II. — Les reliques proprement dites passion, sont
1° Le tilrede la croix. Il se consene i dans la basilique de Sainte-Croix en J lem. Nous renvoyons pour les délaits vant ouvrage de De Corrieris, De Se»
prxcipuis passionis D. N. J. C. rtlitfwU. le titre fut trouvé par Ste Hélène, il éta toute son intégrité ; il n'en reste plus fragment qui a été découvert en 1493 ( voûte de la basilique sessorienne ; ff selon la mesure romaine, sept pouces d teur et treize de largeur. La matière i quelle il est écrit parait Être du bob l'écorce de bois, les lettres sont roug fond blanc. On sait que l'in
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était lESVS NAZARENVS HEX IVDAEORVM (SoZOm.
II. 1). Le nom de iesys était représenté, dans le texte latin, comme dans le grec, par les siglesis, et quand il fut retrouvé en 1492, on lisait pour Tun et Tautre, ces seules paroles is NAZARENTS RE. Quaut à l'inscriptiou hébraïque, elle était encore très-reconnaissable au seilième siècle ; mais au dix-septième elle disparut totalement , sauf quelques faibles traces qui restent encore aujourd'hui, comme s'effacèrent aussi les lettres is dans les textes grec et latin. On peut consulter encore l'ouvrage deNicquet, Titulus sanctas cruels (Antverpiae. 1670).
2» Le clou et Vépine qu'on vénère dans l'église de Trêves. Outre Ruffin, Théodoret et d'autres écrivains, S. Ambroise parle aussi de la découverte faite par Ste Hélène, des clous avec la croix {De ohit. Theod. kl). Mais au point de vue de l'authenticité, on donne la préférence à celui-ci sur ceux qui se conservent en d'autres lieux, parce qu'il fut donné à cette cité célèbre par l'impératrice elle-même, don reconnu par un solennel décret du pape Léon X. Un fragment avait été rompu au bout de ce clou, l'église de TouUe possède. La ville deTrèves garde un petit morceau détaché de la couronne ; quant à la couronne elle-même, personne n'ignore qu'elle se trouve à Paris où le saint roi Louis IX la rapporta ; elle est dépouillée néanmoins de la plupart de ses épines çui sont en grande vénération en différents lieux.
3* La sainte tunique appartient encore à l'heureuse ville de Trêves. Elle est longue de cinq pieds à peu près, et un peu plus d'une extrémité de l'une des manches à l'extrémité de l'autre, quand elles sont étendues. Chaque manche a un pied et demi de longueur, et un pied de largeur. Sous les manches elle n'est iuge que d'un pied et deux doigts, et à l'extré- Diité inférieure de cinq pieds six doigts. La DMtière du tissu n'est plus reconnaissable. Quelques-uns pensent que c'est un mélange de lin et de laine ; mais cela est peu probable, parce que la loi mosaïque interdisait ces mé- ^Bs {Deuteron. xxii. 11), et Josèphe atteste <îwe cette loi était encore en vigueur du temps de Jésus-Christ (Antiq. Jud, 1. iv. c. 8. S H), w sentiment le plus commun est que la sainte ^que est de laine. La couleur est difficile à déterminer d'une manière précise ; tout ce <!u'on peut affirmer, c'est qu'elle est d'une **^ce foncée. On remarque d'un côté quelles traces d'usure qu'on attribue au frotte- *Oent de la croix, et on y distingue, quoique ^^usément, des gouttes de sang.
^ L« saint suaire^ se conserve à la cathédrale de Turin. C'est un long linceul de lin, ^Jon le texte de l'Évangile (Joan. xix. 40) ;
ANTIQ. CHRËT.
d'où est venu, dit le vénérable Bède (/n Marc. IV. 15), l'usage de célébrer le saint sacrifice de l'autel, non sur de la soie ou sur quelque autre étofife précieuse, mais sur du lin, produit de la terre. Et cet usage fut érigé en loi par S. Sylvestre (Anastas. In Sylv. i. 29).
50 Léponge qui servit à abreuver le Rédempteur de fiel et de vinaigre est à Saint- Jean de Latran, et Baronius assure qu'elle garde encore une couleur sanguine {Ann. 34. 122).
