‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 204 sur 266 · XL · texte numérisé non relu

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On regardait ces fonctions comme si importantes et si essentiellement liées à la dignité impériale, que, lorsque Gratien y renonça, cet acte excita un grand mécontentement dans les sommités du paganisme.

Or, évidemment, ce souverain pontificat leur imposait la charge de protéger contre tout culte ennemi le culte qui était reconnu comme celui de l'empire. De plus, il les mettait en relation intime, en communauté de cause avec les pontifes d'un ordre inférieur, les prêtres de toutes les classes, les divers collèges religieux , c'est-à-dire avec tout ce qu'il y avait dans la société romaine de plus hostile à la religion nouvelle, et qui devait nécessairement exercer sur eux une forte pression dans ce sens.

Ajoutons que beaucoup étaient affiliés à des collèges ou associations religieuses. Pour ne parler que d'une seule, mais qui était la plus importante, celle des Fratres arvales^ chargés spécialement de faire des sacrifices annuels pour la prospérité des récoltes. Les inscriptions recueillies dans le précieux ouvrage de Marini {Gli atti e monumenti dei Fratelli arvalt) nous y montrent Néron et même Trajan, malgré l'éloignement qu'il éprouvait pour ces sortes d'associations, Hadrien, Antonin, Marc-Aurèle, ^ Septime-Sévère, Gordien, etc.

PHARE. — Sur les sépultures chrétiennes, le phare, soit isolé (Fabretti. p. 566), soit accompagné du navire qui semble se diriger vers lui à pleines voiles i3oldetti. p. 372), indique le port où vient aboutir une heureuse navigation, c'est-à-dire le terme d'une existence pleine de mérites et de vertus, et la récompense qui attend le chrétien au bout de sa carrière. Cette intention symbolique est d'autant plus évidente dans le marbre de firmia Victoria (Fabretti. loc. laud. ) que, par une ingénieuse combinaison, Tépitaphe de cette chrétienne se trouve placée entre une palme et une couronne, emblèmes de victoire qui, en outre, font allusion à son nom Victoria. Ce symbole, que nous inséronsici, est figuré grossièrement par une espèce de tour à quatre étages en retraite, surmontée d'une flamme et absolument semblable au rogus ou bûcher funéraire qui

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se voit au revers de quelques médailles impériales de consécration, notamment sur celles d'Antonin le Pieux, de Marc-Aurèle, de Commode, etc. (V. Mionnet. De la rareté et du prix des médailles romaines, t. i. pp. 218. 226. 241.) Cette ressemblance est tellement frappante que le docte Fabretti lui-môme {Ibid.) s'y est mépris ; ne réfléchissant pas sans doute qu'une pareille image, dérivée des habitudes de la sépulture romaine, ne pouvait se produire à aucun titre sur les monuments funéraires des chrétiens, qui n'admirent en aucun temps l'usage de brûler les morts. (V. l'art. Sépulture!)

PUËNIX. — Ce symbole se rencontre, bien que assez rarement, dans les monuments chrétiens. Voici le type de convention qu'on a donné à cet oiseau fabuleux : bec long et aigu, poitrine saillante, queue peu allongée. C'est du moins l'idée qu'on s'en peut faire d'après trois médailles illustrées parMûnter(St/m6. vet.eccL pars. II. tab. 3. n. 69). La première est d'Alexandrie, à l'effigie d'Antonin le Pieux (Zoega. Num, Mgypt, imper, tab. xi); la tète du phénix est entourée d'un nimbe radié, elle a pour légende : AicoN ou AETERNiTAS. Daus la seconde, qui est une monnaie de bronze de Constans (Banduri. ii. 231), le phénix debout sur un bûcher, porte une couronne à son bec. Enfin la troisième fait voir le phénix sur un globe dans la main de Constantin (Banduri. ii. 368). Les deux dernières pièces portent la légende : fe-

LIX TEMPORVM REPARATIO.

D'après la description de ce type, on peut reconnaître un phénix dans un oiseau que l'on voit tourné vers Notre-Seigneur montant au ciel, dans la mosaïque de l'abside des Saints- Côme-et-Damien à Rome(Ciampini.Fcf. montm. II. tab. xvi), monument d'une grande valeur, puisqu'il date de 350 environ ; la mosaïque de Sainte-Praxède (Id. ibid. tab. xlvii), nous en montre aussi un posé sur un palmier; enfin nous voyons le môme symbole dans les curieuses fresques d'un cimetière chrétien découvert en partie près de Saint-Nazaire à Milan (Polidori. Sepolcr. Crist. scop. a Milano. p. 58. tav. I. n. 1). L'attribution de ce symbole, dans les trois monuments que nous venons de citer peut trouver sa confirmation dans l'urne sépulcrale d'un marcivs hermes donnée par Fabretti (P. 378. n. xxxi), où se voient de chaque côté du titulus un phénix sur un bûcher.

