APOC
ceux des sectaires; car il est avéré que jamais les ariens, non plus qu'aucune autre secte ne fut en possession des cimetières de Rome (Boldetti. p. 337. — Aringhi. ii. kZk) ; il n'y avait en conséquence pas de confusion possible. Sur les monnaies, TA et Tco commencèrent, dès Tannée qui suivit la mort de Constantin, à être tracés aux côtés du monogramme du Christ. Les premières pièces où se remarque ce type sont un aureus de Constance, et une autre médaille du môme métal frappée à l'effigie de Constantin le Grand avec la légende yiaoRU MAXVMA. (V. l'art. Numismatique, n.U.E).
Nous ferons observer en passant que cette manière d'exprimer par la première lettre de l'alphabet grec un genre d'excellence quelconque ne fut pas étrangère à l'antiquité profane. Martial (v. 26) appelle ironiquement Alfha pxnulatorum un certain Codrus qui sans doute se faisait remarquer par son élégance à porter la penula.
Comme les lettres symboliques A et a> sont à peu près constamment unies au monogramme du Christ, nous renvoyons à ce dernier mot rénumération des diverses classes de monuments oîi on le rencontre plus fréquemment. Nous avons dit à peu près constamment : car on trouve quelquefois ces sigles, ou tout à fait isolés, comme sur quelques pierres gravées, ou chatons d'anneaux (Y. Boldetti. p. 502. tav. m. n. 32. — V. aussi notre art. Anneaux)^ ou avec d'autres sigles, par exemple B. M. ^cnc meritison Bonx memorix (Gruter. 1161. 4), ou encore des deux côtés du Bon-Pasteur (Gori. pTxf. ad inscript, Dorii. p. 22). Quelques sceaux de papes, notamment celui de Deusdedit (An. 6U) les font voir aussi accostant un pasteur qui caresse une brebis de chaque main (Ficoroni. tav. xxiii. 3).
La forme minuscule de l'a) parait être la seule reçue dans les monuments chrétiens. LeP.Gamicci (Hagiaglypta, p. 168. not.), affirme que la majuscule Û ne se rencontre absolument sur aucun monument authentique de la primitive Église ; et il se fonde sur cette donnée pour rejeter une pierre annulaire publiée ivec pleine confiance par Costadoni, où un dauphin est gravé entre l'A et û. M. De' Rossi regarde aussi cette gemme comme fausse. 11 D'est pas impossible néanmoins de trouver quelques exceptions à la règle posée par le sa- ^t Jésuite ; mais elles sont extrêmement Tves dans l'antiquité proprement dite. On a remarqué (V. Ciampini, Vet, monim. ii. p. 69) <pe l'anagramme numérique du mot 7C£pf<TTEpa, ffiimbe, autre symbole de Jésus-Christ, produit bméffle somme que les sigles A et a>, et que par conséquent ces deux symboles doivent avoir le même sens.
APOCRISIAIHE {Apocrisarius ^ dtroxpiodpioç).— Ce mot dérivé du grec iTroxpioiç, réponse, désigne, d'une manière générale, un envoyé, un agent d'affaires , un porteur de réponse ; ce qui a fait donner aussi à ce fonctionnaire le nom de responsali*.
Dans le langage ecclésiastique , c'est le délégué d'un pape , ou d'un évoque , ou d'une Église quelconque, qui résidait près de la cour impériale, pour y poursuivre les causes ecclésiastiques et autres négociations de ses mandataires. L'origine de cette charge remonte à Constantin ou à une époque de peu postérieure à ce prince (Hincmar. epist. m. c. 13. 14. cf. Macri). Nous avons la définition suivante dans la sixième Novelle de Justinien : « Ceux-là sont appelés apocrisiaires , qui gèrent les affaires des saintes Églises. • Un peu plus loin (C. ii), ce même empereur décrète qu'aucun évêque ne soit longtemps absent de son siège ; que si la nécessité l'oblige à poursuivre quelque cause en cour, qu'il en charge Vapocrisiaire de son Église, à qui cette charge incombe, ou son économe ou quelque autre clerc. Cette loi ne suppose pas clairement que les apocrisiaires appartinssent au clergé , mais nous avons d'autres autorités qui paraissent l'indiquer. Ainsi Libérât (Breviar, c. xii. — cf. Bingham, II. 78) affirme qu'Anatolius diacre d'Alexandrie fut, à Constantinople , apocrisiaire de Dioscore, ce qui lui fournit l'occasion d'être nommé évêque de Constantinople après la mort de Flavien. Nous savons aussi que cet emploi, qui supposait nécessairement une certaine habileté dans les affaires, conduisait souvent au souverain pontificat : ainsi S. Grégoire le Grand, Vigile, Pascal, Sabinien avaient été apocrisiaires de l'Église Romaine avant d'être papes, et étant diacres. Peutrêtre ce nom de diacre qui leur est donné est-il moins le titre d'un ordre sacré que celui de la fonction de délégué ; car le mot Bidixovoç a en grec le sens du latin minister, ministre, envoyé. Ce qui nous inclinerait à le croire , c'est un texte de S.Grégoire le Grand, qui, écrivant à l'empereur Phocas {Epist, xliii) , pour s'excuser d'avoir laissé quelque temps cette place vacante à la cour de ce prince , ne désigne l'apocrisiaire que sous le nom de diacre : Quod permanere in palatiojuxta antiquam consuetiuiinem apostolicx sedis diaconem vestra serenitas non invenil, non hoc mex negligenlix, sed gravissimx necessitatis fuit, «r Si votre sérénité n'a pas trouvé, résidant au palais , selon l'ancien usage , un diacre du siège apostolique, ce n'est point l'effet d'une négligence de ma part, mais bien celui d'une grave nécessité. » Quoi qu'il en soit, c'est là l'origine des légats et nonces apostoliques.
Les monastères avaient aussi leurs apocri-