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AD SANCTOS, AD MARTYRES, OU ANTE OU RETRO

SANCTOs, etc. Dans sa lettre sur l'invention des reliques de S. Etienne, le saint prêtre Lucien parlant de la sépulture de Gamaliel et de son fils près du tombeau du premier martyr, se sert aussi de la même expression : Juxta Domnum Stephanum,

SAINTS (culte des). — Le témoignage des Pères au sujet du culte rendu aux martyrs et aux Saints en général dans la primitive Église sont innombrables. Mais les démonstrations qui ressortent de leurs textes sont surtout du domaine de la théologie; nous nous bornerons donc à en citer et le plus souvent à en indiquer un petit nombre sur le culte en général et sur l'invocation des Saints.

I. — Au troisième siècle, Origène (Homil. m), ayant fait mention des martyrs, ajoute : Horum memoria semper, ut dignum est, in Ecclesia célébrât ur^ « Leur mémoire est toujours, comme il est convenable, célébrée dans l'Église. » S. Cyprien (^Epist, xii. x) recommande de noter avec le plus grand soin le jour de la passion des martyrs, « afin que l'on puisse célébrer leur mémoire. * Eusèbe de Césarée {Prxp, ev, l. XI II) atteste que ce genre de culte se célébrait tous les jours de son temps, et qu'on honorait les soldats de la vraie piété comme les amis de Dieu. » S. Basile {Epist. ccxci) affirme de son côté « que les martyrs sont honorés avec un grand zèle par ceux qui espèrent en Dieu, » et il rappelle que c'était une vieille coutume dans l'Eglise, et c'est ce que supposent aussi les Pères cités plus haut. Les discours du même saint sur les quarante martyrs, sur S. Marnas, sur S. Gordius, sur Ste Julitte, prouvent surabondamment que telles étaient la foi et la pratique de son temps.

Ce culte consistait principalement à célébrer leur natalia (V. l'art, natale), à fréquenter leurs mémoires ou basiliques (V. les art. Basiliques. Cotifession), à implorer leur protection. S. Grégoire de Nazianze en fournit la preuve en divers endroits, et en particulier dans son premier discoars contre Julien et dans le dixhuitième sur S. Cyprien. Nous renvoyons encore pour le même objet aux homélies de S. Chrysostome sur les martyrs Inventius et Maximus, sur Ste Péhigie, vierge et martyre, sur S. Ignace, martyr, sur les SS. Romain, Julien, Babylas-, Barlaam et Lucien, martyrs

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sur S. Mélèce d'Antioche, évoque; sur les vierges et martyres Béréûice, Prosdoce, et Domna, leur mère. Nous avons ces remarquables paroles dans un discours sur les martyrs Celse et Nazaire, attribué à S. Maxime, et imprimé dans les OEuvres de S. Ambroise : t Honorons les bienheureux martyrs princes de la foi, intercesseurs du monde, les cohéritiers de Dieu.... Nous devons honorer les serviteurs de Dieu ; combien plus les amis de Dieu ! » Honorare debemus servos Dei : quofito magis amicos Dei l Enfin vient S. Augustin, dont le témoignage ne laisse rien à désirer {Contr, Faust, c. xxi) : « Le peuple chrétien célèbre les mémoires des martyrs avec une religieuse solennité, » Populus Chrtstianus memorias martyrum religiosa solemnitate concélébrât.,,.

On sait que Ste Aglaé, après avoir reçu le corps de S. Boniface, racheté par ses serviteurs au prix de cinq cents sous d'or (V. Part. Reliques)^ lui éleva une église qui, assurément, est une des plus anciennes dont l'histoire fasse mention, et où fut plus tard inhumé le corps de S. Alexis : Consurgens Aglaes obviavit sancto corpori^ et reposuit illud ad stadia urbîs quinque, donec œdificaret domum dignam passioni ejus (Mss, Vatic. apud Merini. De templo et cœnobio SS. Bonifacii et Alexii. Hist, monum. Rom. 1750). On croit que c'est sur le même local qu'est placée aujourd'hui l'église que Rome conserve sous le vocable de ces deux Saints.

L'inscription de Gonstantine que nous avons déjà citée à l'article Martyrs, est un monument du culte rendu par les Églises d'Afrique à des chrétiens qui souffrirent dans ces contrées, peut-être à diverses époques, mais plus probablement durant la persécution de Valéîérien. (V. l'inscription dans VUist, de S. Augustin, par M. Poujoulat. t. i. pp. 315-325.)

