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siaires, accrédilés , non point auprès des empereurs, mais auprès des évéques sous la juridiction desquels ils étaient placés , afin d'y poursuivre les causes intéressant soit le monastère lui-môme, soit quelqu'un de ses membres. Ce fait nous est révélé par une novelle de Justinien (lxxix. c. 1), qui dispose que, dans le cas de nécessité, les moines doivent répondre par Torgane de leurs apocrisiaires, soit responsales. Et ceux-ci étaient aussi quelquefois pris parmi les clercs , comme le prouvent les actes du cinquième concile général (Act. i), où nous voyons un certain Theonas se prévaloir du titre de prêtre et d'apocrisiaire du monastère du Mont-Sinaï. Plus tard, les empereurs donnèrent le nom d'apocrisiaires à leurs ambassadeurs, et môme à un envoyé quelconque. Nous faisons ici cette observation d'après Suicer {Thesaur. i. 456), pour mettre le lecteur à môme de ne pas confondre dans les auteurs anciens l'acception civi'e du mot apocrisiaire avec sa signification ecclésiastique.
APOTRES. — 11 n'y a guère que S. Pierre et S. Paul pour lesquels l'art chrétien ait adopté et à peu près constamment respecté depuis le quatrième siècle des types de convention. Nous considérons ici les douze apôtres collectivement et abstraction faite de tout caractère individuel. A l'exception de S. Pierre qui, de très-bonne heure, est représenté avec les clefs (V. l'art. Cle/sde S, Pierre), ce n'est pas trop avant le quatorzième siècle qu'on imagina de donner à chacun des douze apôtres un attribut spécial (V. Buonarruoti. Vetri. p. 99). Jusque-là ils ont un attribut commun et unique, le volume roulé qu'ils tiennent de la main gauche.
I. — Leurs représentations symboliques sont probablement les plus anciennes, voici les principales : 4" Les agneaux ou mieux les brebis (V. l'art. Brebis) au nombre de douze : comme des agneaux ils ont été immolés pour le Seigneur (Durant. Ration, div. offic. 1. i. c. 3. n. 10) , ainsi qu'il le leur avait prédit luimôme : Ecce ego mitto vos sicut agnos inter lupos. < Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups (Luc. x. 3). » Ils sont ainsi figurés dans d'anciennes mosaïques (Giampini. Vet. mon, ii. tab. xxiv), dans les bas-reliefs des sarcophages (Bottari. tav. xxviii et alibi). Il y a presque toujours un treizième agneau placé sur un monticule avec les quatre fleuves (V. l'art. Fleuves), et qui représente Notre- Seigneur.
2" Le cerf. A défaut de monuments , nous avons, pour ce symbole le témoignage de S. Jérôme (/n [sa. xxxiv) et celui de Bède (In ps. XXV m).
3" Les colombes, parce que Notre-Seigneur
leur avait adressé la recommandation : Ef^totf simplices sicut columbx, c Soyez simples comme des colombes (Matth. x. 16). » Nous savons par S. Paulin (Ep. xii. Ad Sev,) qu'on peignait les apôtres sous ces emblèmes sur les murailles des basiliques, et son église de Nola était ornée d'une croix environnée d'une couronne composée de douze colombes. Aujourd'hui encore , on voit dans l'abside de Saint-Clément de Rome une croix en mosaïque où Notre-Seigneur est environné de douze colombes ( Bottari. I. p. 118) ; et Millin a publié un sarcophage d'Arles {Midi de la Fr, Atlas, pi. Lvi) sur la frise duquel les apôtres sont figurés par douze colombes rangées six par six des deux côtés du chrisme qui occupe le centre. Le môme sujet parait sur la tranche de la table d'un autel antique que nous avons reproduit à l'article Autel (V. ce mot).
4® Le palmier. Quelques mosaïques de basiliques romaines (Giampini. Vet, mon, ii. tab. 23 montrent les apôtres représentés en personne et à côté de chacun d'eux un palmier. S. Tha mas {Expos, in Cant, y) enseigne que cet ar bre symbolise les apôtres, parce qu'il exprim» par la hauteur de sa taille leur élévation dan l'Église de Dieu , et par les idées de victoir qu'il réveille , leurs victoires sur la persécu tion par le martyre , et sur l'idolâtrie par l'as cendant de leur parole.
