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même, disait aussi S. Chrysoslome (/wpos'cion. dants, posteris profuturum, » Le poète Pru- SS. Invenlin. et Maxim.) que les plantes arro- dence chante le même fait dans son hymne sur sées prennent de Taccroissement, ainsi notre lediacremartyr(Perwfcp/i.%mfi.v. vers. 341): foi fleurit par les attaques, et s'accroît dans ^ Plerique vestem lineam
les agitations. Les jardina reçoivent moins de Stillante tingunt sanguine,
fécondité des paux qui les aiTOsent, que les Tutamen ut sacrum suis
Églises du sang de leurs martyrs. » | Domi réservent posteris.
IL — On conçoit que, pénétrés de ces idées, « Beaucoup (De fidèles) teignent une étoffe de pleins d'un respect religieux pour le sang des ijn du sang qui coule pes veines des martyii). martyrs et d'une vive confiance dans son effi- C'est une protection sacrée qu'ils réservent dans cacité,les fidèles aient dû mettre un pieux em- leurs maisons pour leurs descendants. .
pressement à le recueillir et à le préserver de ^ , . . . . ^ . .
î ^ « .. ^ Ces deux témoignages gui se terminent par
toute profanation, ia a* ia
*^ ' la même pensée et presque par les mêmes
Ne quid plenis fraudaretur ab e.xequiis, mots , prouvent que les fidèles cherchaient
j* n- j /r/ \ 17* 1 * ^ 7 *♦ surtout dans le sang des martyrs une protec-
dit Prudence {Hymn. xi). Et c'est ce qu attes- . ° , -. ^ ,
, L zx- / • * j IV tmation de toutes les reliques en général,
des chrétiens se précipiter dans les arènes, r» •* n • • ..«*-
, ^^ , j 1 r X * I A X 1 On sait avec quelle pieuse reconnaissance
s attacher aux pas de leurs frères traînés à la c? r^ j a >r j ti • 4 j. c
^ . j j 1- j j S. Gaudence, évêque de Brescia, reçut de S.
mort, et recevoir dans des linges, dans des » . • • v.- a^i- „j
' ^ ^ . *x u 1. * Ambroise, pour en enrichir son église, qucl-
éponges ou toute autre matière absorbante ce ^ j • w • * j j c r«
^ ^ , . ' 1 * V n * 1 ques parties du ciment teint du sang de S. Gcr-
sang généreux qui cou a.t à flots pour la cause ;!^j^ ^^ ^^ g p^^^^j^ ,^^ ^^^^ ^^^
de Jésus-Chnst. Les fidèles ne craignaient pas ^^^ récemment retrouvés: . Nous possédo«.
d exercer ce ministère saint môme sous les , , . , ., „„^ . . ,^ ^«^ ^ ,.. /v ,•
J ^ * J u X 1 • s'écrie-t-il avec loie (0pp. p. 339. edit. Qui-
yeux des tyrans et des bourreaux, et plusieurs ^. ,^ ^^ [^^ martyrs ramassé dans d«
durent a un acte de ce genre la couronne du ^^ ^^^ ^,^^^^^ ^^J^ désirer en fait de
martyre. Lt ici les femmes rivalisaient de con- °*^*^ i . h««à.
^ , , preuve : car nous avons le sang qui est le tè-
.stance avec les hommes. • j i •
n, . r^ * * i «n J l iHOin dc la passion. »
G est Rome surtout, la ville des martyrs par , , *; .,.. , , .^^
excellence, qui offrit journellement, pendant ,,^"**»" de recueillir le sang des martp
trois siècles de persécution, ce spectacle de foi *f' * «^°'"'""" ^ *""*«* '^ ^i^^^'^^^^f,
pleine de courage et de péril. Deux illustres l^^f' 1"«' P^" Y ITv *^'' "^
. J • • • * X X. S. Hilaire de Poitiers faisait a lempereur Coo-
vierges, deux sœurs qui vivaient à une époque ^ t% . x i ^ i -* .«
très-raiJprochée de celle de S. Pierre et de **^"?,^ = ' l'^f '« ^*°S ^'"'J^T^J^l
S. Paul brillent en tête de cette phalange de "1 ]'' P*'^"^^*'"" ossements vénérés smt
généreux chrétiens: ce sont StePudentienne et •'^"'^,«" témoignage iContr. C^-"^
StePraxède qui vouèrent toute leur vie et toute '■ "'"}: ' Nous apprenons par lesadesp^
, , . Il ,u J oe^* consulaires de S. Cypnen (V. ap. Ruinari.
leur fortune à la sépulture des SS. martyrs: ,., ^- ,^^, '^'^ , ^j., *^ . ..
TV î * • nu • t'dit. Veron. p. Ï90), que les fidèles qui assis-
et nul n'ignore qu'on voit aujourd'hui encore , . . , * • * • * j ^ , • i- *.--.;«.
J 1 1 u* *• J J c • * taient à sa mort jetaient devant lui itfitoaiw««
dans les habitations de ces deux Saintes conver- . . •'
ties en églises depuis les premiers siècles, des '. x v / j ui • ^ j r ««*!
