PURIFICATION DE LA VIERGE. — V
l'art. Fêtes immobiles, n. II. 1®.
RECEPTORIUM. — C'était une espèce de tarloir contigu aux anciennes basiliques, et [ui s'appela encore salutatorium. Il en est fait nention dans S. Sidoine Apollinaire (L. v. pist. 17), Sulpice-Sévère {Dial. ii. c. 1), le premier concile de Mâcon (Can. ii), Théodoret ît beaucoup d'autres auteurs. Théodoret parant de Théodose (Hist, eccl. v. 18) venant denander l'absolu lion à S. Ambroise, dit qu'il le
trouva assis in salut^orio ; ce que Scaliger entend à tort de la maison de l'évoque où les étrangers étaient reçus. C'était un lieu faisant partie des dépendances de l'église où l'évôquc et les prêtres se tenaient, pour y recevoir le peuple, quand il venait réclamer leur bénédiction ou leurs prières, ou les consulter sur des affaires difficiles. Sulpice-Sévère {Dialog, II. n. 1) nous représente ainsi S. Martin assis
REFR
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dans une espèce de sacristie et ses prêtres dans une autre, recevant des visites et s'occupant d'affaires.
RECONCILIATIOIV DES PÉNITEXTS.
— V. l'art. Pénitence canonique, n. II.
REFRIGERIUAI. — Le rafraîchisse ment est l'un des éléments du bonheur que l'Église implore pour l'àme de ses enfants qui ne sont plus, locum refrigcrii, lisons-nous au Mémento des morts du canon de la messe, ut indulgeas deprecamur. Ces mots sont de toute antiquité dans la liturgie : on les retrouve dans une oraison ante sepulturam du sacramentaire de S. Gélase ,V. Muratori. Lit. Rom. vet. i. col. 749) : Ut digneris dare ci,... locum refrigerii, et dans une collecte du même monument liturgique (Id. ibid. col. 760) : Dona omnibus quorum hic corpora requiescunt^ refrigerii sedem.
I. — Dans son sens direct, le moi refrigerium est ordinairement employé par les auteurs sacrés et ecclésiastiques pour exprimer un repas, et en général tout soulagement ou rafraîchissèment du corps par la nourriture. Dans le Livre de la sagesse (ii. 1) les méchants désignent par ces mots la cessation des jouissances matérielles pour l'homme au moment de la mort : Non est refrigerium in fine homiîiis; et S. Paul ne caractérise pas autrement la généreuse hospitalité qu'il recevait dans la maison d'Onésiphore (2 Tim. i. 16): Sœpe me refrigeratnt. — Refrigerium conserve la même acception dans les écrivains de l'antiquité chrétienne. Sous la plume de TertulHen, les agapes (Apolog. xxxix) sont un rafraîchissement que les riches procurent aux pauvres : Inopes refrigerio isto juvamus; et les tempéraments qu'on apporte à la rigueur du jeûne {De jejun. x) sont un rafraîchissement pour la chair du chrétien : Carnem refrigerare. En plusieurs passages des actes de Ste Perpétue le verbe refrigerare est pris pour désigner ces repas de charité que les fidèles étaient quelquefois admis à faire dans les prisons avec les martyrs. Ceci parait surtout indubitable dans le passage suivant {Act. ap. Ruin. p. 86. n. xvi). Le tribun traitait les martyrs plus durement, parce que, sur Tavis de quelques gens crédules, il craignait qu'ils ne se tirassent de la prison par des enchantements magiques. Perpétue lui dit : c Pourquoi ne nous accordez- vous pas des rafraîchissements, quid utique non permittis refrigerare , puisque nous sommes de très-nobles condamnés, les condamnés de César, destinés à combattre le jour de sa fête? N'est-il pas de votre honneur que nous y paraissions bien nourris, si pinguiores illo producamur? >
Or, le paradis étant, dans les textes sacrés, principalement du Nouveau TesUiment(MaUb.