6"* La lance enfin, trouvée en 1098 par les croisés à Antioche (Pagi. In Baron, ann. 1098. n. 7), puis tombée aux mains de Bajazet, fut donnée par celui-ci en 1492 à Innocent VIII, qui la déposa dans la basilique du Vatican (Hainald. Contin. Baron, cmn. 1492. n. 16).
Nous n'avons mentionné ici que les reliques de la passion dont l'authenticité est sûre. Il est superflu de parler des objets de ce genre qu'une piété peu éclairée a répandus dans le monde. On s'abuserait néanmoins, si l'on voyait une question de supercherie, par exemple, dans les clous, au nombre de vingt-quatre, qui sont en vénération en divers lieux. Plusieurs ne sont que des fac-similé, consacrés le plus souvent par l'adjonction de quelques parcelles, ou l'introduction d'un peu de Umaille des véritables clous de la passion dans de petites cavités pratiquées à cet effet. Qui ne voit que la piété des peuples peut trouver même dans de simples imitations de ces objets sacrés un aliment légitime, et que d'une autre part la possession de fragments, si minimes qu'ils soient, de ces vénérables reliques, doit suffire à la satisfaire ?
PASTEUR (le box-). — Dans le langage biblique, l'action de la Providence sur les hommes est presque toujours exprimée par des images et des allégories empruntées à la vie pastorale. Dieu est un pasteur, le monde est un immense bercail (Ezech. xxxiv. — Psalm. XXII. — Is. XLiv. etc.). Mais c'est surtout au Messie et à son œuvre que s'aj^liquent ces images (Ezech. ibid. 23. etc.) , qui , par une transition naturelle, viennent se relier aux textes du Nouveau Testament, et notamment aux paraboles où Jésus -Christ se présente luimême comme le modèle et le type du Bon- Pasteur (Luc. XV. — Joan. x. 14).
Les Pères avaient puisé les premiers à cette double source les expressions pieuses et poétiques sous lesquelles ils désignaient le Sauveur. « Pasteur des agneaux royaux, dit S. Clément d'Alexandrie {Hymn. Christi Solvatoris. Pxdagog. 1. m. edit. Potter. pag. 312), 7:oipiiv dpvwv paaiXixOv; pasteur des brebis raisonnables, ;:po6itwv Xo^ixCiv 7;ot[i]{v. > S. Abercius, évoque d'Hiéraple, au temps de
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Marc-Aurèle, dit de lui-môme, dans l'épitaphe qu'il avait composée pour être gravée sur la stèle de son tombeau, qu'il est le «r disciple du Pasteur chaste et pur : »
(Mélanges (Tépigraphie ancienne, l" livraison, pag. 5. — Cf. Pitra , Spicileg. Solesm. t. m. p. 532.)
Les artistes chrétiens , si habiles à profiter des données que leur fournissaient les saintes lettres, pour la décoration des monuments de tout genre , devaient trouver, eux aussi , des éléments plus que suffisants pour composer, indépendamment de tout secours étranger.
Tune de leurs plus belles et de leurs plus chères images. Aussi de môme qu'elle était l'expression la plus familière de la mission du Rédempteur, la figure du Bon-Pasteur fut-elle la forme la plus habituelle sous laquelle on le représentait, surtout dans les temps mauvais qui faisaient à l'Église une loi impérieuse du secret et du mystère. C'est là un des sujets les plus anciens auxquels l'art chrétien se soit exercé, Tertullien le signale déjà comme servant à la décoration des vases sacrés ou autres ( De pudicit, VII et x), et Bosio avait trouvé dans les catacombes une image du Bon-Pasteur que d'Agincourt fait remonter à la fin du deuxième siècle (Bosio. p. 537. — D'Aginc. Hist. de la peint, t. v. p. 20). La popularité de cette image devint bientôt universelle , on la retrouve dans les Gaules (Millin. Midi de la Fr, pi. lxv) , et en Afrique {Annal, archéol. vi« an. p. 196), et partout ailleurs qu'à Home môme, et jusque dans un hypogée de Gyrène (Pacho. Voy. de la Cyréndtque. pi. li. p. 376).