5« Enfin nous avons un exemple de pierr sépulcrale (V. Lupi. Dissert, e lett. i. p. 260) o les douze apôtres sont symbolisés par douze A rangés six par six aux deux côtés d'une port sur laquelle les sigles A et w tiennent la plac de Notre-Seigneur.
6" Ces paroles adressées par Jésus-Christ ses apôtres : Faciam vos piscatores hominum a Je vous ferai pécheurs d'hommes (Mattl xix) , » autorisent, ce semble , à voir leur re présentation emblématique dans des person nages occupés aux diverses opérations de 1 poche, lesquels figurent dans le bas-relief d'u curieux sarcophage du cimetière du Vatican (Bottari. tav. xlii). (V. l'art. Pécheurs.)
II. — Les images des apôtres , sous form humaine, étaient plus nombreuses encore qu leurs représentations symboliques. Voici le principales classes de monuments où elles s rencontrent : 1° Peintures. La plupart des fres ques contiennent l'image du Sauveur instrui sant ses apôtres groupés autour de lui (Bottari tav. CLXviii et passim). Bianchini ( (hmonsti hist. eccl, tab. ii. saec. i. n. 25) a publié un fresque du cimetière de Priscille représentai) les apôtres dans le cénacle, avec le mot advin ivs, monument curieux et probablement uniqu dans son genre. Au temps de S. Jérôme (Hie ron. In cap, iv /owa?), on peignait ces image sur une espèce de vases appelés sauromaria
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!• Uosaltiues. Dans la caUcombe de la voie SiUria. eiiste une belle mosaïque de style n main retraçant les douze apdtres assis sur di irines. des deui côtés de Notre-Seignei ■Hjnchini. Ad ATiastai. t. lu. Proleg. p. 25) : oDdoit voir ici sans aucun doute une ail i cette promesse de Jésus-Christ (Matth. S) : I En vérité je vous le dis, vous (jui m islii, lorsqu'au temps de la régénération, te Fili de l'homme sera assis sur le Irdne de
duBie trônes, jugeant les douze tribus d'is- Tit\. Stdtbitit et vos luper itdts duodêcim, juiicanksduoleeiin tribus (sratl. • A Saint-Jean n Fonte de Havenne, les douze apdtres debout tieimeal à la main une couronne, et sont coif' lis d'une espèce de tiare (Ciamp. Vet.mon. i. p.!3'i).CettemosaIque est du cinquième siècle, aile de Sainte-Agathe in Su6(«Ta(ld.(. 271), à peu près de la même époque que la précédente, se distingue par celte particularité quf S.Pierre seul, en signe de sa suprématie, esi mSt de cette même tiare. On peut citer encore celle de Saint-Jean de I^atran (Asseman Diforietin. Lattr. tab. u-iii). et celle dt Siint - Venance , près de la même basilique iCiamp. Yet. mon. ii. tab. xxx),
3= Sculptures. Constantin avait placé dans la basilique de son nom les statues des douze apilres presque de grandeur naturelle ; elles *laientenargent et couronnées (Dam. tn Ss't'Oi il avait aussi orné des statues des douze apâ* 1res son tombeau à Constantinople , afin qu'a prrs !^ mort il eût part aux prières qu'on viendrait leur adresser en ce lieu (Euseb. Vil. Coul. I. IV. c. 60). Au huitième siècle, Sergiuj 1 renouvelle les statues des apâtres tombât de vétusté (Platina. ap. Molan. p. 51. fd. Pïquot).