XXII. 2. XXV. 10. etc.— ^poc. xix. 7. etc.), souvent comparé à un festin, il était naturel que le mot refrigerium^ pris au figuré, exprimât aussi le festin céleste : Jusfus.... si morte pnoccupatus fuerity in refrigerio erit, t Le juste, même surpris par la mort, ira s'asseoir au banquet du ciel. > On entend aussi du rafraîchissement à la table du Seigneur ce passage des Actes (m. 20; : Cum venerint t empara refrigerii a conspectu Domini. TertuUien (De idolol. xliii) emploie la même image pour peindre le bonheur du pauvre Lazare qui, ayant été, pendant sa vie, repoussé de la table du mauvais riche, est assis au festin éternel avec Abraham : Lazarus apud inferos in sinu Abrahx refrigerim consecutus; et les prières de la femme fidèle en faveur de son mari défunt, ont pour but de lui obtenir ce rafraîchissement si désirable (de monogam. x) : Pro anima ejus orat^ et refrigerium adpostulat ei. Il fut donné à Ste Perpétue de voir dans le lieu de rafraîchissement son frère Dinocrate {Act. cap. viii) pour la délivrance duquel elle avait beaucoup prié : Video Dinocratem refrigerantem. L'oraison que nous avons citée plus haut, d'après le sacramentaire de S. Gélase, et (jue l'Église récite encore aujourd'hui, semble implorer littéralement pour l'âme fidèle un siège au festin du Père céleste: refrigerii sedem.
II. — Cette idée de rafraîchissement se révèle sur un grand nombre de tombes chrétiennes, soit sous forme d'acclamation en l'honneur des Saints déjà admis aux noces de l'Agneau, soit, et plus souvent encore, comme souhait ou prière en faveur de ceux qu'une expiation passagère en tient encore éloignés. Ainsi que nous venons de le dire, cette formule peut quelquefois être prise pour affirmative du bonheur déjà acquis : in refrigerio (Boldetti. p. U8), IN refrigerio anima TVA (Fabretti. p. 547),-
IN REFRIGERIO ET in PAGE (Grutcr. 1057. 10},- IN PAGE ET IN REFRIGERFVM (Act. S. V. p. l22).
Mais le plus souvent c'est un vœu exprimé de la manière la plus claire, soit que le verbe reste sous-entendu, comme dans un titulus reproduit incomplètement par Fabretti (P. 114n. 283) : ob refrigerivm , ou dans celui-ci du recueil de M. Perret (v. pi. lxi. 5) : dvlcis-
SIMO ANTISTHENI GONIVGI SVO REFRIGERIVM, SOit,
et bien plus sûrement encore, quand il est exprimé : VICTORIA refrigereris spuiitvs tvs w BONo (Wiseman. Fabiola. p. 2), — avgvsttsih
BONO REFRIGERES DVLCIS {Act. S. V. p. 80), — REFRIGERA CVM SPIRITA SANCTA ( MarangOP.
Cose. gent. p. 460). La même formule est employée sur un marbre de Pan 291 (V. Boldetti.
p. 87.) — CAIO VISIO ALEXANDRO ET ATISUEPOM- PEIE REFRIGERETIS (Perret. V. pi. XLVI. 10).
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Aucun doute n'est possible sur la valeur de i formule comme prière quand le nom de Dieu ■y trouve invoqué. Et c'est ce qui se rencontre rès-souvent : antonia anima dvlcis tibi deys
lEFRIGERET (Boldettî. p. 418),— DEVS REFRIGE-
lETSPiRiTVMTVVM (Lupi. Sev. Bpit. p. 137), —
lEFRIGERA DEVS ANIMAM HOM.... (Perret. V. pi. a\'I. n. 115) ; SPIRITA VESTRA DEVS REFRIGERE!
[Boldetti. p. 417) ; — cvrvs spiritvm in refri- }ERiVM svsciPUT DOMiNVS (Muratorl. Nùv, thejour. p. 1922. 1 ). Le P. Marchi avait trouvé :€lle-ci au cimetière de Saint-Calliste, et nous l'avons copiée sur son manuscrit; elle est en aractères grecs : devs christvs omnipotens 5PIRITVM TVVM REFRIGERET. Quolqucfois le rafraîchissement est demandé en faveur du défunt par l'intercession des Saints. (V. l'art. Saints Invocation des].)
Dans la croyance constante de l'Église dès ion origine, le purgatoire se compose de deux iléments, souffrance et privation. Le rafraiàissement imploré pour les morts, par l'Église, lans sa liturgie, comme par les fidèles, dans es inscriptions sépulcrales , doit donc aussi enfermer une double idée : cessation de la louleur et acquisition du bien par excellence, PiRiTVS Tws IN BONO , commc nous lisons sur Tielques tombes ; et c'est ainsi que nous deons l'entendre, toutes les fois que nous le renontrons sur les marbres aussi bien que dans îs textes anciens. (V. l'art. Purgatoire,)
RELIQUAIRES. — V. l'art, encolpia.