Les païens avaient pris cet oiseau pour symbole de l'éternité, les chrétiens en firent celui de la résurrection. S. Clément pape, le plus ancien des Pères apostoliques, en développe les significations mystiques dans ses deux épltrejs aux Corinthiens (Epist. i. c. 24-26. ii. c. 9).

Des idées analogues sont exprimées parS.Ambroise {Hexameron. 1. v. c. 22). Job avait déjà dit (Et on sait que ces deux Pères se sont inspirés de ses oracles) : « Je mourrai dans moo nid, et je multiplierai mes jours comme le palmier (Ou comme le phénix), » In niduh meo moriar, et sicut pdma multipUcabo dm (Job. XXIX. 18). Tertullien traduit par phénix: Sicut phénix multipUcabo aies. C'est une nouvelle profession de foi du patriarche de l'Idumée à la résurrection de la chair. Aussi, sur les plus anciennes mosaïques, comme nous Pavons vu par celle de Sainte-Praxède, de même que sur les sarcophages (Bottari. tav. xxviii. - Millin. Midi de la Fr. pi. lxiv. n. 4), sur les pierres gravées (Perret, vol. iv. pi. xvi. 68), la palme ou le palmier furent- il s souvent joints à l'image du phénix. Les rapports entre ces

deux symboles dont le nom est le même en grec, (potviÇ, rapports fondés sur la propriété de renaissance, de vie, de félicité qu'on leur supposait à l'un et à l'autre, étaient dans les idées que les chrétiens avaient reçues de l'antiquité (Pline. Hist, nat. xii. 4); et nous trouvons un nouvel exemple de leur association dans une des fresques de l'antique chapelle de Saint^ Félicité découverte à Rome en 1813 près des Thermes de Titus. Cette peinture qui représente la martyre avec ses sept fils , immolés comme elle pour la foi, montre deux palmiers sur chacun desquels repose un phénix (V.Mai. Dict, prélimin. des miniatures du Virgile d» Vatican. Rome. 1835). César Boccella (Pragmalog. catholica. t. xvi. n. 7. p. 116) atteste avoir vu aussi cet oiseau mystérieux sur un palmier au sommet de l'arc d'une chapelle de la catacombe de Syracuse.

Il est important d'observer que quand S. Paul se trouve représenté sur quelque monument antique, le phénix sur le palmier est toujours derrière cet apôtre. Témoin un fond de tasse publié par Buonarruoti (Tav. vi. 1); témoin deux sarcophages donnés, l'un par Aringhi (t. I. p. 307), l'autre par MafTei Vmna illustr. pars. m. c. 3. p. 57), et enfin les mo-

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[ques de Sainte-Praxède et de Sainte-Cécile iamp. Vet. mon, ii. tab. xlvii. lu). Cette rticularité, si souvent répétée qu'on pourrait esque la prendre pour une formule hiéra- [ue, n est assurément pas sans quelque motif ystérieux. Ne peut-on pas penser que Tanjuité fit du double symbole du palmier et du lénix l'attribut de Tapôtre des gentils, parce l'ila été le principal et le plus zélé prédicaur du dogme de la résurrection^ comme il est se de s'en convaincre, par ses Épltres, par n discours à Taréopage, et par plusieurs issages des Actes?

Le nimbe dont la tête du phénix est quelqueis entourée (Et il en est ainsi du phénix de la osaïque de Sainte-Cécile que nous reproduins ici\ est un nouveau caractère d'immorta-

5. Nulle part l'image du phénix, comme emime d'espérance et de résurrection n'est eux à sa place que sur les tombeaux ; on sait e Ste Cécile voulut que cette image décorât sépulcre qu'elle avait fait préparer pour le •ps de S. Maxime, afin d'attester, disent les es, la foi que ce martyr avait toujours pro- 5ée pour cette vérité consolante (Ap. Bolti. p. 359). Cependant ce symbole est trèse sur les pierres sépulcrales. M. De' Rossi cr. Christ. Rom, t. i. p. 155' en donne un ieux exemple. Le phénix est nimbé et la rre est de l'an 385.