Presque tous les sareophagei antiques, romaiia 011 autres, représentent quelques apôtres iBijtant Notre-Seigneur dans ses dififérents miracles. Mais il en est un certain nombre oii ils se trouvent tous ensemble, ayant au milieu d'eu! le Sauveur debout sur un monticule d'oii s'échappent quatre ruisseaux. Ils tiennent en (éatral la main droite élevée et dirigée vers le maître, comme pour marquer leur adhésion ' à ses paroles. Notre-Seigneur étend majeslaeusement la main droite, comme pour leur owntrer l'univers qu'ils sont appelés à conquérir à sa foi ; et de la gauche, il remet à S. Pierre un \-otume déroulé qui n'est autre que le bvre de la loi nouvelle dont il doit être le gardien. Tels sont ceux que Bottari reproduit dans les planches xxi-xxv'xxx, etc. Souvent ils sont distribués deux k deux dans des compartiments formes par d'élégantes colon- ! nés; distribution qui, selon quelques antiquaires, ferait allusion h l'ordre que Notre- |
Seigneur leur avait donné, d'aller deux à deux prêcher l'Évangile (Matih. x. — Luc. ix. — Marc, vi), et qui se remarque non-seulement à Rome (Bott. l et alibi) , mais aussi dans les Gaules, témoin le sarcophage de Saint-Piat, près Maintenon (V. le Blant. hiscr. chr. de la Gaule. i.,302), celui de Sntnt-Ambroise de Milan, et un de Marseille, oii, par exception, Hotre- Seigneur et les apétres sont assis (Millin. Midi de la Ft. pi. L[x). 11 en est de même dans un sarcophage de Rigneux-le-Franc (Ain). Ceci est un caractère particulier aux tombeaux de la Gaule. (V. l'art. Sarcophages.)
4" Lampes. On pense que les premiers chrétiens avaient puisé l'idée de représenter les apétres sur des lampes dans ce mot que Jésus- Christ leur avait adressé : Vos estis lux niwuii. ( Vous êtes la lumière du monde, • (Matth. v. 14.} Le Mutxum Cortonense (Tab. lxxxit) contient la gravure d'une fort belle lampe d'argile, autour du disque de laquelle sont distribués les bustes des douze apôtres, des deux côtés du chrisme gemmé.
5" Bronzes. Lupi {bissert. i. 262) cite un basrelief en bronee antique , doré , où les bustes des douze apôtres sont placés dans des espèces de boucliers de forme circulaire ; au milieu est un bouclier plus grand que les autres renfermant une chaii-ir épiscopale sur laquelle repose un livre ouvert, lequel est l'Evangile, tenant la place du Sauveur lui-même. Les douie apôtres eu buste se voient sur le disque
quelques-unes des fioles de Monza. (V. tiui-
Itss.
6" Pierres gravées. Allogranza (Opuscoli, p. 178) illustre un lapis-lazuli avec les douze apôtres en pied entourant le Bon-Pasteur.
7" Verres peints ou dorés. Un de ces fonds de coupe fait voir les douze apôtres en pied , rangés autour du buste du Sauveur. Nous don-
ici le dessin d'un verre tout semblable emprunté à rou\Tagc du P. Carrucci (Veiri. i\. 4). et rcmai-quablr en ce que le nom de
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S. Pierre seul y est écrit en tôte de la légende : PETRVS CVxM TVIS OMNES ELARES PIE ZESES.
(V. Part. Acclamations,)
8» Étoffes. Anastase le Bibliothécaire mentionne fréquemment de riches tapis décorés de de ces images, et Bède (De loc. sanct. v) parle d^un linteum opère textorio qui était aussi enrichi des figures des douze apôtres.
III. — Dans ces diverses classes de monuments, les apôtres sont toujours vêtus de la tunique et du pallium , et les peintures leur donnent en outre la tunique ornée sur le devant de deux bandes perpendiculaires de pourpre, et dans les mosaïques, le pallium est marqué du monogramme l. (V. Fart. ^or*o^. sur les vétem,) Souvent, comme indice de pauvreté, on les revêt d'une tunique très-courte (Buonar. Vetri, tav. xv. 2), telle que la portaient les Romains dans leur simplicité antique. Quelquefois ils ont les pieds nus, selon l'usage à peu près général des peuples de l'antiquité (Bottari. tav. cxxxi et p. 6. t. m); mais le plus souvent ils sont chaussés de sandales, caliysp, conune , par exemple , dans la mosaïque de Saint- Aquilin à Milan (AUegr. Monum. tav. i), et non de chaussures couvertes, caicct, conformément à l'exemple et au précepte du Sauveur (Marc. VI. 9. — Matth. x. 10), et selon ce que les actes nous apprennent de leurs habitudes {Act, xii), lesquelles se sont conservées longtemps chez leurs successeurs , particulièrement chez les souverains pontifes (V. Pouillard. Del bacio del piede del soinmo pontifice, p. k),