RELIQUES ,'cuLTE des). — On entend par Btiques^ dans l'Église catholique, tout ce qui este des Saints, après le passage de leur âme à ine vie meilleure. Dans le sens strict, ce nom 'applique au corps entier et à chacune de ses ^es, môme les moins considérables, tan- '^te reliquix^ comme s'exprime S. Grégoire de fazianze (Orat. i Contr. Julian.). Dans un sens ^us large, on appelle aussi reliques les vôteents, linges et autres objets qui furent à l'u- •8'e des Saints, ou qui furent en contact avec ïirs corps ou leurs ossements (V. Suarez. Dis- **. 1. 1. dist. 55). Les Pères donnent aux relises une infinité de noms expressifs, selon les ïérents rapports sous lesquels ils les considè- Ht. Voici les principaux .
!• Bénéficia. C'est le terme dont se sert
Grégoire le Grand, soit qu'il envoie à Dinaius, patrice de la Gaule, des particules des aines de S. Pierre dans une croix (Epist. iXiiu lib. 3), eut de catenis ejus beneficu nt inserta; soit qu'il lasse don à Brunehaut, ine des Francs, de reliques des SS. apôtres pist. Li. lib. 5), sanctorum bénéficia; soit l'il accorde, à la demande de S. Augustin, éque d'Angleterre, des ossements du martyr
S. Sixte (L. 12. Resp. ad interrog. Aug. cap. ix), certa sanctissimi et probatissimi martyris BENEFICIA. Le procès-verbal de la dédicace de l'église de Saint-Ange m foro piscium (V. Boldetti. p. 653), par le pape Etienne II, désigne par ces mots toutes les reliques qui y furent placées : If^ec sunt fwmina sanctorum quorum BENEFICIA hic sunt.
2" Benedictio. Le môme pape S. Grégoire appelle de ce nom, dans une de ses épitres, une relique de l'évangéliste S. Marc : Susce^ pimus autem benedictionem S. evangelistx Marci.
3** Busta. Ce mot désigne à proprement parler le lieu où on brûlait et où on ensevelissait les corps (Festus. De signifie, verb. ad voc. Bustum). Cependant plusieurs auteurs l'ont employé pour désigner les corps en général, et les reliques des Saints en particulier (Surins. III nov. et VII mart.).
4" Cineres. Dans un passage bien connu contre Vigilance, S. Jérôme (Epist. lui. Ad Repar.) se sert de cette expression. S. Isidore de Péluse remploie aussi dans le môme sens (L. v. epist. 57) : Si te offendit quod martyrum corporum cinerem, pr opter eorum erga Deum charitatem honore afficiamus. S. Grégoire de Tours en offre encore des exemples {De Vit. PP, ubi de S. Nicet.), et en particulier quand il parle des reliques nécessaires pour la consécration d'une église, ut eam quorumpiam sanctorum cineribus sacraremus. Et ceci donna môme lieu au sobriquet de cinericii imposé aux fidèles par un certain Elindius, parce ([u'ils vénéraient les cendres des Saints. Le mot concineratio n'est pas très-différent de celui-ci ; il fut aussi employé, ainsi que favilla sancta, qui se trouve dans les OEuvres de S. Jérôme, favtUam sanctam oculis apponentes (Epist. XIV. Ad Marcellin.)^ et ailleurs pulvis vilissimus^ et favilla nescio quœ.... linteamine involuta (Adv. Vigilant. Ad Rip. loc. laud.).
5*' Exuvia. Cette expression se lit dans les actes de la translation de S. Trudon, dans Surius (xxiii nov.) : Concivium suorum pretiossimas ExuviAS.... venerabiliter excipientes.
6" GUba est très-fréquent dans les hagiographes, et exprime la nature matérielle du corps de Thomme, qui n'est plus que terre, gleba, quand il est abandonné par l'esprit qui qui lui donnait la vie. Du Cange cite plusieurs exemples {Gloss. Lat. adh. v.).
7* Insignia. C'est ainsi que sont appelées quelques reliques insignes découvertes par révoque Léotère (Ap. Baron, an. 1008. n. 1) : Reperta sunt ibi antiquorum sanctorum insignia»
8® Lipsana. C'est sous ce nom que sont désignés les corps des sept vierges et martyres que S. Théodote avait retirés d'un marais où ils avaient été précipités par les païens (Act.