Jn troisième symbole de la résurrection est dquefois aussi associé à celui du phénix : jt la vigne. Nous en avons un exemple dans ratacombede Milan citée plus haut. Que les npres de vigne aient été pris dans ce sens îgorique par les premiers chrétiens, c'est ce ! prouvent les témoignages de plusieurs Pè- , et celui de S. Cyrille de Jérusalem en parilier {Catech, xviii) : t Si les branches des nés et des autres arbres, dit-il, bien que séées du tronc, poussent quand on les rente, rhomme pour qui ont été faites toutes choses, serait-il le seul à ne pas ressusciter?* phénix, dans les monuments chrétiens est tainement aussi quelquefois relatif au bap- 16 qui rappelle l'homme à une nouvelle et s heureuse vie. C'est pour cela que ce sament fut appelé sacramentum régénérât ionis acrement de la régénération. » (Joan. m. — .111. 5.) Or, le baplôrae étant lui-môme la lire de la résurrection, est à son tour sym-

bolisé par cet oiseau mystérieux et en quelque sorte sacré (Clément. Epist. i Ad Cor. c. 25. Tertull. — Lactant....).

Les plus anciens Pères de PÉglise n*ont pas rejeté l'histoire du phénix ; et il ne sera peutêtre pas sans intérêt de mettre ici en parallèle ce qu'en ont dit deux écrivains presque contemporains, l'un chrétien, l'autre païen. Le premier est S. Clément que nous venons de citer: a Contemplons, dit ce pape disciple de S. Pierre, ce qui arrive dans les contrées orientales, c'està-dire en Arabie. Il est un oiseau qu'on appelle phénix : étant seul de son espèce, il vit cinq cents ans ; et quand il est sur le point d'être dissous par la mort, il se fait un tombeau avec de Tencens, de la myrrhe et d'autres aromates, dans lequel, le temps venu, il entre et meurt. Mais de sa chair pourrie naît un ver, lequel, nourri de la substance du mort, prend des plumes. Et bientôt, devenu plus fort, il enlève le loculus oh reposent les os de son prédécesseur. Chargé de ce fardeau, il dirige son vol de la région arabique vers l'Égyple et la ville qui est appelée Héliopolis; et quand il y est arrivé, en présence de nombreux spectateurs, il dépose ces restes sur l'autel du soleil, et retourne d'où il est venu. Les prêtres examinent avec soin les mémoires des temps, et ils trouvent que l'oiseau est venu après cinq cents ans révolus. »

Voici maintenant ce que, une trentaine d'années plus tard, écrivait Tacite (Annal, vu. 28), l'un des esprits les plus éclairés et les plus fermes de l'antiquité : c'est une histoire de la fin du règne de Tibère : c Sous le consulat de Paulus Fabius et de L. Vitellius, parut en Egypte, après un long période de siècles, le phénix, oiseau merveilleux qui fut pour les savants grecs et nationaux le sujetde beaucoup de dissertations. Je rapporterai les faits sur lesquels ils s'accordent, et un plus grand nombre qui sont contestés et qui pourtant méritent d'être connus. Le phénix est consacré au soleil. Ceux qui l'ont décrit conviennent unanimement qu'il ne ressemble aux autres oiseaux, ni par la forme, ni par le plumage. Les traditions diffèrent sur la durée de sa vie. Suivant l'opinion la plus accréditée, elle est de cinq cents ans. D'autres soutiennent qu'elle est de quatorze cent soixante et un. Le phénix parut, dit-on, pour la première fois sous Sésostris, ensuite sous Amasis, enfin sous Ptolémée, le troisième des rois macédoniens ; et chaque fois, il prit son vol vers Héliopolis, au milieu d'un cortège nombreux d'oiseaux de toute espèce, attirés par la nouveauté de sa forme. Mais de telles antiquités sont pleines de ténèbres. Entre Ptolémée et Tibère, on compte moins de deux cent cinquante ans. Aussi quelques-uns ont-ils cru que ce dernier phénix n'était pas le véritable, qu'il ne venait pas d'Arabie, et qu'on ne vit se

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vérifier en lui aucune des anciennes observations. On assure, en effet, que, arrivé au terme de ses années, et lorsque sa mort approche, le phénix construit dans sa terre natale un nid auquel il communique un principe de fécondité, d'où doit naître son successeur. Le premier soin du jeune oiseau, le premier usage de sa force, est de rendre à son père les devoirs funèbres. La prudence dirige son entreprise. D'abord il se charge de myrrhe, essaye sa vigueur dans de longs trajets, et lorsqu'elle suffît à porter le fardeau et à faire le voyage, il prend sur lui le corps de son père, et va le déposer et le brûler sur l'autel du soleil. Ces récits sont incertains, et la fable y a môle ses fictions. Néanmoins on ne doute pas que cet oiseau ne paraisse quelquefois en Egypte. »

PHIALA. — V. Part. Cantharus.