La plupart ont la chevelure courte, quelquesuns la portent longue pour indiquer qu'ils sont nazaréens (Bott. loc. laud. et notre art. Vêtements des premiers chrétiens^ etc.). Toutes les fois qu'ils sont rangés autour du Sauveur pour écouter sa parole , ils étendent la main droite de son côté, en signe d'attention et de respect; dans les peintures, la main gauche est cachée sous le manteau ; dans les bas-reliefs , au contraire, où ils sont vus debout, cette main tient un volume roulé ou à moitié développé. Ils sont presque toujours au nombre de douze ; cependant il arrive quelquefois, par exemple dans une belle fresque du cimetière de Sainte-Agnès (Bottari. cxlvi) et dans la mosaïque de Saint- André tfi Barbara (Ciamp. i. tab. lxxvi), que six apôtres seulement représentent le collège apostolique. Une circonstance plus importante encore à noter, c'est que S. Paul figure presque toujours au nombre des douze (V. Bottari. tav. xxv-L. etc.) ; il tient la place de S. Mathias qui, n'ayant pas été appelé directement par le Sauveur, n'était arrivé à l'apostolat que par l'élection, pour remplacer Judas. Ceci nous parait prouvé par la mosaïque de Saint-Jean in Fonte de Ravenne (Ciamp. Vet. mon, i. tab.
Lxxi. p. 234) où chacun des apôtres est désigné par son nom ; Mathias seul manque, et S. Paul est à côté de S. Pierre, comme à l'ordinaire. (V. l'art. S. Pierre et S, Faut).
ARBRES. — On rencontre souvent dans les fresques des catacombes, sur les pierres sépulcrales (V. Aringhi. t. ii. p. 522. — Lupi. Sever. epitapk, tab. xvii. — Boldetti. p. 362-364), sur les verres peints (Buonar. tav. xviii. 2 etxxi.l), des arbres de diverses espèces. Les antiquaires les placent au nombre des symboles chrétiens et leur assignent différentes significations.
1« Ils les regardent d'abord comme un symbole de Jésus-Christ , d'après l'autorité d'Origène {In Epist. ad Rom. vi) qui, commentant ces paroles de S. Paul (Rom, vi. 5) : Si complantati facti sumus similitudini mortis ejv»; simul et resun ectionis erimus, « Si nous avons été entés en Jésus-Christ par la ressemblance de sa mort, nous serons aussi entés en lui par la ressemblance de sa résurrection, » ajoute : « Le Christ qui est la vertu do Dieu, la sagesse de Dieu, est aussi l'arbre dévie, sur lequel nous devons être entés ; et, par un nouveau non moins qu'admirable don de Dieu, la mort du Sauveur devient un arbre de vie. » (V. aussi S. Cyrille de Jérusalem. Caiech. xviii.)
2« Se fondant sur la parole de Jésus-Christ (Matth. vu), S. Jérôme (Hom. In Cant,) compare l'homme à un arbre, parce que , comme l'arbre, il produit de bons ou de mauvais fruits, c'est-à-dire des actes vertueux ou coupables. Ailleurs (Hom. iv In Cant,), il dit que chaque membre de l'Église a une analogie spéciale avec une espèce d'arbre , selon le genre de vertu dont il est orné. Le môme Père voit aussi dans l'arbre l'emblème de l'homme juste et ferme dans la vertu , et que les vents conjurés des tribulations de la vie ne sont pas capables de déraciner (Ep. vi Ad homin, œgrot. et Comment, in Oste, cxrv); et aussi Temblème des Saints, lorsque, à propos de ces mots d'Isale (lx) : Gloria Libuni data çst ei, f La gloire du Liban lui a été donnée, > il dit que l'homme saint, comme un arbre fécond, ne cesse^de jeter dans le sein de l'Église les fleurs et les fruits de ses bonnes œuvres et de ses salutaires exemples. S. Fulgence expose la même doctrine dans son sermon sur les confesseurs de Jésus-Christ, où il dit que nous sommes des arbres plantés dans le champ du divin agriculteur Jésus- Christ: Arborei $umus^ fratres, in agro dominico constitutx; Dominas autem noster a^ricola est; et que , si nous ne pouvons pas tous produire les mêmes fruits ou des fruits aussi abondants, aucun de nous néanmoins ne doit rester sté* rile, ni occuper inutilement la terre.
