‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 189 sur 266 · OISE · texte numérisé non relu

OISE

avec TEsprit paraclet , maintenant et en tous les siècles. »

S. Sidoine Apollinaire (Lib.iv.epist. 11) nous apprend que Claudien Mamertin (Mamercus), qui vivait au cinquième siècle, fut auteur de plusieurs hymnes, dont une surtout est de la part du saint évoque d* Auvergne l'objet d'éloges enthousiastes, et bien significatifs sous la plume d'un honmie si lettré. On croit que cette pièce n'est autre que celle qui se chante encore à laudes, le dimanche de la Passion :

Pange lingua gloriosi Prœlium certaminis....

D'autres hymnes furent composées pour des Églises particulières par de savants hommes, tels que Népos, Athénogène , S. Éphrem, etc. ; mais il ne reste de ces ouvrages qu'un souvenir, et ce que les historiens, et en particulier Eusèbe, nous en disent est trop vague pour que nous puissions en tenir un compte sérieux. Une femme célèbre, Elpis, femme de Boëce, a laissé deux hymnes en l'honneur de S. Pierre et de S. Paul. Chilpéric , roi de Soissons , fils de Clotaire I«"", en avait aussi composé, mais elles n'ont jamais été en usage dans l'Église.

La pratique des Églises, quant à l'introduction des hymnes dans Toffice divin, n'a pas toujours été uniforme. Quelques-unes, tenant pour principe que l'office ne devait admettre que des choses tirées de l'Écriture , en exclurent absolument la poésie et toute composition humaine. C'est la doctrine du premier concile de Brague (Can. xxxii) tenu en 563. D'autres moins rigides, et se prévalant de l'exemple de Jésus-Christ, des apôtres , et encore de celui des Saints dont nous avons rappelé les œuvres, en adoptèrent l'usage, et, en 633, le quatrième concile de Tolède donna sa sanction à cette pratique. L'une et l'autre, du reste, peut s'autoriser d'exemples respectables tirés de l'antiquité.

Quoi qu'il en soit, les écrivains antérieurs au sixième siècle ne font mention que des hymnes de matines et de vêpres (Hieron. Inpsalm. Lxiv. — Socrat. Hist. eccl. vi. 8). Ce n'est que depuis cette époque qu'on commença à en réciter à toutes les heures (Reg. S. Benedict. loc. ult. cit.).

OISEAUX. — En outre des colombes qui jouent un rôle si important dans la symbolique de l'antiquité chrétienne (V. l'art. Colombe)^ on rencontre sans cesse dans les chapelles et autres lieux des catacombes des oiseaux au vol ou au repos (V. Aringhi. i. p. 569. ii. p. 63 et passim). Rien n'est aussi gracieux en ce genre qu'une peinture de voûte de la crypte histo-

rique découverte naguère au cimetière de Prétextât (V. De' Rossi. BulUtt. 1863. p. 3). An milieu de guirlandes de roses et d'épis de blé, on voit une multitude de nids où de petits oiseaux attendent ou reçoivent la becquée de leurs mères.

Quelquefois les chrétiens ont voulu, pemet-on, retracer ainsi une figure allégorique de l'ascension du Sauveur, et on cite à l'appui on passage de S. Grégoire qui a signalé cette analogie (Homil. XXIX In Evang.) : Avis recteoppellatus est Dominus^ quia corpus ca/mmd xthera liberavit^ « C'est avec raison que le Seigneur a été appelé oiseau, parce que son corps a été enlevé dans les airs. »

C'était peut-être aussi la représentation symbolique des âmes des martyrs et des fidèles eo général, lesquelles en s'échappant de leurs corps au milieu des tourments ou simplement des tribulations de la vie , pouvaient dire a?ec le prophète (Ps. cxxiii. 6) : Anima meastait passer erepta est de laqueo venantium : laqvm contritus est^ et nos Uberati siimttô, t Mon âme, comme le passereau, a été arrachée au filet do l'oiseleur : le filet s'est rompu, et nousa?ons été délivrés. » Nous savons, en effet, que, dès les premiers siècles, les oiseaux furent regardés comme le symbole des martyrs : AUa cm volucrum^ dit Tertullien, id estmartyrumifii ad super iora œnantur (De resurrect. lu), c Autre est la chair des oiseaux , c'est-à-dire des martyrs, qui dirigent leur vol vers les régioDS supérieures. » Que, sur les tombeaux, les oiseaux soient le symbole de l'âme des défunts, c'est ce dont on ne peut douter devant un trèsancien marbre de Rome (De' Rossi. Inscr, 1. 1. n. 937) où sont gravés deux oiseaux sur les têtes desquels se lisent les noms de deux personnes ensevelies dans le tombeau : wssm et

SABBATIA.

Des oiseaux dans des cages se trouvent de temps en temps peints sur les parois des cimetières, ou dessinés au trait sur des vases de verre, tels que celui qu'a donné Boldetti (P. 15^> tav. VI). On suppose qu'ils représentent l'âine humaine emprisonnée dans les entraves corporelles, ou bien encore les martyrs sous la pression de la cruauté des tyrans. Quoiqu'il ensuit, l'usage de cette allégorie s est conservé longtemps dans l'Église. Il nous en reste un double exemple dans la mosaïque de la tribune de Saint^- Marie in Trastevere, L'une de ces cages est pkcée près du prophète Jérémie, aTse cette inscription : ChristusDominusot^fiff^ in peccatis nostris, c Le Seigneur Jésus-Chnst a été pris dans nos péchés, i ce qui est une allusion à la passion du Sauveur; l'autre près d'Isale avec ces mots : Ecce virgo ooncipi^ ^ pariet filium, « Voici qu'une vierge coocerra et mettra au monde un fils, » mots qui se rap-

