‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 202 sur 266 · PATE · texte numérisé non relu

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voix (x. 3. d) : « Les brebis entendent sa voix, et il appelle ses propres brebis et les conduit hors de la bergerie. » (Bottari. xlii.) Le tugurium, ici, comme dans la plupart des circonstances où le même sujet est reproduit, a la forme d'un temple dont la façade, ornée de deux colonnes, est couronnée par un fronton. Et ceci n'est pas sans une raison mystique : c'est que le tugurium ou bercail est la figure de l'Eglise : c L'Église, est-il dit dans les Constitutions apostoliques (Lib. ii. cap. 57), est assimilée, non-seulement au navire, mais au bercail. »

2° Le troupeau est rendu au lieu du pâturage, et le pasteur veille sur lui avec amour; tantôt debout (Perret, v. pi. lxviii), appuyé sur la houlette, il joue de la syrinx au milieu de ses brebis paissant : tantôt assis et dans une attitude paisible (Bottari. lxviii), il les contemple en silence : « Je suis le Bon-Pasteur, je connais mes brebis et mes brebis me connabsent. » (Joan. ibid. 14.) Quelquefois, incliné sur lepedum, le pasteur bénit ou caresse de la main ses brebis échelonnées sur la pente de la montagne (Bott. cxxxi). Scènes charmantes que Fortunat a si bien dépeintes dans ces vers (0pp. pars. i. lib. 2. cap. 13) :

SoUicitus, quemquam ne devoret ira luporum Colligit ad caulas pastor opimus oves.

Assiduis monitis ad pascua salsa vocatus, Grex vocem agnoscens, currit amore sequax.

« Craignant qu'aucune d'elles ne devienne la proie de la fureur des loups , le Bon-Pasteur rassemble ses brebis dans la bergerie. — Appelé par d'incessantes exhortations aux gras pâturages, le troupeau reconnaissant sa voix , accourt avec amour à la suite du pasteur. •

Sur certains sarcophages, le Sauveur, toujours en berger, est au milieu de ses douze apôtres, lesquels ont chacun une brebis à leurs pieds. Mais une circonstance importante à signaler, et qui ne l'a jamais été, que nous sachions, c'est que, à la droite du divin Pasteur, est une brebis plus grande que les autres et à laquelle il prodigue ses caresses. Or cette brebis est celle qui correspond à celui des apôtres dans lequel il est aisé de reconnaître le type traditionnel de S. Pierre.

Ces représentations des douze apôtres groupés autour du Bon-Pasteur avaient pour but (Allegranza. Opusc, p. 177) de fournir une image du zèle avec lequel les pasteurs des âmes devaient exercer leur ministère de paix et de miséricorde. (V. pour plus amples détails notre Étude archéol. sur lagneau et le Bon- Pasteur, p. 56-88.) Le Bon-Pasteur se trouve assez fréquenmient représenté au milieu des emblèmes des quatre saisons. (V. Boldetti. p. 466. — Bottari. 1. 1. en tête de la préface, et

tav. LV. — Buonarr. Vetri. p. i. etc.) 0 que c'est pour indiquer sa constante 90 à paître ses brebis, en différents lieu diverses manières, selon la convena saisons. (V. l'art. Saisons.)

PASTOPHORIA.— Le cardinal Boi que c'était la même chose que les se dans les basiliques anciennes. Mais I donne à ce nom une signification plus i et prétend que les pastophoria compr non-seulement le diaconicum et le sce\ cium (V. ces mots), mais encore les le de tous les ministres et gardiens de appelés pararnonariï, mansionarii, et rarii. (V. ces mots.)

PATÈtVE. — La patène est un d( sacrés qui ont été employés de toute a dans le ministère des autels (Paoli. B argent, Forocomeliensi, c. i seqq.}.

ainsi appelée du latin patere^ à raisoi forme ouverte et aplatie, vas late pai S. Isidore de Se ville (Orig. 1. xx. c. 4). de ce vase remonte aux premiers sii l'Église, bien que le livre pontifical (C semble en attribuer l'invention à S. Z(

La matière des patènes était ia même ( des calices. (V. l'art. Calice.) Il y avait tènes dites ministeriales, plus grandes c dont se servait le prêtre, parce qu'elles destinées à recevoir les pains consacr distribuait au peuple. Il y en avait d'au pelées ckrismales, parce qu'elles étaic tinées à contenir le saint chrême poui tème et la confirmation ; mais celles-c concaves. Anastase le Bibliothécaire S. Sylvestre qu'il offrit une patène cl en argent : patenam chrismalem argeni tulit {In Sylv.). On voit dans les tré églises des patènes d'une grande dimec ont servi d'ornement aux autels. Les ] ciennes sont décorées d'images et de symboliques. Jean Diacre {Vit. S. .

episc. Neapol.) en mentioime une où présentée la face de Notre-Seigneur a anges à l'entour. Boldetti (P. 191) ei une autre oh sont retracées les fî§ S. Pierre et de S. Paul. Jean Patrizzj posé, en 1706, une savante dissertatic patène dont se servait S. Pierre Chry:

et au centre de laquelle on voit un avec une croix et d'autres symboles, tènes étaient aussi quelquefois, comxn* lices, enrichies d'inscriptions.

Dans les Églises orientales, la patè pelée disque^ est beaucoup plus grai chez les Latins, parce qu'on y place I aussi bien que les oblata. Elle est re( d'une étoile d'or ou de quelque autr

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récieuz, surmontée d'une petite croix, afin d tenir soulevé le voile qui couvre la patène, t Tempècher de toucher les saintes espèces : ît instrument est appelé astérisque. (V. ce mot.) ette étoile rappelle celle qui guida les Mages u berceau du Sauveur; l'intention parait éviente par les paroles que prononce le prêtre Q plaçant l'étoile sur le disque (Matth. ii. 9) : 'i veniens Stella astitit supra ubi erat puer. Toutes les liturgies orientales ont des foruiles de bénédiction pour le disque. Celle de i liturgie copte est particulièrement remaraable (V. Renaudot. Lit. orient. 1. 1. p. 32^) : Étendez, Seigneur, votre main divine sur ce isque bénit, qui doit être rempli de charbons rdents, carbonibus ignitis, par les particules e votre corps, lequel sera offert sur l'autel. » l'est par une métaphore familière aux chréiens orientaux que les particules de l'euchaistie qui doivent reposer sur le disque sont ppelées charbons. Ils nomment souvent le !hrist charbon vivant^ parce que en lui habite orporellement toute la plénitude de la divilité.De là vient que dans les Theotokiaalexan- IriDs, la vierge Marie est appelée encensoir ^off qui a contenu le charbon vif et véritable. )d voit souvent aussi dans les prières orientales [ue le charbon, dont les lèvres d'Isale furent cachées pour être purifiées, fut souvent pris wur le type de l'eucharistie ; et les hymnes [ui se chantent dans les Églises d'Orient penlant la distribution des divins mystères, expri- Qent souvent aussi cette idée que c dans le tain les mortels reçoivent un feu divin. »

PATRIARCHES. — On appelait ainsi, lans les temps primitifs {Patriarcha^ TcaxpiipllOi le € premier auteur d'une famille, celui le qui tous les autres descendaient. > (Suid. ^•extc. ad h. v.) C'est pour cela que, dans la "épablique chrétienne , on donna ce nom aux iTôques des Églises qui, instituées par les ipdtres, étaient conune les mères de toutes es autres. Il y eut dès le principe trois Égli- «triarcales, celle de Rome, celle d'Antioche, «Ue d'Alexandrie, auxquelles s'adjoignirent •icDtôt celles de Jérusalem et de Constanti- K)ple. Les évèques de ces Églises s'appelaient «friarc^s.

Jusqu'au quatrième siècle, leurs droits ne urent pas autres que ceux des métropolitains ^.ce mot). Mais, comme dès cette époque, il 'éleva des dissensions que les conciles provini^ux eux-mêmes ne pouvaient apaiser, il fut ODcédé des droits plus étendus aux évêques ^s plus anciennes Eglises pour connaître des *U8es majeures, pour ordonner les métropotains, juger les causes qui les concernaient, invoquer les conciles nationaux ; c'est aussi 12 patriarches qu'on appelait des sentences

des métropolitains (Justin. Novell, cxxiii. c. 10. 22).

1® Patriarcat de Rome. L'évoque de Rome, en outre de la primatie sur toutes les autres Églises, dont il jouit de droit divin, porte encore, de toute antiquité, le nom, et exerce les fonctions de patriarche ; parce que l'Église romaine c est celle où les apôtres ont répandu toute leur doctrine avec leur sang (TertuU. Prxscript. xxxvi), » et qu'elle domine sur toutes les autres Églises de l'univers, comme dit Origène , ip/^atoTOTT) 'ExxXrjafa (Ap. Euseb. Uist. eccl. VI. 44). Le pontife romain est patriarche dans deux sens distincts : à raison des droits patriarcaux dont il jouit ordinaria potestate sur les Églises de son patriarcat, et ensuite à cause de la primauté de juridiction qu'il exerce sur les autres patriarches, même de l'Église orientale.

Le droit patriarcal dont l'évoque de Rome fut muni dès l'origine de l'Église est inhérent à sa primauté. Car les patriarches orientaux eux-mêmes appelèrent à son autorité dans presque toutes les causes importantes : ainsi, au troisième siècle, le patriarche d'Alexandrie (Condl. Rom. sub Dionys. R. P. an. 263), au quatrième, S. Athanase, patriarche du môme siège (Theodoret. Hist. eccl. i. 4); au même siècle, S. Chrysostome, évêque de Constantinople (Sozom. Hist. eccl. viii. 28), appela à Rome d'un jugement du patriarche d'Alexandrie. L'évêque de Rome a donc toujours, partout et par tous, été regardé à bon droit comme le patriarche des patriarches.

2° Patriarcat d^Antioche. L'évêque de cette ville fut toujours décoré du nom et des droits de patriarche, soit parce qu'Antioche fut t le premier siège du prince des apôtres (Euseb. Chron. an. 39), » soit parce qu'elle était la métropole de tout l'orient (Euseb. Vit. Const. III. 50). Sous la juridiction du patriarche d'Antioche étaient placées les quinze provinces de l'orient {Concil. Ephes. i. 2), correspondant aux quinze provinces dont se composait le diocèse d'Orient y selon la division politique de l'empire faite sous Vespasien (Petr. de Marca. De concord. sacerdotii et imperii. 1. i).