3" Les arbres ornés de leurs feuilles, de quelque nature qu'ils soient, ont la signification
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générale de désigner le paradis, c'est-à-dire la félicité éternelle où les justes sont admis. C'est pour cela qu'on en voit ordinairement dans les mosaïques des absides des basiliques romaines et autres qui représentent le plus souvent le séjour des bienheureux. (V. Part. Paradis.) Nous pouvons citer pour exemples les mosaïques des Saints-Côme-et-Damien (Giamp. va, mon. t. II. lab. xv), de Sainte-Praxède (Id. t6.tab. XLVii), de Sainte-Cécile (Id. ib. tab. lu). Les fonds de coupe offrent fréquemment les mômes emblèmes, quand ils ont pour objet de montrer quelque Saint dans sa gloire : le Saint y est représenté , dans Tattitude de la prière, entre deux ou plusieurs arbres revêtus de leuj feuillage. C'est ce qu'on observe en particulier pourSte Agnès (Buonar. tav. xv;ii-xxi. — Bottar. tav. xcvii. 4), et le môme motif se présente sur des sarcophages (Monum. de S le Ma- (Meifia. t. I. p. 704) et même sur de simples pierres sépulcrales (Perret, vol. v. pi. v).
k" D'après le livre d'Herman (L. m Similit. 3et4.— cf. Buon. p. 123), en outre de lafélicité étemelle, les arbres expriment encore les bienheureux qui en jouissent, parce que les justes, pendant l'hiver de cette vie, ne se distinguent point d'avec les pécheurs, attendu que, en cette saison, aucune différence extérieure n'existe entre les arbres vivants et les arbres morts ; mais au contraire, dans l'autre vie, on reconnaîtra les justes, arbres vivants et vigoureux, parés du feuillage et des fruits de leurs œuvres, tandis que les impies paraîtront secs et arides.
h^ Quelquefois, on remarque, sur les tombeaux, deux arbres opposés, l'un verdoyant, Tautre flétri et presque complètement dépouillé de son feuillage, comme, par exemple, sur quelques Utuli de la Gaule (Le Blant. Inscr. ckrit, p. 390. 394. 409). On a cru voir dans cette représentation une allégorie relative à l'imperfection de l'existence terrestre, et à l'avenir plus heureux et plus parfait qui nous attend dans un monde meilleur. M. deFlorencourt (Cf. Le Blant. loc. laud.) rapporte à ce propos une inscription où figure un néophyte recevant le baptême, et placé entre un arbre ûeuri et un arbre desséché. Ici l'explication indiquée nous parait insuffisante et vague. Il est plus plausible, à notre avis, de reconnaître dans l'arbre desséché l'image du misérable état de l'homme avant son baptême , et dans Tarbre fleuri l'emblème de sa régénération par ce sacrement.
6» Dans cette position, c'est-à-dire sur les monuments funéraires, l'arbre peut être aussi un symbole de la résurrection. Car il s'y trouve souvent associé à d'autres types ayant la même signification, la résurrection de Lazare, par exemple. Ainsi voit-on sur un fond de
coupe doré (Buonarruoti. tav. vu. Ij un arbre pousser vigoureusement entre les pierres qui composent le tombeau de l'ami de Jésus-Christ. Ailleurs, toujours sur un verre historié (Bottar. III. tav. cxcvii. 1), Tarbre est en avant du sépulcre, c'est-à-dire entre le Sauveur et la momie. On sait que l'arche de Noé est aussi comptée parmi les nombreux emblèmes de la résurrection (V. l'art. Noé) ; or nous avons observé dans les sculptures d'un très-curieux sarcophage du Vatican (Bottari. tav. xlii) un grand arbre garni de ses feuilles planté au milieu de l'arche à la place où est ordinairement Noé, et à côté, comme pour compléter le sens, le miracle de Lazare et celui de Jonas desquels la signification n'est pas douteuse.
