‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 191 sur 266 · ORAT · texte numérisé non relu

ORAT

ie, père du précurseur, dans le ménologe de Lasile (xxiii sept. ap. Buon.)) nous en fournit 0 modèle et il est parfaitement conforme à elui des deux apôtres dans les verres cités lus haut.

C'est probablement à Tusage de ces sortes e draperies que S. Jean fait allusion {Apoc. f. k) quand, décrivant les vingt-quatre vieil irds prosternés devant le trône de l'Agneau, leur donne des manteaux blancs. Les auteurs es antiques mosaïques des églises de Rome Ht interprété ce passage de V Apocalypse en eprésentant ces vieillards avec de grands oîles blancs qui leur couvrent non-seulement îs épaules, mais encore les mains, ce qui, ans l'antiquité, était le propre des suppliants ?hxLi. Amphitr. act. i. se. 1. — Ovid. Metawrph, lib. xi) ; et c'est ainsi que sont figurés » ambassadeurs des Gabaonites dans le voune des Juges^ à la bibliothèque du Vatican.

Cette espèce de manteau ayant été abanaoné par les laïques, fut retenu par les clercs, insi que cela eut lieu pour beaucoup d'autres ttements, et il devint un ornement sacré dont Bs écrivains ecclésiastiques font souvent menioQsous le nom de stola^orarium. (V. Durand. )9rit. eccl. cathoL c. nr. n. 14.)

II. — La première acception du mot orarium st purement profane. Primitivement, en effet, orsqu'il se rencontre dans les auteurs, soit alens, soit chrétiens, il ne signifie autre chose lie ces petits linges avec lesquels les anciens 'essuyaient le visage, et qu'ils appelèrent en- ^n sudarium^ strophium, linteolum, S. Ammise (Epiitt. liv) fait mention de ces espèces e mouchoirs, et dit que les fidèles de son temps Il déposaient sur le tombeau de S. Gervais et ft S. Protais, comme cela se pratiquait aussi

Rome dans la confession de S. Pierre, et u'ils les en retiraient enrichis de la vertu de oérir : Quanta oraria jactitantur^ et tactu m medicabilia reposcuntur ? Ce sont aussi de ii&raria que les chrétiens du temps des perbcutions jetaient devant les martyrs, afin que !ur sang précieux ne se perdit pas dans la srre. C'est ce qui est raconté spécialement de . Cyprien dans sa Vie écrite par Pontius : Wes Unteamina^ et oraria ante eum pane- OR^, ne sanctus cruor defluus absorber etur a »Ta. (V. les art. Reliques^ et Sang des marin.)

Quoi qu'il en soit, il parait bien certain que fille est l'origine de l'étole ecclésiastique. (V. vt. Vêtements des ecclésiastiques dans les 3|Kfibfis sacrées, n. 5.) Et on donne diverses •isons du nom d'orarïum qui lui fut conservé.

Quelques écrivains grecs, entre autres ThéooreBalsamon (/n can. xxii concil. Laodic.)^ et hthieu Blastares (In Nomocan.)^ font dériver • nom du verbe ôpdKi>, video^ observo^ «je vois,

j'observe ; i et cela parce que les prêtres qui sont revêtus de Vorarium ont l'obligation d'examiner avec soin et d'observer tout ce qui doit être fait dans les saints mystères, et de l'indiquer , en agitant Vorarium , aux diacres qui sçnt sur l'ambon.

D'autres le tirent du substantif d>pa, cura^ custodia : parce que tous les ministres sacrés qui portent Vorarium^ évêques, prêtres et diacres, doivent soigner et garder les peuples fidèles, aussi bien que les mystères et les choses saintes confiées à leur sollicitude et à leur garde.

L'étymologie la plus naturelle à notre avis, surtout si l'on admet l'origine hébraïque indiquée plus haut, c'est de tirer orarium du verbe orare^ c prier, i parce qu'il est d'usage dans la prière publique et dans l'administration des sacrements.

Enfin, quelques autorités des plus respectables veulent que cette dénomination soit relative à la fonction de prêcher, oro^ « je parle, je discours, » parce que l'Église revêt de l'ororium ou de l'étole les orateurs sacrés, tous ceux qui annoncent la parole de Dieu. C'est le sentiment du quatrième concile de Tolède (Can. xxxix), du Vénérable Bède {In Collectan. cap. De septem ordin.)^ do l'auteur du traité De divinis officiiSj vulgairement attribué à Alcuin (Cap. Quid signifie, indûment a) ^ de Raban Maur (De tns^tï. cleric, lib. ii. cap. 19); etc.

OnATOinES DOMESTIQUES chez les PREMIERS CHRÉTIENS. — Eu outrc des égliscs publiques où les chrétiens exerçaient leur, culte, pendant les trois premiers siècles, dans l'intervalle des persécutions (V. l'art, basiliques), ils avaient aussi des oratoires domestiques qui, selon toute probabilité, n'étaient autres que les cénacles, placés, comme on sait, à la partie supérieure des maisons. (V. Pelliccia. De eccl. polit, i. 161.) C'est ce qu'il est permis de conclure des Actes des apôtres (C. xiii) et de divers témoignages de l'histoire ecclésiastique [Act. S. Pontii. ap. Baluz. Miscel. t. ii. — Act. S. Pudentianx. etc.) Cette pratique avait deux motifs principaux : soustraire les mystères divins aux yeux des idolâtres, s'éloigner des usages du paganisme qui plaçait les simulacres de ses dieux au rez-de-chaussée des habitations, bien qu'en un lieu écarté. Pendant les trois premiers siècles, les évêques célébraient quelquefois les saints mystères dans ces oratoires, surtout quand sévissait la persécution. C'est ce qu'attestent les actes des martyrs. S. Cyprien, écrivant à son clergé (Epist. v), parle de messes privées qu'un prêtre, accompagné d'un seul diacre, allait célébrer dans les prisons.

Dès qu'il devint possible de célébrer publi-

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