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S. Theodot. ap. Ruinart. p. 363) : Venerunt cul paliidem.,0. et sacra lipsaim abstulerunt.
9** Patrocinia sanctorum (Du Gange, ad h. v.) exprime la protection que les martyrs et les autres Saints accordent aux fidèles en récompense de la foi et de la vénération dont ceuxci entourent leurs reliques.
10' Pignora sanctorum. Cette locution est très -commune dans S. Grégoire de Tours {Hist. Franc, lib. ix. cap. 40 et passim. — Vid. etiam Surium. 6 mart,),
IV Sanctuaria. S. Grégoire le Grand nomme fréquemment ainsi les reliques des Saints, et en particulier dans une lettre adressée à Castorius évêque de Rimini , pour l'engager à placer certaines reiiques dans un oratoire (Lib. II. epist. 9, et lib. i. epist 55) : sanctuaria suscepta cuin reverentia collocabis (V. Du Gange, ad h. v). On se servit aussi du mot sanctuate. 11 est dit, dans la Vie de S. Boniface^ évéque de Mayence (Gap. v), qu'un imposteur voulant se faire passer pour un apôtre, distribuait au peuple ses cheveux et ses ongles comme des reliques, capiUos et ungulas suas populis pro sanctuali tribuebat^ seducens populum.
12" Xenia sanctorum. Geci exprime surtout les reliques, en tant qu'elles sont offertes à quelqu'un. Ainsi, on lit dans la Vie de S. Bernard (Lib. IV. cap. 1) que, revenant de Rome, il rapporta des parcelles précieuses des corps des apôtres et des martyrs : Ex sanctorum apostolorum martyrumquc corporibus xenia secum retulit pretiosa.
Le culte des reliques remonte au berceau de l'Église. Il commence à S. Etienne, le premier des martyrs, dont les précieux restes sont recueillis avec une tendre sollicitude par des hommes craignant Dieu {Act, vin. 2), et des documents innombrables nous permettent de le suivre pas à pas à travers les siècles. L'admirable traité de S. Jérôme contre l'hérétique Vigilance (0pp. edit. Martian. t. iv. pars 2) qui avait osé attaquer la croyance et la discipline de l'Église primitive sur cet important objet, pourrait suffire à lui seul comme démonstration, nous y renvoyons le lecteur studieux. Nous entrerons dans quelques détails en faveur de ceux qui n'ont pas la possibilité de recourir aux sources.
Nous parlerons d'abord, selon la division indiquée plus haut, des corps mômes des Saints, et en second heu des dilîérents objets qui obtenaient, eux aussi, une sorte de culte, comme ayant eu quelques rapports ou quelque contact avec leurs personnes.
I. — Partant de cette double idée que les restes des Saints étaient pour ceux qui les possédaient une protection et un encouragement à
la vertu, les premiers chrétiens cherchaient à s'en procurer à tout prix. Ils se précipitaient au milieu des amphithéâtres et des arènes pour enlever les corps des martyrs, pour recueillir leur sang avec des éponges, des hnges, des matières absorbantes quelconques (V. Part. Sang des martyrs); ou bien ils se procuraient à prix d'argent ces reliques sacrées; et après Ift^ avoir obtenues d'une manière quelconque, ilsles baisaient et les embrassaient avec piété, ilsles couvaient de parfums, les enveloppaient dans de nches étoffes, notanunent dans des dalmatiques d'or ou de pourpre, dont les débris se retrouvent encore dans les locuU des catacombes (Boldetti.l. I. c. 58), enfin ils leur donnaient une sépulture honorable, et souvent même décorée avec toute sorte de magnificence (V. Boldetti. 1. m. c. 22), et ces tombeaux devenaient pour eux des sanctuaires où ils portaient leurs hommages et leurs prières.