Nous devons ajouter quç les monuments représentant la résurrection de Notre-Seigneur placent presque toujours aussi des arbres ou des végétaux quelconques sur le tombeau ou autour de l'édicule : nous signalons notamment cette intéressante circonstance dans plusieurs des vases de Monza (V. Mozzoni. Sec. vu. p. 84) ; et plus visiblement encore dans un médaillon rapporté par Munter {Symb. pars I. tab. I. n. 4); et ici on ne saurait douter de la nature du sujet, car on y lit le mot anactaac, résurrection,
ARCUËOLOGIË. — I. — Dans son acception générale, et d'après son étymologie à^x^Xoç ancien, et "kà-^oi, discoursy le mot archéologie comprend l'étude complète des choses anciennes, des mœurs et coutumes, comme des monuments. Appliqué aux origines chrétiennes, il désigne la science^qui a pour objet de retracer, à ces deux points de vue, ou mieux peutêtre dans ces deux éléments essentiels, l'état religieux et social de nos pères dans la foi.
1" Par mœurs etcoutumes (Ce sont les termes successivement adoptés par Fleury et par Mamachi dans le titre d'ouvrages spéciaux), nous entendons tout T ensemble des habitudes et de la vie des premiers chrétiens; leur mode d'existence au sein de la société païenne d'abord, puis sous le régime de la tolérance, plus tard sous celui de la liberté, et enfin sous celui de la protection ouyerte et de la reconnaissance légale et bientôt exclusive; nous comprenons leurs vertus, leurs épreuves, les calomnies et les persécutions auxquelles ils furent en butte ; mais par- dessus tout, leur culte, exercé d'abord à l'ombre de la bienveillante hospitahté de demeures privées, caché dans le mystérieux asile des catacombes, puis respirant à l'aise après la pacification, et peu après développant librement ses splendeurs dans ses basiliques en plein air ; nous comprenons la discipline, qui suivait, pour la régler, la vie du chrétien dans tous ses détails; la liturgie du sacrifice, des sacrements.
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de la prière, la hiérarchie avec toutes ses ramifications, les conciles, les ordres religieux, les hérésies; toutes les institutions spéciales, relatives, soit à l'assistance fraternelle, aumône, hospices, hospitalité, enfants trouvés, soit à l'éducation, aux écoles, aux bibliothèques, aux professions, au soin des mourants, aux funérailles, à la sépulture, etc., etc.
2® Nous n'ignorons pas (ju'on restreint communément le mot archéologie à cette partie de la science qui a pour objet de décrire et d'expliquer les monuments des anciens. Nous n'avons pas pensé devoir nous conformer à cet usage : c'eût été, à notre avis, donner une idée incomplète du champ qu'exploite l'antiquaire chrétien, et en particulier du présent recueil qui embrasse un cercle d'études plus étendues, lesquelles rangées dans les deux grandes classes sus-énoncées, s'éclairent mutuellement et s'expliquent les unes par les autres.
La vie purement civile des chrétiens ne se distinguait de celle des idolâtres que par la fidélité, la probité avec lesquelles ils en remplissaient les devoirs : extérieurement tout était semblable chez les uns et les autres. A-Ussi Tertullien {Apolog. xlii), ayant k repousser l'accusation portée contre les fidèles d'être des hommes inutiles dans les affaires du monde, infrucluosi in negotiis, trouve-t-il dans la netteté de leur position à cet égard une facile défense : « Pourquoi ces reproches à des hommes qui vivent avec vous, usent de la môme noUn'iture , des mêmes vêtements, des mômes meubles que vous ? Nous ne sommes pas des brachmanes ou des gymnosophistes des Indes, habitant les forêts, exilés de la vie.... Nous ne sommes pas en ce monde sans forum ^ sans marchés, sans bains, sans boutiques, sans hôtelleries, sans foires; et nous aussi, nous sommes marins, soldats, laboureurs, marchands, tout comme vous ; nous mêlons notre industrie à la vôtre ; nous travaillons pour le public. »
Ceci exphque suffisamment comment il se fait que l'archéologie chrétienne n'ait guère à s'exercer que sur l'élément religieux de la vie des fidèles des premiers siècles, le seul qui nous soit connu d'une manière exphcite, et le seul aussi qui, se détachant avec une saillie bien prononcée du tableau général des civilisations antiques, ouvre aux investigations de l'antiquaire une carrière spéciale, un texte d'études tout neuf, où toute induction tirée du passé est sans application possible.
