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colle des Saints-Pierre-et-Paul que Ruïn, jtr- ] ^nnage consulaire, avait construite dam le faubourg do Chalcédoine , en l'honneur in deux ap6tres, assignant lui-même à cet èMet la dénomination d'aposColeum , i7:a'TmU'v I; ouTûv (ùvïtuaoi (Uonsiiitez l'urticle BasiliifKi chrilîennes).
PROPHETES. — Nos monuments anliqin montrent assez fréquemment des prophètes de l'ancieiuie loi, représentés dans des scènes lii toriques ayant un sens ligure, applicable, mû aux faits, soit aux dogmes de la nouvelle illiance. Ainsi Noé dans l'arche. Moïse dansln principales circonstances de sa carrière, Daniel dans la fosse aux lions, Ëhe enlevé au ciel, Ézéchiel évoquant les morts, Tobie avec le poisson miraculeux, Jonas dans les diverses licistitudes de son rôle de prophète. Job dans sa dé' tresse, Joseph le patriarche, David arec ^.1 fronde, etc.... Chacun de ces personnagefi dans ce Dictionnaire son article spécial.
Mais les prophètes prophétisant, c'esl-à-iiif figurés dans l'acte même de leur prophétie, fi placés en face des objets prédits par eui, ceci constitue une rareté archéologique, qui ne devait se révéler que de nos jours, grâce k la découverte de nouveaux monuments.
Il existe au cimetière de Saint-Cal liste une belle fresque, qui fut publiée par Bosio [htm sotter. p. 255), et que M. Perret a reproduite {CaiiKombti. vol. i. pi. xïi) dans l'étal de mutilation où elle se trouve aujourd'hui. En voici un croquis fidèle. On y voit un personDage s l'aspect vénérable, debout, élevant la mais droite avec le geste de l'allocution, et portant un regard inspiré sur cette scène représentée devant lui : des tours, expression abrégée d'une ville, en avant desquelles est une femme asràe.
tenant un enfant sur sesgeDoui- La planche de M. Perret d'i plus que le personnage debout, lu reste a péri. Bosio ai^l distingué dans ce persoonage un prophète , portant ses regards sur une ville ■ à laquelle il prédit quelque chose ;> mus sans rattacher à ce sujet le groupe de la mère et de l'enfant, et sans même assigner à U cité une attribution quelconque.
Or voici que les travaux dirigés par la cmmission archéologique des catacombes viennent de révéler au cimetière de Priscille, u celui-ci les plus IVappanKs analogies, mais avec des caractères plus tranchés qui ouvrent la voie à une interpréUtin plausible. Ici, en efiet, il y a aussi une min
:son cnrant; mais au-dessus de leur tête e une étoile, que désigne du doigt le peragc debout, portant de la main gauche un me roulé.
est évident que nous avons ici la Ste Vierge c avec son divin Hls, et l'étoile miracuî. Quant à la figure debout, M. De' Rossi gini scelle délia beata Vergitie Maria iralte calacombe Romane, p. 8' n'hésite point S ir un prophète, et dans ce prophète, Isale 1 prédit l'enfantement de la Vierge, et, en t endroits de ses oracles, annoncé l'astre .lumière salutaire qui devait dissiper les bres du paganisme (Isa. ix. 2. ix. 3. 3. — Luc, 1. 78. 79}. Et en effet, le person- ( eo question se présente avec des attributs i'oppoiient absolument à ce qu'on le prenne pour S. Joseph, ou pour un des Mages, me on serait porté à le faire d'après d'apntes analogies.
JUS pensons que le sens de la fresque de t-Galliste se trouve ainsi ûclairci : le geste
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du prophète, qui désigne en même temps, et la Vierge et les tours, semble annoncer la gloire de Bethléem où devait naître le Sauveur du monde ; • Et toi, Bethléem Ephrata, s'écrie le prophète Michée (v. 2), la plus petite entre les villes de Juda, de toi doit venir celui qui dominera sur IsraSl, * Et tu Bethléem Ephrata, partiului es in mitlibus Juda : ex le mihi egredietar qui sit dominalor in Israël. Des compositions de cotte sorte ne durent pas être rares dans l'antiquité, bien que peu d'exemples en soient arrivés jusqu'à nous. Elles devinrent plus fréquentes dans les bas temps; M. De' Rossi cite (Loc.laud.), entre beaucoup d'autres, une grossière sculpture du neuvième siècle transportée de Flesolc dans une église de Florence, représentant deui prophètes dans la même attitude et le même vêtement que celui du cimetière de Priscille, se tenant aux deux cités de la Ste Vierge.