Un des plus anciens exemples de ce culte empressé nous est fourni par les actes de la passion de S. Ignace, martyrisé à Rome sous Trajan. Nous y voyons que les fidèles recueillirent avec un soin respectueux, et au milieu des plus grands dangers pour eux-mêmes, les restes de ce pontife afin de les rendre à son Éghse d'Antioche (Ruinart. edit. Veron.p.l3). Dans la lettre de l'Église de Smyme (Euseb. Hist. eccl. IV. 15) sur le martyre de S. Polycarpe, il est dit que les fidèles enlevèrent ses ossements, « plus précieux pour eux que For et les pierreries les plus rares, et les placèrent en heu convenable, ubidecebat.» Etc'étaitbiea un culte religieux que les chrétiens rendaient à ces restes vénérés, puisque les païens manifestèrent la crainte de voir Poly carpe remplacer le Ghrist sur les autels ; et du reste, le texte môme indique clairement qu'une fête annuelle serait célébrée en leur honneur : Quo etow» locinobis^ ut fieri poterit^ congregatis^ in exuUor tione et gaudio prœbtbit Dominus natalem fnartyrii ejus diem celebrare^ « Dans ce mêm? lieu, où nous nous réunirons, conmie il sent possible de le faire. Dieu nous donnera d? célébrer avec joie et allégresse le jour nataL de son martyre. » Sous la persécution deDio— clétien, Agiaé envoie son serviteur Bonifac^ dans rOrient avec des chars, de l'or et de^ parfums pour lui rapporter de?s corps de mar^ — ■ tyrs; et cet or servit à racheter le corps de Boniface lui-même qui fut arrêté et mis à mor pour Jésus-Christ; les riches étoffes senriren" à l'envelopper, et les chars à le ramener à maltresse qui le conserva religieusement (Rui — nart. ibid. 249).
Les sommes dépensées pour le rachat às^^ corps saints étaient souvent fort considérables y mais les fidèles ne craignaient point d'y mettre des trésors, persuadés que par ces g^néreiiJc
RELI
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Is se préparaient des trésors éterne il est dit dans les actes des 3 et Rusticus (Maffei. Supplem. ad . 5^8. col. 2): Emerunt (Terentius mtio) beatorum corpora martyrum
RuStici, UT THESAURUS SIBI CONDE-
TERNOi. On sait que plus tard, Luitdes Lombards, déboursa une somme le pour retirer le corps de S. Aumains des Barbares (Paul Diac. De *bard. 1. VI. c. kS. part. 1. 1. 1. Rer. )6), et que de pieux chrétiens en fit pour arracher aux païens les reli- Jean-Baptiste (Rufin. Hist, eccl. 1. ii. is ses notes au martyrologe romain 3), Baronius atteste que ce fait était
Mais il est un fait qui parle plus clairement encore de la pratique de la primitive Église à cet égard, c'est que, dès son origine, elle a inséparablement uni le culte des reliques de ses Saints au sacrifice eucharistique en célébrant les mystères augustes sur le tombeau des martyrs : cet autel doublement sacré s'appela memoria^ martyrium, confessio, (V. l'art. Confession.) Le pape S. Félix qui siégeait en 269 érigea en loi positive cet usage primitif (Anastas. In S, Felic, n. 2). Après les persécutions, les premières basiliques sub dio furent construites directement au-dessus des cryptes qui renfermaient les corps saints (V. l'art, fiosiliques chrétiennes)^ et plus tard on transporta
ces corps dans les villes, et des temples sompun pendant l'ère des martyrs : Chris- 1 tueux s'élevèrent de toute part pour les abriiuevisse redimere corpora sanctorum ter. Enfin le cinquième concile de Carthage
ium ea, acta diversorum martyrum itur.
ne leur était pas toujours possible •e leur piété à cet égard. Les païens tout en œuvre pour leur soustraire saints (V. Boldctti. p. 90), et quand nt que rien ne pouvait déjouer les ises des fidèles , ils brûlaient ces n jetaient les cendres au vent ou les ux flots de la mer ; et souvent ils se aincus par des chrétiens héroïques çaient d'éteindre avec du vin et des les ossements à demi consumés . SS. Fructuosi. etc. p. 191).
euve du prix que les premiers chréchaient à la possession des saintes on doit rappeler encore les vives dist les combats qui eurent lieu quelquevilles ou contrées diverses, pour se 2r; témoin, pour nous en tenir à un uisé dans notre histoire, les longues is entre les habitants de Poitiers et ours au sujet du corps de S. Martin iron. Uist. Franc. 1. i. c. 43. V. aussi col. hist. i. 13. — Evod. Demirac.
Suppl. ad t. VII 0pp. S. Augustin. — 7ollat. VI. 1 . etc.).