Cependant, si spécial qu'il soit en réalité, et si restreint qu'il puisse paraître au premier abord, cet élément de l'existence des premiei-s chrétiens a inspiré à lui seul une telle et si riche variété de monuments, que nous pouvons aisément appliquer à leur classification toutes les grandes divisions basées sur la divei'^ité
des arts : car tous les arts sans exception furent mis par la primitive Église au senice de la manifestation extérieure de la foi, et du sentiment religieux si prodigieusement développé chez nos pères.
Or ces divisions générales peuvent se réduire à cinq, que nous plaçons ici sous les yeux du lecteur, avec leurs principales subdivisions.
A. Architecture : édifices religieux ou funéraires, dans ks catacombeSy en plein air : cryptes, chapelles, cubicula, basiliques, baptistères, autels, tombeaux, etc.
B. Sculpture : statues, bustes; bas-reliejs; sur marbre, sarcophages ; — sur ivoire, diptyques ; — sur métal , vases et autres instruments, etc.
C. Peinture: pciw/uresmura/es, fresques, etc.; peintures sur verre, fonds de coupe ; peinture en mosaïque, dans les catacombes, sur les tombeaux, et surtout dans les basiliques, etc.
D. Gravure : sur marbre ou sur terre cuite, inscriptions de toute sorte ; — sur pierres fines, en creux ou en relief; — sur métaux^ médailles, anneaux, etc.
E. Meubles et ustensiles : religieux, vases sacrés ou liturgiques, vases de verre ou d'argile renfermant du sang de martyrs, ou ayant servi dans les agapes, instruments de torture; ustensiles domestiques , objets de toute sorte, vêtements, bijoux, amulettes, jouets d'enfant, recueillis dans les sépultures ; ustensiles mixtes, lampes en métal ou en terre cuite, ornées de symboles, et ayant servi, soit dans la vie privée , soit dans les exercices du culte aux catacombes, etc., etc.
IL — Utilité et importance de l'archéologie chrétienne. 11 est superflu de dire que cette question ne saurait avoir pour objet la partie de la science qui s'occupe des institutions et des mœurs, étudiées directement dans les documents écrits : révoquer en doute i'utihté de cette branche de l'archéologie, ce serait méconnaître l'utilité de l'histoire elle-même. Tous les peuples ont tenu à s'initier à la connaissance de la vie de leurs ancêtres, à scruter leurs annales , afin de s'approprier leur gloire et de s'animer à la vertu par leurs exemples. L'Église de Jésus-Christ a bien d'autres raisons encore de maintenir pure et intacte la mémoire de son passé, elle qui ne puise la raison de son autorité et même celle de son existence que dans la divinité bien constatée de son origine et dans la continuité non interrompue de ses traditions.
Nous devons donc restreindre la question proposée à ce qui concerne les monuments figurés, et nous demander quelle est l'utilité de l'archéologie considérée à ce point de vue spécial. Cette utilité est d'une double nature, utilité historique, utilité dogmatique.
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La première lui est commune avecrarchéologie profane.
L'archéologie chrétienne est le guide le plus sûr et le plus fidèle pour Thistorien des origines du christianisme ; elle lui fournit toute une classe de documents authentiques et irrécusables, témoins de marbre, de bronze, de bois, de cristal, etc., dont la véracité échappe à tous les faux-fuyants de la subtilité de l'esprit humain. Tous les monuments sortis de la main des premiers chrétiens, tous, môme les plus insignifiants en apparence, depuis le grand système des cryptes sacrées des catacombes pris dans son ensemble, depuis la basilique aux imposantes proportions, jusqu'à la plus humble pien^ faisant lire quelque nom obscur accompagné d'une formule chrétienne, jusqu'au plus petit fragment de verre, jusqu'à cette chétive lampe d'argile portant l'empreinte de quelque syQil)ole de la loi, tous déposent de quelques laits intéressants, et Tensemble de ces laits compose comme une statistique morale de la pnmitive société des croyants.