PHYLACTÈRES. — V. les art. Amulettes et Volumes.

PIERRE ET PAUL (SS.). — I. — On ne saurait douter que, dès le quatrième siècle, des images des deux apôtres ne fussent généralement Répandues dans l'Église chrétienne. Eusèbe en avait vu plusieurs exécutées en peinture {Hist. eccL vu. 18), et S. Augustin atteste que, de son temps, c des images du Christ et des apôtres s'offraient de toutes parts k la contemplation des fidèles sur les murailles des églises. » Il est parlé dans les actes de S. Sylvestre (Ap. Fuhrmann. De bapt. Const. t. II. p. 68) de deux personnages que Constantin aurait vus en songe et qu'il reconnut dans les portraits de S. Pierre et de S. Paul que ce pontife avait placés sous ses yeux. Quelque parti que l'on prenne au sujet de la vision ellemême, on est en droit d'inférer de ce trait que l'Église romaine possédait dès lors un modèle consacré pour l'effigie de ces deux apôtres.

Mais quel était ce type, et à quelle époque remontait-il? Les monuments du quatrième siècle que nous possédons, entre autres le médaillon de bronze, la statuette de S. Pierre, deux monuments que nous reproduisons plus bas (II. 4*»), quelques verres dorés probablement plus anciens encore (Buonarruoti. x. 2. — Boldetti. p.202.tav. vu. 22), enfin la célèbre statue assise du prince des apôtres que Ton vénère dans la basilique de Saint-Pierre, nous autorisent pleinement à conclure que ce type n'était autre que celui que décrit Nicéphore Calliste. Que cet écrivain du quatorzième siècle ait puisé ses données dans d'anciens auteurs que lui fournit la bibliothèque de Consiantinople dans laquelle il avait passé les plus belles années de sa vie, ou qu'il ait basé sa description sur les anciennes images qu'il

avait sous les yeux, peu importe ; il est visible qu'entre le modèle décrit et le type retracé par les arts d'imitation, la conformité est exacte, du moins quant aux éléments essentiels (V. Niceph. Callist. Hist, eccl, n, 37). S. Pierre a la taille droite et haute, la tète et le menton fournis d'un poil épais et crépu, mais court; le visage rond et les traits un peu vulgaires, les sourcils arqués, le nez long et aplati à l'extrémité. S. Paul, au contraire, est d'une stature basse et un peu courbée, il a le front dénudé, la barbe longue et droite, le visage ovale, les sourcils bas, le nez droit et allongé ; dans tous les traits, ainsi que dans le teint, quelque chose de délicat qui caractérise ordinairement les gens d'une certaine condition, surtout quand ils sont d'une compleiion peu robuste, comme S. Paul nous l'apprend de lui-même (2 Cor. x. 10) : Prxsentia corporû infirma.

Les menées des Grecs i^Ap. Buonarr. p 76 renferment un portrait à peu près identique, à cette seule différence près qu'ils attribuent la calvitie à S. Pierre, comme à S. Paul, circonstance qui se remarque aussi, mais par une .rare exception, dans quelques monuments peutêtre exécutés par des artistes grecs. Nous citerons pour exemple la mosaïque de Sainte- Sabine à Rome (Ciampini. Vet. mm, t. i. tab.XLViii;.

Il faut observ^er aussi que S. Paul est quelquefois représenté avec le front garni de cheveux. Ces derniers portraits sembleraient supposer qu'il y avait dans l'antiquité deux types de cet apôtre, l'un exécuté au début de son apostolat, époque où il était encore assez jeune, et l'autre plus tard; et dans les siècles postérieurs, les artistes purent parfois s'inspirer du premier. La description de Nicéphore s'accorde parfaitement avec ce qu'ont dit de ces figures chrétiennes d'autres écrivains plus rapprochés de l'origine. En effet, s'il s'agit de la petite stature de S. Paul, S. Chrysostome l'appelle fricubitalem, c haute de trois coudées (Orat. nx In princ.apost.)]Ti> sa calvitie, ainsi que la forme allongée de son nez, sont attestées par le dialogue intitulé Philopator^ faussement attribué à Lucien et imprimé dans ses Œuvres (Lucian. Philopat. § 12. t. IX. p. 249), mais émané certainement d'une source païenne. Des choses toutes semblables se lisent au sujet de cet apôtre dans les actes de Ste Thècle (Grab. Spiài- PP. I. 95), document défectueux en quelquesunes de ses parties, mais pleinement exact en ceci (Lami. De erudit, apost. 10(fc6).

