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pante encore de la Ste Trinité ; les trois personnes y apparaissent distinctement, le Père dans la main qui sort du nuage, et tient lieu de la voix disant : Cduï-ct est mon fils bienaimé; le Fils que S. Jean baptise dans le Jourdain; le Saint-Esprit figuré par la colombe. (V. l'art. Baptême.) Telle était sans doute la peinture de l'Église de Saint-Félix de Nola que S. Pauliii décrit ainsi :
Toto coruscat Trinitas mysterio,
Stal Christus amne, vox Patris cœlo lonat,
Et per columbam Spiriius sanctus fluit.
« La Trinité brille de tout l'éclat de son mystère, — Le Christ est dans le fleuve, la voii du Père tonne du haut du ciel, — Et le Saint-Esprit se montre dans la colombe. >
Contre l'opinion de Giampini (Vet. mon, ii. p. 61), nous verrions une représentation de la Ste Trinité dans une mosaïque des Saints- Cosme-et-Damien , datant du sixième siècle (Id. tab. xvi). Notre- Seigneur enseigne sur la montagne, une main tient une couronne suspendue sur sa tète, et on sait que cette main est la représentation hiéroglyphique de Dieu le Père (V. l'art. Dieu),\ enfin le Saint-Esprit est figuré par une colombe à tête radiée qui vole vers Jésus-Christ. Mais un sarcophage récemment découvert et qui fait le plus bel ornement du musée du Latran présente quelque chose de plus clair encore. La Ste Trinité y est représentée par trois personnages barbus, et paraissant être du môme âge, pour exprimer la coéternité des trois personnes divines. Elles sont occupées à la création d'Eve. Le Père est assis sur un siège en treillis recouvert d'une draperie, et avec le suppedaneum. Un second personnage debout devant lui, et qui est le Fils, ayant le visage tourné vers le Père, tient soulevé le corps d'Eve qui vient de sortir du flanc d'Adam encore étendu à terre. Enfin le troisième personnage, qui est le Saint-Esprit, est debout derrière le siège du Père. Le monument où nous puisons cet intéressant sujet est de la seconde moitié du quatrième siècle. Il a été trouvé dans les fondements de la basilique de Saint- Paul qui avait été bâtie par Théodose. (V. la fig. de Part. Sarcophages, n.L)
Les trois personnes divines sont nommées sur quelques inscriptions antiques. On en lit une danslaRomç souterraine deBosio(P. 1^8), qui cependant n'est pas de l'époque des catacombes : IN NOMINE PATRIS OMNIPOTENTIS ET DOMINI NOSTRI lESV :^ FIL (| ET SANCTI PARA-
CLETi.... La même formule est facilement reconnaissable (Le Blant. Inscr, chrét, de la Gaule. I. p. 222) sur un marbre très-fruste trouvé à Saint-Taurin d'Évreux il y a peu d années.
M. De' Rossi (i. p. 222. n. 523) donne une inscription de l'an 403 commençant par «s
mots : QVINTILIANVS. HOMO. DEI || CONFIRMAKS-
TRiNiTATEM.... Cette formulc jusque-là inusitée exprime sans doute la foi à la Ste Trinité.
TMSAGIOÎV (ou HYMNE chérubiqle). - Voici quelle était la forme primitive de celle hymne : Sanctus^ Sanctus^ Sanctus Doroinus Deas sabaoth : pleni sunt cœli et terra ylùm ejus : benedictus in sxcula : amen. Ainsi lisonsnous au huitième livre des Constitutim ûpr>stoliques (Cap. lxxii}. Un peu plus tard, l'Église ajouta quelques mots : Sanctus Deu$, San<:h$ for lis ^ Sanctus immortalis miserere nobisXeW' addition eut lieu au concile de Chalcédoin»^ ^Act. i), à propos de la condamnation de Dioscore. Les orthodoxes adoptèrent cette modification, si nous en croyons S. Jean de Damas {De orthodox, fiJe.\. m. c. 10), pour proclamer leur foi à la Ste Trinité.