3° Patriarcat d'Alexandrie. Le fondateur de l'Église d'Alexandrie fut S. Marc, disciple do S. Pierre ; c'est pour cela qu'elle fut appelée 0 siège évangélique, » sedes evangelica (Hieron. De script, eccl. In Marco). L'évêque d'Alexandrie exerça les droits patriarcaux, non-seulement en Egypte, mais dans la Pentapole, la Libye, la Thébaïde. Les patriarches catholiques gouvernèrent l'Église d'Alexandrie du premier au septième siècle, époque à laquelle les Sarrasins s'étant emparés de l'Egypte, des patriarches de la secte des jacobites usurpèrent le siège, et le séparèrent de la commu-

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nion de l'Église romaine. Et bien qu' Eiëme siècle le patriarche Gabriel ait la primauté du successeur de S. Pierre, cette union fut de peu de durée. (V. BoUand. Hisl. patriarch. Alex. t. v jun.) Le patriarche d'Alexandrie est redeveuu jacobite, et il réside au Caire.

k" Patriarcat de Jimsatem. L'Église de Jérusalem doit être comptée parmi celles que fondèrent les apôtres; son premier évêque tut Jacques d'Alphée, surnommé le juste; et elle a le titre de siège apostolique (Euseb. Hisl. eccl. vu. c. ult.). Elle eut dans sa juridiction les trois Palestines et la Syrie. Ce fut bien moins à raison de l'étendue du diocèse, qu'en considération de la dignité incomparable de la ville, où se sont accomplis les principaux mystères du christianisme, que l'évêque de Jérusalem fut mis au rang des patriarches au quatrième siècle, par les pères du premier concile de Nicêe (Can. vi[), qui maintinrent néanmoins dans leurs anciens droits les métropolitains de Césarée, auxquels l'évêque de Jérusalem était soumis auparavant.

i° Patriarcat de Constatitinople. L'évêque de Byzance avait été, jusqu'au quatrième siècle, soumis à la juridiction du mêtropobtain d'Héraclée en Thrace. Mais dès que Constantin eut choisi cette ville pour en faire la capitale de l'empire, il ne cessa de combler d'honneurs ses évêques, auxquels, dès le quatrième siècle, les pères du premier concile de Constantinople assignent la première place, après le pontife romain (C. ni. a. 381). Au cinquième siècle, leur juridiction fut encore agrandie par les pères du concile de Chalcédoioe (Act. i. a. kil), qui lui attribuèrent les droits patriarcaux sur les provinces de l'Asie, du l'ont et de la Thrace, de sorte que cette juridiction ne s'étendit pas sur moins de soixante-cinq métropoles, et sept cents évêcbés (Nil. Doxopatr. ap. Allât. De consens, orient, et occident. Eccl.). Les prérogatives de ce siège, en s'augmentant sans cesse, finirent par inspirer à ses titulaires la prétention de s'égaler au pontife romain, et aboutirent enfin au schisme de Photius, qui vint désoler l'Église au neuvième siècle et qui dure encore.

6" Il y eut en Occident des patriarches i titre purement honorifique. Ainsi , les rois Goths et Lombards d'Italie donnaient cette qualification aux métropolitains de leurs États. C'est de là que vint ce titre d'honneur aux évêques d'Aquilée, dont il est tant parié dans l'histoire. Quelques évêques de l'Église de France furent aussi honorés de ce titre. Il fut donné à Priscus et à Nicetius, archevêques de Lyon, ancienne capitale du royaume de Contran; à Rodolphe, archevêque de Bourges, cajùtale des trois Aquitaines. Ces patriarcats

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disparurent avec les royaumes dont le pôles qui y étaient soumises furent brées. {V. Tbomassin. 1. ii. c. 4.)

PÊCHEUR. - I. — L'antiquité souvent le Christ, non-seulement so blême du poisson (V. ce mot), mai sous celui du pêcheur. Il voulut, di goire de Nazianze (Orat. xxi), se faire afin de tirer de l'abîme le poisson, c'< l'homme qui nage dans les eaux inc et périlleuses de cette vie. Nous lli S. Cyrille de Jérusalem (Profatech. i sus te prend à l'hameçon, Û homme, te faire mourir, mais pour que, étant renaisses à la vie. i Dans son hymne sauveur (Vers. 2k seqq.), S. Clén; lexandrie exprime la même idée formes poétiques ; t Pêcheur des hoi tu sauves, les poissons sacrés qui éta la mer du vice, tu les retires de l'or mie par une vie douce. >

Les monuments servant de commi ces textes ne sont pas rares. Nous a bord une cornaline de la collection di (Costadoni. Pesce. tav. n. xxx), très-ai l'on en juge par la perfection du tn le Christ, dont le nom symbolique écrit dans le champ, est représenté nu, selon l'usage des gens de cette pr 11 tient d'une main un petit panier re les amorces, et de l'autre une ligne de laquelle est suspendu un poissoi divin pêcheur considère avec amour plaisance. Sur un petit verre donné Garrucci {Vetri. vi. 10), Nolre-Seig tunique et pallium, tient suspendu l un gros poisson qu'il a pris à la ligne.

Le Sauveur se trouve encore figut* emblème sur un antique sarcophage ( d'une conception très- ingénie use. En ' autres scènes très-compIiquêes qui s' quent, et qui toutes, pense-t-on, sont à la vie de Notre-Seigneur; on y voit homme soutenant d'une main par le canne de la ligne dont un pécheur bout (V. grande galerie du Latran, e tav. xLii), et de l'autre main moDi même pêcheur un poisson déjà pris ) çon, afin qu'il le tire hors de l'eau, t mité opposée du tombeau, le jeune

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e nouveau, mais présentant à son 35 poissons que, diaprés ses ordres, il

au filet.

On peut penser avec Tabbé Polidori

part. 0 que ce jeune homme n'est e S. Pierre qui, choisi par Jésus-Christ

vicaire, fut, après lui, le chef des pé- 'hommes. Nous voyons en effet que,

la prédication, soit pour la pêche mi- 3, le Sauveur choisit la barque de .uc. V. 4); il lui ordonne, dans cette circonstance, de la pousser au large, lors qu'il lui dit : Ex hoc jam homines m. Ce qui fait que, de toute antiquité, ! fut représenté en pêcheur ; et c'est à

cette qualité, que lui assigne le Sàumôme, et pour en perpétuer la mène S. Clément d'Alexandrie {Pœdag.

recommande cette image aux prerétiens comme une de celles qui dener leurs anneaux : Et si quis est qui

meminerit apostoli et puerorum qui extrahuntur. De là vient que les soupontifes ont adopté la môme image : sceau, appelé pour cela Vanneau du et où S. Pierre est représenté péchant tandis que Notre-Seigneur pêche à la ,ns un ivoire antique (Mamachi. Cas- ?*refaz. p. 1), une barque est gravée jcription ihctc; le Sauveur y fait les

de pilote, et S. Pierre tire hors de filet renfermant un gros poisson. Les t leurs successeurs durent être trèsreprésentés en pêcheurs : nous en is ici un exemple de la plus haute anui se trouve dans ce qu'on appelle la

des sacrements au cimetière de Gal- Rossi. ixerc. tab. ii. n. 4).

mier sujet représenté, dans une série aux parfaitement coordonnés , est ippant le rocher d'Oreb, c'est-à-dire

faisant jaillir du flanc du Sauveur, r le rocher, petra erat Christus (1 Cor. eaux de la vie éternelle, soit la source ; de sa doctrine et de ses sacrements, eaux salutaires, le ministre de Jésustte sa ligne, et en retire un poisson, ire un homme converti à la foi.

trôme : elle représente un honmie tout nu, à l'exception d'une peau de poisson qui lui sert de manteau et de coiffure. D'une main, il

oni donne à la fin de sa dissertation isson une gemme d'une bizarrerie ex-

semble donner des ordres, et de l'autre il porte la spor/a du pêcheur. D'après Polidori, à qui nous empruntons cette interprétation sans la garantir, ce personnage serait le Christ, de qui on peut dire qu'il fut poisson par l'adoption de notre humanité, qu'il fut pêcheur par la vertu de sa parole, et qu'il donna à d'autres cette mission de pêcheurs, ce que semble indiquer le geste de la main élevée en signe de commandement, geste tout semblable à celui qu'il fait sur une foule d'autres monuments où il est représenté conférant sa mission à ses apôtres. En prophétisant la mission des apôtres, Jérémie les désignait déjà (xvi. 16) sous leur titre de pêcheurs : « Voilà que j'enverrai un grand nombre de pêcheurs, dit le Seigneur, et ils pécheront les enfants d'Israël. > C'est là du moins le sens figuré du passage.

PEDIL AVIUM. — V. l'art. Ablutions, n. II-

PEDUM (houlette pastorale). — Dans la langue archéologique , le pedum n'est autre chose que la houlette, principal attribut du berger. On le voit fréquemment à la main du Bon- Pasteur dans les innombrables représentations de ce sujet si cher à la primitive Église. Quelquefois, c'est une simple verge, comme dans un fond de coupe antique du recueil de Buonarruoti (Tav. v. 1), parce que, selon la remarque de S. Grégoire de Nazianze ( Orat. XIX. XLiii), si les bergers se servaient, pour conduire ou réunir leur troupeau, de la houlette qui, pour ce motif, était recourbée à l'une de ses extrémités, ils employaient aussi la verge pour frapper au besoin, et les peintures des cimetières nous offrent de nombreux exemples de l'une et de l'autre. Mais le bâton ou pedum est beaucoup plus fréquent dans la main du Bon- Pasteur, ce qui fait dire aux Pères que, à son exemple, les pasteurs des âmes doivent toujours préférer la mansuétude à la rigueur.

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Le pedum, repose quelquefois sur le vase à lait (Perret, ii. pL xxv) pour marquer le retour du berger; on le voit appuyé sur une large patère pleine de fleurs ou de fruits, sur un marbre de Carthage donné par dom Pitra et illustré par le chevalier De' Rossi (De Christian. Ut. Carthag. pi. viii), et cette circonstance est restée jusqu'ici enveloppée de mystère. Une gemme antique (Perret, v. xvi. 4) offre Passociation non moins difficile à expliquer du pedum, du poisson et de la palme. Dans une mosaïque de Ravenne, publiée dans Pouvrage de Ciampini (i. tab. lxvii), le Bon- Pasteur porte à la main une croix au lieu du pedum. On peut, sans trop d'invraisemblance, supposer à l'artiste Pintention de rendre, par cette substitution, le sens de ces mots de la parabole évangélique : « Le Bon- Pasteur donne sa vie pour ses brebis. » On sait que le pedum est l'origine du bâton pastoral de Pévôque. (V. l'art. Évéques. Insignes des évéques. n. m. 5.)

PEIGNES. — Des peignes d'ivoire ou de buis ont été assez fréquemment trouvés dans des sépultures chrétiennes. (V. Part. Objets trouvés dans les tombeaux chrétiens.) Boldetti en a publié trois (Pag. 503. tav. m. nn. 22, 23, 24), dont un avait appartenu à un personnage nommé Eusebius Annius dont il porte le nom écrit en abrégé : evsebi. anni; ce savant assure en avoir rencontré un grand nombre c attachés encore aux sépulcres des cimetières. 1 Que ces peignes aient été déposés, là comme instrument de martyre, ou môme avec une intention symbolique quelconque, c'est ce qui ne parait guère admissible. Une telle pratique se rattache à un usage vulgaire dans l'antiquité, et qui consistait à renfermer dans la tombe les objets, et notamment les objets de toilette qui avaient été à Pusage du défunt. (V. l'art, déjà cité.)