.. , ° 1 ^ . J... , , ' Quant à la double circonstance des linges ei
puits ou, selon une tradition des plus respec- , , , ^ ., T^j^ir
fil' . . .. ,1 '4. des éponges dont on se servait pour absoiW»
tables et sans interruption, elles venaient ver- ^ xi* v -i x^ -/x v:* -,«*»
1 J ♦ » n * et ravir k la terre où il était tombé ce sang
ser le sang des martyrs qu'elles avaient re- . . . . , x*-^- j/»o
cueilli avec des éponges vraiment samt, nous avons uiie poétique d»-
m. - Sans nous en tenir à ces généralités, f'^^]^'' ^^^ Prudence renfermant les déteib
nous pourrions citer ici une foule d'exemples ^^^ PJ"^ f'^^^'^ ^" ^"J^* ^" supphce de S. ft^
spéciaux de cette touchante pratique de l'Église ^fy^^^ l^^^^l ^^°^°^« «° ^^'^^ ^^"^fZ
persécutée. Nous en prenons au hasard deux ff "^? ^^l^^ P^^^f s par des chevaux indornj^
ou trois de ceux que nous avons sous la [^^ • ^^\ ^"»f absorbaient le sang tomhé
jjj^jj^ terre, et les éponges celui qui avait jailli sJ"
On lit dans les actes de S. Vincent (Ap. Rui- ^^\ '""^^^l ^" ^^^°^i" {Peristeph. hymn. si
nart. edit. Veron. p. 218) que les frères qui ^®'^* ^^^^ *
assistaient au mart}Te de ce lévite « baisaient Palliolis etiam bibuls siccantur arenae ,
les traces de ses pas , touchaient avec une Ne quis in infecte pulvere ros maneat.
pieuse curiosité les plaies de son corps, et re- Si (juis et in sudibus recalenti adsperginc sanguin
cueillaient son sang dans des linges, afin de le , ^"^'^«^ ^"'^^ °'°°«'° *P<»°»** P«^«* ^^
laisser comme une protection à leurs descen- , On cite comme s'étant employée à ce pieûi
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femme de l'empereur Dioclétien.
dans les actes de Ste Susanne, ■Ijre, rédigés, croil-on, par les iglise romaine fAp .Siirium. xi
reçut' le sang de cette martyre , essuyant avec soin la terre qui îgnée. Les actes de Ste Cécile isi, que tous ceux qui avaient été elle et qui se trouvaient présents 'empressèrent de recevoir dans 'ang qui s'échappait de son cou ■appé par la hache i trois retes (Ex cod. Valic. ap. Boidetti.
s linges tout imprégnas de sang ■es avec le corps, ainsi que l'at- Pascal 1" dans sa bulle d'invcnslation des reliques, t on a pu voir dans d'autres tomrtyrs des linges et des éponges
sang, et qui y avaient été plaénioins de leur mort héroïque
compléter leur sépulture (Bol-
idant nous croyons avec Mabillon ep. p. 18), que le plus souvent lit employée que comme moyen et qu'on exprimait ensuite dans verre ou d'argile le sang dont prégnée : Spongiis exceptam ii.
\ebant. Quelquefois même on l'ins le vase. On peut voir dans Belle dessin d'une ampoule de ce séed'un côté, laisse voir l'éponge à l'intérieur ; et le P. Lupi (Sf atteste qu'il en existait une
isée Kircher, Mais nous ne conin texte ancien qui autorise <t afrecevait le sang dans le vase luincnt où il coulait des plaies du oins qu'on ne prenne au sîneui régoire de Tours (De glor. mari.
du sang de S, Jean-Baptiste qui çu dans une coupe d'argent par }auloi se, laquelle se trouvait à Jéomentdu martyre du précurseur, qu'il en soit, il n'est pas douteux lombre de ces ampoules, si resleur contenu , ne soient arrivées
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jusqu'à nous; elles ont été trouvées surtout dans les catacombes de Rome, scellées à l'extérieur, et quelquefois déposées à l'intérieur de lépultures chrétiennes. Un examen attentif et le simple témoignage des sens attestent, pour plusieurs du moins, qu'elles contiennent véritablement du sang. L'œil y découvre souvent, même aujourd'hui, une couleur rouge trèsfoncée, et au fond une substance de même couleur, soit une espèce de croûte présentant toutes les apparences d'un sang desséché. Quelques sceptiques modernes {V. Basnage, Hist. del'Ègl. t. n. p. 1035), protestants pour la plupart, ont soutenu que ce sédiment provenait du vin qui avait servi auï agapes ; mais pour tous ceux à qui il a été donné de confronter cette substance animale ^vec le tartre déposé par le vin durant plusieurs siècles, et que des fouilles archéologiques ont plus d'une fois révélé, ce système ne soutient pasTexanien.
