri. II. p. S5t

Cette légende ambitieuse entoure l'empereai en habit militaire, portant le UAanim àt II main droite, et de la gauche un globe surmonté d'une croix.

SALvs BEiPvnucAE. Ici, les deux emptiMn sont réunis. On les voit assis, de face, lattu nimbée, chacun une longue croix à la nuii gauche, et un volume dans la droite. Aillents sous la même légende, Théodose seul, I) t* laurée, assis, une palme à la main droite, 1) croix à ia gauche; et h côté de lui, une airin figure avec les mêmes attributs. Quelquete il a une longue croix qu'il appuie sui ki épaule, k peu près comme S. Pierre dans le

GLORIA ROHAHORVM. Boste casqué,la hastt' la main droite, et le ^ au milieu de la cuiiu"-

11° Le rapide passage de Pétrone Muinie et d' A vite sur le trône des Césars n'a liis^ aucun souvenir spécial dans la numismaHq»' chrétienne.

120 En Orient, sous Marcien et Léon, dous voyons se reproduire les types famîlien «u règnes précédents ; l'empereur, avec paln^ ment, appuyé d'un cAté sur le Iii6inw>>, ^ portant sur le bras gauche un globe Bitmonté de la croix ; l'empereur avec les ittnbuts consulaires, la mappa, et une creii iP' puyée sur l'épaule ; des Victoires soutenantife longues croix, etc., etc. Eckel (vra. 19!!°'* un sou d'or qui parait avoir été frappé en n^ moire du mariage de Marcien et de Pulchéw- 11 porte la légende féliciter nvptus (Sic) : " l'empereur et l'impératrice s'y montrent tB"'' bés, debout, se donnant la main, et au milieni le Christ debout, avec le nimbe surmonté li """ croix. Il y a ici un ensemble de circonjW* d'un intérêt vraiment exceptiomiel.

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Majorien est fréquemment reprèe :è sur son bouclier, et au revers ) dragon et s'appuyant sur la croix, ince a un type nouveau. Au droit d'argent : d, n. ivlivs maiorianvs.

.1 parait en buste, avec une fibule

au sommet du bras gauche, la légende salvs beifvblicae, plus font voir Anthëme et Léon nim- )ge, soutenant ensemble une croix iste, et tenant chacun un globe th. n. I); ou bien soutenant un inté d'une croix, et une hastc a , (Id. n. 5),

N. 9), un type nouveau. Les deux liadémés et en habit militaire, donant la main. Entre leurs têtes est s carrée surmontée d'une croix,

est écrit le mot pax.

dans tout ce que nous avons vu :d ce s'est encore rencontré, si nous is la légende de la médaille d'Euidius, d'aussi significatif ni d'aussi imme profession de foi et témoi- <ieuse reconnaissance, que la léi MTI4D1 entourant la croix sur une 'Olybrius. Un tel acte dans un rè- 3 mois honore singulièrement ce

ne innovation dans les types chréfait remarquer dans les règnes ■non, Glycère, Jules Nepos. Roniule, en qui expire l'empire d'Occipas plus riche. Le type le plus ores monnaies est une croix dans une

umismatique chrétitnne depuis ia mpire d'Occident jusqu'à ta fin du le.

ous le règne d'Anastase I" que le 1 disparaît presque complètement lie, pour faire place au caractère li s'y conserve, bien qu'à travers ses modifications, jusqu'à la prise inople. L'art monétaire tomba dès t pour le cuivre, dans une grande !t, depuis Heraclius, dans une com- 'ie. Anastase ordonna que les piè- *e (Lesquelles avaient quatre moits) porteraient la marque de leur :et indice y était inscrit en lettres grecques ou latines, exprimant le Dites pour lesquelles la monnaie

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avait cours légal, tant dans les provinces d'Orient que dans celles d'Occident.

Ces marques de valeur, inscrites au rêvera, sont presque toujours surmontées d'une croix pattée, ou cantonnées de plusieurs. Nous reproduisons ici pour exemple, d'après M. Sabatier (T. t. pi. s. n. 1], un (olii» de cuivre de Justin I" qui pourra donner une idée de la plu-

part des pièces du même module et du même métal jusqu'à Focas. Celle-ci néanmoins offre un caractère particulièrement intéressant, c'est que, au droit, le buste de l'empereur porte sur la poitrine le monogramme constantiuien. Justinien I"aunepiëce absolument semblable, à cette différence près, que le ^ y est entouré d'un cadre gemmé (Sabatier. ibid. pi. xii. n. 32). Les monnaies de ce dernier prince ont quelquefois le :^ au lieu de la croix au-dessus de la lettre numérale (Id. pi. xvi. n. 8), d'autrefois le revers tout entier est occupé par un monogramme composé du X coupé par une ligne verticale (xvm. a et 8).

Sous Anastase, Justin et justinien, la monnaie d'or et d'argent rappelle beaucoup celle des règnes précédents, soit pour le style, soit pour les principaux types chrétiens ; elle est beaucoup moins barbare que celle de cuivre. Justinien I** introduit un type qui se perpétuera à peu près pendant tout le Bas-Empire ; c'est le buste casqué de l'empereur vu de face et portant de la main droite un globe surmonté d'une croix {Ibid. xiii. n. <3).

2° Les monnaies des rois goths qui occupèrent l'Italie de 476 à S53, et celles des Vandales qui régnèrent en Afrique de >*%% à 534, prennent place dans la série byzantine, parce qu'elles portent ordinairement l'efligie de l'empereur d'Orient contemporain, Anastase, Justin I" ou Justinien I". Elles ont souvent la croiï au revers. Il en est de même pour quelques médailles autonomes, du même temps, de Havemie (Id. xix. 33), et de Cartbage. Au revers d'une pièce de cette -deenière ville (xx. 28;, on voit un personnage nimbé, debout et de face, appuyé sur une croix & longue haste.

3° Les monnaies do Justin II ne diO%rent point de celles des trois règnes précédents, du moins quand ce prince y figure seul. Mais un

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certain nombre de pièces où il est représenté avec sa femme Sophie, assis ou seulement en buste, font voir une croix entre les têtes des deux Augustes, et ont le mot yita inscrit à Fexergue (Id. xxi. 9. 10. 12. 13. etc.). Cette formule, dont jusque-là un seul exemple s'est présenté sur une pièce aux deux têtes de Justin I» et de Justinien I«» (Sabatier. i. pi. xi. n. 22), et devient fréquente sous Justinien II et Sophie, est interprétée par quelques numismatistes comme un souhait de longue vie : YITA LONGA ! Mais comme elle ne se rencontre que sur les monnaies où la croix est retracée entre les deux têtes, on pourrait penser que le mot viTA se rapporte à ce signe auguste qui est la source de la vie véritable

4*> Quelques revers de Tibère Constantin offrent pour la première fois ces croix pattées haussées sur plusieurs degrés, ou sur un globe, dont le type deviendra très-fréquent un peu plus tard (Sabatier. i. pi. xxii. nn. 13. 14. 15. etc.), surtout depuis Héraclius.

5« Nous voici arrivé à Fan 582, c'est-à-dire à peu près au terme que nous avons dû fixer à cette étude. Aussi bien, jusqu'à Focas qui ouvre le septième siècle (602), la numismatique ne présente aucune circonstance nouvelle un peu saillante sous le rapport du christianisme.

Dans le courant de ce siècle, c'est-à-dire depuis Héraclius jusqu'à Justinien II, se produit la légende deys adivta romanis (Sabatier. I. pi. xxxix suiv.) avec la croix de formes trèsvariées. C'est aussi sous ce prince que la monnaie byzantine fait lire pour la première fois en grec la légende constantinienne en totto NiKA. Elle paraîtra de nouveau, mais avec une forme hybride, sous Nicéphore !•*• Logothète :

IHSYS. CRISTYS. NICA.

Nous devons maintenant jeter un regard en arrière sur une classe de monuments numismatiques que fournit notre histoire nationale.

L'opinion de quelques numismatistes, entre autres de Charles Lenormant, est que, comme celle des rois goths et des vandales, la monnaie mérovingienne porta l'effigie des empereurs, du moins sous Anastase et Justin I*'. Or, c'est précisément à cette époque qu'elle commence à présenter des signes de christianisme.