C'est cependant un fait parfaitement avéré par de nombreux témoignages d'écrivains ecclésiastiques, que les peignes d'ivoire faisaient partie du mobilier sacré de la primitive Église, d'après Pusage où étaient les prêtres de peigner leurs cheveux, avant de s'approcher de Pautel, afin d'y paraître avec plus de décence. C'est ce qu'atteste entre autres Du Gange (Gloss. Latin, ad voc. Pecten): Pecten inter ministeria sacra recensetur^ quod scilicet sacerdotes ac clerici antequam in ecclesiam procédèrent crines pecterent. Le chanoine Benedetto {Num, 57 et 146), dans une curieuse description qu'il nous a laissée de la procession que faisait le souverain pontife de Saint-Jean de Latran à la basilique vaticane, à l'occasion des grandes litanies, fait mention de cet instrument. Il y avait dans les sacristies des diverses églises

un lit où le pape , ordinairement avancé eo âge, pût se reposer. Là on lavait ses pieds souillés par la poussière ; on étendait sur ses épaules une serviette, et le diacre et le sousdiacre présentaient le peigne destiné à rétablir Tordre dans sa chevelure, et la dégager des souillures de la poussière et de la sueur contractées dans ces processions qui étaient fort longues. (V. Cancellieri. De s^retarUibasilic. Vatican, t. i. p. 254 , et Tre pontife p. 87.) Dans le manuscrit du Vatican, n» 4731, cité par Gattico (Act. cxrem. p. 179), cette dernière circonstance est exprimée comme il suit : Sunt necessaria pro persona pontifias pecten^ et tobalea circumponenda collo ejus^ quando pectinatur^ c II faut, pour la personne du pape un peigne et une serviette destinée à être passée autour de son cou, pendant qu'on le peigne. »

Des inventaires rapportés par Du Cange, enregistrent fréquemment cet instrument (Caesarius. lib. viii Dialogor. cap. 85) : Item pectinem unum ex ebore; • Item, un peigne d'ivoire ; » — Item calicem unum; — PecUnem eburneum unum; — Sunt ibi octo dngulaKnca, et sex pectines eburnei ; « Il y a là huit ceintures de soie, et six peignes d'ivoire, i

Plusieurs de ces peignes, monuments d'uue assez haute antiquité , se conservent de nos jours encore dans les trésors sacrés des églises ; le docteur Labus en cite plusieurs dans son ouvrage sur les antiquités de Saint-Ambroise (P. 49) ; le peigne de S. Loup se voit dans le trésor de la cathédrale de Sens, et Millin en a publié le dessin (Midi de la France, t. I. p. 97. pi. I. n. 3). Il est de grande dimension, orné de pierres précieuses et d'animaui symboliques.

PETOTURE. — V. Part. Images.

PELERIIVAGES. — Dès les premiers siècles de l'Église les chrétiens aimèrent à fréquenter par dévotion les lieux consacrés par la vie, les douleurs et la mort de l'Homme- Dieu, ainsi que les tombeaux des martyrs, imitateurs de Jésus-Christ. Ils le firent à Fexemple de S. Paul qui avait entrepris un pieux pèlerinage aux lieux saints (Hiei*on. epist. xix Ad Paulam), ainsi qu'il le raconte lui-même. Les femmes aussi bien que les hommes (Greg. Nyss. Orat. de his qui Hieros. adeunt) se rendaient au tombeau du Sauveur; il n'y avait pas de nation, au quatrième siècle, qui n'y fût représentée par un nombre plus ou moins considérable de dévots pèlerins (Euseb. Hist. ecd. VI. 25), et on sait que la Gaule possédait dès lors, pour faciliter ce voyage à nos ancêtres, un Itinéraire de Bordeaux à Jérusalem. fV. cette pièce à la suite de Vltin. de Chateaubriand.)

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*mi les pèlerins célèbres du quatrième siècle peut citer S. Hilarion (Hieron. Epist. xlk PauUn.\ le prêtre Philorhomus (Baron. Ad

362), S. Triphilius, évéque de Leucosie is rile de Chypre (Bolland. Ad diem jun. ;). S. Basile le Grand entreprit aussi ce pèinage et séjourna quelque temps à Jérusai; nous l'apprenons de lui-même {Epist, :xiii. n. 2 . Son frère S. Grégoire de Nysse itason exemple. Du temps de Théodose Tann, Andronicus, argentarius de l'empereur, rendit aux saints lieux avec sa femme (Sus. Ad diem sept. xxvi;. Le nom de S. Jérôme présente ici de lui-même ; il fut précédé ou vi par Philastrius de Brixia, Porphyrius ^ue de Gaza, Rufîn d'Aquilée, etc. (V. Maichi. t. II. p. 32). Au nombre des femmes il- ;tres par leur naissance qui, par motif de !té, surent braver les périls de ce voyage, trouve dans les lettres de S. Jérôme Mélaj, Paula, Fabiola, Eustochium (Epist. ii Ad mrU. XLFV. Lxxxiv. Ad Océan, etc.). Mamachi id.) donne pour les siècles suivants une nojnclature de noms non moins illustres qui emplirent aussi le pèlerinage de Jérusalem, lis peu après le quatrième siècle, de graves us s'étaient déjà glissés dans ces voyages trepris d'abord dans des vues si pures et si ligieuses (Greg. Nyss. op. laud.).

Après le pèlerinage à Jérusalem, le plus cher a piété des premiers chrétiens était celui des nbeaux des martyrs, et par-dessus tout des ôtres S. Pierre et S. Paul, où affluaient sans 5se les fidèles, non-seulement de l'Occident, lisdes contrées les plus éloignées de l'Orient col. I. R. P. epist. II Ad Mich. imper. \ L'anuité chrétienne fournit des traces presque ombrables de la vénération des fidèles pour iépulture des martyrs et des Saints en géal. Prudence [Peristeph, hymn. xi et pasi), S. Augustin (De cura pro mort, habend. , S. Paulin {Epist. xx et alib.j, S. Sulpiceère Dial. i. c. 3), S. Grégoire de Tours (De \ confess. lxii), S. Sidoine Apollinaire {Ep. 0, offrent les témoignages les plus précieux ît égard. Un des premiers exemples du pènage au tombeau des apôtres, pèlerinage se place à la date de 270, est celui de toute

famille venue de Perse à Rome où elle suie martyre : Romx^ via Cornelia sanctorum tyrt^m Marii et Marthx conjugum^ et filio- \ Audifacis et Ahachum nobilium Persarum^ Romam temporibus Claudii principes ad riONEM vénérant, « A Rome, sur la voie lélienne , les saints martyrs Marins et the époux, et leurs fils Audifax et A bail, nobles Perses, qui étaient venus à Rome i PRIER du temps de l'empereur Claude. » rtyrol. Rom. xix jan.) ais ce qui est peut-être encore plus con-

cluant, c est que les cimetières souterrains de Rome ont conservé jusqu'à nos jours des preuves palpables de cette sainte pratique : ce sont des inscriptions en caractères cursifs, tracés à la pointe du style ou au charbon, sur l'enduit des murailles de certains sanctuaires ayant servi de sépulture aux martyrs les plus illustres. Il nous a été donné d'en lire de nos yeux un grand nombre dans la crypte de S. Calliste où le savant chevalier De' Rossi a découvert naguère les tombeaux d'un grand nombre de papes et de martyrs du troisième siècle. Beaucoup de ces graffiti (V. Civitta cattolica. Luglio. ISbk. p. 125), inscrits dès le troisième et le quatrième siècle, n'expriment que les noms des visiteurs, mais d'autres offrent de pieuses pensées et de touchantes prières, qui prouvent que les pèlerins auxquels ils sont dus avaient été conduits en ces lieux par un sentiment tout autre que celui de la curiosité. (V. l'art. Invocation des saints.)

L'inscription suivante du grand corridor du Vatican (V. Perret, v. xxiii) atteste qu'un chrétien du nom de ivstvs, arrivé heureusement, grâce à la faveur divine^ au terme de son pieux pèlerinage^ s'était acquitté de son vœu: DEO ANNOENTE [annuenté} \\ felis (Félix) peda- TVRA II svsTi (Justij votum posuit.

Ce qui donne à cette inscription une signification plus tranchée encore, c'est que deux chaussures sont figurées sur le marbre. (V. l'art. Plantes de pieds.) On a trouvé près de Sainte-Constance sur la voie Nomentane (W. De' Rossi. Inscr. Christ, t. i. p. 310. n. 71' un monument qui est pour nous d'un intérêt tout spécial. C'est une belle épitaphe métrique de deux jeunes gens de la Gaule, natioxNE GALLA OERMANI PRAIRES, qui étaient morts le même jour dans l'année 442, et qui étaient réunis dans le même tombeau. On peut supposer qu'ils avaient été appelés à Rome par un motif de piété. Le savant M. Edmond Le Blant (Inscr. chrét. de la Gaule, i. p. 270 suiv.) constate dans la crypte de Montmartre, où, selon l'opinion la plus probable, eut lieu le martyre de S. Denys et de ses compagnons, des inscriptions de môme nature, et qui semblent indiquer que là, comme à Rome, des pèlerins ont laissé des traces de leur passage. Il en existe sur un autel antique du Ham, et à Minerve en Languedoc sur un autre autel élevé par l'évêque Rusticus ( Ib. p. 185 ). M. l'abbé Barges a publié un intéressant autel découvert dans les environs d'Auriol qui porte aussi des inscriptions cursives. Mais nous devons faire observer que les inscriptions de ce genre reproduisent en général les noms des prêtres qui ont célébré sur ces autels placés dans certains lieux de pèlerinage célèbre. (V. notre art. Autel.)

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On voit au musée lapidaire de Lyon Tépitaphe d'un marchand nommé agapvs, laquelle, au nombre de ses vertus, signale surtout l'assiduité à visiter les sépultures des Saints, locascorvm ADSEDVE (De Boissieu. Inscr. antiq. de Lyon. p. 593). Un passage de S. Paulin (Epist. ad Delphin. xvi) établit l'antiquité de l'usage qui veut qu'à certaines époques les évoques se rendent ad limina aposiolorum : Romx cuh SOLEMNI coNSUETUDiNE od BeatOTwn apostoh' rum limina venissemus.

PÉNITENCE CANONIQUE. — I. — Pendant les premiers siècles, TÉglise infligeait aux pénitents trois espèces de peine. Ceux qui n'étaient coupables que de fautes relativement moins graves étaient simplement privés du droit d'oblation dans l'église (V. l'art. Oblation) ; ils ne pouvaient ni apporter leurs offrandes à l'autel, ni participer à la sainte eucharistie. Chez les Latins, cette peine s'appelait « séparation, » segregatio^ et chez les Grecs elle était désignée par un mot équivalent à«po-

Les pécheurs du second degré, tombés dans des fautes plus considérables, se voyaient nonseulement privés de la communion, mais exclus de l'assemblée des fidèles; il leur était interdit d'assister à la liturgie.

Enfin, ceux qui, coupables de crimes capitaux, y avaient persévéré, étaient tout à fait chassés de l'église, et leur nom était effacé de la liste des fidèles.

La méthode en usage poUr l'imposition de ces différents degrés de pénitence se trouve tracée en détail dans les Constitutions apostoliques (L. II. c. 12 seqq.). Voici les principaux traits de cette discipline. L'évoque chassait les coupables de l'église; mais dès qu'ils étaient hors du lieu saint, les diacres, prenant en pitié leur position, leur offraient leurs bons offices auprès de l'évoque. Celui-ci, faisant droit à la prière de ses ministres, permettait aux pénitents de rentrer, examinait s'ils étaient animés de repentir et dignes d'être admis de nouveau dans l'église. Dans le cas de l'affirmative, il leur imposait un jeûne de deux, trois, cinq ou sept semaines, selon l'espèce et la gravité de leurs fautes, et ensuite il les renvoyait absous. Mais si, après trois monitions faites par l'évêque, le chrétien coupable de quelque grand crime refusait de se soumettre à la pénitence canonique ; il était dès lors regardé « comme un païen et un publicain, » et l'évéque ne l'admettait plus à l'église comme un chrétien {Const. apost. xvi. 37. 38).

Cette sévérité de l'Église n'était point sans tempérament; si le pécheur ainsi exclu manifestait du repentir de ses fautes, on lui permettait de fréquenter l'église au rang des

catéchumènes du premier degré (V. l'a chuménat)^ et ensuite l'évéque l'admet la classe des pénitents (Ihid. 39). Et pendant que durait leur exclusion de ces pécheurs n'étaient point compléter parés de la communion des fidèles; traire, les Constitutions apostoliques ceux-ci un devoir de les fréquenter consoler, de les soutenir, de les enc par de bonnes paroles (Ibid. kO) ; tous teurs avaient à cœur leur résipiscence qu'ils étaient par le précepte du Seigne ne veux pas la mort du pécheur, mais convertisse et qu'il vive Ezech. xvn Nous avons dans Tertullien {Apolog. x trace très-reconnaissable de ces trois de peines : « Dans nos assemblées, di lieu des exhortations, des châtiments censure divine, » exhortationes^ casU(^ et censura divina.