Mais voici quelque chose de plus clair en-, core. La gravure que vous avez sous les yeux
:a reproduction d'un fragment de verre que le P. Garrucci a publié dansla Civittà iica (Série, v. vol, 1. p. 692). Le premier partiment à gauche représente un pcrson- I, debout, la main étendue vers une ligure ie, qui tient un globe entre ses mains; & i pieds est une ciste et un volume qui en presque en entier. La figure radiée n'est 3 que le Rédempteur lui-même, devant lèse tient le prophète Isale , qiii si souvent, 1 particulier dans le soixantième chapitre de prophéties, compare le Messie au soleil, à lumière resplendissante qui doit remplacer ■ Israël les astres matériels qui éclairent le de : ( Le soleil ne t'éclairera plus pendant ur, la lune ne luira plus sur toi : le Seiir lui-même sera ta lumière éternelle, et Dieu sera ta gloire, a JVon erit tibi an I sot ad lucenduin per i/tem, née splendi t itluminabil te .- sed erit tibi Dominta i
lucem sempitcmam, et Deu* tuus tn gloriam tuam (lx. 19).
Le volume, comme on voit, a des dimensions plus grandes que ceux qui s'observent en si grand nombre dans les monuments de toute sorte et en particulier dans les fonds de coupe. Ceci trouve encore son explication dans le texte du prophète : car il s'agissait d'écrire le plus grand événementqui se soit jamais réalisé dans le monde , c'est-à-dire la naissance d'Enimanuel du sein d'une vierge, et pour cela Dieu lui-même lui avait ordonné de choisir pour y consigner cet Événement t un grand volume,» sume tibi librum grandem (Is. viii. 1).
Le second compartiment fait voir une femme en prière qui n'est autre que la mère de Dieu, et entre deux arbres qui représentent les deux testaments. C'est elle que le prophète montre de la m^n avec une admiration mêlée de respect : Et aceessi ad prophetissam, et eoncepit et
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peperit filium {Ibid. 3). « Je me suis approché de la prophétesse , et elle a conçu et mis au monde un fils. j>
L'identité du prophète ne peut pas être mise en doute , non plus que l'interprétation de toutes ces figures que nous empruntons au savant jésuite. Car dans la dernière section de ce précieux monument , est Isaïe entre deux satellites qui sont occupés à le scier avec une scie de bois. Or on sait qu'il était de tradition chez les Juifs que ce prophète avait subi un tel supplice, pour avoir annoncé avec trop de hardiesse à Manassé la parole divine et surtout la venue du Messie. S. Jérôme atteste que cette tradition s'était propagée et maintenue jusqu'à l'époque où il vivait. 11 assure môme que les chrétiens interprétaient d'Isaïe les mots sectt sunt : « Ils ont été sciés, » qui font partie de rénumération que donne S. Paul (//e6r. xi. 37) des supplices infligés aux Saints: Unde et nostrorum plurimi illud^ quod de passione sanctoruin ad Hebrœos ponitur^ serrati sunt, ad Isaiœ referufit passionem (Hieron. In Isaiam. XV. c. 7).
De là, il faut aller jusqu'aux mosaïques absidales des vieilles basiliciues, pour rencontrer des représentations de prophètes, et encore n'en trouvons-nous pas dans les plus anciennes. Celle de Gapoue i Ciampini. Vet, mon. t. ii. tab. Liv), datant du huitième siècle seulement, produit Jérémie et Isaïe, accostant Notre-Seigneur, représenté en buste in clypeo> (V. l'art, imagines CLYPEAT^.) Les deux prophètes tiennent chacun un philactère déroulé où sont écrits des passages légèrement altérés de leurs prophéties. Pour Jérémie : fortissime magnipotens Il (Dans le texte, magne et potens [xxxii. 18]}
DNS EXERCITWM NOM EN TIBI ; — pOUr IsaïC : ECCE DNS DS IN FORTITVDINE || VENIET ET BRA
CHRi Eivs (Dan§ le texte, braMum ejus [Is. xl.