En effet, le chrisme parait sur des monnaies qui, avec beaucoup de fondement, sont attribuées à Thierry I»', roi de Metz en 51 1 (Communiqué par M. De Witte). Childebert, roi de Paris à la même époque, a aussi des revers ornés du ^ ou d'une croix. (V. pour tous ces

roi de Soissons, a la croix sur un g prince est vu quelquefois en vainqueui char, une croix à la main. Sous Théod successeur de Thierry cooune roi d'; en 534, des pièces avec Victoires appi la croix, buste royal ou impérial av crucifère, monogramme d'une forme différente.

détails Combrouse. Catalogue raisonné des monnaies nationales, )C\oiàïre I«', encore en511 ,

Caribert ou Cherebert, en 567, roi a des monnaies avec ce type nouveau

Contran, roi d'Orléans et de B en 561, Victoire crucifère dans un ch

Thierry II ou Théodoric, successeu cèdent en 596, croix monogrammati* tonnée de petits globes.

Sous Glotaire II, roi de Soissons, en sée et pattée, et au-^dessous un glo deux étoiles.

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La monnaie de Dagobert P', II et d'Austrasie, présente la croix dans d tions très- variées : croix haussée, qi accostée de Ta et de l'co, croix hausî sée, croix ancrée du haut et du b haute, etc.

Celle de Sigebert II a la croix ha

; font surtout remarquer dans la Clovis II. C'est la première fois 'ncontrODs la crois haussée sur , comme sous l'empereur Tibère

Gn de la première race, les mêmes itinuent ; la seule innovatioD se produit sous Thierry IV : c tssÊe, reofermée dans une c

luitième siècle, la monnaie byzaniJes caractères de christianisme s encore, en ce qu'elle admet, er eiides pieuses^ les images de Jele la Ste Vierge, des auges et des

epassons les limites de l'antiquité Jt, d'abord à cause de l'intérêt qu e tels types, et ensuite pour donaussi complète que possible de li le byzantine, au point de vue sous la considérons.

ms Justinien II Rhinotmète (705; re pour la première fois, au revers r, Jésus-Christ en buste, avec la ■e la tète, le livre de l'Évangilt a légende dn. ihs. rex. regsa 3T. II. pi. XXXVII. n. 2).

le I" et ConsUntin VIH {887; ;uelle repose la tète du Sauveur Être renfermée dans un nimbe, emière apparition sur la monm rucifère (Id. pi. xliv. 22); et immé depuis Nicéphore II Phocas i la fin du Bas-Empire.

Zimiscës (969) introduit un type ng. caiiËT.

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: au droit, le buste du Christ avec la légende uiiiAHonii,et, des deux cdtés de la tête, les sigles ic— ic ; au revers, l'inscription ivi xrirrvi «Aiusn bauaewh (Id. XLVllI. 3).

Toutes les fois que le Sauveur est assis et de face, il tient la main droite élevée en signe d'allocution, et cette circonstance se remarque depuis Basile I" jusqu'à Manuel I" Comnène.

Au contraire, quand il est debout, il tient

une main l'Évangile, et couronne de l'autre l'empereur; depuis Alexandre, Romain I", Jean 11 Comnène, jusqu'à Jean l'Auge Comnène.

Quand il y a deux empereurs, comme Andro* nie II et Michel IX (Id. pi. Lx), Notre-Seigneur est debout entre eux, et en couronne un de chaque main.

2° L'image de la Ste Vierge parait sur la monnaie byzantine à partir du règne de Léon VI, dit le Sage (886), c'est-à-dire cent quatre-vingtr-un ans après celle de son divin flls. (V. Sabatier. ibid. pi, xlv. n. 11.) Le premier type la représente eji buste, les mains étendues, avec les sjg^les hk inscrites à droite de la tète voilée; et ev à gauche, et la légende

MARIA

Sous Nicéphore II Focas (963), le buste de Marie est nimbé, et elle présente une langue croix à l'empereur (Id. xlvii. 12).

La monnaie de Jean I" Zimiscès nous la montre sous deux aspects différents, mais toujours eu buste : au droit, elle couronne l'empereur, et au revers elle est vue de face avec son fils appuyé contre sa poitrine : c'est le premier exemple, sur la monnaie du moins, de ce lype devenu presque invariable des Vierges byzantines (Id. ib. n. 18).

Depuis Romain III Argyre (1038) et Theodora, on la voit fréquemment debout couronnant l'empereur également debout (Id. xi.ix. u. 2), et alors elle est à peu près invariablement vêtue de la planète.

Elle se montre sur un sou d'or de RomainlV Diogëne (Id. L. n. 15), à peu près comme nos Vierges modernes, debout, tenant son enfant dans ses bras, avec la légende d*p«£nk. coi.

DOATAIKE.

A dater du règne de Michel VII Ducas et Marie (1071), qu'elle soit assise, en buste ou en pied, la Ste Vierge a presque toujours sur la poitrine un médaillon renfermant la tète de l'entant Jésus (Id. pi. li. n. 519), ce qui pro-

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dait absolument Peffet de la fibule de Voraft'um, telle qu'elle se voit dans les verres dorés et quelques mosaïques.

Sous les Paléologues Michel VIII, Ândronie II et Jean V, se produit un type tout à fait spécial (P. Lix. n. 3. lx. 13) : la Ste Vierge, les bras étendus, de face, est entourée des murailles crénelées d^une ville. Cette ville n^est autre que Gonstantiuople, qui, dès Tère constantinienne, si nous en croyons Du Gange (ConêtarUinop. ChrisL\ avait été placée sous la protection de Marie. Jean V a un type qui lui est propre ; il s'est fait représenter donnant la main à la Vierge (Id. lxii. n. 17).

3® Images des Saints. A partir du règne de Michel VI le Stratiotique (1056), les effigies et les noms des divers Saints commencent à figurer sur la monnaie byzantine. (V. Sabatier. 1. 1. pag. 27.) Ainsi, nous trouvons l'archange S. Michel sur des monnaies de Michel VI, et

sur celle d'Isaac II l'Ange ; S. Constaii celles d'Alexis I«' Comnène et d'Al( l'Ange ; S. George sur celles de Jean I nène, dlsaac II l'Ange, de Jean Duca:

tsès , empereur de Nicée ; S. Théoc S. Démétrius sur les monnaies de Mai Gomnène, et, sur celles de Théodore Vî Ducas Lascaris, empereur de Nicée; gène sur des monnaies d'argent et de de tous les empereurs grecs de Trébizoï Saint y est vu tantôt debout, tantôt en k à cheval : la persistance de ce type don de penser que S. Eugène était le pal la famille Gomnène.

La pratique de représenter les Saint monnaie se répandit de bonne heure d différentes parties de l'Europe, en Ita tanmient et dans les villes libres (01 Prodromus hagiohgiœ numismat. — Cf.

glioli. Leùoni).

OBITUA1RE8. — V. l'art. Nécrologes,

OBJETS TROUVÉS dans les tombeaux CHRÉTIENS. — Tous les pcuples de l'antiquité aimaient à orner et à meubler pour ainsi dire la tombe par les objets qui servaient aux besoins comme aux plaisirs de la vie. G'était une espèce d'illusion au moyen de laquelle on semblait prolonger Texistence au delà de ses limites. Les chrétiens adoptèrent cet usage, mais ils le sanctifièrent par des intentions symboliques tirées du génie de la religion nouvelle qui est esprit et vie ; et souvent même, comme on le verra, la nature des objets déposés dans les tombeaux ou murés à leur extérieur constituait un langage qui lui était exclusivement propre.

l» Le$ tissus d'or dont le christianisme conserva l'usage de revêtir, après leur mort, les personnages de distinction. On peut citer l'exemple de Probus, préfet du prétoire, et de sa femme Proba Faltonia, dont on conserve encore à Rome l'urne funéraire, et dont les corps furent trouvés enveloppés d'une robe tissue d'or; et celui de l'impératrice Marie dont les vêtements fondus fournirent trente-six livres pesant d'or (Gancellieri. De secret. Basilic, Vatic. t. II. p. 1000). Des débns de tissus d'or furent aussi trouvés naguère par le P. Marchi (P.268) parmi les reliques du martyr Hyacinthe.

Ces riches vêtements se rencontrent q fois dans le loculus du chrétien le plus 1 dont on ornait ainsi la dépouille enn de ses vertus, et le plus souvent, du san pour la foi. Ainsi, au cimetière de Gall restes d'un fidèle désigné par cette sii scription : martini in page, étaient c d'un habit d'or (Bottari. n. p. 22). Ce dégénéra en abus et provoqua au qu siècle les véhémentes apostrophes de S.

(/n Vit.Pauli}.