3 des rehques était tellement enraciné
(Can. x) décréta qu'aucune église ne pourrait être consacrée sans que des reliques n'eussent été placées sous l'autel. (V. l'art. Autel). Plus tard on déposa des reliques dans les portes des églises (Baron. Not. in marhjroL xviii nov.), et les fidèles les baisaient avant d'entrer. On les renfermait encore dans les sacristies (Tillemont. Hist. eccl. t. i. art. 10), ou dans des armoires disposées à droite et à gauche de l'autel (Bocquillot. Ldt. sacr. p. 97). On conservait parfois des corps saints, en totalité ou en partie, dans des oratoires privés (Joan. Diac. 1. III. c. 58. Vit, S. Greg, Magn.), et même dans les maisons, ainsi que Prudence semble l'indiquer (Peristeph. yi. vers. 130); et, dans son hymne sur S. Vincent (Ibid. vers. 344), il l'affirme positivement du sang recueilli par divers procédés :
Ut domi reservent posteris.
On plaça souvent des reliques dans des croix, et cela jusque dans les temps modernes, témoin la croix de l'obélisque de la place Saint-Pierre à Rome ; dans des crucifix do bois, dans la tête notamment; exemple, le célèbre crucifix de Lucques; dans les images saintes qu'on peignait sur les murailles des églises. Ainsi, le crucifix en mosaïque de l'abside de Saint-Clément,
mœurs de l'Église primitive que les reçut, comme l'atteste l'inscription qui règne
eux-mêmes le conservaient religieuland ils se séparaient du centre de l'ulettaienttout en œuvre pour se procuorps saints qu'ils regardaient comme cation indispensable du lieu de leurs ?s. Ainsi on vit les novatiens dérober es de S. Sylvain dans le cimetière de où elles avaient été déposées aussitôt 1 martyre avec celles de Ste Félicité, t pas aa juste à quelle époque ce larimmis; mais ce fut certainement vers
du troisième siècle, car c'est en 251 it s'était séparé de l'Église.
au bas du monument, un fragment de la vraie croix, une dent de S. Jacques et une de S. Ignace martyr ( Boldetti. m. xxii. — V. une foule de détails historiques, qui ne sauraient trouver ici leur place, dans l'ouvrage de Trombelli [De cultu sanctorum. t. ii. part. 1 ]). Les fidèles portaient aussi des reliques suspendues à leur cou dans des croix ou des reliquaires de diverses formes. Bosio (P. 105' donne le fac-similé d'une croix d'or et d'un petit coffret du môme métal, munis l'un et l'autre d'un double anneau qui détermine assez l'usage auquel ils étaient affectés. Ces petits
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monuments furent trouvés dans des sarco-' phages antiques, exhumés en 1571 du cimetière du Vatican. (V. Tart. encolpia.)
II. — La vénération des fidèles ne se bornait pas aux corps des Saints, elle embrassait . tous les objets qui leur avaient appartenu ou avaient été avec eux en contact plus ou moins immédiat.
Et 1® Pour les martyrs, les instruments de supplice. Un discours portant le nom d'Eusebius Galliauus et qu'on a quelc^uefois attribué à S. Eucher (Biblioth. PP. t. iv. p. 669) mentionne cet usage et, parmi ces objets justement vénérés, cite notamment les chaînes qui avaient serré les membres des martyrs. Personne n'ignore que celles du prince des apôtres, qui se conservent encore aujourd'hui dans la basilique de Saint-Pierre es liens à Rome, furent dès les temps les plus reculés un objet de vénération, et l'Église célèbre môme le l®»* août une fête en leur honneur. S. Grégoire le Grand, qui fait plusieurs fois mention de ces précieuses reliques {Epist. i. 36. VII. 26) rapporte qu'on en distribuait de la limaille renfermée dans de petites clefs d'or, il avait lui-môme envoyé une de ces clefs à Ghildebert, roi de France (Epist. vi. lib. 6), et une autre à un illustre personnage de la Gaule, nommé Dinamius (xxxiii. lib. 3). Il en était de môme des chaînes de S. Paul qu'on possédait aussi à Rome (Id. Epist, rv. 30) ; S. Ghrj^sostome avait déjà célébré ces dernières.