Jusque-là la pénitence, quant à sa et sa durée, était à peu près livrée à 1 sition des évoques; et il serait plus ( l'appeler publique que canonique. ( qu'au troisième siècle que l'Église se r de soumettre cette matière à une lé^ régulière, afin de repousser les erreu en circulation par Novatus, prêtre de d'Afrique, et Novatianus, diacre de Rome, et consistant à nier le pouvoir < glise de remettre les péchés.

Elle établit alors quatre degrés de pé 1» Tcp^oxXawjiv, fktum^ • les pleurs; » î auditionem^ d'audition;» 3<» &

aiv

substrationem^ « la prostration ; » 4^ e oiaatv, consistentiam , c la consistanc* pénitents de la première classe étaie les pleurants^ ceux de la seconde les À ceux de la troisième les prosternés^ ce quatrième les consistants.

Voici, d'après S. Basile expliqué p mopolus (Cf. Pelliccia. EccL polit, ii.

le rôle assigné à chacune de ces cl pénitents. Pleurant , celui qui se tient l'église et prie ceux qui entrent dan saint d'offrir pour lui leurs prières; < celui qui se tient dans le narthex ( mot), sauf le temps de l'instruction est permis d'aller entendre dans l'inU l'église ; prosterné^ celui qui, dans Vé tient derrière Tambon (V. ce mot) et s ceux des catéchumènes qui portent 1 nom ; consistant^ celui qui prie avec le mais ne peut-être admis aux sacremei près avoir subi intégralement cette épreuve. (V.les art. Catéchumènes^ U\ martyrs, Excommunication,) On trouT les canonistes, ainsi que dans les dot Bingham, Pelliccia, Selvaggîo, les dé ne comporte point le but de ce Diction;

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}uant à la place qu'occupait dans les églises icune des classes de pénitents, on s'en rendra compte exact en examinant les plans explies qui accompagnent les articles atrium et \silique8.

La pénitence canonique n'eut que des applitions tres-restreintes; dans le principe, elle I fut infligée que pour trois espèces de crime, dolâtrie, l'adultère et l'homicide (Petav. De mt, 1. VII. c. 22) ; et encore toutes les classes {personnes n'y étaient pas sujettes. Ainsi, à dson des graves inconvénients qui auraient pu ensuivre, les membres supérieurs du clergé 1 étaient exempts, quelquefois aussi les femes, les jeunes gens, les personnes mariées, si } n'est du consentement réciproque du mari ; de la femme {Concil. Arelat. ii. can. 81): (mtentiam conjugatis nonnisi ex consensu mdam (/6iV/. ii. 13).

En outre, la pénitence 6anonique n'était aplicable qu'à des crimes publics, et nul ne )uvait y être soumis sans avoir été d'abord ppelé en jugement et juridiquement conlincu. C'est ce que S. Augustin affirme en lusieurs endroits (Serm, cccli. c. 4. n. 10). joutons que la pénitence canonique n'était niverselle qu'à un degré limité : le premier 3ncile de Nicée est le seul qui ait fait trois inoiis pénitentiaux de cette nature, pour les postats et idolâtrants. Depuis lors aucun conile œcuménique n'en a promulgué : aussi sur B point de discipline, régna-t-il toujours beauoup de variété, ce qui fait le plus grand honeur à la prudence et à la sagesse de l'Élise : chaque évoque, ou synode ou Église articulière appliqua plus ou moins les riiieurs de la pénitence canonique, selon les împs, les lieux et les personnes, à telle ou îlle espèce de crime public, et sachant temérer ces peines quand il le fallait, comme elle J fait aujourd'hui encore quant aux cas réîrvés, dans le for de la conscience.

II. — Réconciliation des pénitents. Le temps lé pour la pénitence canonique étant écoulé, le pécheur donnait des garanties suffisantes ) son repentir, de sorte qu'on pût le croire gne de rentrer dans la communion des fidès, on procédait alors à sa réconciliation. 1» Au commencement, le droit de réconcilier i pénitents était réservé à l'évêque. Cepennt, si le pécheur se trouvait en danger de )rt, cujus exitus urgere cœperit^ S. Cyprien pist, iiii) reconnaît ce pouvoir au prêtre, et, M>n défaut, au diacre même. Cette doctrine i consacrée par le trente-deuxième canon concile d'Elvire. Chez les Grecs, les diacres jouirent jamais d'une telle concession. Il it néanmoins distinguer entre la réconcilian publique et la réconciliation privée, land il s'agissait d'un pénitent in exituposito,

le prêtre, en Tabsence de l'évêque ou par son ordre, allait trouver le malade, et le réconciliait sans solennité dans la maison où il était retenu ; mais dans aucun cas il ne lui était permis de réconcilier publiquement, dans l'église (ConciL Hispal. ii. — Agath. xliv. — cf. Pell. tWd.), pouvoir exclusivement attribué à l'évêque par les canons, et que le pape S. Léon (Epist. Lxxxviii), au cinquième siècle, refusait môme aux chorévêques. (V. ce mot.) Ce n'est qu'au début du moyen âge, que les évêques commencèrent à déléguer aux simples prêtres la fonction de la réconciliation publique (Capitul. reg. Franc, 1. vu. c. 143) , et dès le neuvième siècle, nous voyons que les curés étaient en possession de ce droit pour leurs paroisses.

2*> Chez les Orientaux la cérémonie de la réconciliation des pénitents avait lieu le vendredi, ou le samedi de la semaine sainte. Ainsi, dans leur lettre d'appel au concile de Chalcédoine contre la sentence d'excommunication dont ils avaient été frappés par Eutychès, les moines se plaignent t de ce qu'on avait laissé passer, et le jour salutaire de la passion, et la nuit sainte, et la fête de la résurrection, époques où les SS. Pères avaient coutume de remettre aux pécheurs les peines encourues par eux, sans qu'ils eussent été relevés de leur excommunication. » Pour ce qui est du samedi saint, nous avons le témoignage de S. Grégoire de Nysse {Epist. ad Lot.) : a 11 est juste, dit ce Père, qu'en ce jour, nous ramenions à Dieu , non-seulement ceux qui sont transformés par la régénération ; mais aussi ceux qui, par la pénitence, rentrent dans la voie de la vie. »

En Occident, c'était le jeudi saint, témoin S. Cyprien; et, pour le cinquième siècle le pape Innocent I«' atteste qu'il en était ainsi dans l'Église romaine (Epist.i. c. l):Quinta feria ante Pascha eis remittendum Romanœ ecclesitB consuetudo demonstrat. Cependant l'Église de Milan et celles d'Espagne avaient adopté, sur ce point de discipline, la pratique des Orientaux. (V. Pellic. ibid. p. 195.)

3® C'était pendant la solennité de la messe que, dans l'Eglise d'Orient comme dans celle d'Occident, l'évêque réconciliait les pénitents. S. Ambroise en constatant cette discipline en assigne la raison {De pœnit, 1. ii. 3) : f Toutes les fois que les péchés sont pardonnes, nous prenons le sacrement du corps du Sauveur, pour montrer que c'est par la vertu de son sang que la rémission des péchés est accordée.» Les conciles, entre autres le deuxième de Carthage (Can. m) interdisent aux simples prêtres reconciliare quemquam in publicamissa;S. Léon (Loc. laud) applique à ce cas spécial la défense faite par lui aux chorévêques, publiée quidem in

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missa quemquam pœnitentem reconciliare. On de TÉglise, qui suivait raccompliascment de

ne sait pas au juste à quel moment de la li- la pénitence canonique : turgie était fixée cette cérémonie. Les uns supposent (Optât. Milev. 1. ii Contr. Donat.) que "^^ ^^ ^^^^ qyiescit

îx* * A 1 X -i *• J n J • • ADIVTOR QVI POST

c'était avant la récitation de 1 oraison domini- ^^^^^^^^ poenitentiam

cale ; d'autres après 1 homélie de l'évoque migbavit ad dominvm

(Tertull. De pudic, xiv) ; d'autres avant l'of- ann. lxv mensbs vm dus xf

frande {Sacramentar. aPetav. edit.)^ ceci parait depositvs s. d. iv kal. ianvariaj

avoir été l'usage des Églises de la Gaule ; un ^. anastasio v. c. consvlb

ordre romain (In Biblioth. PP.) porte que c'é- t,„ - .. „„„i^ ^ „„. «♦*^^x

^.^ ^,^ xji Ti Un fait analogue est attesté par une inscnp-

tait avant le commencement de la messe. Il .. „ ,^ i, „ ,o° . ^. ,^' . ^ loc.» .

, , . I . .,. .. tion de 1 an 520, trouvée a Lyon en 1857, et

reste prouvé du moins que la réconciliation „„« ^.,i,i- »* J« u^: :« /j- \,

.^ K , , .\ z* * j A que publie M. de Boissieu (Atnay, son mttel

avait heu à la messe, et .1 en éU.t de même l^ ^^phitéâtre, ses martyrs, p. 99). La voici

chez les Grecs comme l'attestent leurs livres ^^^^ /^ j^^ ^^^ j^^^^^/ liturgiques, et en particulier 1 eucologe édité ^ °

par Goar. in uog tvmvlo rbqvuscet bo

4« Les rites de cette réconciliation sont eu- nae memoioa carosa helicio

rieux à connaître. L'évoque était assisté de son sa qvi egit penitentiam

clergé dans cette importante opération (Cy- ^«nvs visenti et dvos et vixe

prian. EpisL x et xi). « Le jeudi saint (Capi- ^« page annvs sexagesta qvi

f , s, J^. , z -A * Vi- 5QVE OBIET DIAE XIII KALENOC

tul. reg. Franc, v 52 , les pénitents publics, ^^^^^ ^^^^^^^ „ vitauang y cl. dans la cendre et le cilice, se rendaient en présence de l'évoque, la componction sur le visage, In hoc tumulo requiescit bonx memorijsCûprostrato vultu, » Entrés dans l'église, ils s'ar- rusa religiosa^ quœ egit pœnitentûun annoi ciré taient derrière l'ambon, dans la nef du milieu, ginti et duos^ et vixit in pace annos sexa^a Alors révoque se rendait, du presbytère au quinque, Obiit die xiii calendas octobriê, RumUQ' chœur du clergé, et montait à l'ambon. Le no et Vitaliano viris clarissitms consMw. diacre s'approchait de lui, et lui adressait ces L'épithète de religieuse donnée à cette Canaa^ paroles {Ex sacrament, Gregor. in cap. feria. épithète qui n'est pas sans exemple sur les marv) : « Voici, ô vénérable pontife, le temps de bres, à partir du sixième siècle surtout {Mla miséricorde, le jour de la propitiation di- giosa fœmina)^ semble attester qu'elle fut du \ine, et du salut des hommes... » Adest^ o nombre de ces pieux fidèles qui se condamiiaieDt venerabilis pontifex^ tempus acceptum^ dies pro- volontairement à la pénitence, par esprit d'hupiiiatioitis divinx^ et salutis /lumana?.... Suit milité (V. Fart. Pentïcncepu6it^u«), et l'épreuve une longue prière au prélat de réconcilier les qu'elle subit ne dura pas moins du tiers de » pénitents dont les sentiments de repentir pa- vie, vingt-deux ans sur soixante-cinq, raissaient dans tout leur extérieur. Alors l'archidiacre ajoutait ceci : « Réintégrez en eux, PEjVTECOTE. — L — Dans Tantiquité, pontife apostolique, tout ce que T influence du le nom de Pentecôte était tantôt employé dans démon y a corrompu, et, grâce aux mérites de un sens plus étendu , pour désigner tout l'invos efficaces prières, rapprochez cet homme de tervalle de cinquante jours qui sépare la fête Dieu, par la grâce de la réconciliation divine ; de Pâques de celle de la Pentecôte ; tantôt il afin que celui qui auparavant se déplaisait dans s'appliquait strictement à la fôte de la descente ses péchés, se félicite maintenant de plaire au de l'Esprit- Saint. Tertullien a deux passai Seigneur dans la région des vivants, après avoir fort remarquables où la première de ces deux