Les liturgies offrent un ordre de preuves peut-être plus concluant encore. Dans le sacramentaire de S. Léon (Ap. Murât. Lit. rom, vct. col. 293), la préface de la messe des SS. Tiburce et Valerius porte : Tibi enim festiva soternnitas agitur^ tibi dies sacrata ceîebratur quam B. sanctis Tiburtii martyris sanguis in veritatis tux testificatione profusus.... « Une fête solennelle est faite en votre honneur : le jour sacré est célébré où le sang du bienheureux martyr S. Tiburce a été versé au témoignage de votre vérité. • Nous désignons encore le sacramentaire de S. Gélase (P. 7), le missel gothique (P. 2(i2), le missel des Francs (P. 359), etc., le sacramentaire de S. Grégoire le Grand (Col. 129 et passim). Les martyrologes et les calendriers sont aussi des monuments irrécusables de la tradition à cet égard, et le savant Molanus en a tiré le meilleur parti dans son ouvrage sur les martyrologes,

au chapitre dix-huitième, qui a pour titre : De utHitate martyrologiorum contra hereses. (V. nos art. Martyrologes. Calendriers eccl.)

Pour dédommager le lecteur de la sécheresse de ces citations, nous devons mettre ici sous ses yeux l'admirable récit que S. Chrysostome (Hom. xliii. In Ignat. mart.) fait des honneurs rendus à la mémoire de S. Ignace d'Antioche, après son martyre : t Lorsqu'il eut donné sa vie dans cette ville de Rome, ou plutôt qu'il fut monté au ciel, il revint à Antioche couronné. Rome a reçu son sang, qui a coulé -dans ses murs ; mais vous, vous avez honoré ses reliques. Vous vous êtes réjouis de son épiscopat ; les chrétiens de Rome l'ont tu lutter, vaincre et recevoir la couronne; mais vous, vous le possédez pour, toujours. Dieu vous l'avait ôté pour un instant, et il vous l'a rendu avec beaucotip plus de gloire. Comme ceux qui empruntent de l'argent rendent avec intérêt ce qu'ils ont reçu, ainsi Dieu, vous ayant emprunté ce précieux trésor pour un peu d'instants, et l'ayant montré à Rome, vous l'a renvoyé avec un nouvel éclat. Vous avez envoyé un évêque, et vous avez reçu un martyr; vous l'avez envoyé avec des prières, et vous le recevez avec des couronnes, non-seulement vous, mais toutes les villes intermédiaires; car de quels sentiments n'ont-eUes pas été affectées quand elles ont vu transporter ses reliques ? Quels fruits de joie et de bonheur n'ont-elles pas recueillis ? Combien ne se sont-elles pas réjouies? De quelles acclamations n'ont-elles pas salué le vainqueur couronné ? Car de même que les spectateurs, s'élançant dans l'arène, et s'emparant du glorieux combattant qui a vaincu tous ses antagonistes et s'avance environné d'une gloire éclatante, ne lui permettent pas de toucher la terre, mais le portent chez lui en faisant retentir l'air de ses louanges, ainsi les fidèles de toutes les villes, recevant tour à tour de Rome ce saint corps, l'ont porté sur leurs épaules, et ont accompagné le martyr couronné jusque dans cette ville-ci, au milieu de mille acclamations, célébrant par des hymnes la gloire du. Wqueur, et se raillant du démon, parce que ses artifices avaient tourné contre lui, et que tout ce qu'il avait voulu faire contre le martyr était retombé sur lui même.» {Trad. de Mgr Crwce]

Les honneurs rendus aux Saints dans l'antiquité chrétienne ont une foule de témoins encore existants dans les monuments primitifs, des catacombes romaines spécialement, où les images des Saints se montrent partout peintes sur les murailles, images qui remontent au deuxième siècle, et même, selon les hommes les plus compétents, au premier. Les images de S. Pierre et de S. Paul, de Ste Agnès et d'une infinité d'autres brillent dans ces fonds

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coupe de verre doré qui se retrouvent à aque pas dans les cimetières sacrés ; or, les rants qui se sont occupés de cette classe de muments affirment que la plupart datent de re des martyrs, c'est-à-dire des trois preers siècles. Nous ne citons que ad abundan-* m juris les mosaïques et les diptyques qui ut venus un peu plus tard, mais qui en gérai reproduisent les types de Pantiquité la is reculée. (V. Part. Images.) n. — Invocation, Ici encore les Pères sont lammes. Trombelli a accumulé leurs témoilages. (V. Tromb. De cultu sanctorum, dissert c. 16.) Origène (/n Cant, 1. m) pose ainsi le incipe et le motif de cet usage : c II nous est irmis d'affirmer que tous ces hommes, sortis ! la vie présente, conservent leur charité ivers ceux qu'ils ont laissés ici-bas, qu'ils ntéressent à leur salut, et qu'ils les assistent I leurs prières et de leurs intercessions auès de Dieu. » S. Gyprien écrivait en 248 jpist, Lvii) que les hommes vivant encore sur terre sont aidés par les prières des Saints i régnent auprès de Dieu ; et dans son livre habitu virginum (In fine) : t Souvenez-vous nous, dit-il, vierges, quand votre virginité ra commencé à recevoir sa récompense. » Basile, dans sa dix-neuvième homélie sur

