Les auditeurs
lo Les apôtres et les Pères donnaient à leurs auditeurs le nom de frères. Nous en avons de nombreux exemples , dans les Épltres de S. Paul, dans les Actes des apôtres^ dans S. Ju^ tin {Apol. II. Dialog. cum Tryph.\ dans Athénagore {Légat, pro Christian,)^ dans S. Clément d'Alexandrie {Strom. iietv), dans Tertullien (Apol. xxxix) , dans Minucius Félix, S. Optât, S. Augustin, etc. (V. l'art. Fraternité.) Ils les appelaient aussi quelquefois SaifUs (1 Petr. Rmi. i. 15. — 2 Cor. xm. Philipp. iv. — Àd. IX et xxvi. — Ignat. et Polycarp. in epist - TertuU. Ad uxor. vi et passim). De là vinrent fraternitas vestra^ sanctitas vestra^ oaritas ffettra, fratres carissimi^ dilectio vestra^ dikcttssimi, qualifications affectueuses que nous trouvons dans les discours d'Origène, de S. Zenon
PRÉD
PRÉD
de Vérone, de S. Athanase, de S. Hilaire, de S.Cyrille de Jérusalem, de S. Basile, de S. Grégoire de Nazianze, de S. Ambroise, de S. Chrysostome, de S. Augustin, etc.
2* La lecture des Pères, des grecs surtout, prouve que les fidèles se tenaient debout pour entendre la parole de Dieu, et il parait par un passage de S. Optât de Milève que cette posture était prescrite (L.iv Adv.Parmen.). S. Augustin donnait aux malades la permission de s'asseoir, et blâmait sévèrement ceux qui le fusaient sans permission et sans motifs légitimes {De catechiz, rud, xiii. tract, xix In Joan, etc.). Nous voyons dans Eusèbe (De Vit, Constant. lY. 33) que Constantin écouta debout, par humilité et par respect, une homélie de Pévéque de Césarée. (V. Tart. Bâton,)
3» En général, le plus grand silence était exigé et observé pendant la prédication ; il était môme interdit aux pauvres de le troubler en circulant dans l'église pour demander Taumône. Cependant, le peuple était dans l'usage d'interrompre quelquefois le prédicateur par de vives acclamations. Elles avaient deux objets principaux : le premier de faire entendre qu'on avait saisi les explications données. Ainsi, dans son soixante-troisième sermon, S. Augustin à propos de l'Évangile de S. Jean, ayant témoigi^ la crainte que des discussions un peu subtiles auxquelles il s'était livré au sujet des trois pdssances de l'âme, la mémoire, l'intellect, la volonté, n'eussent pas été comprises, tout le peuple éleva la voix pour le rassurer, et s'écria : Mmoria ! mêmoria ! D'autres fois c'était un acte de chaleureuse adhésion. Ainsi, Paul d'Émèse, préchant sur l'incarnation en présence de S. Cyrille d'Alexandrie (Int. homil. ejusd. vu), n'eut pas plutôt prononcé ces paroles : Peperit ita- T^ Deipara Maria Emmanuelem^ « Marie, ■nère de Dieu, enfanta Emmanuel, > que tout 'auditoire exprima à haute voix son adhéion à cette vérité : £cce fides eadem est, donum W, Cyrille orthodoxe^ hoc audire cupiebamus, (M non ita loquitur, anathema siti < Voilà bien i vraie foi, don de Dieu, ô orthodoxe Cyrille ; est ce que nous désirions entendre; celui ti ne parle pas ainsi, qu'il soit anathème î » )us ne saurions passer sous silence cette ignifique acclamation du peuple de Conmtinople à S. Chrysostome, laquelle nous a h conservée par Georges patriarche d'Acandrie (In ips. Vit. xlii), et oh l'orateur à Dche d'or est proclamé un treizième apôtre : vera dignus en hoc sacerdotio, o apostolorum tie décime. Christus te ad nos misit, ut salg faceres animas nostras^ et potares de {ontftf Salvatoris; quod ipse tibi dédit y etc.... En vérité, tu es digne de ce sacerdoce, ô dixième apôtre. Le Christ t'a envoyé à nous, ur que tu sauves nos âmes, et que tu les
abreuves aux sources du Sauveur; c'est la mission qu'il t'a confiée. » Ces acclamations étaient souvent accompagnées de bruyants applaudissements des mains et des pieds; on agitait en l'air des oraria ou des mouchoirs, ou même des chlamydes (Hieron. Epist. lxxv). Mais les Pères réprouvèrent toujours ces sortes de manifestations transportées du théâtre, et recherchées seulement par des hommes vains, tels que Paul de Samosate qui allait jusqu'à les réclamer comme un droit (Euseb. Hist, eccL vu. 26).