vaincu l'auteur de la mort, » Ut qui antea acceptions est clairement consacrée. Nous lisons

in suis delictis sibi dispHcebat^ nunc jam pla- d'abord dans son traité Sur r»((o/<Une (C. xiv] :

cere se Domino in reyione vivorum , devicto t Chez les païens, chaque fôte ne prend qu'un

mortis auctore^ gratuletur, jour dans l'année. Vous, au contraire, chré-

Après cette allocution, l'évêque récitait trois tiens, vous avez les octaves. Bien plus, prenex

ou sept oraisons pour implorer la miséricorde toutes les solennités des gentils, et ajoutei4es

divine sur les pénitents ; et il leur imposait à la suite les unes des autres ; vous n'en trou-

les mains du haut de l'ambon, ce qui était verez pas de quoi remplir une Pentecôte, »

comme la formule sacramentelle de la récon- c'est-à-dire une fôte de cinquante jours. Nous

ciliation. trouvons ailleurs ces paroles non moins signi*

5« La cathédrale d'Aix en Provence possède ficatives : c Pâques est le jour le plus solennel

une épitaphe célèbre, datée, par le consulat pour le baptôme; mais la Pentecôte a, pour

d'Anastase, de la fin du cinquième siècle, qui disposer les bains sacrés, tout l'espace de temps

atteste que le défunt adivtor mourut sainte- pendant lequel la résurrection du Seigneur a

ment après avoir été admis à la réconciliation été fréquentée parmi les disciples (Pendant 16-

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uel le ressuscité est demeuré parmi ses disiples), et la grâce du Saint-Esprit leur a été ccordée. » Le vingt-huitième canon apostoliue, et le vingtième canon du concile d'Antiohe font mention de la quatrième semaine de 1 Pentecôte f ce qui revient absolument à la Dême doctrine. Il en est de même de la loi de ;*faéodose le jeune, oti la Pentecôte est appelée }wnquagésime, ce qui veut dire fête de cin- [uante jours (Çod. Theod, 1. xv. lit. 5. De spect. ex 5).

II. — Les usages et pratiques qui s'observaient pendant ces cinquante jours, peuvent M réduire à trois points principaux.

\^ Lectures et méditation des Actes des apô- ^^». C'était le plus essentiel exercice proposé 101 fidèles pendant ces saints jours : plusieurs endroits des œuvres de S. Chrysostome en offrent la preuve. Mais il est une des homélies de ce Père (Homil. lxiii) qui vient directement à la question ; car elle a pour titre : « Pourquoi les Actes sont-ils lus pendant la Pentecôte ? » S. Chrysostome répond que, pour chaque solennité, a lieu dans TÉglise la lecture des passages de rÉcriture qui s'y rapportent. Ainsi, le jour de la Passion, c'est tout ce qui regarde la croix ; le samedi saint, c'est-à-dire la veille de Pâques, ce sont les textes où sont racontées les circonstances de la trahison , du crucifiement, de la mort et de la sépulture ; enfin, le jour de Pâques, on lit le récit de la résurrection.

Mais il semble que cette règle n'est pas suivie pour les jours de la Pentecôte; car l'Église lit alors les Actes^ où sont relatés les miracles îue les apôtres n'ont opérés qu'après la desîente du Saint-Esprit. S. Chrysostome répond lue les miracles racontés dans ce livre étaient a démonstration de la résurrection du Sauveur, et que c'était par conséquent pour conirmer les fidèles dans la foi à ce grand mysère, qu'on mettait sous leurs yeux le récit de es prodiges aussitôt après les solennités de la roix et surtout de la résurrection dont ils taient la preuve.

Du reste, l'usage dont il est ici question est tabli par les écrits de plusieurs autres Pères, ar ceux de S. Augustin (Tract, vi In Joan.) t de Gassien notamment {Instit. 1. ii. c. 6). e quatrième concile de Tolède (iv. xvi), tenu ir la fin du sixième siècle ollre à cet égard Q nouveau témoignage.

2*> Interdiction du jetine et de la prière à gemx^ comme au jour de dimanche. Pendant ces nquante jours, l'Église était toute à la joie 3 la résurrection du Sauveur; ses chants aient des chants d'allégresse, VHalleluiahl (tentissait dans tous les offices. C'est pour )la qu'elle ne voulait pas que le jeûne et les rostrations qui sont des œuvres de pénitence

et des démonstrations de deuil vinssent se mêler à ses fêtes.

Qu'il en ait été ainsi dès les premiers temps, c'est ce qui ressort du témoignage de TertuUien (De coron, m), et de celui de S. Épiphane ( Exposit. fid. xxii ) que nous avons cités ailleurs. (V. l'art. Pnère [Attitude de la] .) Et cette coutume fut érigée en loi de l'Église par le concile de Nicée (Can. xx) : «r Comme il se trouve des personnes, disent les pères de cette sainte assemblée, qui fléchissent le genou le jour de dimanche et aussi av^ jours de la Pentecôte, il a paru bon au saint concile, afin que l'uniformité règne à cet égard dans toutes les Églises, que tous, en ces jours, se tiennent debout pour offrir à Dieu leur prière.»

Il ne parait pas néanmoins que toutes les Églises aient adopté cette discipline , ou du moins qu'elles l'aient observée aussi exactement pendant le temps de la Pentecôte qu'aux jours de dimanche. S. Augustin témoigne du moins que l'universalité de la pratique ne lui est pas complètement démontrée (Epist. cix. Ad Januar.) : Ut stantes in illis dietms {Pentecostalibus) et omnibus dominicis oremus, utrum ubique observetur, ignoro. Cassien {CoUat. xx. Il) est plus affirmatif, et dit formellement que cette règle n'était pas admise dans les monastères de Syrie, bien qu'elle fût religieusement observée en Egypte, contrée toute voisine.

3® Relâche des spectacles, jeux du théâtre et du cirque. Tous ces divertissements et autres du môme genre furent interdits par Théodose le jeune (Cod. 1. xv. tit. 5. De spect, lex 5), pendant toute la durée de la Pentecôte. Et les motifs assignés à une telle sévérité par ce pieux prince sont dignes d'être connus. C'est que ce temps est consacré à une plus solennelle adoration, où les esprits des chrétiens doivent être plus appliqués au culte de Dieu, ainsi qu'à la commémoration des miracles opérés par les apôtres en confirmation de l'Évangile.

Mais cette interdiction qui frappait les plaisirs mondains ne s'étendait point aux actions juridiques, ni à l'administration de la justice ; et moins encore au travail des mains, toutes choses qui, à raison de leur nécessité, n'admettent pas, sans de graves inconvénients, une interruption prolongée. Aussi S. Augustin, dans le dix-neuvième des sermons qu'a édités le P. Sirmond , a-t-il pu dire à l'octave de flaques : t Les jours fériés sont passés, voici venir ceux des conventions, des affaires et des litiges. » On a cru voir une contradiction à cette doctrine dans les Constitutions apostoliques qui mettent la Pentecôte au nombre des jours où les artisans et les serviteurs doivent cesser leurs travaux; mais il s'agit ici de la fête môme de la Pentecôte entendue dans son sens le plus étroit (Const. apost, viii. 33) : In Pm-

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tecoste ferientur ob Spiritus sancti adventum iis qui in Christum credidennt.

On voit que , prise dans son sens le plus étendu, la Pentecôte embrasse la fête de l'Ascension. (V. Tart. Asccfision.)

III. — Le terme de cette longue solennité était la fête proprement ou strictement dite de la Pentecôte, c'est-à-dire la commémoration du jour de la descente de l'Esprit-Saint , dies Spiritus sancti^ ^H-^p» IIvEUfxaTou, « le jour de PEsprit, » comme l'appelle S. Grégoire de Nazianze (Orat. xlvi. De Pent.). Nous avons déjà vu que cette fête est d'origine apostolique, d'après l'opinion la plus généralement admise. Ce qu'il y a de bien certain, du moins, c'est qu'elle se célébrait du temps d'Origène. Car il en parle dans son livre Contre Celse^ comme Tertullien en avait déjà parlé {De idolol. xiv), ainsi que S. Irénée {De Pascate).

Le nom de Pentecôte avait déjà été adopté par les Juifs, qui, eux aussi, célébraient solennellement le cinquantième jour après Pâques, soit en mémoire de la loi qui leur avait été donnée sur le Sinaï, soit à cause de la cueillette des fruits.

Dès les premiers temps, la fête de la Pentecôte fut célébrée avec une grande solennité. Partout, elle était précédée d'un jeûne, dont le rit différait peu, au commencement, de celui qui était en usage le samedi saint. En effet, à la sixième heure de la nuit qui précédait la fête de la Pentecôte, les fidèles se réunissaient à l'église, ainsi que les catéchumènes (Augustin, serm. ccxxvii. Ad infant.)^ auxquels Pévôque administrait le baptême pendant cette nuit. On commençait par la lecture des leçons pour l'institution des catéchumènes ; venaient ensuite les litanies, qui étaient au nombre de trois, comme le samedi saint. Puis on bénissait le cierge avec le chant de VExultet, auquel on ajoutait certaines formules spéciales à cette nuit. Et enfin, les fonts étant bénits, les catéchumènes étaient baptisés. Toute cette discipline nous est révélée par les plus anciens sacramentaires et en particulier, pour notre Gaule, par un missel de Tours et un de Chartres de l'an 700, et un ancien pontifical de rÉglise de Besançon, qu'on peut voir dans Martène.

La multiplicité des cérémonies qui avaient lieu dans la nuit de la Pencôte expUque pourquoi la liturgie de la psalmodie y était fort abrégée, et se bornait aux trois leçons mentionnées plus haut et à trois psaumes.

Voilà pour les offices de la nuit.

Le matin, avant le commencement de la liturgie mystique, on chantait sur un ton solennel la psalmodie de l'heure de tierce, qui est celle où le Saint-Esprit descendit sur les apôtres. C'est en mémoire des langues de feu, que

l'usage s'établit au moyen âge de faire tomber dans l'église une pluie de fleurs pendant tierce, et même de légères particules d'étoupe enflammées.

PENULA. — C'était un vêtement rond, fermé de toute part, sauf une ouverture pour passer la tête. Tertullien {Apolog. vi) en attribue l'invention aux Lacédémoniens. Mais elle fut surtout en usage chez les Romains qui lui donnèrent son nom, ou qui plutôt modifièrent le nom grec çaivôXaç en penula ou pewk. (V. Doni. De utraque penula^ à la suite de l'ouvrage de Rubenius De re vestiaria. p. 318.) Les Gaulois la portaient aussi, comme on le voit dans un grand nombre de statues trouvées dans les Gaules (Id. p. 322). La penak était un habit d'hiver destiné à préserver de la pluie et du froid, et on s'en servait surtout dans les spectacles où, comme on sait, le peuple était exposé à toutes les injures de l'air (Cicero. Ad Attic, xiii. — Juvenal. SiU.y. etc.). Dans le calendrier de Valentin (Cf. Bottari. i. p. 123), le mois de décembre est figuré par un jeune homme vêtu de la penula pour se préserver de la pluie, laquelle est représentée par la statue de Jupiter Pluvius près de laquelle est placé ce jeune homme.