Les portraits des deux apôtres se trouvent à profusion sur les vases de verre à fond doré, qui, comme on sait, remontent pour la plupart au temps des persécutions (V. l'art. Fonds de coupe\ et les innombrables monuments de ce

enre qui nous sont coDnus nous dispenseDt .'inToquer, pour attester le fait, le témoignage le S. Jérâme. Or. en dépit de l'impéritie des .rtistes de cet âge, et plus encore peut-6lre les difficultés qui s'attachaient à ce genre de nTiil, on démêle sans trop d'efforts, dam :l)audies informes, la plupart ries linéaments tppropriés dès lors aus figures des deux apures. Quant aui sarcophages, sauf peut-être leui ou trois (Bottari. xv. etc.), ils représcn- .ent invariablement S. Pierre et S. Paul d'airès le type traditionnel. Nous citerons un iei plus anciens, celui de Probus et de Proba, Citant de la fin du quatrième siècle (Bot- Un. i»0-

Tout ce qui précède établit, ce nous semble, d'une manière certaine, que le tvpe en questioD était fixé au ([uatrièjue siècle. Mais jusqu'où remonte-l-il, et sommes-nous fondés à It regarder comme original? Le lecteur jugera. S. Basile, écrivant à Julien l'Apostat {Epist. W)} au sujet de l'invocation des apûtres et les martyrs, confesse que leurs images lui liaient chères, qu'il les vénérait et les baisait lieusement, que toutes les Églises en étaient écorées, et enfin que la coutume de les peinre I datait des temps apostoliques. > S. Amroise (^Epitl. ad univ. Ital. ap. Buonarr. p. 75) innut un portrait de S. Paul, qui passait pour roir été transmis à son siècle par une tradion non interrompue; et telle était l'opinion 3 S. Chrysostome qui avait toujours près de li un de ces portraits quand il lisait les Éplw du grand apûtre, afin de fixer altemati- Jment son regard et sa pensée sur le texte L sur l'image Jbid.).

Mais quelle que soit la valeur de ces autoité«, leurs témoignages restent encore dans ! ïagUB, Voici un fait avec sa date : Sous le onlificat d'Anicet, en 160, existait h Rome Iren. 1. i. c. 2k) une femme carpocra tienne, ommêe Marcellina, laquelle honorait et enensïil, dans un oratoire à elle, l'image de 'apltre Paul, au miheu de celles d'Komère it de Pjthagore (Augustin. De hxres. ad )\u>dvullii. ]i. vit). Nous voilà bien près des empa apostoliques, car en 160 vivait enore S. Polycarpe, disciple de S. Jean l'itvan- ■*lisle, et maître de S. Irénée, à qui nous evons la première connaissance de ce fait monographique si important. Il n'est donc nuisent contraire à la vraisemblance de sup- Ber que, dès le commencement, les fidèles ént tenu i. posséder de vrais portraits de

Kerre et de S. Paul auxquels ils devaient

foi, le plus précieux des trésors. Celte >rque de reconnaissance était d'ailleurs Ut à fait dans les usages de l'antiquité, en ie, en Grèce et à Rome, oii l'on aimait à Qserver et à entourer de respects les images

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des ancêtres, des bienfaiteurs et des grands hommes.

II. — Voici les principales classes de monuments oii S. Pierre et S. Paul sont représentés.

1" Nous devons donner la priorité aux vPTTPï à fonds d'or, moins sans doute à raison de la perfection artistique qui n'est nulle part aussi défectueuse, qu'à cause de leur incontestable antiquité, et des détails archéologiques du plus haut intérêt qui s'y rencontrent. Nous trouvons un certain nombre de ces précieui fragments de verre reproduits pai- la gravure dans l'outrage spécial de Buooarruoti, quelques autres dans Mamachi , Bosio , Boldetti, Fontanini, etc. Mais il est devenu superflu de citer les planches de ces différents auteurs, depuis que le R. P. Garrucci, dans son ouvrage intitulé : Ke(ri' ornali di figure in oro. Roma. 1858, en a publié de nouveaux dessins dus au crayon de feu le R. P. Martin, avec un supplément de fragments inédits dépassant de plus de moitié toutes les autres collections réunies.

