‹ Dictionnaire des antiquités chrétiennesChapitre 222 sur 266 · SAIS · texte numérisé non relu

SAIS

RELiQViSTi {Iscr, Alban, 189), c Prie pour l'unique enfant que tu as laissé après toi ; t> — in

ORATIONISTVISROGES PRO N0BIS(/6lrf. 37). — NoUS

citons intégralement celle-ci que nous avons copiée au musée du Latran (Sect. viii. n. 17) :

DOMINA BASSILIA CVMMANDAMVS TIBI CRESCENTI- NVS ET MICINA FILIA NOSTRA CRESCEN QVE VIXIT

MEN X ET DES. C'cst Une touchaute prière adressée par des parents en faveur de leur enfant à une Ste Basilia. Bosio (P. 409) atteste avoir lu au cimetière de Saint-Hippolyte une inscription où le refrigerium était imploré par l'intercession de ce Saint : refrigeri te domnvs ipo- LiTVs. La qualification de dominus, domina, a précédé celle de sanctus^ sancta. (V. Tart. Saint [qualification].) Une prière analogue a été trouvée naguère dans une crypte du cimetière de Prétextât ; elle est adressée aux martyrs Januarius, Agapitus et Felicissimus : refrigeri,

pour REFRIGERENT. lANVARIVS AGATOPVS (SiC)FE-

LicissiMVS MARTYRES (De' Rossi, BuUett. 1863. p. 3).

Mais rien n'est aussi formel sous ce rapport qu'une formule écrite dans une épitaphe du quatrième siècle, trouvée naguère à Saint-Laurent m az/ro Verano (De' Rossi. Bullett. archeoL 1864. pag. 34). Il y est dit que les SS. Martyrs seront appelés comme avocats pour rendre témoignage de la sainteté de la vie de Gyriaque devant le tribunal de Dieu et du Christ: cviqve

PRO VITAE SVAE TESTIMONIVM (Sic) SANCTI MAR- TYRES APVD devm et CHRIST\TVI ERVNT ADVOCATI.

On ne saurait trouver une preuve plus évidente de la confiance des premiers chrétiens dans l'intercession des Saints et l'efficacité de leurs suffrages.

Dans la fameuse inscription grecque de Saint- Pierre l'Étrier d'Autun (V. Mélanges d'épigr. v^ liv.), Pectorius prie son père de se souvenir de lui dans le ciel : Dans la paix (/'î/^Ouç, souviens-toi de ton fils Pectorius^ mnh- CEO oEKTopioTO. Lc P. Marchi {Archttett. 104) donne une inscription grecque fort curieuse où celui qui l'a écrite et celui qui l'a gravée se recommandent aux prières du chrétien dont la dépouille repose sous le marbre : Mementote nostrum in sanctis precibus vestris^ et ejus qui incidit et ejus qui scripsit. Un fragment de verre doré publié par le P. Garrucci (x. 1) fait lire à côté de la tête de S. Pierre, cette invocation adressée à cet apôtre : petrvs pro-

TEGat,

L'inscription suivante, que nous empruntons au recueil de Muratori (mcmxxv. 2), et qui était accompagnée du vase de sang, se rapporte au culte de Ste Félicité martyre, à laquelle Petrus et Pancara avaient fait un vœu :

PETRVS. ET. PANCARA. BOTVM. PO SVENT. MARTYRE. FEI.IUITATI.

On trouve sur les parois des catacombes de Rome un nombre infini jde prières tracées à la pointe par les pèlerins. M. De' Rossi en a recueilli beaucoup dans la fameuse crypte des papes martyrs au cimetière de Calliste. (Y. Civilta cattol. 185^. 123.) Ainsi, par exemple, deux chrétiens portant les noms d'Elaphius et de Dionysius se recommandent chacun séparément, mais par une formule identique, aui SS. martyrs : Eh |Ave(av ^^ete. Un autre, taisant son nom, dit l'équivalent en latin : Inmentem habete. D'autres prières sont plus explicites et plus spéciales : Otia petite.... pro parente d fratribus ejus, ut vivant cum bono. — PetiUvi verecundus cum suis bene naviget. Nous devoDS citer encore cette invocation répétée : Svàf sancte^ sancte Suste^ laquelle s'adresse à un illustre martyr, le second des papes qui portèrent le nom de Sixte.— M. Edin. Le Blantalu à Montmartre plusieurs inscriptions cursives de la même nature que celles-ci. (V. l'art. PèkH' nages.)

A l'article Sépultures (N. II), et en plusieurs autres endroits de ce Dictionnaire, nous parlons au long d'une pratique bien touchante de piété envers les Saints et fort répandue chez les premiers chrétiens : elle consistait à se procurer à tout prix le bonheur de reposer le plus près possible de leurs tombeaux ; et quand on avait obtenu cette faveur, on ne manquait pas de la constater sur l'épitaphe par ces formules:

SOCIATVS MARTYRIBVS, — POi:ITVSAD SANCTOS,AD

MARTYRES, CtC.

Cet article où il est surtout question de< martyrs doit être complété par l'article Confesseurs^ qui traite du culte rendu dans Tanliquité aux Saints qui n'ont pas répandu leur sang pour la foi.

SAISONS (les quatre). — A l'exemple des peuples de l'antiquité, et des Romains en particulier, les premiers chrétiens avaient coutume de représenter les emblèmes des quatre saisons sur leurs içonuments, et notamment sur leurs tombeaux, ainsi que sur les parois de leurs chambres sépulcrales (Boldetti. ùn^p. 466); mais c'était dans des vues bien différentes.

Nous savons par le témoignage des SS. Pères que ces représentations étaient à leurs yeux un des nombreux symboles de la résurrection future : « Toute cette révolution régulière des choses, dit Tertullien [De resurrect. cm. cap. xii), est une figure de la résurrection des morts, > Totus igitur hic ordo revolubdis refW» testatio est resurrectionis mortuorum. Aillew^ {Apolog. cap. XLViii)il reproduit avec plus d'énergie encore le môme rapprochement : « Ce monde vous étale de toute part le témoignage et le modèle de la résurrection humaine. Cba-

Page 1