2° Les bijoux et les meubles de toi Miroirs. Geux que publie Boldetti (P.

qui sont au nombre de quatre, semblait antiquaire faits d'un mélange de bron plomb, comme étaient les miroirs de ] si renonmiés dans la haute antiquité

tiers ^ boucles d^ oreilles y anneanx de Um (V. l'art. Anneaux); bracelets qui orn

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•sonne même des morts, et qui se trouvent ez souvent dans les cimetières chrétiens, me attachés, soit au bras, soit au poignet 1 squelettes. Sur l'un de ces bracelets (Bolti. p. 501. tav. II. n. 15) sont gravés les ne signes du zodiaque, sujet dans lequel les îrprètes de l'antiquité chrétienne (Cavedoni. ]giàaglio critico àc' mon. délie art. Crist. kk) voient une allusion à Tinstabilité des «es humaines, s'appuyant sur un passage VEcclésiaste (i. 6. — V. la fig. de Part. Zoqw). Des anneaux d'or et de bronze, des roirs d'argent se trouvent aussi dans les sétures chrétiennes de la Gaule (Le Blant. i. 209. et Cochet, passim).

lest facile, quoi qu'en pense Raoul-Rochette fm. de VAcad. des inscript, t. xiii. p. 737), xpliquer chrétiennement l'emploi des ôijoux ir orner la personne des morts. Les vierges es matrones notamment étaient considérées Mie les épouses de Jésus-Christ dans le ciel ; itait donc naturel qu'on ornât leurs restes lérés d'objets qui pussent symboliser leurs tus; et ceci est tout à fait conforme à la vi- 1 de V Apocalypse (xxi. 2) : c J'ai vu la sainte !, la nouvelle Jérusalem descendant du ciel, )ur de Dieu, préparée comme une épouse £1 POUR SON ÉPOUX, » Vidi sanctam civita- Jérusalem novam descendentem de cœlo a

', PARATAM SICUT SPONSAM ORNATAM VIRO

. Aussi voyons-nous dans les peintures des icombes une foule de vierges et de veuves, résentées dans l'attitude de la prière , or- 8 de riches colliers, de bracelets, etc. <V. ret. t. in. pi. m etrv). ~ BoItes à >par(um. le que donne Boldetti (loc. laud.) est de me, elle a un couvercle en calcédoine en- •é d'un cercle de métal doré. Il y en avait

>i plusieurs dans le tombeau de l'impéra- J Biarie. M. De' Rossi {Bulleit. 1863. p. bk) le pour la première fois cinq de ces vases igate, et de plus la description complète objets que contenait ce sarcophage histoe. — Fibules de diverses formes, en métal illéou en ivoire (Boldetti. p. 519. tav. ix. 1. 13). — Aiguilles à cheveux^ disciminalia^ ^i$cemiculaj quand elles servaient à sépales cheveux sur le milieu du front (Isid. >al. Orig. 1. xix. c. 30). On voit quatre de épingles les plus curieuses gravées dans

Boldetti. (Ibid. tav. m. n. 18. 19. 20. 21;. Voici le n® 21. M. l'abbé Greppo possédait un objet de ce genre spécialement intéressant par cette inscription tracée sur trois de ses faces (I/épingle était hexagone) : -h romvla || vivAS. IN. DEo||sEMPER. Romula est le nom de la femme chrétienne à laquelle ce bijou avait appartenu.

Le luxe s'était glissé ici encore au temps de Tertullien (De vel. virgin.

c. xii). — Petites tessères de cristal en forme de poisson (Boldetti. 515), tessères en os ou en ivoire, et en particulier tessères d'hospitalité, entre lesquelles Boldetti (P. 514. tav. vu.

n. 70) a donné un demi-œuf d'ivoire portant gravés sur sa partie plane les portraits de deux personnages chrétiens, opposés l'un à l'autre, avec cette incription : dignitas amicorvm.

vrvAS. cvM. TVis. FELICITER (V. Cette figure àTart. Tessère) ; tessères de jeu^ ou dés d'os et d'ivoire; sur l'une de ces tessères se remarque l'image d'un lièvre (Boldetti. tav. iv. p. 506), et sur une autre celle d'un cheval, deux symboles relatifs à la course de la vie humaine (V. les art. Lièvre et Cheval.) — Peigneà d'ivoire et de buis. Boldetti en publie trois (P. 503. tav. m) parmi ceux qu'il avait trouvés encore attachés aux sépulcres. Des peignes d'ivoire faisaient partie du mobilier sacré de la primitive Église (Du Gange. Glossar. ad voc. Pec/en), vu l'usage où étaient les prêtres de peigner leurs cheveux avant la célébration des saints mystères. Millin a donné le fac-similé du peigne de S. Loup {Midi de la France, pi. i. fig. 3), qui se conserve dans le trésor de la cathédrale de Sens. L'un des peignes reproduits par Boldetti porte le nom à^Eusebius Annius : evsebi. anni, personnage qui probablement appartenait à la cléricature. — Perruques, cure-dents, cure-oret/Zes d'ivoire ou de métal (Boldetti. tav. vi. p. 511).

— Couteaux à manche de métal sculptés (Ibid).

— Clous de fer, têtes de clous historiées, et autres objets usuels dont les antiquaires ne nous paraissent pas avoir expliqué d'une manière satisfaisante la présence en ces lieux.

La tombe d'une chrétienne, nommée rvfina, au cimetière des Saints-Thrason-et-Saturnin (Marangoni. Act. S. V. p. 83), présente une particularité peu commune et d'un grand intérêt. Parmi les ossements,on recueillit une figure de femme représentée sur un morceau d'os de forme circulaire, que l'on présuma être le portrait de la défunte.

Une circonstance plus singulière encore, c'est une cuiller d'argent fichée dans le ciment d'un loculus que distinguaient trois vases de sang avec trois noms ivlivs. hermon. bale.

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(Marang. Cose gentil, p. 455). Ce ne pouvait guère être autre chose qu'un signe de reconnaissance.

3« Des lampes^ quelquefois murées à l'extérieur des tombeaux, d'autres fois déposées à l'intérieur. C'est une pratique imitée des Juifs qui, eux aussi, honoraient par des lumières les funérailles et la tombe de leurs frères : (Buxtorf. Synag. cap. xlix. — Baron. Ad an. lviii). La lampe placée en dedans du loculus signifiait la lumière éternelle, que l'Église implore pour le défunt, selon l'illustre exemple du sarcophage de Probus (Bottari. tom. i. p. 53):

LVCE. NOVA. FRVERIS. LVX. TIBI. CHRISTVS. AD£ST.

4° Des monnaies antiques ont été fixées en grand nombre aux sépultures chrétiennes des catacombes. Elles n'y figurent le plus souvent qu'à titre de pur ornement, quelquefois ^our indiquer l'époque de la sépulture, par le règne des empereurs auxquels ces monnaies appartiennent (Aringhi. 1. 1. p. 340. ii. p. 299). Beaucoup, dit Boldetti (P. 563), furent trouvées au cimetière de Sainte-Hélène, et une partie des beaux médaillons du cardinal Carpegna que Buonarruoti a illustrés (Osservaz. sopra alcuni medaglioni.,,.) provenaient de cette source. Marangoni {Act. S. V. pp. 64. 111. 114, et Cose gentil, pp. 382. seqq.), en mentionne un grand nombre, notamment de Marc-Aurèle dans le tombeau d'un martyr anonyme, et de Dioclétien dans celui du pape S. Caïus. Il se trouvait une médaille de Domitien et une de Marc-Aurèle avec des corps qu'on a attribués à des compagnons de Ste Ursule {Act. S. V. p. 384), etc.

Mais dans quelques cas aussi, ni Vun ni l'autre de ces motifs ne semble pouvoir être admis, au témoignage de Buonarruoti, qui assure que dans un seul tombeau du cimetière de Sainte- Agnès, il observa des médailles, au nombre de dix et plus, d'empereurs différents et de temps très-éloignés {Vetri.Prefaz. p. xi); son avis est qu'elles y avaient été déposées comme moyen de reconnaissance. Mais il est essentiel d'observer que quand les monnaies sont à l'intérieur du tonîbeau, il n'y en a jamais qu'une seule, ou, s'il y en a plusieurs, elles portent toutes l'effigie du môme empereur (Cf. Aringhi. I. p. 603. II. 567), de telle sorte qu'on peut affirmer qu'elles y furent déposées pour marquer l'époque de la sépulture, et non point comme une réminiscence de la monnaie destinée au nocher Caron , ainsi que l'affirme sans fondement Raoul-Rochette (4/em.... p. 752). Boldetti dit avoir trouvé une médaille de Sévère Alexandre sous le vase de sang (Entre la chaux et le vase) attaché au loculus du martyr Dorothée, qui avait souffert à l'âge de six mois (Boldetti. p. 344). Beaucoup de ces médailles, ainsi qu'un grand nombre de pierres gravées recueillies dans les cimetières romains, enri-

chissaient le musée Carpegna (Boldetti. p. k%. Les sépultures chrétiennes de la Gaule renferment aussi quelquefois des médailles du Haut et du Bas-Empire. (V. Le Blant. Inscript, chréi. de la Gaule, i. p. 210.)