Elle parait dans tous les genres de monuments, fresques des cimetières , lampes d'argile, bas-reliefs des sarcophages, bas-reUefs de stuc sur les parois de catacoinbes (V. De' Rossi. Imag. Virg.Deip,iah. iv), pierres sépulcrales, verres dorés, anneaux, pierres gravées, etc. C'était comme une homélie matérielle qui, se présentant partout aux yeux des fidèles , leur rappelait, soit les bienfaits de l'incarnation par laquelle l'humanité dévoyée est ramenée au bercail, soit la miséricorde du Sauveur qui va chercher le pécheur, et par les solhcitudes de sa grâce tient à lui épargner jusqu'à la fatigue du retour. C'est ce que Sedulius, prêtre et poète du cinquième siècle a chanté dans de beaux vers {Paschal. 1. i. Invocat.)
Ut semita vits
Ad caulas me ruris agat, qua serrât amœnum Pastor ovile bonus, qua vellere prsvius aJbo Virginis agnus ovis, grexque omnis candidus intrat.
« Afin que le sentier de la vie me conduise dans
renceinte du bercail, où le Bon-Pasteur ^e » chère bergerie, où sous la conduite de l'agneau de U brebis vierge, de Tagneau à la blanche toison, le candide troupeau entre tout entier. »
C'était un symbole de zèle et de miséricorde, dont le pallium des archevêques, sur lequel le Bon-Pasteur était, dit-on, retracé primitivement (Baronius. Ad an. 216), et qui n'est aujourd'hui que parsemé de petites croix, est le mémorial. C'est aussi, sans doute, une pensée de zèle pour le salut des âmes qui inspira à l'Église l'idée de faire lire, au commencement de ses conciles , la parabole du Bon-Pasteur. Nous trouvons, bien qu'à une époque asseï basse (Le concile de Londres de 1237) un témoignage positif de cet usage , qui cependant doit remonter à l'antiquité proprement dite: Lecto igitur solemniter evangelio , scilicet : Ego sum Pastor Bonus^ sicut mûris est, t Lecture de l'évangile étant donc faite solennellement, ï savoir : Je suis le Bon-Pasteur^ comme c'at k coutume. » (Matth. Paris, pag. 447. — cf. Bott. I. 160).
C'était encore, selon S. Jérôme (Hieron. h Is. xi) un symbole de la résurrection future, et de l'efficacité illimitée de la rédemption de J ésus- Christ (i4d Océan, ep. lxix. 1). La pensée de la résurrection devait être naturellement réveillée par cette image dans le cœur des fidèles; comme si elle eût dit : t Ne craignez point de sacrifier pour Dieu ce corps mortel, car un jour celui-là même viendra dans toute sa majesté divine le rappeler à la vie, et à une vie immortelle, que vous contemplez ici sous la forme d'un pasteur (Hieron. In Isai. c. n- 0pp. t. m. col. 303. edit. Maurin.).
Nous avons lieu de croire que les premiers chrétiens , pour se familiariser avec cette salutaire pensée, aimaient à porter sur eux des objets propres à la leur rappeler. Ainsi Paciaudi (De bain. Frontisp.) donne une hématite où le jugement est mis en scène d'une manière hiéroglyphique. Le Bon- Pasteur, en costume antique , élève les bras à la manière des orantes, au-dessus d'un agneau qui est à sa droite et d'un bouc à sa gauche, lesqueb, Tud et l'autre, tiennent la tête inclinée, coinm« dans l'attente de leur sentence. Au revers de la pierre, se lisent ces mots : ArAen HRAMBe», Agatha exaudita est. C'est le nom d'une fenuoe chrétienne qui, selon toute apparence, portait ce bijou suspendu à son cou en guise d'amulette ou d'eœ vota, comme l'indique l'anneau dont il est muni à sa partie supérieure.
Les liturgies anciennes étaient pleines d'idées
et de sentiments analogue^. Ainsi, une oraison pnst sepulturam se lit dans un sacramentaire romain antérieur au huitième siècle, où I o^ suppose que le juste, après sa résurrection, est
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jporté sur les épaules du Bou-Pasteur, pour e placé daus le séjour de l'éteraelle félicité : tmque morte rtdsmptum, debilis tolutum, tri TeconcMatum, boni pastoris humehis ■ORTATUM , m comitatu xterni regii parenni liio, et Sanctorum cotaorlio perfrui conat.