Les figures de S. Pierre et de S. Paul y sont représentées, quelquefois isolément, S. Pierre seul {Tav. x. n. &. xiv. 3), S. Paul seul (Ibid. vil. 5) ; mais le plus souvent ensemble, en buste, comme dans les planches, x. xii. xHi. XIV, ou en pied. (Planches ix. xi. etc.), ou

assises (Planches xiv. xv. etc.) S. Augustin dit (De consens, evang. i. 10) que de son temps en Afrique, on avait coutume de peindre Notre- Seigneur entre S. Pierre et S. Paul ; nous avons un exemple de ce type (Tav. xvi. 5), mais un grand nombre de verres font voir le Sauveur déposant des couronnes sur les têtes des deux apiltres (xtt. 1. 2. 3.k. 5. 6. 7); d'autres montrent ceux-ci aux eûtes de la Ste Vierge en oTante (ix. 6. 7), ou bien encore avec Ste Agnès (xxi. 1 . 2. 3), Ste Peregrtiia (Ibid. 6), ou S. Laurent (xx. 7) entre eux deux. Les deux apôtres se trouvent dans un même verre avec d'autresSaints,parexemp!eS. Pastor et S. Damas (xxiii. 2), ou S. Philippe, S. Simon et S. Thomas (xxv. 6), etc. Souvent, dans le champ entre les deux têtes, se voient soit une couronne vers laquelle ils ont les yeux fixés comm''

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vers la récompense promise à leur apostolat (x. 2. 4), soit le monogramme tenant la place de Notre-Seigneur (xi. 2. 3), soit une rose (x. 6. 8) ou d'autres fleurs, figurant encore Jésus-Christ qui est la véritable fleur de Jessé sur laquelle repose la plénitude de la grâce de l'Esprit- Saint, fleur incorruptible, éternelle ; soit enfin un ou plusieurs volumes (xiii. 2. 3. 4. 5. 6) qui sont probablement aussi la personnification de notre Sauveur sous Temblème de son Évangile. Quelquefois S. Paul est désigné sous le nom qu'il portait avant sa conversion : savlvs (xi. 3. xvii. 7). Un fragment (xvi. 2) représente S. Pierre assis, un volume roulé à la main , et devant lui est une femme debout , qui pourrait être Ste Praxède ou Ste Pudentienne , écoutant la parole de l'apôtre. D'autres mettent en scène les deux apôtres au moment où ils confèrent ensemble du ministère qui leur est confié (xv. 1.5). Une grande animation se fait remarquer sur leurs visages ; ils sont assis sur un bisellium; ils ont chacun un volume à la main ; mais tandis que Paul s'en sert comme de point d'appui k sa main droite , Pierre présente le sien avec une certaine vivacité à son compagnon dans l'apostolat.

2° Les peintures. Nous trouvons peu de peintures proprement dites, dans les catacombes, qui reproduisent les figures de S. Pierre et de S. Paul. Boldetti dit (P. 64) que les images en pied de ces apôtres étaient peintes, avec un volume à la main, sur l'une des faces du tombeau du célèbre fossor Diogènes (V. l'art, fossoREs) ; mais cette partie du monument n'existe plus et n'a été, que nous sachions, reproduite nulle part. Le cimetière de Priscille (Bottari. tav. CLXvi) fournit une grossière et assurément peu antique image de S. Paul seul, dans l'attitude de la prédication, avec cette inscription : à droite pavlvs pastor, et à gauche apo- STOLVS. La tête est nimbée. Mais si les fresques sont rares, les mosaïques sont on ne peut plus communes. Celles qui font voir les images des deux apôtres sont, à Rome , celles du baptistère de Sainte-Constance, qui est du temps de Constantin ^^Ciampini. De sacr. œdif. tab. xxxii) , de Sainte-Sabine, 424 \\à, Veter.monim, i. tab. xi.viii), de Sainte-Agathe m suburra^ 472 (Id. ibid, tab. lxxvii), de Sainte-Marie in Cosmedin^ 553 (/fe. II. xxiii), de Saint-Laurent in agro Verano, 578 i76. ii. xxxviii), de Saint-André in Barbara] 643 (Id. i. lxxvi), de Sainte - Praxède, 818, (76. ii. xlvii), de Sainte- Cécile, 820 [Ib. II. lu) , de l'ancienne Vaticane, d'une époque incertaine, mais un peu basse (Desacr. xdif. tab. xiii) : à Ravenne celle du baptistère, 451 (Ciamp. Vet. mon. ii. p. 234); à Capoue, fin du huitième siècle (76. tab. liv).