Aussi lorsque Pierre Gnaphée, voulant in troduire* l'hérésie des théopaschites qui affirmaient que la nature divine avait souffert sur la croix, eut ajouté cette clause : Qui crucifixus es pro nobis; tout aussitôt les évoques catholiques y firent- une nouvelle addition consistant à dire : Sanctus Deus^ Sanctus (orfortis, Sanctus immortalis ^ Christ e rex, qui crucifixus es pro nobis ^ miserere nostri: c'est ce que nous apprenons de Théodore le Lecteur (LiJb. Il) et de plusieurs autres historiens. Mais ces additions, quelles qu'elles fussent, n'étaient pas sans exciter des troubles dans les Églises tant de TOrient que de l'Occident, dont la plupart les rejetaient ; et dans plusieurs provinces de l'Europe on se mit à chanter, à la place de ces additions plus ou moins suspectes à cause de leur nouveauté, cette formule simple el sommaire : Sancta Trinitas^ miserere nobis.
C'est surtout au milieu de la sainte synaxe. c'est-à-dire après la préface, que se chantait cette hymne chérubique. S. Cyrille de Jérusalem {Catech. v. n. 5) et S. Chrj'sostome {Boni, in serophim. t. m 0pp.) en parlent comme terminant l'action de grâces ; et plusieurs conciles de l'Occident (Concil. Vasense n. can. k] prescrivent de la dire à toutes les messes, soit matinales, soit quadragésimales, soit même aux messes des défunts : cette dernière prescription avait sans doute pour but de réprouver la fausse opinion de ceux qui estimaient que cette hymne de joie et vraiment triomphale n'était pas convenable dans les messes lugubres.
Cependant elle se chantait dans d'autres occasions encore, comme il parait par le canon du concile de Chalcédoine déjà cité. Quelques commentateurs grecs des rites sacrés mettent une distinction entre la simple formule : Sanctus., Sanctus^ Sanctus Deus Zebaoth., qu'ils ap-
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pellent epinidon ou hymne triomphale, et :6tte autre plus longue, Sanctus Deus^ Sanclus brtis, etc. (V. plus haut), qui serait le trisajo/i. D'après eux, la première formule aurait té chantée à la messe des fidèles^ la seconde à i messe des catéchumènes : ce qui n'est pas •ès-éloigné de la pratique actuelle de TÉglise.
TRISOMUS. — V. Part. Sarcophage, n. I.
TUNIQUE (Tunicellà), — Les sous-diacres Qt toujours eu un vêtement propre à leur orre, appelé tantôt /urïica, tantôt tunice/Za, quel-
quefois roccus et subtile. Mais quelles étaient dans l'antiquité la matière et la forme de cet habit, c'est ce qu'il serait difficile de dire. Des termes de la lettre de S. Grégoire le Grand à Jean de Syracuse (Ep. lxiv. lib. 7), on peut conclure qu'elle était de lin et talaris. Dans les bas temps, on lui donna la forme de la dalmatique, avec des manches plus étroites. Les dénominations de roccus et de subtile appartiennent au moyen âge. Les évoques ont conservé l'usage de porter, quand ils officient pontifîcalement, la tunique et la dalmatique sous la chasuble.
ULYSSE FIGURE DU SAUVEUR. — Nous dcms tout d'abord justifier par une citation im- Dsante l'énoncé de cette question paradoxale 1 apparence. Voici ce que prêchait au cinlième siècle S. Maxime évoque de Turin ïomil. I De passione et cruce Domini, 0pp. , 151. edit. Rom. 178^) : « Les fables du siècle .pportent que cet Ulysse qui fut pendant dix is le jouet des caprices de la mer, sans pou- )ir rejoindre sa patrie, fut un jour poussé vers
lieu où les sirènes faisaient entendre leurs lants.... Et tel était le charme de leur méloe, que ceux qui l'entendaient se sentaient >mme invinciblement entraînés, non pas vers
port qu'ils voulaient, mais vers la ruine l'ils ne voulaient pas. Or Ulysse voulant se ustraire à cette périlleuse séduction, boucha î oreilles de ses compagnons avec de la cire, se fit lui-même attacher au mât de son vaisau.