Le Bon-Pasteur des monuments chrétiens diffère pas du type antique, fixé, pense-t-on, iplus belle époque de l'art grec, et par la in de Galamis (Rochetto.Mém.dei'acad. des cr. t. XIII. p. 101). C'est un beau jeune urne, iniberbe , sauf de bien rares excep- 01 (Perret, ii. pi. li), parce que, au dire de Augustin (Ap. Bolland. vu mart.), la jeu- <ae du divin Pasteur est éternelle : il a les ireui courts, l'œil plein de tendresse. Il ■te une tunique courte, ceinte autour des sa, et quelquefois encore sous les bras, or )iie bandes de pourpre (Boltari. xciii). Ou taSieul^. Cette tunique est parfois recourted'ua petit manteau, d'une espèce de chlaile, ou de lagum , ou bien encore de la Dule de peau, scories. Sa jambe est revêtue me sorte de réseau de bandelettes fiacim roJei; mais sa chaussure admet d'assez mbreuses variétés. Il est presque toujours t nue : par exception, ou le trouve coiffé in pélase à larges bords ÎGarrucci. Cornida tte. D. p. 20), d'une couronne radiée [AItrani. Opusc. p. 177). Sa t*te est de temps temps surmontée du monogramme (Maichi. Origin. Christ, m. 18), ingénieuse maire d'exprimer son identité avec le Rédempir des hommes , ou entourée du nimbe iuBp. V. m. I. Lxvii), ou enfin d'une cou- !iDe de sept étoiles , comme sur le disque me belle lampe des catacombes (Bellori. Le I. tuc«m. part. m. 29). On lui donne à peu b invariablement pour attributs le bâton itoral, pedum, le vase à lait, miUctra, et la ■te à sept tuyaux, tgrinx. (V. les art. spéuii sur les trois attributs).
EnsoumettaQt les scènes pastorales semées profusion dans les monumenlâ chrétiens à 8 eertaina classification, on pourrait, près- 8 sans effort, y suivre pas à pas les difféntes phases de la parabole du Bon-Pasteur. 1* On le verrait se préparant à partir et uûfestant sa tristesse et sa mélancolie rtant sa main sur sa tète, geste de douif Il les habitudes des anciens. (V. t'art. Main mwUt de ta].)
î» Le départ. Un pasteur menant un chien laisse, et sur le point de saisir la pera pas- Ile suspendue à un arbre(Fabretti.âit9.XLV). i'Le repos dans la course. Berger assis à W,avecun air de lassitude, et ayant devant son chien qui fixe sur son maître un regard spathique (Perret, vol. v. pi. xxii).
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' Mais la plus commune de toutes ces scè'
pastoraies , est celle où le Bon-Pasteur parait avec la brebis sur les épaules. Il est presque toujours entre deux arbres, sur cha-
desquels est perché un oiseau. Le sentiment du zële satisfait, la joie mêlée d'amour qui respirent sur son visage, sont la traduc-
aensible du texte de S. Luc : • Et quand il a retrouvé sa brebis, il la charge sur ses épaules, plein de joie. > Nous ne saurions mettre sous les yeux du lecteur rien d'aussi parfait en ce genre qu'une statue de marbre
: qui se conserve au musée du Latran.
L'antiquité n'a rien produit de plus beau :
5° Quand le Bon-Pasteur chargé de la brebis est seul (Boldetti. 362), ou simplement accompagné de son chien (Bottari. xcvii), avec ou sans le pedum, il se dirige vers la bergerie après avoir accompli heureusement son voyage. Alors, on aperçoit dans le lointain le tugvrium près duquel deux brebis couchées semblent attendre avec inquiétude le retour du pasteur (Bottari. cxvui. — Costadoni.P«sc«....ap. Calogera. t. xu. p. 315),
6° Mais quand, enfin, il est près d'atteindre le but, le Bon-Pasteur n'est plus seul, autour de lui se presse le troupeau, représenté toujours au moins par deux brebis qui élèvent vers lui leurs yeux avec d'inexprimables caresses ; et le retour définitif est exprimé par un ou deux vases à lait déposés k terre et sur lesquels est appuyé le pedum désormais inutile au berger en repos. (V. Perret, vol. m.
pi. XXV. )
On peut retrouver aussi tout entière dans les divers produits des arts de l'antiquité chrétienne la seconde parabole (Joan. x), où le divin Maître énumère, en les attribuant, les qualités et les fonctions d'un bon pasteur.
1° Le pasteur debout, à moitié tourné vers la bergerie, d'où sortent des brebis, semble les appeler, et elles paraissent répondre à sa
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