5» Nous devons dire ici que certaines ptoh tes qui se conservent toujours vertes ont été souvent placées dans les tombeaux et sarcophages antiques, sous la tète du défunt; et cela, non point, comme on l'a avancé sans fondement, pour procurer aux corps rincomiptibilité , mais bien pour signifier, dit Durant (De rit. eccl. lib. vu. c. 25) que c ceux qui meurent dans la paix de Jésus-Christ, ne cessent pas de vivre; car, quoiqu'ils meurent au monde selon le corps, néanmoins, selon l'âme, ils revivent en Dieu. » Le laurier était ordinairement l'arbre auquel on donnait la préférence : il s'en est trouvé au sein de l'urne qui, dans l'ancienne basilique vaticane, contenait les restes des apôtres Simon et Jude (Âringfai. I. 146);ainsi que dans les tombeaux de S.Hombert, de S. Zenobius évoque de Florence (Boldetti. p. 311), et de Valère évoque de Conserans {Ibid. p. 709). Deux fonds de tasse où est retracé le miracle de la résurrection de Lazare, font voir un laurier couronné d'un riche feuillage (Buonarr. tav. vii. 1. — Bott. tav.

DXCVII. 1).

6» Mais les objets les plus intéressants et les plus vénérables qu'aient fournis les catacombes, ce sont les instruments de supplice que la piété des fidèles renfermait dans les tombeaux des martyrs, et que, selon la pensée de S. Léon {Serm. in natal. S. Laurentis), ils regardaient comme de glorieux trophées de leur courage et de leur victoire : In fumorem triumphi tmP^ ierunt eiiam instrumenta supplicii. C'est ce motif qui fit conserver leschaines de S.Pien^, le gril de S. Laurent, une des flèches de S. Sébastien. Mais quand ils le pouvaient, ils plaçaient ces objets sacrés dans le tombeau luimême avec les reliques du martyr. S. Babylas ordonna que ses chaînes fussent ensevelies avec lui (Chrysost. Homil. in S. Babyl. m.); S. Sabinus demande à n'être point séparé après la mort du caillou avec lequel il devait être précipité dans le fleuve (Act. ap. Sur. xiii mart.;i S. Ambroise trouva dans le tombeau des mtf' tyrs S. Vital et S. Agricola les clous et le bois de la croix sur laquelle avait expiré ce dernief (Exhort. Virgin, ii. 9). On peut voir beaucoup d'autres exemples de ce genre dans Boldetti (Lib. I. c. 60), Aringhi (lib. i. et xxix), Mabillon (Iter. Ital. p. 79), etc.

On y a recueilli aussi des clous, témoiu celui qui fut trouvé dans un loculus du cimetière de Sainte-Agnès, encore ûxé dans w crâne du martyr (Aringhi. i. 152); des ongl^ de fer, des tenailles (Bosio. p. 26). Quatre gr»

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n cinquième recourbé en forme de Qt été déposés dans le tombeau d'un ommé Q. VELivs ivlianvs, au cimeinte-Cathenne de Chiusi (Cavedoni.

lusin. p. 67). Cette circonstance, lie que des ossements mêlés à de la mglantée existaient aussi dans le beau, dcfnne à penser que ce chréété crucifié ou attaché à un poteau, nfermait encore dans les tombeaux rs d'autres objets, comme les actes •assion écrits sur des rouleaux de detti. p. 324. — V. la fig. de Part.

martyrs), les vases de sang, les 3ibés de sang. (V. l'art. Sang des

^lONARIUM. — C'était, dans les siliques, un lieu, ou une petite table es de l'autel pour recevoir les ofs fidèles. Il en est question dans les ites de S. Chrysostome et de S. Jac- Renaudot. Hist. Orient.)^ sous le nom ç. L'ordre romain l'appelle tour à ionarium^ prothesis, paratorium. Si divers ne remontent pas à la haute il est certain cependant que S. Cyjp. et eleemos. p. 203. edit. Rigalt.), (Epist. XII. Ad Sever.) et le qua- Qcile de Carthage (Can. xciii) désiaême objet par d'autres noms.

nONS. — Les oblations des fidèles imitive Église étaient de deux sortes, (taient faites pour la sustentation des de l'Église, elles consistaient en blé, umes, fruits, lait, miel, volaille et nestibles ; mais on ne présentait pas à Pau tel, et comme il s'y était ins abus, les Canons apostoliques (Can.

prescrivirent de les porter directemaison de Tévêque. On offrait aussi it pour le même objet (TertuU. Apol.

évéque en distribuait une partie aux inférieurs, selon le besoin de chacun, ui restait, il faisait trois autres parts, son usage personnel , une pour la fal'église, une troisième pour les pèlepauvres : ainsi Pavait réglé le pape i (Epist. XI. ap. Baron, an. 476.

ode espèce d'oblation destinée au sa- 3 composait de pain et de vin. On lussi du blé, des raisins, de Penccns, le pour le luminaire de l'église. Tous , hommes et femmes, qui devaient \T étaient tenus d'offrir le dimanche ?P. ep. III. Ad HiL), Le deuxième Màcon tenu en 582 fit un décret sur ère : Ut omnes fidèles diehus domini-

dis, viri et mulierés, altaris ohlationem facic^nt in pane et vino sub anathematis pœna, « Que tous les fidèles, aux jours de dimanche, hommes et femmes, fassent Poblation de Pautel, en pain et en vin, sous peine d'anathème. Cette prescription était renouvelée de V Exode (xxin. 15), et S. Cyprien {De opère et eleemos,) se plaint d'une femme riche qui fut surprise les mains vides au moment de Poblation et communia de l'offrande des pauvres. S. Augustin renouvela cette plainte (Serm. ccxv De temp,). Nous savons par le témoignage de S. Jérôme (Epist. ad Heliod.) que les moines eux-mêmes, qui alors étaient laïques, y étaient assujettis conune les autres fidèles.

Les oblations n'étaient point faites immédiatement entre les mains des prêtres, nia Pautel, ni confusément. Les hommes et les femmes les portaient tour à tour dans un lieu destiné à cet usage , et appelé par les grecs gazophylacium, et par les latins obkuionarium. C'étaient des espèces d'armoires, probablement mobiles, placées près du diaconicum où se recevait d'abord tout le pain et tout le vin offerts par les hommes entre les mains du diacre, par les femmes entre les mains de la diaconesse : là, le diacre examinait si les oblations étaient dignes ou non, c'est-à-dire si les offrants étaient dans les conditions exigées pour être admis à offrir. Étaient exclus, les usuriers, les hérétiques, ceux qui avaient attenté aux immunités de l'Église, les pécheurs publics, ceux qui n'étaient pas en état de communier, les pénitents publics, tous ceux qui étaient liés par les censures.

Quand le diacre avait fait cet examen préalable, il portait les offrandes à Pautel, et pendant ce temps-là le chœur chantait l'offertoire. Voici comment, d'après l'ordre romain, le pape officiant pontificalement , recevait les oblations. Le souverain pontife descendait dans le senatorium où se tenaient les princes, des mains desquels il recevait immédiatement les oblations : il remettait le pain au sousdiacre régionnaire , lequel le remettait à son tour au second sous-diacre , et celui-ci le plaçait dans une nappe blanche soutenue par deux acolytes. L'archidiacre recevait le vin, il le versait dans un calice porté par le sous-diacre, et quand ce calice était plein, il en versait le contenu dans un autre vase tenu par l'acolyte. Le pape passait de là dans le lieu où se tenaient les matrones, pour recevoir leurs oblations avec les mêmes cérémonies. Pendant ce temps-là Pévêque hebdomadaire recevait le pain du reste du peuple dans une nappe qu'il tenait de ses propres mains, accompagné d'un diacre qui recevait le vin.