3° Sarcophages et pierres sépulcrales. Ils s'y

rencontrent si fréquemment, soit sépar soit avec les autres apôtres, qu'il est perflu de citer. Il suffit d'ouvrir les oi de Bosio, Aringhi et Bottari. On en ti d'autres exemples encore dans Maffe sxum Veron. p. 484), dans Allegranza (J Crist. di Milano. tav. iv et \i) , dans {Memor, di S. Celso. tav. i). Le mid France en fournit aussi un certain e ainsi qu'on le peut voir dans l'ouvrage lin ayant pour titre : Voyage dans le mi France. (Atlas, pi. xxxviii. lix. lxtv. l dans le livre anonyme sur les Monum( dits relatifs à Vapostolat de Ste Marti leine en Provence (T. i. p. 735\

Voici le type à peu près invariabl sujet sur les tombeaux antiques : Noi gneur debout, sur le monticule aux fleuves (V. ce mot), a à sa gauche S. 1 qui il remet un volume déroulé, embU pouvoirs qu'il lui confère ; l'apôtre li ordinairement, par respect, sur un son manteau (V. Bottari. xxv); à di trouve S. Paul profondément incliné.

Seigneur de son bras droit étendu indiquer un objet lointain, qui n'est ai l'univers entier que les apôtres sont aj lui conquérir. Le même sujet est rej d'une manière complètement identiq une pierre sépulcrale donnée par Ma (Act. S. Vict. p. 42; , dans la mosal Sainte -Constance citée plus haut, et fond de coupe antique trouvé dans h combes (Buonarruoti. tav. vi. i). Laph ces monuments font voir aussi les de typiques, d'oîi sortent des agneaux, s; des fidèles : du côté de S. Pierre Jér parce que le prince des apôtres était i convertir les Juifs, et, du côté de S Bethléem, qui avait vu la vocation des dans la personne des Mages, parce était l'apôtre de la gentilité. Quelqi Sauveur est remplacé par une croix ( surmontée de son monogramme, d( côtés de laquelle les apôtres sont { donnant les mômes marques d'adhési tari. xxx).

Les bustes des deux apôtres sont rement gravés sur la pierre sépulcr chrétien nommé asellvs (Boldetti. ] et nous avons vu , au cimetière de un fragment inédit de sarcophage, doni gles extérieurs sont décorés des i S. Pierre et de S. Paul, comme aill portent les masques du soleil et de ■V. Tart. Soleil [Le] et la lune).

4° Bronzes. Dans le cimetière de ont été trouvés deux médaillons de broi par Boldetti (V. p. 192), c'est celui que produisons ici et qui est d'un style adi

l'abbé Giuseppe Velli, et publié par as yemoTie storickê deiie tacre lesU

ietroePaoloÇP. 101); ilssontconsersée chrétien du Vatican, mais le se- ■an dément suspect. ASaint-Pierre de t statue enbronzi; du prince des apôpossessionde la vénération dunioi:de I depuis les premiers siècles. On éralement qu'elle fut coulée au temps ntin sur le modfcle d'une statue antl- )n ce fît que changer la tête pour la nforme au type traditionnel, et celte i est parfaite (V. Cancejlicri. De se- ^^ crelar. Basilic. Vatic. t. m.

y)) p. 1503). D'autres la font con- ÎJ3 temporane de celle de S.

Hippoiyte qui se trouve aujourd'hui au musée du Latran, c'esl-à-dire de la premifere moitié du troisième siècle (V.

' De Magistris. Act. .V.V. ad oslia Tibtrin.). Il en a été trouvé une autre de petit module, maïs d'un excellent travail, dans les catacombes; 'lll ' elle a été publiée par Sanle ^ Bartoli [Luctne ant. part, ni.

l- tav. xxvu). II en est aussi 5-^, parlé dans l'ouvrage de Fog- " gini. De Romano iUnere D.

piscopatu. p. 4S't, et dans plusieurs iteurs. Nous en plaçonis un dessin s les yeux du lecteur.

pts. Une lampe de bronse, non moins i]le par la perfection du style que par ille exprime, trouvée dans les fouilles :elius (V. dans Foggini, la pi. p. 485), e une barque de la forme la plus grair laquelle se voient dfux personnaassis à la poupe, tenant de la main î rame et de la gauche le gouvernail; eboul à la proue, les bras élevés, cl tourné vers la rive que la barque quitter. Matfei (Verona Ultislr. part.