Les monuments de la Grèce et de Rome servent admirablement à illustrer Homère, Euripide, Virgile, Ovide, etc.; une statue , un bas-rehef, une inscription, ont plus d'une fois fait jaillir avec une limpidité inespérée des laits historiques qui jusque-là étaient restés ensevelis dans des textes ooscurs et réputés inintelligibles. De même les monuments de nos pères dans la foi viennent-ils jeter une vive lumière sur le grand livre de l'ancienne et de la nouvelle alUance, aussi bien que sur les écrits souvent difficiles des anciens Pères, de TertuUien, par exemple, de S. Cyprien, de S. Cyrille, de S. Ghrysostome, de b. Clément ^Alexandrie, d'Amoue, et parmi les poètes, de Prudence, de Sedulius, de Synesius, pour De parler que des principaux, lesquels tiennent dans l'étude aes choses chrétiennes la place qu'occupent parmi les écrivains de l'antiquité quelques-uns de ceux que nous estifluos le plus, et que nous prenons volontiers pour guides dans l'interprétation des monuments du paganisme.
On peut altérer un texte important d^un
historien ou d'un apologiste, ou supposer, dans
l'intérêt de quelque mauvaise cause, qu'il a
été falsifié ou mal reproduit par des copistes
inhabiles ou infidèles; mais s'inscrire en faux
contre ce que l'antiquité a buriné sur le bronze
ou sculpté sur la pierre, c'est moins facile.
Ainsi, considérée comme simple auxiliaire de
lliistoire, Tarchéolo^ie présente déjà une
grande importance ; à ce simple point de^ vue,
si secondaire qu'il soit, elle est en droit de
nous intéresser vivement, puisqu'elle nous fait
vivre et nous entretenir avec ceux qui furent
les prémices de la part de Jésus-Christ, les
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modèles et les guides de notre carrière mortelle. £t si les produits de l'art chrétien se montrent inférieurs en nombre et en perfection à ceux de l'art antique , ce qui s'explique par diverses causes dont le développement ne serait pas ici à sa place , combien ne les surpassent-ils pas en utilité et en noblesse ! « Il n'est pas, disait Reinesius {Var. lect, p. 151), une particule de l'antiquité chrétienne qui ne soit plus noble et plus digne d'honneur que tous les monuments païens. » AntiquitcUis ctiristianas particula quxque qtMvis pagana est fiobilior hofiuratiorque.
Pourquoi cette prééminence? Parce que l'histoire du christianisme primitif, c'est plus que de l'histoire, c'est du dogme, ou, si l'on veut, c'est de l'apologétique cathoUque. Car tracer le tableau de la foi, du culte , de la discipline essentielle de l'Église primitive , c'est faire le portrait de l'Église actuelle; l'Église catholique se retrouve tout entière dans la vénérable antiquité. L'Église de Pie IX est le dernier anneau d'une chaîne qui, à travers dix-neuf siècles, va se nouer à S. Pierre et à Jésus-Christ. Voilà ce qui ressort de l'étude des monuments.
Placez au sein du musée du Latran un dissident quelconque; pourvu qu'il soit homme de bonne loi et de bonne volonté, et sans parti pris, vous n'aurez pas de peine à lui faire toucher du doigt dans des arguments matériels la vérité de tout ce qu'il nie et de tout ce qu'affirme l'Église catholique : dans la salle des peintures et dans celle des sculptures, une foule de vérités dogmatiques, quelquefois recouvertes à peine des voiles transparents d'un ingénieux symbolisme , tantôt exprimées directement et sans mystère; le culte des Saints et de la Vierge en particulier, le culte des images ; le baptême dans l'aveugle-né, la pénitence dans le paralytique , l'eucharistie dans des festins symboliques , dans des cistes renfermant le pain et le vin; et la foi à la résurrection future, partout.
Dans la galerie des inscriptions, en un certain nombre de séries systématiquement disposées par le savant chevalier De' Rossi , ce qui concerne les dogmes, entre autres la divinité de Jésus-Christ , l'invocation des Saints^ la prière pour les morts; ce qui constate les degrés de la hiérarchie ecclésiastique telle qu'elle est aujourd'hui encore en vigueur, évoques, prêtres, diacres, jusqu'aux lecteurs, aux acolytes, aux exorcistes ; les fossores^ les notarii et les autres fonctionnaires attachés au service de l'église y sont représentés aussi par de nombreuses épitaphes. Il en est qui marquent nettement la distinction entre les laïques et les clercs, entre les veuves , les vierges consacrées au service de Dieu et les simples chrétiennes , entre les fidèles ou baptisés et les catéchumènes et les