c Si donc la fiction suppose qu'Ulysse fut livré du péril en se liant à l'arbre de son vire, ne devons- nous pas proclamer à meilir droit ce qui est véritablement avéré : à voir, que, en ce jour (Cette homélie fut proncée le jeudi saint) le genre humain tout tier a été soustrait au danger de la mort par rbre de la croix ? En effet , depuis que Je irist Seigneur a été attaché à la croix, nous iversons, l'oreille fermée, les séduisants ueils du monde ; nous ne sommes plus arrô- ; par les accents pernicieux du siècle, nous
nous laissons plus détourner de la voie me vie meilleure, pour tomber dans les piés de la volupté. L'arbre de la croix, nonjlement rend l'homme qui y est attaché à sa trie, mais aussi, il protège par la vertu de 1 ombre les compagnons placés autour de
lui. Que la croix nous donne de revoir notre patrie après beaucoup de hasards, le Seigneur le déclare lui-môme disant au larron attaché en croix : « Aujourd'hui, tu seras avec moi en « paradis. » (Luc. xxiii.) Ce larron, après avoir longtemps erré, et fait maints naufrages, n'eût pas pu rentrer dans la patrie du paradis d'où le premier homme était sorti, s'il n'eût été lié à l'arbre. Car ce qu'est l'arbre (Le mât) dans le navire, la croix l'est dans l'Église, laquelle seule sait passer intacte au milieu des séduisants et pernicieux écueiis du siècle.
« Donc, dans ce vaisseau (De l'Église), quiconque, ou se sera attaché à l'arbre de la croix, ou aura clos ses oreilles par les Écritures divines, n'aura rien à craindre des séduisantes attaques de la luxure. En effet, c'est une suave figure des sirènes que la molle concupiscence de la volupté, qui efféminé par ses funestes caresses la constance de l'âme qui s'y est laissé prendre. Donc le Chri st seigneur a été suspendu à la croix, pour délivrer tout le genre humain du naufrage de ce monde. »
Nous avons lieu de croire que cette interprétation mystique fut populaire dans l'Église dès les premiers temps. Il n'est pas douteux du moins qu'elle n'ait été adoptée longtemps avant S. Maxime. Car voici que M. De' Rossi publie {Bullettino, 1863. p. 35) un monument du troisième siècle, naguère découvert sous ses yeux, qui en offre la représentation matérielle. C'est un fragment de sculpture de sarcophage provenant du cimetière de Calliste, où l'on voit Ulysse et ses compagnons^dans le navire, et tout à l'entour les trois sirènes, corps ailés de femme et pieds d'oiseaux, dont l'une tient de la main deux flûtes, la seconde une lyre, et la troisième une tablette ou un vo-
lume ; c'est eiactement le type mythologique, [ Mais l'originechrétiennedece monumeMtsl Vous avez le monument soua les yeux. | établie àe la maDJËre la plus claire par le mo-
nogramme d'un nom propre
ce chiffre, les lettres t et y sont disposées de manière à fonner une double image de la croix. On sait que le T est^ selon toute probabilité, la véritable forme de la croix (V. notre art. Croix), et M. François Lenormant a prouvé, dans sa dissertation au sujet des inscriptions tracées sur les rochers du Sinal (Cf.
Rossi. ibid.), que IT en renferme aussi la signification arcane.
L'image d'Ulysse lié au mât de son navire était donc bien évidemment un des sjmboltï dont les premiers chrétiens se servaient, au temps de la discipline du secret, pour se rappeler sans cesse la croix du Sauveur et la rédemption par le Crucifié.
VACAISTIVI CLERICI {p«»aïT(6oi.)— C'étaient des clercs vagabonds, qui, sans autorisation, quittaient leur diocèse, et l'Église à laquelle ils étaient attachés par leur ordination, et menaient une vie errante. Nous avons à ce sujet un curieux passage de Synesius (Epist. Lxvii) ; f II y a parmi nous des vacantivi (Excuseï; cette locution barbare inventée pour peindre plus vivement la perversité de quelques-uns) : ils ne veulent avoir aucun siège fixe, ayant quitté celui qu'ils avaient auparavant, non qu'ils y aient été forcés par quelque calamité, mais par pur amour de changement. Ils se prévalent des honneurs dus au sacerdoce, recherchant les lieux oii ils en trouvent le plus. .
Les conciles déployèrent souvent toute leur sévérité contre ces indignes ministres, t 11 nous a plu, dit celui de Valence en Espagne, que si quelque clerc inconstant et vagpabond, constitué dans le ministère de djacre, ou dans l'office de prêtre, refusant d'obéir à l'évoque de qui il a reçu l'ordination, et de remplir assidûment son office dans l'église à laquelle il a été attaché, tant qu'il persévérera dans ce vice, il soit privé de la communion et de l'honneur. » (V. etiani Concil. Agatk. eau. li et Epaon. can.