Quelques martyrs, entre autres S. Babylas, regardant leurs chaînes comme leur plus beau titre de gloire, à l'exemple de S. Paul qui aimait à s'appeler vinctus Christi^ « l'enchainé du Christ (Ephes. m. 1. Philem. i. 9), * demandaient qu'elles fussent déposées avec leur corps dans leur tombeau (Chrysost. De S. Babi/L Contr, Julian. ii). S. Ambroise avait recueilli, non-seulement le sang des SS. Vital et Agricola, mais encore les croix de leur supplice et les clous qui les y avaient attachés (Loc. cit. supr.). Les débris de vases d'argile sur lesquels S. Vincent avait été couché étaient grandement vénérés des fidèles (Prudent. Peristeph. y. vers. 553). S. Augustin mentionne une des pierres de la lapidation de S. Etienne, laquelle apportée k Ancône, contribua beaucou]) à répandre le culte du premier martyr (Serm. cccxxiii. 2). Divers instruments de supplice ont été trouvés dans des tombeaux de martyrs, et le musée du Vatican en possède un grand nombre. (V. l'art. Objets trouvés dans les tombeaux chrétiens,)
2® On reconnaissait aussi une vertu miraculeuse, soit à l'huile prise dans les lampes brûlant devant les corps des Saints (V. Fontanini. De S, Augustin, corpore. — Chrysost. Hornil, in SS, MM, — Greg. Turon. De mirac, S. Mar-
tini, 1. I. c. 2.) (V. dans ce Dictionnaire noire article Huiles saintes) ; soit à des linges, kmdea, qu'on avait appliqués sur leurs tombeaux (Greg. Turon. De Glor. MM, c. xxix\ ou seulement suspendus dans la crypte où reposaient leurs restes, comme cela se pratiquait dans la confession de S. Pierre au Vatican (Anastas./n Nicol. 1 ) ; soit enfin à la poussière même recueillie dans leurs loculi ou leurs mémoim (Greg. Nyss. Orat. in S, Theodm, — Greg. Turon. Hist. Fr, 1. viii. 15. De glor. MM. i. A l'article Chaire nous avons parlé du culte rendu dans l'antiquité aux chaires des apôtres et des évêques. (V. cet art.)
3° Les vêtements et autres objets ayant été à l'usage des Saints. S. Chrysostome (HomiL viii. Ad pop. Antioch.) s'écrie à ce sujet: € Combien, est grande la vertu des Saints ! Puisque les hommages des chrétiens ne s'adressent pas seulement à leurs paroles et à leurs corps, mais aussi à leurs vêtements ! » Du vivant môme de S. Paul, on se servait pour opérer des guérisons, des linges et des ceintures qui avaient touché son corps 'Act. xix. 12). Les actes des SS. Épipode et Alexandre, martyrs de Lyon (Ruinart. p. 62. edit. Veron.; nous apprennent que le premier ayant perdu en fuyant devant les persécuteurs une de ses sandales , une pieuse veuve qui leur avait donné asile la recueillit et la conser\*a précieusement. S. Antoine gardait le manteau de S. Paul l'ermite pour s'en revêtir aux jours de fête (Hieron. In Vit. Paul,), Nous savons par Sulpice-Sévère (Vï/. B, Martini. 19). que des fils extraits des vêtements de S. Martin guérissaient les malades ; et par S. PauHn de Périgueux (De Vit. S, Martini, p. 311. in Bibiiot- PP. t. yi) que le peuple s'arrachait les débns de sa couche.
4° Les lieux qu'ils avaient habités, ceux surtout o\x ils avaient séjourné plus longtemps, ou qui étaient devenus célèbres par quelques-uns de leurs miracles ou autres actions d'éclat. C'est ainsi que Ton construisit une basilique sur le heu où S. Martin avait partagé son manteau avec un pauvre (Venant. Fortunat. epigr. y. 1. 1) ; on érigea aussi des oratoires sur les Heux signalés par ses principaux miracles (Id. 1. IX. epigr. 1 seqq.). Mais les fidèles avaient surtout en honneur les lieux sanctifiés par la mort des Saints. C'est là que, de préférence, on bâtissait des églises, à Rome notamment ; les exemples sont innombrables. (^^ Laderchi. De Basilic, SS, Marcellini et Pétri-' S. Grégoire de Tours raconte que toute sorte de vertus miraculeuses étaient attribuées à la fontaine où avait été lavée la tête du S. martyr Julien (De passion. S, Julian, c. m, ap. Muraton. p. 852). (V. l'art. Translations de reliques.)
5° Nous ne saurions préciser au juste l'épo-