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k'* 11 mentionne encore les prières annoncées par le diacre, appelé, pour ces motifs, prxco ^cekiijSy et qu'il distingue des déprécations de i'évéque. Celles-ci consistaient en une invocation continue prononcée par le prélat, et à lamelle le peuple ne prenait part qu'en y répondant à la fin ; celles du diacre au contraire ^talent comme une admonition indiquant au [>euple pour qui il devait spécialement prier, e diacre ne faisant qu'énoncer l'objet, et le >euple priant seul à proprement parler par me de ces invocations : AiMÎi nos, Domine^ : Écoutez-nous, Seigneur, » ou Juva nos, Donine, t Venez-nous en aide. Seigneur, » ou nfin Miserere no6is. Domine^ « Ayez pitié de oiis, Seigneur. » Nous pourrions ajouter ici iusieurs autres formules que S. Augustin ous apprend avoir été employées soit pour institution des catéchumènes, soit pour î'adlinistration des sacrements, ou d'autres miistères ecclésiastiques. Nous terminerons cette apide analyse par la citation du troisième anon d'un concile de Carthage auquel S. Au- •ustin assista probablement : Placuit ut prcces
quai prohalx fuerint in conciliis^ sive pfwfationés, sive commendationes^ sive manus impositiones ab omnibus ceîebrentur^ c II a plu (Au saint concile) que les prières qui ont été'approuvées dans les conciles, soit préfaces, soit supplications, soit imposition des mains, soient célébrées par tous. » Un concile de Milève (Can. Il) prescrit les mêmes choses à peu près dans les mêmes termes. Ceci imprime aux choses de la liturgie un caractère de fixité obligatoire que nous avons déjà eu occasion de constater pour l'époque à laquelle nous sommes arrivés. (V. Salvaggio. lib. ii. part. 1. c. 7.)
PRIMATS. — C'est en Afrique que le nom de cette dignité, qui correspond à celle d! Exarques (V. ce mot) chez les Grecs, se rencontre pour la première fois. Gomme Carthage était la métropole de toute la province (Cyprian. Ep. ad Quirin.)^ il est probsible que le titre de primat fut d'abord attribué exclusivement à son évêque (V. Concil. Carthag. an. 346. et Cypr. Ep.hVf), Mais lorsque Constantin eut divisé l'Afrique en six provinces, l'évêque de Carthage comme les évoques des autres chefs-lieux de provinces, ne conserva plus d'autres droits que ceux de métropolitain. Cependant l'un de ces prélats portait le titre de primat et en exerçait la juridiction ; mais ces droits étaient attachés à l'âge du titulaire et non à son siège (De Marca. De primat.).
En Espagne et en Gaule, les évêques qui étaient légats du pape avaient aussi le titre de primats; ainsi les évêques de Se ville et de Tarragone en Espagne, ceux d'Arles et de Vienne dans la Gaule (Isid. Hisp. Chron. 1. ii. — Simplic.R. P. Epist, 1.— Hormisd. Epist, xxiv).Au huitième siècle, le pape Zacharie confère le titre de primat à l'évêque de Mayence (Marian. Hist. 1. m). En Angleterre, les évêques de Londres et de Cantorbéry le possédèrent aussi (Beda. Ilist, ecd. Angl. i. 33). Ce n'est qu'au douzième siècle que l'évêque de Pise l'obtint d'Alexandre III (V. Pelliccia. Eccl, polit, t. i. p. 148).
PRIMAUTÉ DE S. PIERRE. — V. l'art.
Pierre (S.) et S, Paul. n. IV.
PRIME. — V. l'art. Office divin, n. II.
PRIMIGIERS. — Dans son acception générale, le nom de primicier s'appliquait à tous ceux qui, dans un ordre quelconque, étaient inscrits les premiers sur un catalogue, parce que la tablette où les noms étaient tracés était enduite de cire, cera, primi-cerius, S. Augustin appelle S. Etienne primicier des martyrs (Senn. i De Sanctis), parce qu'il fut le pre-
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mier à répandre son sang pour la foi, et que son nom figure en tête du sanglant catalogue auquel tous les siècles devaient ajouter leur contingent. A Constantinople, comme le nom du grand chartophylax , qui était en même temps archidiacre, occupait le premier rang au catalogue de l'église, il s'appelait primicier (ConciL Constant, sub Men, act. v). Ainsi dans les Gaules, il y avait le primicier de l'école des lecteurs (V. l'art. Lecteur)^ et à Rome, le primicier des notaires (Greg. Magn. 1. i. epist. 22), parce qu'ils étaient inscrits en première ligne au livre de leur ordre ou collège. Aringhi (T. I. p. 216^) donne une curieuse inscription (Du cinquième siècle) d'une chrétienne nommée mathona, laquelle était femme d'un primicier des faiseurs de tentes, et fille d'un primicier des monétaires : vxor corneli pri-
MICERI CENARIORVM {Sic) \\ FILIA PORFORI PRI- MICERI MONETARIO || RVM.