10]) DOMINAS ITVR.
PULriTUM. — V. l'art. Ambon.
PURGATOIRE. — La foi de l'antiquité chrétienne au purgatoire s'établit archéologiquement par les innombrables monuments des premiers siècles où se révèlent des prières pour les morts. Adressées à Dieu pour obtenir le soulagement et la délivrance des âmes, ces prières supposent évidemment qu'on croyait à l'existence d'un séjour intermédiaire d'expiation entre la félicité absolue et la damnation irrévocable. Rien, sous ce rapport, n'est plus ancien, ni plus concluant, comme témoignage de la croyance primitive, que la prière liturgique. Or, au canon de la messe, l'Église demande pour ceux qui ne sont plus, qui dorment du sommeil de paix, un lieu de rafraîchissement, de lumière et de paix : Locum
refrigerii, lucis et pacis ut indulgea$ de^&amur. Ces trois demandes, qui se trouvent encore formulées dans plusieurs autres parties de la prière publique {Sacram. Gelas, ap. Muratori. Lit. Rom. vet. 1. 1. col. 7^9-760), représentent les trois éléments essentiels du bonheur céleste, tel que le type en est retracé par les divines Écritures. Rien ne serait plus intéressant que de parcourir pour cet objet les liturgies orientales, les plus vénérables par leur antiquité ; on y trouverait partout des formules de prières analogues à celles des liturgies de l'Occident. : « Souvenez-vous, Seigneur, de tous ceux qui appartenaient à l'ordre sacerdotal et qui aujourd'hui reposent, et de ceux qui étaient dans l'état séculier. Faites que les âmes de tous reposent dans le sein de ncs saints pères Abraham, Isaac et Jacob (Ut. S. Basil. Alexandrin, ap. Renaudot. i. 72).*. a Sou venez- vous, Seigneur, de ceux qui sont sont morts dans la foi orthodoxe, et qui sodî nos pères et nos frères; faites que leurs âmes reposent avec les Saints et les justes. Introduisez-les dans le lieu de la verdure, sur l'eau de la réfection, dans le paradis de volupté, et avec ceux dont nous avons récité les noms {lit. S. Greg. Alexandrin, ibid. p. 113), » et ainsi de toutes les autres, avec de légères différences dans les termes.
Et les premiers chrétiens étaient tellement pénétrés de ces idées, qu'ils les ont exprimées sur presque toutes les tombes de leurs frères, sous forme affirmative ou d'acclamation pour les martyrs et les Saints, et sous forme optative ou déprécative pour ceux dont l'admission immédiate au paradis leur était encore douteuse. Pour ne pas faire double emploi, nous nous abstenons de répéter ici ce que nous avons dit ailleurs au sujet du rafraichissement, de la lumière et de la paix; mais nous prions le lecteur de se reporter, pour avoir une notion complète de la démonstration archéologique du purgatoire, à nos articles refrigerivm, lux et IN PAGE. Nous nous bornons à ajouter ici celles des formules antiques de prière pour les mort"^ qui ne rentrent pas, ou ne rentrent qu'indirectement dans ces trois catégories.
I. — Il y a des formules purement optatives, exprimant un vœu, un souhait de salut, de vie, de délivrance, de bonheur : Puisses-tu vitre en Dieu, dans le Seignemr Jésus-Christ : viVAS l\ DEO (Boldetti. 340j, in deo vives (Id. 419}.— EN eEo) ZHCHS, in Deo vivas (Fabretti. 590. c?i . viBAS [Sic) IN DOMINO ZEsu {Sic) (Id. 573. U9).