On doit se rappeler aussi, comme nous l'avons dit plus haut, que les linges et les éponges qui avaient absorbé goutte ^ goutte ce sang généreux, ont été retrouvés dans quelques-uns de ces vases. Hais ce qui, aux yeux de la science moderne, paraîtra peut être plus concluant que tout le reste, c'est que des analyses chimiques y ont plus d'une fois fait reconnaître d'une manière palpable la présence du sang, coloré t^ncorc , en dépit de son altération. Le protestant Leibnilz , dont le témoignage ne saurait être suspecté en pareille matière, avait lui-même opéré sur un de ves vases, et il écrivit à Fabretti qu'il y avait trouvé du sang. (V. Fabretti. Iiucr. ont. p. 556. c.) Une expériencr semblable, opérée sur le contenu d'une ampoule découverte, en XZk'*, dans un tombeau chrétien, à Milan, aboutit au même résultat, ainsi qu'il est constaté par le rapport authentique du chimiste Broglia, en date du 10 avril 184.Î. (V. Sepoleri ant. Christ, scoperti in Mi- . lano. p. W segg. Milano. i&kb.) ! Une expérience de même nature etcouronnéf du même résultat a été faite dernièrement dans-cette ville sur un fond de verre recueilli dans le sépulcre des SS. Geri'ais et Protais,
Il y a plus encore j-dans plusieurs vases des catacombes qui avaient été et sont restés exactement bouchés, on a trouvé du sang liquide, mais blanc à la surface, parce que la partie cére\iBe s'était séparée de la matière colorante. Mais il suffisait d'agiter le vase, pour que le sang reprit sa couleur naturelle. Bosio avait plus d'une fois constaté le fait, et Mabillon l'admet sur Son témoignage (Ep. Emeb. n. k. aedit. ); Boidetti (P. 137) en cite plusieurs exemples observés par lui-même, particulièrement au cimetière de Cyriaque; et nous avons en dernier lieu l'autorité du P. Marchi. qui. dans ses longues explorations des cimetières
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romains, atteste avoir été témoin de faits de môme nature.
Nous ne mentionnons que pour mémoire certains vases enveloppés encore d'une couche épaisse de mortier sur lequel figurent diverses abréviations du mot sangvis : sa — sang (Aringhi. t. i. p. 498) ; — sa satvrnini (Id. p. 496), inscriptions qui, si elles étaient authentiques, constitueraient une preuve irrécusable en faveur de la présence du sang dans les vases où elles sont tracées. De savants paléographes, M. De' Rossi, d'après des documents authentiques, et le R. P. Garrucci, d'après la forme des caractères (V. Hagioglypta. p. 107), ont reconnu que ces monuments sont faux. Ils avaient été remis par le faussaire luimôme à Tabbé Gre^cenzio, qui, à son tour avait, sans le vouloir, induit en erreur Severano, éditeur de Bosio. C'est ainsi que ces vases ont été introduits dans la Roma sotterranea.
Cet usage de joindre du sang des martyrs aux sépultures chrétiennes s'observa en plusieurs lieux, autres que Rome. En outre de l'exemple de Milan cité plus haut, nous en avons undelacatacombe de Sainte-Catherine de Chiusi (V. Cavedoni. Cimit. Chius. p. 81), et qui se présente avec des circonstances exceptionnelles. Au lieu d'un vase quelconque, on a observé à l'intérieur d'un loculus un petit creux pratiqué dans le tuf lui-môme, et où était déposée de la terre imprégnée de sang, terre qui avait .été recueillie sans doute sur le lieu du supplice. Cette terre, après la reconnaissance du tombeau qui est bisome, et selon toute apparence celui de deux martyrs, a été enfermée respectueusement dans deux petits vases.
VI. — En outre des vases de verre et de terre cuite, de toute forme et de toute origine où la présence du sang a pu être constatée, il s'est trouvé que plusieurs de ces coupes historiées et à fond d'or qui servaient dans les agapes et les saints mystères (V. l'art. Fonds de coupe), en portaient aussi des traces très- visibles. Boldetti ^^P. 188) affirme en avoir rencontré un certain nombre. Il est touchant de penser que ces calices qui avaient servi aux fidèles pour s'administrer le sang adorable du Christ répandu pour leur rédemption, aient pu recevoir à son tour le sang de ces mômes fidèles répandu pour la gloire du Christ.
VII. — La présence du vase de sang est tenue pour une preuve certaine du martyre du chrétien enseveli dans le tombeau où il est fixé, et cette marque sert de guide dans la recherche des saintes reliques.
Cette question donna lieu du temps de Mabillon à d'assez longues controverses. Le savant bénédictin s'était d'abord déclaré contre la preuve par le vase de sang; mais il se rétracta bientôt, et adhéra sans réserve au décret de la
sacrée congrégation des rites, qui, le 10 avril 1558, avait prononcé que l'ampoule de sangavait été attachée par les premiers chrétiens aux tombeaux de leurs frères à l'effet de constater leur mort glorieuse pour la foi du Christ.
De nouvelles discussions s'étant élevées de nos jours à ce sujet, la môme congrégation des rites a renouvelé la décision de 1558 par un décret, qui a reçu l'approbation du souverain pontife Pie IX, conmie le premier avait été revôtu de celle de Benoit XIV.