On portait la penula en voyage, et on sait que S. Paul (2 Timoth, iv. 13), qui voyageait beaucoup, en faisait usage. S. Pierre , S. Paul et S. Laurent sont représentés avec des pemii» de ce genre, bien qu'un peu taillées en pointe sur le devant, sur un verre antique publié par Buonarruoti (Ta\ . xvi. 2). On donne quelquefois à la Ste Vierge une penula tout à fait semblable à la planète ou chasuble antique. On en peut voir un exemple dans un ivoire cité à notre article Vierge {La S^c). C'était aussi l'habit des cultivateurs, des bergers, des chasseurs : l'image du Bon-Pasteur, dans les monuments chrétiens, en est à peu près toujours revêtue; on la remarque aussi absolument dans la même forme, c'est-à-dire très-courte, àp«u près semblable à la mozette de nos évoques, sur les épaules de deux chasseurs au revers d'une médaille de Caracalla (Ap. Bott. i. 206). Sous la république et les premiers Césars, la penula était de laine grossière, et quelquefois de cuir, auquel cas elle s'appelait scorUa, et c'était dans le principe un vêtement très-lourd, et qui fut interdit aux fenmies par Sévère Alexandre (Lampride). Sous DomitieD, la p<nula commença à remplacer la toge , en dépit de la désapprobation des hommes graves et ennemis de la nouveauté, qui allaient jusqu'à mettre ce changement au nombre des causes de la corruption de l'éloquence , parce que les étroites proportions de la penula favorisaient infiniment moins que l'ampleur de la

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DOUvemeDts oratoires {De causis cor- . c. icxxizj.

ors ou employa à la confection des is étoffes précieuses, on leur donna pleur et de largeur. On a un eiemtte mode nouvelle dans deux Sgures par Orsati (ifonum, Patav. p. 233.

1 et qui seraient, selon cet auteur,

deux de ces magistrats que les rolelaient apparitores. Dès lors il y eut èces de pennUe, celles du peuple, t grossières, celles des sénateurs et de condition, amples et riches et qui, sques sur les pieds, furent pour cela planètes. Une loi de Gralien, Valentirhéodose, piiLIiée en 3S2 (Buonarr.

permet l'usage de ces dernières aui taires, mais en même temps elle dis-

celles des sénateurs seront cousues es de pourpre. Il paraît que, pour de commodité, on y pratiqua à une poque deux ouvertures latérales pour . bras. Cette dernière circonstance se rquer sur une statue du musée du et dans une autre de la villa Bor-

s peintures des cimetières chrétiens (Aringhi. ii.p. 105 et alibi), on renuvent des figures vêtues de penuJz : ces bandes de pourpre, vêtement i du reste par S. Eucher (L. ii Ad bliolh. PP. t. VI. p. 856), et Seduhus 1. Bibliotk. PP. Ti. 578). En voici un

La figure est tirée d'une fresque ière des Saints- Marcellin-et-Pierre

luIes devinrent communes aux deux les femmes de condition y ajoutèrent ries et autres ornements d'une grande Dans une mosaïque de Ravenne . Vet. monim. t. u. tab. xxii) où est ée l'impératrice Tbéodora entrant tum de l'église avec un vase qu'elle

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va offrir, les femmes de la suite de cette princesse portent des penttke qui peuvent donner une idée de cette magnificence. On comprend que c'est là, et non dans les penttlx de voyage, que se trouve l'origine des planètes ou chasu- 6Jes ecclésiastiques. (V. l'art. Chasufcle.V. aussi la planche de l'art. Prière ^Attitudes de la].)

PERISTEHIUM. — V. l'art. Colombe eucharistique,

PERRUQUES. — Boldetti rapporte (P. 297) que, dans le tombeau d'une chrétienne anonyme et à laquelle il donne le nom de martyre, au cimetière de Sainte- C y riaque, il trouva une perruque disposée en tresses et placée encore sur la tête de la défunte. Elle était de lin, et teinte de façon ft imiter la couleur des cheveux que nous appelons châtains. ,

L'usage et l'abus des faux cheveux dans l'antiquité profane est fort connu. Martial et Juvénal (Sat. v. vers. 120 et alibi) ont exercé leur verve satirique aux dépens des femmes qui prétendaient se rajeunir par ce moyen, • renfer mant leur léte dans une espèce de fourreau, • qttasi vaginam capitis, et des hommes qui changeaient de couleur selon les saisons, ou des vieillards qui croyaient tromper la Parquepar leur chevelure blonde.) Ces perruques, confectionnées par des artistes que le même Juvénal appelle structores capiltatMTX, Étaient fort grossières ; elles se composaient de cheveux peints et collés ensemble. Rien n'est plus ridicule que la peinture que fait Lampride de la perruque de l'empereur Commode. Elle était poudrée avec de la raclure d'or et arrosée de parfums gluants auxquels la poudre s'attachait.

Les chrétiens ne surent pas toujours se préserver de la contagion de la mode ; ou du moins, en passant au christianisme, les païens n'abandonnaient pas facilement les coutumes de leur vie profane. Les chevelures longues et flottantes furent, surtout pour les femmes et dans tous les temps, un objet de vanité ; et ici l'abus seul est blâmable, car S. Paul avait dit (1 Cor. Il) : I Si la femme nourrit sa chevelure, c'est sa gloire , parce que les cheveux lui ont été donnés pour lui servir de voile. » (V. l'art. Vêtements des premim chrétiens.) Mais celles qui se trouvaient peu favorisées sous ce rapport, cherchaient naturellement à y suppléer par des moyens factices. Les Pères de l'Eglise censurent avec sévérité un tel luxe, Tertuliien notamment s'élève contre la coutume où étaient les femmes de tourmenter leur chevelure, • & laquelle elles ne laissaient pas de repos, > Qaid crini6us vestris quiescere non licet ? Et on ne saurait guère méconnaître l'abus des faux cheveux dans un passage (De

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cuUu fœmin, vu) où il parle « de certaines énormités de chevelures sutiles et textiles, » Affigitis nescto quas enormitates sutilium atque textilium capillamentorum, S. Jérôme, dans une lettre à Marcella {Epist. xxiii), désigne ouvertement la manie de porter perruque chez les femmes qui, « à l'aide de cheveux étrangers, bâtissent sur leur tète un édifice postiche, » qux capillis alienis verticem struunt.

On rencontre très-fréquemment dans les fresques et les sculptures des catacombes des figures de femmes en prière ou assises à des festins, dont la chevelure, toujours abondante, est accommodée avec beaucoup d'artifice. Ces chevelures marquent leur époque et sont d'un grand secours pour la détermination de l'âge des monuments; d'un autre côté, elles ne prouvent rien contre la modestie et la simplicité des femmes, chrétiennes; car il faut se souvenir que les personnes représentées en ces lieux sont vues dans leur gloire, elles sont les épouses du Christ dans le ciel, et à ce titre, les artistes leur ont prodigué les ornements et les parures les plus splendides.

PERSÉCUTIONS. — I. — La persécution commença pour l'Église chrétienne sur les lieux même qui avaient été son berceau. Aussitôt après l'ascension de Jésus-Christ, les Juifs prirent ombrage de ses progrès, et essayèrent de tous les moyens pour l'anéantir (Act. iv. v). a Depuis les apôtres, dit TertuUien [Contr, Gnostic. x), la synagogue n'a cessé d'être une source de persécution, » Synagogam fontem persecutionuni ab apstolis. Ils l'attaquèrent d'abord par la calomnie, et bientôt par le glaive. Le diacre Etienne, âme intrépide, pleine de l' Es [rit 'Saint ^ dont la parole enflammée convertissait les multitudes^ en même temps que ses aumônes soulageaient leurs misères, fut lapidé. Après la mort de ce premier martyr, les Juifs devinrent de plus en plus altérés du sang chrétien. On ne voyait, en Palestine et dans les contrées voisines, que des hommes et des femmes traînés en prison par des satellites que les princes des prêtres envoyaient partout à leur recherche. Saul mit toute l'ardeur de son âme au service des passions haineuses qui poursuivaient les chrétiens (Act, xxvi). Frappés de terreur, les fidèles se dispersèrent dans la Judée et la Samarie [Act, viii), quelques-uns passèrent en Phénicie et dans les principales villes de la Syrie, d'autres se dirigèrent vers l'Ile de Chypre.

Mais les apôtres se souvenant des promesses du Sauveur, loin de céder à l'orage, demeurèrent à Jérusalem, prêts à répandre leur sang pour la foi dont le dépôt leur avait été confié. Saul lui-même, miraculeusement appelé à la lumière de l'Évangile, de persécuteur devint

apôtre {Act. viii), et bientôt après finit la ptrsécution des Juifs contre les chrétiens. Cette paix dura jusqu'aux temps de l'empereur Claude. Mais, sous le règne de ce prince, Hérode Agrippa ayant obtenu le royaume de Judée, et voulant donner satisfaction aux haines de ses nouveaux sujets qui n'étaient qu'assoupies, vers l'an 40 de Notre -Seigneur, fit trancher la tête à Jacques, frère de Jean {Âci.v\\ et jeter en prison S. Pierre, se résen-ant de le mettre à mort après la fête de Pâques. Le prince des apôtres fut délivré par une intervention divine, et le persécuteur s'étant rendu à Césarée, y fut mangé par les vers.

Bien que, depuis la mort de Jacques et li délivrance de Pierre, nous n'ayons aucune connaissance positive de nouvelles persécutions suscitées contre l'Église par les présidents de Palestine, jusqu'au martyre de l'autre Jacques, disciple du Sauveur et évoque de Jérusalem, nous lisons néanmoins dans les Actes que plusieurs fois, soit dans cette capitale {Ad. xxu), soit ailleurs , les Juifs s'ameutèrent, contre S. Paul principalement {Act. xiv. xvi seqq.), et voulurent le mettre à mort. Annanus, grand prêtre des Juifs, voulant illustrer les débuts de son pontificat par quelque action d'éclat, assembla le sanhédrin, fit comparaître l'évèque de Jérusalem comme coupable d'impiété et le fit condamner à être lapidé. Jacques, selon le récit d'Hégésippe (Ap.Euseb. Uist, ecd.\\.i% fat précipité du haut du temple, et achevé à coups de levier par un foulon.

II. — Les païens ne tardèrent pas à imiter l'exemple des Juifs ; et sans compter un certain nombre de persécutions partielles et locales qui furent l'effet immédiat de tumultes populaires (V. Mamachi. Orig. Christ. 1. 1. p. 414), nous énumérerons rapidement celles qui, édictées par les empereurs, eurent un caractère officiel et des effets plus ou moins généraux dans tout l'empire. On en compte, jusqu'à Constantin, dix principales.

1° Persécution de Néron. Commencée Fan 64, elle dura quatre ans. Le prétexte de cette persécution fut l'incendie de Rome, allumé par la fureur insensée de Néron, et dont il croyait rejeter ainsi l'odieux sur les chrétiens. La véritable cause de cet incendie était le désir qu'il nourrissait de donner son nom à la vUlCi après l'avoir reconstruite. Tacite a décrit {A^ ual. XXV. 44) les horribles supplices infligés aux fidèles par ce monstre, et dont le principal consistait à les enduire de matières résineuses et à les allumer en guise de flambeaux pour éclairer ses jardins pendant la nuit. Le martyrologe romain fait au 24 juin une mémoire générale de tous ces martyrs, disciples des apôtres. Ce fut la seconde année, c'est-à-dire en 65, que S. Pierre et S. Paul furent martyrisés.