De tout le pain offert, l'archidiacre prélevait la quantité nécessaire pour la communion

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du peuple. Cela fait, le pape, assis sur sa chaire remettait une ampoule de vin au sousdiacre oblationnaire, celui-ci la donnait à Parchidiacre qui passait le vin dans une passoire d'argent (V. Tart. colum vinabium), et le versait dans le calice avec quelques gouttes de Peau apportée par le sous-diacre. Le pape s'étant levé de son trône, se rendait à l'autel, où il recevait les oblations du prêtre hebdomadaire, des diacres, des primiciers. Enfin, l'archidiacre prenant des mains de l'oblationnaire le pain offert par le peuple, le présentait de nouveau au pape qui le plaçait sur l'autel, pendant que l'archidiacre y posait le calice à la droite du pain.

Entre les oblata et les obîationeSy il y a la différence du genre à l'espèce : l'oblation est tout ce qui est offert à Dieu ; par oblata on n'entend que ce qui est offert pour servir de matière au sacrifice. Quelque chose de cette discipline primitive s'est conservé dans la messe solennelle du rit ambrosien : six vieillards et six matrones offrent, chacun de son côté, trois hosties et un vase de vin blanc.

OEUF (symbole).— Boldetti affirme (P. 519) avoir trouvé, dans le ^mbeau d'un martyr dont il ne dit pas le nom, et aussi parmi les reliques des Stes Balbina, vierge, et Théodora, martyre, des œufs de marbre tout semblables à ceux de poule. Il avait aussi observé plus d'une fois, dans des l^Kuli de martyrs, des coquilles d'œufs naturels. Raoul-Roche tte {Mém, deVAcad, des inscr. t. xiii. p. 781) est d'avis que ces objets ont rapport à la célébration des agapes, où les œufs étaient le principal aliment. Cette observation peut avoir plus de fondement que les idées d'origine païenne que ce savant développe ici, pour être fidèle à son système.

Mais nous préférons de beaucoup les raisons mystiques que l'abbé Cavedoni assigne à ce symbole {Ragguaglio. critico dé* monum. délie arti Crist. p. 48), parce qu'elles ont l'avantage de sortir des entrailles même du christianisme, dont l'esprit vit toujours dans les monuments des premiers siècles, si peu importants qu'ils puissent paraître.

L'œuf était regardé comme un symbole de régénération^ et en particulier de la résurrection des corps. (V. Catalani. ap. Caved. loc. laud.) De là le pieux usage, qui s'est perpétué jusqu'à nos jours, de manger l'œuf bénit, avant toute autre nourriture, le jour de la pâque de résurrection^ appelée aussi, pour le même motif^ pâque de Vceuf. S. Augustin {Serm. cv. 8. 0pp. t. V. p. 379) considérait l'œuf comme un symbole d'espérance; or, l'espérance principale du chrétien porte sur la résurrection finale : Restât sp£S,çu«p, quantum mihi videtur,

ovo comparatur, Spes enim nondum pervm ad rem; et ovvm est aliqwd^ sed nondum t pullus^ « Reste l'espérance qui, à mon avi peut être comparée à l'œuf. L'espérance, ( effet, n'est pas encore parvenue au but; ( même l'œuf est quelque chose, mais il n'est pi encore le poussin. »

L'œuf, dans les sépulture^ chrétiennes, éta donc l'un des innombrables symboles de r surrection au moyen desquels nos pères, d&i la foi, échappaient à l'horreur que la mortii spire à ceux qui n'ont pas d'espérance.

OFFERTORIUM. — C'était un grand pi; usité dans les Églises de la Gaule pour reo voir les pains que les fidèles venaient offrir Tautel. A Rome, les offrandes étaient reçui dans des nappes par des acolytes qui passaiei dans les rangs des fidèles. On a quelquefo confondu le vase dit offertorium avec la p; tène. Du Gange {Gloss, latin, ad h. v.) prom que ce sont deux vases tout à fait distincts, cite une ancienne chronique où il est fait mei tion d'un offertorium en or, ayant sa patène d même métal, et parle de plusieurs autres d ces vases en argent, ainsi que de leur patèiu

OFFICE DIVIN. — On entend par offi divin l'ensemble des prières vocales que 1 clergé doit réciter chaque jour. On q)pcll encore ces prières heures canoniques ou oom niales^ soit parce qu'elles sont prescrites pa les canons, c^est-à-dire par les règles ou loi de l'Église, soit parce qu'elles doivent èti dites à certaines heures fixées par la même ai torité. (V. Grancolas. Comment, hist. m bréviaire romain, 1. i. c. 3.)

Le mot office, officium, dans son acceptio générale, signifie devoir , ce que chacun e tenu de faire. C'est dans ce sens que Gicérc et S. Ambroise intitulent les ouvrages qa'i ont composés, l'un sur les devoirs des hommf dans la vie civile. De officiiSy l'autre sur 1 conduite chrétienne, Lt6er o/^'orum. Appliqv à la prière canonique, ce mot désigne donc i devoir par excellence, l'acquit de la dette e: sentielle de l'homme envers Dieu. Et plusiew Pères l'ont employé dans ce sens, entre autn S. Jérôme dans sa Vie de S. Pacôme : «Pnon dit-il, chantons, rendons au Seigneur noti OFFICE, » reddamus Domino officium. Il l'iF pelle ailleurs (In Reg. c. xlvii) t l'œuvre d Dieu , » opus Dei,

Par d'autres, il est nonuné c cours, > curtu^ parce que la récitation de Toffice divin est H glée sur le cours du soleil. C'est ainsi ^ S. Colomban intitule le quarante-septièiD chapitre de sa règle. De cursu, « De l'o£6ce- S. Grégoire de Tours (De glor. mort. 1. 1) ** teste qu'il avait écrit un ouvrage sur les cour

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ecclésiastiques, De cursihus ecclesiasticis. Il dit ailleurs {Ibid, c. ii) : c L'abbé se lève avec ses moines, ad celebrandum cursum. i Fortunat, évêque de Poitiers, adopte cette même dénomination, lorsque, dans sa Vie de S. Germain de Paris^ il rapporte la manière dont ce Saint récitait son office en voyage : c Chemin faisant, il récitait toujours le cours tête nue. » S. Boniface de Mayence, reconmiandant à ses prêtres d'observer Toffice de l'Église, se sert aussi du nom de cours : Spéciales horas^ et cursum Eocksix custodiant.

Les Grecs donnent à l'office divin le nom de canon, et c'est de là (On le peut supposer encore] qu'est venu l'usage d'appeler canoniales les heures qui le partagent. S. Basile, dans sa règle, dit c assister au canon de la psalmodie, j canoni psalmodiœ. £t, d'après Jean Moschus {Prai. spirit, c. xl), les heures sont la mesure du tribut que nous devons payer à Dieu chaque jour, ainsi que les fermiers payent à leurs maîtres certaines mesures de grain pour les terres qu'il leur a louées : Psalmodia vtstra canon appellatur^ sicut. . . .

Cassien emploie le mot synaxis, c assemblée (V. l'art. Synaxe)^ » parce qu'on s'assemblait pour chanter les psaumes ; ce qui équivaut à GoUeda^ que fait lire la règle de Saint-Pacdme (u. 10). Dans la règle de Saint-Benoit, comme dans d'autres auteurs et dans plusieurs conciles, c'est opttô Dei^ ou agenda^ parce que Toffice divin est réputé l'une des plus importantes actions de l'Église.

Enfin, on l'a encore appelé missa^ parce que, à la fin de l'office, on congédiait le peuple, comme on fait à la fin de la messe proprement dite. Cette dénomination était déjà en usage au conmiencement du sixième siècle, car le concile d'Agde , tenu en 506 , désigne ainsi (Can. m) l'office du matin et celui du ioir ; In condusione matutinarum^ vel vespertinarum missarum.

Le nom de bréviaire ne remonte pas au delà du cinquième siècle; le Micrologue, qui vivait *n 1080, parait être le premier qui l'ait employé. Mais la chose que désigne ce mot 6re- Wittw, c'est-à-dire brève orarmw, • prière abrégée, » est beaucoup plus ancienne. S. Be- Qolt, comme il l'atteste lui-môme, avait déjà réduit la prière canonique à une forme plus l^rève. Avant lui, on récitait le psautier chaque jour intégralement ; S. Benoit le divisa de façon qu'il ne fût récité qu'une fois dans la se- Dïaine.

Dans un article sur la Prière publique chez ^ premiers chrétiens ^nous avons montré d'une P^ère générale que, dès le commencement, *I y eut dans l'Église des prières réglées quant ^u temps et quant aux formules. Nous donne- "^onsici, sur chacune des heures canoniales,

une notice spéciale, mais rapide et succincte comme l'exige la nature de ce recueil.