Ce nom donné sine addito^ dans les anciens titres, à un personnage, n'a qu'un sens vague et indéterminé. Nous voyons que, en Espagne, le primicier était celui qui présidait les clercs mineurs (Concil. Emeritan, x. 14); il avait aussi autorité sur les laïques attachés au service des églises sous le nom de basilicani, et qui avaient la charge de fournir Tencens, la matière du chrême, les cierges, les voiles du baptême, et d'autres objets de ce genre. En Italie, ils s'appelaient œditui (Paulin. Nol. Epist, vi), et à Rome mansionarii. (V. ce mot.) Comme on les employait aux offices les plus humbles, on leur donna aussi le nom de coUiberti {Concil. Chulced. act. v. ex version. Dionys. Exig.).
PROCESSIONS. — I. — Le mot procession est dérivé du xerhe procedere^ « marcher, j Casalius (De rit. eccl. cap. xlii) définit comme il suit les processions usitées dans l'Église catholique : « La procession consiste en des prières publiques du peuple fidèle marchant en ordre vers uiïe station désignée, pour implorer le secours de Dieu. »
Les processions, en taftt qu'elles ont pour but d'obtenir de Dieu des bienfaits et de lui rendre grâces des faveurs obtenues, furent d'un usage fréquent dans l'ancien testament. Au retour de la captivité de Babylone, une procession eut lieu en actions de grâces autour des murs de Jérusalem (Esdras. ii. 12. 30;. A la prise de Jéricho, Dieu voulut que le peuple fit sept fois procèssionnellement le tour de la ville, précédé de l'arche que portaient des prêtres (Josue. vi). On pourrait en citer beaucoup d'autres exemples (2 Reg. vi. 3 Reg. viii). Notre-Seigneur se dirigea processionnellement suivi du peuple vers Jérusalem, quand il y fît son entrée triomphale, alors qu'il allait accomplir les mys-
tères de la rédemption. Voilà pour l'ancien testament.
Mais quelle est l'origine des proc^sàoDs dans l'Église chrétienne ? Aucun document ne nous fournit le moyen de l'assigner d'une manière précise ; nous sommes par là même autorisé à la faire remonter aux temps apostoliques. D'après la règle de S. Augustin (Lib. IV. contr. Donat.) : « Ce que tient l'Église universelle, et qui n'a pas été établi par les conciles, mais toujours retenu, ne peut avoir d'autre origine que la tradition apostolique, et doit être regardé comme tel. • Non pas que nous prétendions que, dès le temps des apôtres, et pendant les trois siècles des persécutions, l'Église ait pu avoir ses processions publiques; nous voulons dire seulement que, d'après les instructions laissées par les apôtres, elle en fit dès que la liberté du culte lui fui donnée. Et encore est-il certain que, même dans les temps les plus malheureux, il s'en faisait dans les catacombes, aux tombeaux des martyrs. (V. l'art. Stations.)
Pour les temps postérieurs, nous avons des témoignages innombrables des Pères, et en particulier de TertuUien (Ad uxor. hb. ii. c. 4), de S. Jérôme (Ad Eustoch. ep. xxii), de S. Sidoine ApolHnaire (Lib. ii. epist. 17), de S. Ambroise (Serm. viii et Epist. xxix). Ce dernier dit que certains moines allaient en procession au tombeau des Machabées , en chantant des psaumes, et cela t d'après une coutume immémoriale, » ex consuetvdine usque veteri. L'antiquité des processions est encore établie parles conciles (V. Baron. Not. ad martyrol. Rom. die april. xxv), et par le témoignage des plus anciens et des plus doctes interprètes des offices divins, tels que Walfrid Strabon (De reb. ecd. xxviiii, Rupert (De divin, offic. vu, 27\ Hugues Victorin (Erudit. theolog. tit. xiv\ Bède, Gennade, etc., etc.
IL — Nous avons parlé à l'article Lifaiw des processions périodiques qui furent établies dès les premiers temps qui suivirent la paii de l'Église. Il y avait encore des processions lorsqu'on transférait des corps de martyrs d'un cimetière dans une ville, ou d'une église à une autre église; les anciens historiens en citent de nombreux exemples : ainsi, sous le pape S. Marcel, il se fit à Rome une procession solennelle à l'occasion de la translation des corps des SS. Marcellin, Claude, Cirinuset Antonin. Qui ne sait avec quelle pom^e S.Ambroise ordonna une cérémonie de ce genre pour la translation des reliques de S. Gervais et de S. Protais ? (Augustin. Confess. tu. 16. j On peut voir encore pour cet objet spécial Socrate (Hisf. eccl. ii. 26), Théodoret (Hist.ecd, III. 9), S. Jérôme (Adv. Vigilant.), S. Grégoire de Tours (Hist. Franc, rv. 25), etc.
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L'Église avait aussi des processions à Tocca- OD de la fondation des églises et des monasires {Justinian. Novell, lxvii). L'évoque, acïinpagné du peuple, plaçait de sa main la remière pierre de ces édifices, dans laquelle
fut d'usage, dès le cinquième siècle, d'inïrire le nom de l'évoque, le jour et Tan de la ndation. Nous en avons une preuve intéresmte dans une pierre de cette sorte exhumée 2S fondements d'une vieille église de Marsille (Pelliccia. Polit. eccL i. 285) :