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l est certain, en dépit de l'assertion contraire e quelques critiques, que cette persécution 'étendit aux provinces. Les plus illustres maryrs que Ton puisse citer, sont, à Milan, S. iervais et S. Protais, S. Nazaire et S. Celse, ît probablement, à Ravenne, S. Vital; S. Hermagore et S. Fortunat à Aquilée ; S. Polycète ï Saragosse, etc. C'est aussi dans cette persécution que dut souffrir Tévangéliste S. Marc, ainsi que Ste Thècle, puisqu'elle a toujours été regardée comme la première personne de son sexe qui ait subi le martyre.

2» Persécution de Domitien, de 94 à 96. Imitateur des vices de Néron, ce qui le fit appeler iVéron par Juvénal {Satir. IV. 38), et avec plus d'énergie encore par Tertullien, a portion de Néron par la cruauté, » portio Neronis de Grvdditate (Apol. v), après avoir accablé les chrétiens d'impôts exorbitants, il publia contre eux des édits sanguinaires. Ses plus illustres Tictimes furent Flavius Glemens, son cousin germain et personnage consulaire, qu'il fît mettre à mort en 95 (Sueton. Domit. xv], et S. Jean TÉvangéliste, qu'il fit jeter dans une chaudière d'huile bouillante, d'où celui-ci sortit sain et sauf (Tertull. Prxscript. xxxvi) . On place communément à cette époque le martyre de S.André, de S. Denys TAréopagite, de S. Onésime converti par S. Paul, de S. Nicomède, prêtre de Rome (V. Tillemont. i. 129), et celui de S. Antipas, à Pergame (Bolland. ii aprit).

L'historien Hégésippe, cité par Eusèbe {Hist. eccl 1. III. cap. 32), rapporte un fait qu'on a peu remarqué au sujet des enfants de Jude, (rère du Sauveur, comme parlent les Évanples : c'est qu'ils confessèrent la foi chrétienne sous Domitien, et furent toujours honorés dans l'Église de Jérusalem, et comme îarents du Sauveur, et comme martyrs.

3« Persécution de Trajan, de 97 à 116. Il uuaitque ce prince ne publia pas de nouveaux «iits contre les chrétiens, car ni Tertullien, ni i. Méliton ne le mettent au nombre des perse uteurs. Il fît seulement connaître son aversion our eux en diverses circonstances, et en parculier dans une réponse fort connue à Pline, ans laquelle il approuve la conduite de ce roconsul de Bithynie, qui, tout en rendant ommage à l'innocence des fidèles, envoyait ianmoins au supplice ceux qui refusaient d'a- 36tasier. Il n'en fallait pas davantage pour Lciter contre eux la fureur des peuples et des lagistrats. On pourrait encore voir une des luses de la persécution de Trajan dans l'asrsion qu'il professait pour les corporations )imues à Rome sous les noms de coUegia^ ïrpora^ sodaUtia, Il put envisager comme slles les assemblées des chrétiens, et les reouter d'autant plus qu'elles étaient secrètes. 'est sous Trajan que souffrirent S. Siméon

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de Jérusalem, S. Ignace d'Antioche, et probablement Ste Domitille, nièce de Flavius Glemens. Cette persécution sévit particulièrement en Syrie et en Bithynie. Mais Eusèbe semble affirmer (m. 33) que bien qu'elle ait été fort violente en beaucoup d'endroits, elle ne fut cependant pas universelle.

Grotius pense néanmoins (Ap. Ittig. Hist. eccl, sec. ii. p. 279) qu'elle fit couler plus de sang chrétien que celles de Néron et de Domitien, parce qu'elle fut plus générale. Un fait isolé prouve surtout la violence de cette persécution : c'est le rapport adressé à Trajan par Tiberianus, gouverneur de la Palestine, dans lequel il se plaignait de la triste besogne dont il était chargé, lassé d'envoyer les chrétiens à la mort, bien plus que ceux-ci ne Tétaient d'y courir.

4» Persécution d'Hadrien, de 118 environ à 129. Elle fut très-violente, au rapport de S. Jérôme {Epist. Lxxxiv), bien qu'elle ne vint pas d'aucun édit de ce prince, mais du désir des ennemis des chrétiens de flatter son penchant aveugle et exclusif pour les superstitions païennes, et sa haine pour tout ce qui était étranger (Spartian. Vit, Hadrian. p. ii. édit. 1620). On pense aussi que cette persécution put avoir pour cause les abominations des carpocratiens et de quelques autres hérétiques, qui furent découvertes au temps d'Hadrien, désordres que l'on attribua à tous les chrétiens indistinctement (Gyp. Diss, II. c. 29). Le zèle si prononcé de ce prince pour les superstitions païennes n'y fut sans doute pas étranger. Ces dispositions attestées par divers actes de sa Vie, le sont aussi dans une inscription honorifique qui lui fut décernée au nom du sénat et du peuple romain : OB. INSIGNEM. ERG A. CAERIMONIAS. PV- BLICAS. CVRAM. AC. RELIGIONEM (Fabrctti. 181.

629. Il est permis de supposer ce zèle peu sincère chez un prince si éclairé, et que des vers composés dans ses derniers moments semblent accuser de sentiments assez peu religieux. Selon Baronius {Ad an. 150. % 4), cette persécution aurait été provoquée par une révolte des Juifs, que l'on confondait toujours avec les chrétiens.

Elle fut souvent interrompue, et définitivement arrêtée , pense-t-on( Hieron. Epist. viii), par les éloquentes apologies de S. Quadrat et de S. Aristide. G'est sous Hadrien que souffrirent le pape S. Alexandre I««',avec les prêtres Éventius et Théodule, dont le tombeau a été retrouvé naguère sur la voie Nomentane ; S. Eustache, avec Ste Théopiste, sa femme et leurs enfants Agape et Théopiste (Fronto. CcUend, ii sept.). On pense que c'est aussi à cette époque que se place le martyre de Ste Séraphie et de Ste Sabine en Ombrie ; celui de S. Symphorose et de ses sept enfants à Tivoli; celui de S. Mar-

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dus, évêque de Tortone en Lombardie, de S. Second à Asti (BoUand. xviii apr.) ; et enfin celui de S. Antiloque, premier martyr de l'Église de Sardaigne (Baron, xiii dec), et d'au très encore. En Orient, on cite un grand nombre de martyrs, parmi lesquels brille Ste Zoé avec Hespère son mari et leurs enfants Cyriaque et Théodule (Bolland. ii maii).

50 Persécution de Marc-Aurèle, de 161 à 178. Le nom d'Antonin donné par lesanciensà Marc- Aurèle, principalement sur ses médailles, a fait souvent attribuer cette persécution à Antonin le Pieux. Mamachi notamment est tombé dans cette confusion (V. Origin. Christ, i. p. ^32). Ce qui a pu y donner lieu, c'est que S. Justin avait adressé k ce prince sa première apologie ; mais bien que, sous son règne, des chrétiens aient été mis à mort dans les provinces en vertu de lois préexistantes, il est certain qu'il ne publia aucun édit contre eux ; bien plus, faisant droit aux réclamations de S. Justin, il écrivit en faveur des fidèles à toute la province d'Asie, et aussi aux Athéniens, aux Thessaloniciens, à ceux de Larisse en Thessalie, et à tous les Grecs (Euseb. Hist. eccl. iv. 26). Marc-Aurèle était un prince doux et bon; il y eut néanmoins sous son règne une violente persécution. On l'attribue en partie aux excitations des philosophes auxquels cet empereur s'était imprudemment livré (Justin. Apol. î. p. 47.), et en particulier de l'un d'eux nommé Crescens, qui fut, comme on le sait d'autre part, le principal instigateur des vexations et de la mort que subit l'illustre apologiste S. Justin.

Il ne parait pas qu'il ait porté de nouvelles lois contre les chrétiens (TerUxll. Apol, v\ mais il ordonna l'application des anciennes. Cependant l'Église ne manqua pasalors de défenseurs : car en outre de S. Justin qui adressa à Marc- Aurèle sa seconde apologie, il y eut encore S. Méliton, S.Apollinaire d'Hiéraple, puisAthénagore et Miltiade qui écrivirent en sa faveur des traités pleins d'énergie. (V. Tillemont. 11. pp. 343-349.) C'est dans cette persécution que soufifrirenl l'apologiste S. Justin à Rome, Ste Félicité et ses sept enfants, S. Polycarpe à Smyme, S. Pothin et ses compagnons à Lyon, et probablement S. Bénigne à Dijon, S. Speusippe à Langres, S, Andoche près d'Autun, S. Marcel à Chalon-sur-Saône, S. Valérien à Tonnerre, etc. La persécution de Marc-Aurèle est la première qui sévit dans les Gaules.

60 Persécution de Septime-Sévère, de 200 à 211. Au commencement, Sévère fut favorable aux chrétiens. Mais vers l'année 201, qui est la sixième de son règne, il s'éleva dans toutes les Églises une violente tempête (Y.Act. MM, Scillit, Ruinart. éd. Veron. p. 73), si violente, que beaucoup de chrétiens crurent à l'avènement

de l'Antéchrist (Euseb. Hist. ecd, vi. 7). D'abord la persécution avait fait son œuvre sans aucune loi de Sévère , mais en vertu des anciennés que remit en vigueur Plautien, favori de l'empereur, qui gouvernait l'Italie pendant que celui-ci était engagé dans une expédition contre les Parthes. On croit que c'est alors que fut martyrisé le pape Victor.

Le peuple romain, s'imaginant que les chrétiens étaient cause des malheurs publics, demandait couvent qu'on les exposât aux lions. Mais en 201, l'empereur étant en Palestine, où il avait été attiré par une révolte de;» Juifs, défendit d'abord sous les peines les plus sévères à tous les sujets de l'empire de s<? faire ni juifs ni chrétiens (Sulp. Sev. n. 45), et bientôt après , soit qu'on ait donné plus d'extension à cet édit, soit qu'on en ait publié de nouveaux, il est certain que la persécution atteignit, et avec une cruauté inoole jusque-là , tous ceux qui appartenaient précédemment au christianisme (Euseb. vi. 7. — Hieron. V,'ili, Lii).Ellefit d'illustres victimes dans toutes les provinces, elle en fit surtout un grand nombre à Alexandrie, non-seulement parmi les habitants de la ville, tels que Léonide, père d'Origène, mais panni ceui de l'Egypte et de la Thébaïde qu'on y amenait pour les immoler (Euseb. v. 1). S. Clément d'Alexandrie avait vu de ses yeux les tortures infligées aux chrétiens sous ce règne, et il dit que les martyrs se succédaient comme les eaux de sources inépuisables {Strom, lib. ncap. 22. edit. Potter. p. 494).

Lyon fut dans la Gaule ce qu'Alexandrie fut en Egypte , elle vit alors martyriser dans ses murs S. Irénée et ses nombreux compagnons. Ce fut aussi sous Sévère que souffrirent les douze célèbres martyrs ScUlitains, et encore Ste Perpétue, et Ste Félicité qu'il ne faut pas confondre avec celle qui fut couronnée sous Marc-Aurèle. Cette persécution fit éclore les deux plus admirables apologies de la id chrétienne, celle de TertuUien, et celle de Minucius Félix.