ONCT

ONCT

mt à son incarnation par laquelle il fut armé neuf mois dans le sein virginal de le, comme l'oiseau dans sa cage, iijourd'hui encore, à la cérémonie de la casation, on offre au pape, entre autres prés, des oiseaux renfermés dans des cages, uels rappellent, si l'on en croit Francesco ia cité par Boldetti (Osservaz. p. 25) les ;us et les mérites des Saints, es oiseaux, réels ou chimériques, étaient, ime pur ornement, peints très-fréquemit sur les parois des églises primitives, ptés sur les sarcophages, les diptyques (V. iaudi. De cuil. S. Joan, Baptist, p. 260), etc., iés sur les voiles des temples, sur les vôents sacrés, etc. Voyez, pour compléter ces ODS, l'article Animaux représentés sur les uments chrétiens.

WGTI01¥ (L'EXTRÊME-). - Dans l'Église de, ce sacrement fut appelé, tantôt sacraitum exeuntium^ c le sacrement de ceux qui ;ent (de cette vie), j tantôt unctio sancti oiei^ )nction de l'huile sainte, > ou hien unctio "0, f Fonction sacrée ; » le nom d'extrême- Hon a prévalu, il est seul en usage aujourli. Chez les Grecs, il fut nommé, soit âlytov w, t l'huile sainte, » soit cù^éXaiov, mot iposé qui veut dire prière accompagnée Ule.

'institution d'aucun sacrement n'est expri- 5, dans le Nouveau Testament, avec plus clarté que celle de l'extrême - onction, uelqu'un est-il malade parmi vous, dit Pa- ■8 S. Jacques, qu'il appelle les prêtres de lise, et qu'ils prient sur lui, l'oignant lile au nom du Seigneur, et la prière de la lanvera le malade, et le Seigneur le sousra : et s'il est en état de péché, ses péchés

seront remis, ■ Ungentes eum oleo in

«ne Domini; et oratio fidei salvabit infirn; et si in peccatis sit^ remitterUur et (Jacq. 14. 15). Ces paroles énoncent nettement et spirituel et l'efiFet corporel de l'onction tte.

lest peu parlé de ce sacrement chez les écriis des trois premiers siècles; la raison icipale de ce silence se tire de la discile du secret qui portait principalement sur loctrine et les rites des sacrements. (V. l'art. tipline du secret.) La seconde c'est que, ces temps de persécution, bien peu de étiens mouraient dans leur lit, et que pour : le martyre tenait lieu de tout le reste. ts depuis le troisième siècle, il existe une iition constante au sujet de l'extrôme-onc- ^ Parmi les Grecs, nous avons le témoiiged'Origène (Hom. ii In Levit.) qui parle, Mne le ferait un père du concile de Trente, la rémission des péchés par la pénitence et

l'extréme-onction, et cite textuellement le passage de S. Jacques. S. Chrysostome (L. m De sacerd.) rapporte le môme texte sacré, et, faisant en outre appel à la pratique de l'Église, il présente l'extrôme-onction comme un moyen divinement établi pour remettre les péchés. Victor d'Antioche et S. Cyrille d'Alexandrie ne sont pas moins formels.

Parmi les Latins, on invoque surtout l'autorité du pape Innocent I*', qui, interrogé sur le sens de TÉpitre de S. Jacques, répond {Ep. ad Décent, viii) : c Qu'il n'y a pas de doute que les paroles de cet apôtre ne doivent s'entendre des fidèles malades que l'on doit oindre avec de l'huile consacrée par l'évoque. » Le témoignage de S. Augustin et celui du sacramentaire de S. Grégoire achèvent d'établir d'une manière indubitable la foi de .l'Église primitive àcet égard (Augustin, serm. ccxv. De temp. — Sacr, Gr. Of[. fer. in Cœna Domini). Fortunat de Poitiers {Vit. S. German. Paris. xvi) rapporte l'histoire d'une femme guérie par l'onction de l'huile que lui avait appliquée S. Germain de Paris. S. Grégoire de Tours raconte plusieurs faits de la môme nature.

Les évoques et les prêtres furent toujours les ministres de ce sacrement. Prenant à la lettre les paroles de S. Jacques : Inducant prèsbyteros Ecclesix, il parait que dans le principe on appelait plusieurs prêtres pour donner simultanément les onctions ; et cette disciphne se conserva longtemps, car Charlemagne, comme nous lisons dans sa Vie par le moine d'Angoulême (Cap. xxiv), fut administré par plusieurs évoques. Innocent III a défini qu'un seul prêtre suffit pour conférer le sacrement de l'extrême-onction.

. On ne saurait dire au juste sur quelles parties du corps se faisaient les onctions dans les temps anciens. La discipline, sur ce point, n'était pas la même chez les Grecs que chez les Latins ; elle a varié même dans rÉglise latine. Un seul point est parfaitement constaté, parce qu'il est énoncé de la même manière dans toutes les éditions du sacramentaire de S. Grégoire, c'est qu'on faisait les onctions en forme de croix. (V. Grancolas. Antiquit, des cérém. des sacrem. p. 530.) Il parait qu'en outre de celles qui étaient tracées sur le front et quelques-uns des sens, on oignait aussi les parties du corps où le malade ressentait de la douleur.

L'huile des infirmes était renfermée dans une espèce de tabernacle pratiqué dans une des murailles du sanctuaire. Le vase qui la contenait affectait diverses formes qu'il serait aujourd'hui bien difficile de déterminer. Mabillon {It. Ital. i. p. 217) atteste en avoir vu un en forme de bélier au monastère de Bobbio.

Page 1