quarante martyrs , atteste que de son nps la coutume d'invoquer les Saints était nmune parmi les fidèles. Le lecteur stuux pourra voir dans l'ouvrage de TrombeUi é plus haut les textes les plus clairs de S. égoire de Nazianze, de S. Grégoire de Nysse, S. Chrysostome, de S. Augustin. Le premier "mon de celui-ci sur S. Etienne renferme ces rôles remarquables : « Nous nous recommdons donc à vos prières. Car celui-là sera în mieux exaucé aujourd'hui en faveur de ux qui l'honorent, qui fut autrefois exaucé faveur de ceux qui le lapidaient. » Qui ne onalt cette belle invocation de S. Jérôme ?aula (Epist. xxvi) dans une épltre qui n'est tre chose que l'épitaphe de cette sainte uve : « Adieu, Paula, viens en aide par tes ères à l'extrême vieillesse de celui qui t'ho- *e. Ta foi et tes œuvres t'associent au Ghrist.

lourd'hui en sa présence, tu obtiens plus fa- 'ment ce que tu demandes, » S. Paulin de e, Prudence, S. Grégoire le Grand, S. Grét*e de Tours, etc. , apportent aussi à ce it leurs lumières.

*es actes des martyrs fournissent à cet égard documents qui ne sont ni moins nomwx, ni moins formels. Ceux des martyrs llitains (Ruinart. edit. Veron. p. Ik)^ qui ffrirent en 200, se terminent par ces pa- Bs : « C'est le 17 du mois de juillet que ces rtyrs du Christ ont été consonmiés (Connmati sunt)^ et ils intercéderont désorînais

! pour nous auprès de notre Seigneur Jésus- Christ. » Une pensée analogue règne dans ceux de S. Maxime, martyrisé en 250 (Ruin. ibid. p. 133. n. Il), dans ceux de S. Théodore d'Ancyredont la passion est d» l'an 303 (Id. 307. n. XXXI ): « Désormais, dit ce dernier, dans le ciel, je prierai pour vous avec confiance. » Toutes les plus anciennes liturgies renferment des monuments qui ne laissent pas le moindre doute sur la pratique de la primitive Église. Nous ne citerons pour l'Occident que celle de S. Léon (Ap. Murât, col. 296 j : Impetret^ qu»- $um\ASy Domine y fidclibus tuis auxUium oratio justa sanctorum^ « Nous vous en prions, Seigneur, que la prière juste des Saints obtienne secours à vos fidèles. » Et pour l'Orient, ce passage de la catéchèse mystagogique de S. Cyrille de Jérusalem, où ce Père explique la liturgie : Posiea recordamur eorum qui obdormierunt; sanctorum patriarcharum^ prophetaruw, apostolorum^ martyrum, ut Deus eorum precibus. et legaiionibus orationem nostram suscipiat^ f Ensuite nous nous rappellerons ceux qui se sont endormis ; les saints patriarches, prophètes, apôtres, martyrs, afin que Dieu, en vertu de leurs prières et de leur intercession, reçoive notre demande. »

III. — Mais la spécialité de cet ouvrage exige que nous donnions ici une large place à une classe de monuments plus exclusivement du domaine de l'archéologie ; nous voulons parler des monuments épigraphiques. Nous citerons quelques-unes de ces épitaphes oil les survivants se recommandent à ceux qui ne sont plus et qu'une ferme confiance en Dieu fait supposer dans le séjour des Saints, confiance qu'exprime si clairement, en particulier, celle de Gentianus (Arv, 362) : et in orationis tvis

1 IlOGES PRO NOBIS QVIA SCIMVS TE IN ^ {CkHsto)^

C Dans tes prières, demande pour nous, car nous te savons dans le Christ; » et cette autre : ORO scio NAMQVE [beatam] (ibid, 266), c Je te prie, parce que je te sais bienheureuse. » Nous commencerons par celles qu'a réunies Marini (Arv. 295. not. 12), et nous les donnerons avec tous leurs solécismes et autres irrégularités : viBAS IN DEO ETROGA (Boldctti. 418)*,

— ORA PRO PARENTiBus TVIS (MuratOH. 1833. 6) ; — PETE PRO PARENTES Tvos (^Mus, Veron, 264. 13); — PETE PRO filiis tvis (Oderico. Syll. 262) ; — PETE PRO CONIVGEM (Id. 263) ; — pétas PRO SORORE TVA (Marang. Cose gent, 159) ;

— PETAT PRO NOBIS {Inscr, Bibl, S. Greg.

p. 3^3); — PETAS PRO NOBIS FELIX (Id. 344) ; — PETE PRO NOS VT SALVI SIMVS {App. od act, S.

y. 90), « Prie Dieu pour nous, afin que nous soyons sauvés; » — tv pete pro eo (Fabretti. VIII. 30); — PETE et roga pro fratres et SADOLES TVOS (Buonarr. Vetri. 167); — pro

HVNC VNVM ORAS SVBOLEM QVEM SVPERSTITEM

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