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m. p. 59), Mamachi (.Origin. Christ. 1. i. c. I. % k), et d'autres encore voient dans la barque l'Église, et dans les deux figures S. Pierre en dirigeant le gouvernail, et S. Paul prêchant la parole divine. Nous admettons cette interprétation, bien qu'elle ait trouvé dans ces derniers temps des contradicteurs.

'6" Pierres gravées. Bosio, et Mamachi (Dei coilumi dei primitivi Criit. Prefaz.j donnent une pierre annulaire où sont gravées les effigies de S. Pierre et de S. Paul. II existe une onyx antique (V. Perret, iv. pi. xvi. 85} montrant S. Pierre marchant sur les flots. A une certaine distance de la barque agitée par la tempête, et soutenue par un poisson, on voit Notre-Seigneur tendant la main au chef de ses ap6tres qui est sur le point d'être submergé. Dans le champ, se lisent ces sigles grecques : JHC. ncT. Jésus. Petrus.

L'usage de graver ces images sur les sceaux s'est continué jusque s d'ans le moyen âge, elles figurent sur celui d'Eugène IV, aveccetle Épigraphe : SVB ANVLO CAPITVM PHIST.IPVM APOSTOLO-

BVM. Et Baldini (iVof. ad Ànast. t. iv. p. 29) afflrme qu'on en a des exemples depuisl'an 625.

III, — Attitude et vilement.

1" Toutes les fois que S. Pierre et S. Paul n'ont pas le volumen à la main (V. l'art, l'olumes), les monuments des diverses classes les représentent avec ta main droite ou tout à fait étendue, ce qui était dans l'antiquité une marque d'adhésion : c'est ainsi que, dans les sculptures des sarcophages, les apôtres manifestent leur respect pour la parole de Jésus- Christ qui les enseigne {V. Botl.iri. xvi) ; ou bien la main, sortantseule de sous le manteau qui enveloppe tout l'avanl-bras. est disposée comme pour la bénédiction latine, ce qui fut d'abord un geste oratoire, propre à ceux qui se disposaient il parler et réclamaient ainsi le silence. (V. l'art. Bénir.)

3" Vélentful. Sans parlerde la tunique, vêtement qui, couvrant immédiatement le corps l'i exigé parla décence, était commun à tous, et se portait plus long ou plus court, selon les ci;constances; les apdtres nous apparaissent tantôt enveloppés du pallium, tantôt couverts de cette espèce de manteau que les Humains appelaient facema, et qui, étant ouvert par devant, se fixait sur la poitrine par une fibule, tantôt enfin de la pemila (V. ce mol) vêlement usité surtout dans les voyages et contre le froid et la pluie. Les peintures, mosaïques, sculptures, nous montrent les apôlres invariablement avec le costume dit philosophique, c'est-à-dire avec le pallium sar la. tunique, exactemenl .selon ce qui estdit deS. Pierre dans lo livre des Hecogttitions (v[i.6) : fndtimentum hoeest inihi(]u<Ml vides, tuniea cuni pallin. Il en l'sl de même inim les verres dorés, toutes les fois qu'ils y sont re-

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présentés en pied, debout ou assis; mais quand ils sont vus seulement en buste (Garrucci. tav. X. XII. XIII. XIV. etc.), ils portent presque toujours la lacerna^ ou peut-être Vorarium^ orné sur le devant d'une fibule plus ou moins riche. Il n'est pas douteux que les apôtres n'aient usé souvent de la penula; ce genre de vêtement leur était nécessaire pour les nombreux voyages exigés par les travaux de l'apostolat. S. Paul priait Timothée (2 Tim. iv. 13) de lui rapporter la sienne qu'il avait laissée à Troade; et TertuUien (De corona milit. vu) dit, en parlant du vêtement de cet apôtre : Habebat etiam penulam Paulus. Nous ne connaissons cependant qu'un seul monument où S. Pierre et S. Paul soient vêtus de la pénule : c'est un fond de coupe donné par Buonarruoti (Tav. xvi. 2), et que nous avons déjà cité plus haut. Ils s'y voient assis sur une espèce de chaise longue avec S. Laurent au milieu d'eux. Comme une pieuse croyance fort répandue dans la primitive Église supposait que nos deux apôtres étaient chargés d'accompagner les martyrs au séjour des bienheureux, on a pensé que la penula que portent ici les trois personnages renfermait une allusion aujvoyage du ciel heureusement accompli par le saint diacre sous la conduite de ces guides vénérés. Les apôtres sont ordinairement chaussés de sandales, mais ils ont aussi très- fréquemment les pieds nus. (V. l'art. Vêtements des apôtres et des premiers chrétiens.)

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