Les Juifs partageaient le jour en quatre heures égales, auxquelles ils allaient prier dans le temple : tierce, sexte, none, vêpres. Nous voyons, dans les Actes ^ les apôtres se conformer encore à cet usage. Ils étaient en prière à l'heure de tierce quand le Saint-Esprit descendit sur eux; à l'heure de sexte, S. Pierre monte, pour prier, dans le cénacle de la maison où il se trouve, in superiora (Act. x. 9) ; à l'heure de none, ce même apôtre monte au temple avec S. Jean pour y offrir à Dieu la prière fixée à cette heure (Act m. 1); à Phihppes en Macédoine, S. Paul et Silas se mettent en prière au milieu de la nuit (Act, xvi.

Telle est bien certainement la première origine et la base des heures canoniques chez les chrétiens ; et les monuments de la tradition la plus rapprochée des temps apostoliques en font foi, tant pour l'Église d'Orient que pour celle d'Occident. Tertullien (De jejun. x) fait mention de tierce, de sexte et de none ; S. Cyprien (De orat, dominic.) dit en outre qu'il faut prier le matin, le soir et pendant la nuit. On trouve des témoignages analogues dans Origène (De orat, xii), dans S. Clément d'Alexandrie {Strom, VII. 7j, dans S. Jérôme (Epist, ad Demetriad.), et dans un grand nombre d'autres Pères dont l'énumération se trouve dans le traité de Bona sur la psalmodie.

Un passage on ne peut plus clair des Comtitutions apostoliques (viii. 34) prouve que, sur la fin du quatrième siècle, la psalmodie était déjà réglée, dans les Églises d'Orient du moins, à peu près telle qu'elle existe aujourd'hui dans l'Église universelle. Nous citons en latin : Precationea facite mane^ tertia /iora, et sexta^ et nona^ et vespere^ atque ad galli cantum^ c Faites des prières le matin, à la troisième heure, à la sixième, à la neuvième, le soir, et au chant du coq. »

Le quatrième concile de Garthage^ tenu en 398, porte déjà la peine de privation d'honoraires (Can. xLix) contre un clerc qui, hors le cas de Qialadie, se dispense d'assister aux vigiles.

Avant la constitution définitive de l'office divin, il dut y avoir d'assez grandes variétés à cet égard entre la pratique des Églises orientales et celle des Églises occidentales, et môme entre les différentes Églises de la même langue et du même rit. Nous retrouvons néanmoins dans l'antiquité tout l'ensemble des heures tel qu'il existe aujourd'hui.

. I. — Matines et laudes. Ce fut d'abord la nécessité qui, pendant la persécution, obligea les chrétiens à s'assembler la nuit pour prier, anfelucanis cœtibus, dit Tertullien (De coron, m.

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Apolog, II et passim). Quand la paix fut donnée à PÉglise, elle continua cette pratique, soit pour nourrir la piété chez les ascètes, soit pour assigner aux laïques eux-mêmes un temps plus opportun pour la prière et plus favorable à la dévotion.

Les anciens divisaient la nuit en quatre veilles, de trois heures chacune, qui étaient mesurées par la clepsydre ; car, comme les Romains ne connaissaient point les horloges solaires ou autres, dont, au dire de Polidore Virgile (De invent, rer, v. 2. — cf. Pelliccia. i. 224), on ignore l'origine , ils se servaient d'hydrologes, qu'on a appelés clepsydres ; c'étaient certains vases où Ton mettait une quantité d'eau donnée, laquelle, en s'échappant goutte à goutte, marquait Pintervalle des heures. Il est probable que les chrétiens se servaient aussi de cet instrument dans leurs églises pour partager la nuit en veilles égales, qu'ils appelèrent, selon leur ordre, première, seconde, troisième, quatrième veille. Leur première veille commençait à l'heure de vêpres, la seconde à minuit, la troisième au chant du coq, la quatrième au crépuscule du matin. La nuit étant ainsi divisée, on chantait des psaumes particuliers à chacune des trois premières veilles (V. Belet, Explic. divin, offic. c. xx. — cf. Pell. ibid.) : de là le premier, le second, le troisième nocturnes. A la quatrième veille, qui se terminait au lever du soleil, on chantait matines^ matutinum (De Matuta, qui veut dire Aurore, Forcellini. Lexic, ad h. v.j, qui contenait les psaumes que nous appelons laudes^ et dont le premier était le soixante-deuxième psaume, appelé, dans les Constitutions apostoliques (viii. 33), psalmus matutinus^ ^ak^ih^ (5p6piv6ç, à raison de son début : « Dieu, ô mon Dieu, je viens à toi dès l'aurore, » Deus^ Deus meus^ ad te de luce vigilo. Nous savons encore ce fait intéressant par S. Chrysostome,S.Athanase et Cassien, qui font ressortir les motifs d'un tel choix. Il est remarquable que ce psaume est aujourd'hui encore le premier de l'office de laudes.

Au cinquième siècle, ou à peu près, la primitive piété des chrétiens s'étant déjà attiédie, ils n'assistaient plus aussi assidûment à toutes les veilles de la nuit. Dès lors, peu à peu s introduisit l'usage de ne s'assembler à Téglise qu'à la quatrième veille, et de réciter tout d'un trait la psalmodie entière : c'est de là que le nom collectif de matines , matutinœ^ fut donné à l'ensemble des nocturnes. Les moines euxmêmes paraissent s'être mis, dès la même époque, à chanter ensemble les nocturnes etlaudes à l'heure matinale, matutina hora. Il en fut d^ môme aussi dans toutes les Églises d'Occident, hormis celle de Rome. Depuis le quatrième siècle, chaque nocturne eut trois psaumes, se-

lon le nombre des heures de la veille. Pour la même raison, on en chantait trois aussi à laudes. (V. Sozom. Hist. eccL m. 13.)

II. — Prime^ tierce^ sexte et none. C'est ce que nous appelons les petites heures.

Prime fut autrefois aussi appelée c mâtine, i nuUutina. Son institution, si nous en croyons Cassien, serait moins ancienne que celle des autres heures canoniales : car ce Père affirme qu'elle prit naissance desonitemps,c'estrà-dire au cinquième siècle, dans le monastère de Bethléem (Gassian. Instit. m. 2); et elle fut adoptée surtout chez les Latins. Cette heure ne seraitelle point celle qui est communément désignée sous le nom de oratio diluculo^ dans les Cùtatitions apostoliques (vin. 4), par S. Basile {In Reg. fus, disp. interrog. xxxvii. — cf. ibid.) et par d'autres Pères encore? C'est là une question encore pendante parmi les liturgistes. Pelliccia (Ibid, 226) est d'avis que les témoignages des Pères mûrement pesés autorisent à penser qu'il s'agit ou de laudes^ ou delà psalmodie domestique : car ils ne font aucune mention de l'heure de prime. Ce n'est qu'au douzième siècle qu'il est question de la récitation à prime du symbole de S. Athanase (Durand. Ration, div. off, v. 5).

Tierce^ comme le supposent évidemment les autorités que nous avons citées en commençant, a fait partie de l'office divin dès le berceau de l'Église. Les anciens et les modernes ont cherché à expliquer par des raisons mystiques la préférence accordée à cette heure pour la psalmodie. Il n'est pas douteux que, en consacrant à la prière les heures de tierce^ de sexte et de none^ on n'ait eu en vue d'honorer ceux des mystères de la religion qu'elles rappellent. Nous devons croire que S. Cyprien interprète fidèlement les sentiments de l'Eglise primitive, lorsqu'il dit (De orat, domin,) qu'on prie à tierce pour honorer la descente du Saint- Esprit, à sexte le crucifiement de Notre-Seigneur, à none sa mort, etc. Mais tout en tenant compte de ces considérations mystiques, on ne saurait nier que l'Église n'ait eu aussi égard en cela à la distribution civile du jour, qui était le seul moyen de s'entendre pour la fintion de l'heure de chaque office. TertuUien lïnsinue assez clairement (Dejejun.iiv).

Quoi qu'il en soit, chacune des petites heures se composait de trois psaumes. Nous le savon» pour le cinquième siècle par Cassien (Ibid.) et pour le sixième par S. Benott (Reg, xvii).