— ACCEPTA sis IN CHRISTO (Boldctti. 341),— VlM
iLA IN XTO DEO (Crypte de S. Alexandre) ;- Vis avec tes frères ou avec les Saints : viva sb
CVM FRATRIBVS TVIS (Boldotti. 419), VIBAS INTKR
SANCTis (Id. 80), cette dernière inscription date du consulat de Patemus et de Mariniaous, «'n
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268 ; — Vis éternellement : vives in aeternum (Perret, v. xxv. kl) , vibe {Sic) in aeterno (Bold. 417) ; — Repose dotAcement : lea bene CESQVAS {Requiescas (Bold. 432), — ispiritvs Tws bene reqviescat in deo (Marang. Cose gerU, 456) ; — Repose dans le bien par excellence : spiRiTVs in bono qaescat (Sfc) (Perret. V. XXVI. 56), — ISPIRITVS TWS IN BONO (Fabretti. 575. LXii), — ispiritvs tws in bono sit (Mai. Collect, Vat, v. 446). Plusieurs graffiti du cimetière de Calliste expriment des vœux analogues. (V. n. III. ci-après.)
II. — Il en est qui recommandent explicitement le défunt à la miséricorde divine ; soient wur exemple : Seigneur^ je te prie qu*il puisse xnr le paradis de la lumière : devs te precor T PARADisvM Lvcis possiT VIDERE (Le Blant. lép, à une lett, de 1680. p. 13) ; — Que Dieu se wvienne de lui dans les siècles : recordetvr psivs devs in saecula {Act. S V, 72. en grec) ; - Que Dieu seul défende ton dme, Alexandre :
5LVS DEVS ANIMAM TVAM DEFENDAD {Sic)
LEXANDRE {Sic) (Perret, v. lxxv. 6) ; — Seineur^ çue jamais Vdme de Veneria ne soit longée dans les ténèbres . domine ne qvando DVBffiRETUR SPIRITVS VENERES (Marini. Inscr. hrist. 452. 16).
III. — D'autres contiennent une prière adresse aux Saints, afin d'obtenir leur intercession a faveur des morts. Citons d'abord celle-ci, à des parents recommandent leur fille à une ainte nommée Basilia ; elle se trouve au muïe du Latran, où nous Pavons copiée (Sect. ni. n. 17) : domina bassilia commandamvs ?»c) tibi crescentinus bt micina filia nostra Sic) crescen.... Parmi les nombreux graffiti u inscriptions cursives écrites par de pieux èlerîns aux tombeaux des martyrs, parmi elles surtout que M. De' Rossi a lues au ciletière de Calliste, et dont la plupart datent es troisième et quatrième siècles, plusieurs
recommandent aux SS. papes qui y sont ensevelis ^V. Civitta cattolica, 1854. p. 125) des personnes chères. Par exemple : Olia petite,.,, pro parente {et) fratribus ejus.... (ut) vivant in bono. Celle-ci peut s'entendre de la navigation vers le port du paradis : Pet {ite) ut Verecundus cum suis bene naviget^ « Demandez pour Verecundus et pour les siens une heureuse navigation. > On lit ce graffito. qui a la môme signification que les précédents, dans la catacombe de Saint-Alexandre sur la voie Nomentane^ : Pro Silvina ora cum Alexandro.
IV. — Quelques inscriptions implorent pour un défunt son admission à la vie étemelle, et réclament en môme temps le secours des prières de ce môme personnage auprès de Dieu :
I0VIANE VIBAS IN DEO ET ROGA (Boldctti. 418) ; — ISPIRlTVS REQVIESCAT IN DEO PETE PRO SORORE
TVA, « Fais profiter ta sœur des premiers effets de ton crédit auprès de Dieu ! »
V. — Ailleurs, f'épitaphe réclame de ceux qui la liront le suffrage de leurs prières en faveur de celui qui repose sous la pierre sépulcrale : QVISQVIS DE FRATRIBVS LEGERIT ROGET
DEVM VT SANCTO ET INNOCENTI SPIRITV AD DEVM
svsciPiATVR, « Quiconque des frères lira (Cette épitaphe), qu'il prie Dieu que la sainte et innocente âme soit reçue auprès de Dieu. » (Lupi. Sev, epitaph, p. 167.) Celle de là néophyte Stratonice exprime un vœu analogue (Id. p. 34), quoique en termes plus obscurs.
VI. — Habacuc apportant des aliments à Daniel dans la fosse aux lions, sujet mille fois représenté dans les monuments primitifs, passe pour être la figure du soulagement que nos prières procurent aux âmes du purgatoire. (V. Aringhi. ii. 504. pour les témoignages des Pères.)