70 Persécution de Maximin, de 235 à 237. Maximin fut tout d'abord excité à persécuter les chrétiens par la haine qu'il avait vouée à son prédécesseur Sévère Alexandre qui les aimait Euseb. VI. 28). L^Orient fournit aussi un prétexte de persécution, c'est-à-dire diverses calamités et notamment de fréquents tremblements de terre, dont, selon la coutume, on rejeta la faute sur les chrétiens (Cypr. Ep. lxxv). La persécution atteignit d'abord les évoques et tous ceux qui étaient appelés à prêcher l'Évangil* (Euseb. loc. laud.), elle s'étendit ensuite à tous les fidèles. Elle ne fut pas générale, mais trèsviolente en certains endroits, en Cappadoce, par exemple. Elle donna la couronne du mar-

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tyre à plusieurs papes, paniculièrement à S. Pontien, et à S. Antère. On doit mettre encore au nombre des plus illustres qui souffrirent alors, Ambroise, cet ami d'Origène, qui eut une si grande part à ses travaux sur les livres saints, et à qui le savant docteur d'Alexandrie dédia son traité Contre Celse. Ambroise avait été ordonné diacre, et Maximin, comme on sait, sévissait surtout contre les ministres de l'Église. S. Jérôme (De vins iUustr, LVi) rend à Ambroise ce glorieux témoignage qu'il fut insigne par la gloire de la confession du nom du Seigneur, o Confessianis dominicx gloria insignis fuit.

8» Persécution de Dèce, de 249 à 251. Par haine pour la mémoire de son prédécesseur Philippe, qui passe pour avoir été chrétien et qu'il avait mis à mort (Euseb. vi. 29), Dèce entreprit d'extirper le christianisme, déjà trèsrépandu. Les édits sanguinaires qu'il se hâta de publier aussitôt après son avènement au pouvoir portèrent la terreur et la mort dans toutes les parties de l'empire (Euseb. vi. 29). Une de ses premières victimes fut le pape Fabien, martyrisé le 20 janvier 250 , S. Corneille son successeur obtint la même palme deux ans après. Les martyrs furent innombrables dans cette persécution, les plus célèbres après ceux que nous avons cités sont : S. Saturnin , premier évoque de Toulouse, S. Babylas, évoque d'Antioche, S. Alexandre, évoque de Jérusalem, Ste Agathe, \'ierge à Gatane. Nous ne devons pas omettre Origène qui souffrit aussi sous Dèce toute sorte de tourments pour la foi, sans cependant avoir le bonheur de consommer son martyre : car les persécuteurs ne voulaient pas le faire mourir, mais le vaincre par la souffrance ; il ne fut délivré que par la mort de Dèce arrivée en 251. Gomme Maximin, ce persécuteur s'attachait surtout aux sommités de l'Église, aux pontifes, aux prêtres, aux plus illustres chrétiens. Il visait moins à faire des martyrs que des apostats, ce qui a fait dire à S. Gyprien {Epist, vu) : Acerbissimos cruciatus^ absque solatio mortis. Il avait inventé dans ce but des supplices inouïs jusque-là. Il ne réussit que trop malheureusement, et l'Église eut alors à déplorer bien des chutes. (V. l'art. LAPSi.)

On a placé communément en Lycie, sous la persécution de Dèce, le martyre de S. Christophe, qui est honoré le 9 mai chez les Grecs, et le 25 juillet chez les Latins.

Cette persécution eut cependant un excellent effet en Orient : ce fut elle qui détermina S. Paul à se soustraire à la mort par la fuite, et qui par conséquent peupla de pieux ermites les déserts de la Thébaïde.

Qo Persécution de Valérien. Au commencecément de son règne, ce prince manifesta à

l'égard des chrétiens des sentiments équitables (Euseb. VII. 10). Eusèbe dit môme [Hiît. eccl. lib. VII. c. 10) que beaucoup de fidèle? faisaient partie de sa maison, qui, au témoignage de S. Denys d'Alexandrie, ressemblait à une église. Mais la cinquième année, c'est-àdire en 257, Marcien, ennemi juré des fidèles, ayant capté sa confiance, changea complètement ces heureuses dispositions, et le détermina à persécuter l'Église. La tempête augmenta surtout en 258 , date d'un nouvel édit de l'empereur. Ce fut alors que les papes S. Etienne et S. Sixte II, à Rome, le diacre S. Laurent et peu après S. Gyprien, à Garthage (Gypr. Epist. lxxx. lxxxii. et ap. Ruinart. p. 171. Act. S. Cyprian.\ et non loin de Gonstantine, les chrétiens dont les noms sont inscrits dans une célèbre inscription tracée sur un rocher, et dont nous devons la connaissance à des officiers français, et beaucoup d'autres en divers lieux, furent immolés pour la foi. Au même temps /Greg. Turon. Hist. 1. 1. c. 30. 1), un grand nombre de chrétiens furent mis à mort dans les Gaules par les Barbares.

Nous savons que Dodwel a prétendu limiter la persécution de Valérien aux seuls pasteurs de l'Église. Pour toute réponse à cette assertion, nous transcrirons les paroles suivantes que S. Gyprien écrivait à son clergé {Epist, Lxxvi) : « Suivant votre exemple, une nombreuse portion du peuple a confessé comme vous, et comme vous a été couronnée : Exemplum vestrum secuta multiplex plebis portio^ confessa est vobiscum pariter^ et pariter coronata est. » D'ailleurs les termes môme du décret donnent un démenti au docteur anglican.

En 259, alors que Valérien fut pris par les Perses, Gallien qui, selon l'historien Orose (vu. 22), aurait été épouvanté du terrible jugement de Dieu sur son père, rendit la paix aux chrétiens; mais Macrin qui était maître de l'Egypte, continua à vexer les fidèles d'Alexandrie (Euseb. loc. laud.). Il y eut aussi des martyrs sous Claude le Gothique, bien que ce prince n'eût publié aucun édit de persécution, et c'est à son règne que se rapporte la passion de Ste Sévère, dont le P. Lupi a illustré si savamment l'épitaphe ( Dissert, et animadv. in nuper invent. Sever» M. epitaph. Panormi. 173^). Sous Aurélien, il y eut aussi du sang chrétien répandu. C'est à ce règne que se rattache le martyre de Ste Mustiola de Ghiusi, l'antique Clusium : cette martyre parait avoir été parente de Claude le Gothique (V. Cavedoni. Cimit. Chius.}. Après la mort de ce dernier, en 279, la république resta six mois sans maître. Cependant les préfets des provinces ne s'abstinrent pas, durant cet interrègne, d'immoler de nouvelles victimes. ( V. Pagi. Ad an. 260 ). C'est sous Aurélien

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que se place le martyre de S. Denys, premier évoque de Paris, celui de S. Victor de Marseille, celui du pape Caius. L'apologiste Aruobe florissait à la même époque.

10« Persécution de Dioclétien et Maximien, de 303 à 310. Pendant les dix -huit premières années de Dioclétien, les chrétiens jouirent d'une paix relative, surtout en Orient; il y eut cependant déjà en Occident un certain nombre de martyrs, parmi lesquels brillent au premier rang, Maurice et sa légion thébéenne, qui furent immolés, selon toute apparence, le 22 septembre 286, par Maximien, collègue de Dioclétien. Ce fut en 303 seulement, et après de longues hésitations, qu'il céda aux instances du césar Galère qui était altéré du sang des chrétiens. Cependant son premier édit se borna à exclure les chrétiens de tous les bénéfices de la vie civile, à faire abattre les églises et brûler les livres saints (Euseb. VIII. 2). Peu après en vint un second et bientôt un troisième vouant à la prison et à la mort les évoques et les clercs seulement, et en 304, un quatrième qui étendait la persécution à tous les chrétiens. Après l'abdication de Dioclétien, la persécution fut renouvelée par Maximien, en 312, et Licinius, dans les provinces en son pouvoir, la prolongea jusqu'en 315, au mépris du mémorable édit de tolérance que, conjointement avec Constantin, il avait publié à Milan en 313. Les martyrologes nomment un assez grand nombre de martyfs à cette époque, parmi lesquels on distingue surtout les quarante soldats qui souffrirent à Sébaste, en Arménie (ixmars). Après la mort de Licinius, Constantin, demeuré seul maître de l'empire, donna à l'Église une paix qui ne fut plus guère troublée, et encore partiellement, que par l'apostat Julien et par les empereurs ariens. Constance, Valens, etc.

Parmi les plus illustres martyrs de la persécution de Dioclétien on doit compter S. Sébastien, S. Pamphile si connu par son zèle pour la science, et probablement Ste Agnès.

Dioclétien eut le singulier honneur de donner son nom à une ère nouvelle. Même après ce qu'en ont écrit Baronius, Petau, Noris, Tillemont, Schelstrate, etc., cette ère conservait encore quelque chose de vague, notamment en ce qui concerne l'usage qu'en firent les chrétiens de l'Egypte et de l'Abyssinie. Aujourd'hui, grâce aux études de Letronne sur les inscriptions grecques de l'Egypte, toute incertitude a cessé (V. Cavedoni. Veradeimartin). Après avoir illustré trois inscriptions de Philé dans la haute Egypte, datant des années 164 et 1 69 de l'ère de Dioclétien, il les fait suivre de deux dissertations dont la seconde est intitulée : De Vorigine et du caractère de Vére de Dioclétien. Or, de cette dernière il résulte:'

1« que le point de départ de cette ère ebt la première année de l'empire de Dioclétien, supputée à la manière des Égyptiens, et correspondant au 29 août 284 de Jésus-Christ; 2« que cette ère imaginée et mise en usage par les païens, sans doute à cause du zèle de ce prince pour le paganisme et de sa haine contre les chrétiens, fut ensuite adoptée par les fidèles eux-mêmes, qui, pour en déguiser l'origine, la nommèrent ère des martyrs^ appellation qui ne doit pas néanmoins être prise dans toute sa rigueur chronologique. Car nous avons vu que la dixième persécution qui porte le nom de Dioclétien ne compte que de la dix-huitième ou même de la vingtième année de son empire, bien qu'il y ait eu des martyrs dès la première.

L'histoire des persécutions présente une foule de difficultés chronologiques et autres dont nous ne pouvions aborder la discussion dans ce rapide aperçu. Nous avons constamment suivi les opinions le plus généralement reçues, et pris pour guides les auteurs les plus sûrs. entre autres Mamachi {Origin, et antiq. Ckrisi. 1. 1. 1. 2. c. 8), et surtout les incomparables Mémoires de notre Tillemont.

in. — A la vue de tant d'atrocités exercées contre les chrétiens, on se demande si tous les princes persécuteurs étaient donc des hommes j cruels; et aussitôt se présentent à l'esprit les noms des Trajan et des Marc-Aurèle. On peut y en ajouter d'autres encore qui, bien qu'ils ne figurent pas dans la liste officielle et un peu arbitraire, il faut l'avouer, des ennemis déclarés du nom chrétien, ont cependant répandu le sang de nos frères. Ainsi, Vespasien et son fils Titus, qui avaient fait rechercher avec tant de rigueur les descendants de David, dont plusieurs avaient embrassé le christianisme, pour éteindre dans leurs personnes la race des anciens rois. On se souvient aussi que S. Apollinaire de Ravenne avait souffert sous cet empereur (Usuard. xxii juL) : Nataiis beati Àpollinaris episcopi, qui.,,, sub Vespasiano Cxsare, inter ipsa vicissim sibi suc^^edentia tormenta, gloriosum inartyrium consummavit.

Ainsi Antonin le Pieux. Si divers faits restent obscurs dans l'histoire de ce prince par son homonymie avec Marc-Aurèle, la persécution n'est point contestable. Dodwel lui-même ne la nie pas, puisque, contrairement à tous les documents chronologiques, il place sous ce règne, non-seulement le martyre de S. Po* ly carpe, mais encore celui de S. Justin.

Ainsi encore Sévère Alexandre. Les cruautés exercées sous ce prince trouvent de nombreux incrédules , à cause de son caractère bien connu de douceur et de justice. Mais tout s'eiplique, quand on réfléchit que cette persécution fut bien moins son œuvre personnelle que celle des jurisconsultes si puissants sous son

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