Sexte, Les chrétiens psalmodiaient encore à la sixième heure du jour. Or, dès le quatrième siècle, l'un des trois psaimies affecta à cette heure était, au témoignage de S. Basile, 1« quatre-vingt-dixième, qui aujourd'hui se récite à complies dans le bréviaire romain : « Celui qui demeure sous l'assistance du Très-Haut, se

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iposera sous la protection du Dieu du ciel, i ui habitat in adjutorio Altissimi^ in protectione et cœli commorabitur. L'heure de sexte étant îUe où le Fils de Dieu fut élevé en croix, ait sanctifiée, non-seulement par la psalmoe, mais encore par les pleurs et les suppliitions des fidèles (Âthanas. loc. laud ). None^ est-à-dire la neuvième heure, étant celle où

Christ rendit son âme à son Père, fut déjà »Dsacrée à la prière par les apôtres (Act. m); s chrétiens respectèrent cette tradition (Const. ).viii. 34. etc.).

Nous ignorons quelle était la distribution » psaumes aux heures canoniques, pendant s trois premiers siècles. La division des aiunies que TÉglise adopta dès le cinquième ècle et qu'elle suit encore aujourd'hui, parait m été faite au quatrième en Orient, sous împire de Théodose l'ancien (Walfrid. Strab. enb. eccL xxv). Mais on sait au juste que est depuis S. Pacôme que les psaumes sont ces au nombre de trois pour chacune des îures canoniques (Sozom. Hist. ecd. m. 13). t c'est aussi au quatrième siècle qu'elles funt appelées canonique»^ à raison du canon ou ! la règle ecclésiastique prescrivant le nombre s psaumes à réciter à chaque heure (Rufin. Vit. PP. 1. m. c. 5).

m. — Vépre$ et complies. c Vêpres se fait,

S. Augustin {Sernu in ps. xxix), quand le eil se couche, > Vespera fit^ quando sol occi- . c Le nom de vêpres vient, d'après S. Isi- •e de Séville (De eccL off. c. xxii. Etymol. 1 c. 35), de l'étoile appelée vesper, et qui lève lorsque le soleil tombe. » La coutume psalmodier au coucher du soleil a toujours

en vigueur dans l'Église depuis son origine, le nom de vêpres fut de très-bonne heure igné à la psalmodie de cette heure. Nous en )n8 pour témoins, les Constitutions aposto- Hes (viii. 31), S. Basile (Op. et loc. laud.), concile de Laodicée (G. xviii), S. Ambroise

m. epist. u) , S. Jérôme {M Eustoch. de itod. virg. — Epitaph, Paul»), Tous ces témoignages prouvent qu'autrefois psaknodie de vêpres, vespertina^ avait lieu rès le coucher du soleil. Aussi, soit en Orient 3crat. Hist, eccl. v. 21), soit en Occident, ieron. Comment. in psalm. cxviii. — Cassian. iinttit. mon, m. 6), l'heure de vêpres fut-elle >pelée lucemarium^ Xuxvix(5v, ou hora lucernab; parce qu'on allumait les flambeaux pour >t office : Accensa Iwerna, dit S. Jérôme Spwl. ad Lwtam,) vespertinum Deo redditur ^fdum; les Constitutions apostoliques^ après roir prescrit, pour vêpres, le psaume cent i^wantième (ii. 59), le nomment (viii. 35) •f^^Mwa lucernàlem^ tov ItïiXuxviov iJ'aXjjuJv. On ^^ aussi que celle des hymnes de Prudence '^^^erinon. v), qui était destinée à être

chantée à cette heure est intitulée Ad incensum lucernx. On continua à peu près uniformément à chanter vêpres après le coucher du soleil chez les Grecs, conune chez les Latins, jusqu'au huitième et au neuvième siècle (Beda. 1. m In Esdr. c. 28. — Amalar. De off. eccl. iv. 7); ce n'est qu'à partir de cette époque que s'introduisit en Occident l'usage de l'Eglise de Rome, qui récitait vêpres immédiatement après nones^ avant le coucher du soleil. Et l'histoire nous apprend (Theodoret. De vit* PP. c. ii) que cette pratique était aussi celle de certains moines de l'Orient. Elle devint universelle après le neuvième siècle. L'Église de Milan dit encore les vêpres le soir, selon l'ancienne discipline, et ne les termine qu'aux flambeaux. (V. Grancolas. Traité de Voff. divin, p. 348.)

Autrefois le nombre des psaumes qui se récitaient à vêpres était plus considérable qu'aujourd'hui : il était de douze aux quatrième et cinquièiye siècles chez les moines; bien qu'alors les psaumes de complies fussent récités en même temps que ceux de vêpres, comme nous l'apprennent Sozomène (Loc. laud.) et Gassien {De cant. noctum. oral. 1. ii. c. 56). Au sixième siècle, ce nombre fut réduit en Occident, à quatre ou à cinq : c'est ce que prouve la règle de Saint- Benoit (G. xviii), qui, pour les choses liturgiques, s'écartait très-peu de la discipline commune de son temps.

Les anciens ne parlent pas de complies ; car l'heure de vêpres était la dernière psalmodie du jour, comme nous l'avons vu; et les psaumes qui aujourd'hui se disent à complies étaient propres à vêpres, conune semble le supposer au quatrième siècle S. Basile {In reg, fus. disp. loc. laud.), qui, en parlant de vêpres, « alors que s'étendent les premières ténèbres de la nuit, » dit qu'il faut alors chanter le quatre-vingt-dixième psaume, Qui habitat in adjutorio Altissimi^ psaume que nous chantons à complies. Les ténèbres dont parle ce Père doivent s'entendre du crépuscule du soir; car l'hymne de complies porte, Lucis ante terminum, 0 Un peu avant le terme de la lumière. » Après le cinquième siècle, en Occident, on commença à séparer complies de vêpres, et nous pouvons conclure des termes de la règle de Saint- Benoit (Loc. laud.) que cette pratique était vulgaire au sixième siècle parmi les Latins. Autrefois, complies se composaient des trois psaumes du bréviaire romain actuel, c'està-dire du quatrième, du quatre-vingt-dixième, et du cent trente-truisième ; ce n'est qu'au neuvième siècle qu'on y ajouta le trentième psaume.

Appendice. — Nous n'avons parlé jusqu'ici que des psaumes qui forment la partie essentielle et la plus notable de la prière publique de l'Église. Mais les heures canoniques admet-

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tent encore dans leur composition d'autres éléments, dont nous devons en quelques mots faire connaître la véritable origine.

1° Les versets^ versus. Nous désignons par ce terme la prière ou acclamation formant le début des heures canoniques. Il y en a deux principaux : celui par lequel s'ouvrent toutes les heures : Deus^ in adjutorium meum intende. . . . et celui qui est spécial à compiles : Converte noSyDeus salutaris noster....

On les appelle versets, versus, non parce qu'ils tiennent dans une seule ligne, comme quelques-uns l'ont avancé, mais parce qu'ils sont comme la tête ou le chef, caput^ des heures. Ainsi, on a dit que les saints Évangiles se composent de onze cent soixante-deux chefs, capitibus , ce qui veut dire versets, parce que les anciens avaient coutume d'écrire chaque verset à la ligne, afin qu'ils fussent séparés les uns des autres (Vossius. ad voc. Capitula).

Quant à l'usage de commencer leç heures par le verset Deus, in adjutorium^ on a voulu, mais sans fondement, le faire remonter jusqu'au pape Damase. Cassien est le premier qui en fasse mention {Collât, x. 10), et encore n'est-il pas très-sûr que ce soit à propos des heures canoniques. Ce qui est parfaitement constaté, c'est que cette pratique liturgique date au moins du sixième siècle. S. Benoit la prescrit formellement dans sa règle (G. ix) ; et du temps du saint fondateur, le verset Domine, labia mea aperies se disait après le Deus^ in adjutorium^ lequel ne fut reçu à matines que plus tard.

Le verset de complies, Converte nos... est d'institution récente ; personne, que nous sachions, n'en avait parlé avant Durand, qui vivait au treizième siècle {Rational. v. 2) ; ceux ([ui ont voulu lui assigner une ancienneté plus reculée basent leur opinion sur des raisons mystiques, plutôt que sur les données positives de l'histoire (Cf. Turrecremat. In reg. I Benedict.).

2o Les leçons^ lectiones. La lecture des leçons fut toujours et partout entremêlée à la psalmodie. Primitivement, chaque psaume était suivi d'une leçon ; il en était du moins ainsi aii quatrième siècle dans quelques Églises d'Orient {Concil. Laodicen. c. lix). En général néanmoins, ce n'était qu'après chaque nocturne qu'on lisait un chapitre de l'Ancien ou du Nouveau Testament. Et ces leçons étaient fixées pour chaque saison de l'année, de telle sorte que, au témoignage de S. Augustin {Prs^ fat. in Epist. 1 Joan.).^ il n'était pas permis de les remplacer par d'autres. Aussi voyons-nous dans les œuvres des Pères (Chrysost. homil. LXiii. Ad pop. Antioch.)y que, dès le quatrième siècle, les Actes des apôtres étaient lus dans le cours de la psalmodie (V. notre art. Pentecôte};

et l'Église est restée fidèle à cette

Au septième siècle, comme il par troisième concile de Constantinople ( les Grecs commencèrent à substituer fois , dans la psalmodie , les actes des martyrs à l'Écriture ; usage qui n qu'au neuvième siècle chez les Lat alors que s'introduisirent dans l'office tes histoires et les homélies des Pèr Diac. Vit. S. Greg. Praefat.). C'est a les liturgistes du neuvième siècle < pour la première fois le /ufec, dom dicere, formule par laquelle le lecteur la bénédiction au président. (V. en p Amalaire. De eccL off. iv. 3.) Dans I proprement dite, avant que la leçon çàt, le diacre réclamait le silence à ha clara voce^ dit S. Augustin [De dvit.

8. — V. etiam Ambros. Prxf. in Psain Hispal. De eccl. off. i. 10), et alors t se préparer à entendre la leçon, semi du signe de la croix, et s'asseyaient op. cit. III. 11). Nous rappelons pour (Car ceci est en dehors de nos limite verset Tu autem, Domine^ miserere n termine la leçon, est une pratique du i siècle.

3" Les capitules^ CAPrruLA, ou capii appelle de ce nom les leçons qui se : dans la psalmodie diurne^ et qui éta courtes que les chapitres dont la lecl grale avait lieu à l'office nocturne; les empruntés, eux aussi, à TÉcriture s paraissent dans la psalmodie qu'au siècle (ConciL Agath. anni 506. can.

est vrai néanmoins de dire que, à cett relativement antique, il y avait, même heures du jour, des leçons plus éten< les capitules proprement dits.

4*> Répons^ RESPONsoRiA, L'opinion attribue aux Italiens, et à une époqu culée, l'invention des répons qui su leçons. On a été probablement induit poser par le mot responsorium qui d'une latinité bien pure. 11 n'est pas i contestable que la règle de Saiut-Beo IX), fait mention des responsoria^ et conséquent l'usage en existait déjà ai siècle, au moins en Occident.

5® Les cantiques^ cantici. On désig quant à l'office canonial, les odes des tes, de Moïse, d'Ézéchiel, de Zacharie des trois jeunes Hébreux dans la foui de la Ste Vierge, et de Siméon, aui ajoute le Te Deum.

C'est depuis le cinquième siècle, qu4 tiques furent ajoutés à la psalmodie ; ignore dans quel ordre ils étaient < Nous voyons, toujours par la règle ( Benoit (Cap. xi), que quelquefois au

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:1e, chez les moines , Pabbé désignait à son ceux de ces cantiques qui devaient être ntés. Le Magnificat ne parait pas dans la Imodie avant le neuvième siècle ; Amalaire le premier qui en fasse mention (rv. 3 et . Le Te Deum^ dont on fait honneur, mais is preuve suffisante, à S. Augustin et à Ambroise (Mabillon. Analect, t. iii....)f se mtait déjà au sixième siècle, à la psalmodie *tume, avant la lecture de l'évangile (V. Reg. Benediet. xi. — S. Greg. Magn. Dial, 1. iv. i. — V. aussi notre art. Te Deum).

i» Antiennes^ ANTiPHON-fi, du grec 'Avriçov/,, creâproca^ c voix alternative, dit S. Isidore Séville (Orig. xi. 18) qui se chante à deux Burs. > D'après cette définition, on voit que, :iennement, on désignait sous le nom gérique (Tantienne le chant des psaumes exétô alternativement par des chantres distriés en deux chœurs ; et tout psaume ainsi mté s'appelait antienne, soit chez les Grecs, tchez les Latins (Sozom. Hist. eccL vu. 8). lis au sixième siècle, on appliqua le nom intienne au verset qui précède l'intonaa du psaume (Amalar. iv. 7) ; et on l'étendit core, vers la même époque , à cet autre ver- ; que nous appelons invitatoire à matines : le voit également et dans la règle de Saint- Dolt (Cap. ix) et dans l'ordre romain.

7° Les hymnes^ hymni (tîhmoi), de 0{xvéu>, cero, c je célèbre. » S. Augustin définit les mnes « Des chants contenant les louanges Dieu, » Hymni cantus sunt continentes lauttlïet (Augustin. Inpsalm, lxxii). La défini- D qu'en donne k son tour S. Isidore de Séville ioffic. I. 6) exprime d'une manière plus pré- B la forme métrique qui caractérise ces LQts : CARMiNA quxcumque in laudem Dei, nni dicuntur.

L'usage des hymnes dans l'Église est aussi :ien que FÉglise elle-même. Les plus beaux oies de l'antiquité chrétienne se sont exercés os ce genre de composition. Qui ne connaît magnifique hymne au Christ de S. Clément Uexandrie? Ét(([iiov 7cc(>Xljv dBaûv.... c Frein s jeunes coursiers indociles, aile des oiseaux i ne s'égarent pas, gouvernail véritable des vires, pasteur des agneaux du roi ; réunis I chastes enfants, pour que saintement ils aent, pour que, d'une voix pure , ils chanût avec candeur le Christ, conducteur des lûints. Roi des Saints, Verbe tout-puissant i Père très- haut, arbitre de la sagesse, éterille colonne des travaux : Sauveur de la race onaine, Jésus : pasteur, laboureur, gouverul, frein , aile céleste du très-saint trou- ^.... » Mais c'est surtout depuis le qua- ^^ siècle qu'abondent ces chants sacrés. W alors qu'apparaît Synésius , cet évoque Wosophe de Ptolémaïs, qui met au service

de la foi chrétienne le génie des Grecs dont il est tout imprégné ; et célèbre dans des vers pleins d'élégance et d'harmonie, la grandeur de Dieu, son inefi'able puissance , sa triple unité, la rédemption des ànies , la fin des sacrifices sanglants, et le commencement d'une loi plus douce pour l'univers ; chants sublimes dont plus d'une fois s'est inspiré notre Lamartine, celui de tous les poètes modernes qui se rapproche le plus de Synésius par les affinités de son génie. C'est alors que brillent S. Grégoire de Nazianze, S. Paulin de Noie, Prudence, etc.

On a souvent affirmé que les hymnes de ces grands hommes n'étaient point destinées à* l'usage de l'Église. Une telle assertion nous parait trop absolue pour tous, et tout à fait inexacte pour Prudence, dont plusieurs des chants quotidiens^ cathemerinon^ furent certainement affectés à l'office divin, et figurent aujourd'hui même encore dans le bréviaire romain. On peut citer en particulier celui de la fête des Innocents pris dans l'hymne sur l'Epiphanie {Cathemer. xii. v. 125 seqq.) : Salvete flores martyrum, .. qui se dit à laudes.

Aucune incertitude de ce genre n'existe au sujet des chants de S. Ambroise ; S. Augustin fionfess. IX. 12) atteste formellement qu'ils étaient chantés à l'église ; il cite, spécialement en plusieurs endroits de ses OEuvres, l'hymne conmiençant par ces mots : Deus creator omnium^ et une autre encore qui avait pour objet la pénitence de S. Pierre après le chant du coq {Retract, i. 21). Quelques critiques lui attribuent aussi plusieurs de celles qui sont insérées dans le bréviaire. Dom Ceillier (T. vu. p. 566) d'après les autorités les plus sûres , lui en donne douze dont il cite les titres, et on en trouverait plus de cinquante autres indiquées dans difi'érents auteurs avec plus ou moins de fondement.

S. Hilaire de Poitiers avait aussi, au témoignage de S. Jérôme {Script, eccl. c. cxi), écrit un volume d'hymnes, qui furent adoptées par les plus insignes Églises d'Espagne, comme il parait par le quatrième concile de Tolède (Can. XII;, dont les pères approuvèrent ces hymnes et en confirmèrent l'usage. De toutes ces pièces, une seule reste, c'est une hymne pour matines, exhalant le parfum le plus pur de la piété antique. S. Hilaire l'avait adressée à sa fille Abra, comme un tendre souvenir : Ut memor meisemper sis. Elle commence par ce vers : Lucis largitor optime^ et se termine par k doxologie suivante :

Gloria tibi, Domine.

Gloria Unigenito, Cum Spiritu paraclito Nunc et per omne saeculuin.

Il Gloire à toi, Seigneur, gloire au Fils unique,

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